{"id":6384,"date":"2019-12-13T13:01:20","date_gmt":"2019-12-13T12:01:20","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=6384"},"modified":"2020-02-21T23:50:01","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:01","slug":"steinway","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/le-musicien\/les-pianos\/steinway\/","title":{"rendered":"Steinway"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 hundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-overflow:visible;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><p>Dans nombre d\u2019articles de ce site, il a \u00e9t\u00e9 question de pianos, en particulier dans l\u2019article r\u00e9dig\u00e9 par Tali Mahanor, qui fut son accordeuse attitr\u00e9e pendant les 15 derni\u00e8res ann\u00e9es de sa carri\u00e8re. Elle y raconte en d\u00e9tails les aventures de deux pianos Steinway qu\u2019Istomin joua \u00e0 cette \u00e9poque, qui CD-86 et CD-383 (le pr\u00e9fixe CD \u00e9tant attribu\u00e9 aux pianos du \u00ab\u00a0Concert Department\u00a0\u00bb de Steinway.<\/p>\n<p>Voici l\u2019histoire des relations entre Istomin et les pianos Steinway,<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-1 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-1 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\">Les ann\u00e9es 40 et 50<\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><p>\u2018\u2019Il est toujours merveilleux de jouer sur un Steinway.\u2019\u2019<\/p>\n<p>Istomin signa cette d\u00e9claration le 12 novembre 1943, quelques jours avant ses spectaculaires d\u00e9buts avec l\u2019Orchestre de Philadelphie et l\u2019Orchestre Philharmonique de New York. Il devenait ainsi, officiellement, un \u2018\u2019pianiste Steinway\u2019\u2019. D\u00e9j\u00e0, alors qu\u2019il \u00e9tait encore \u00e9tudiant au Curtis Institute, Steinway avec mis \u00e0 sa disposition un mod\u00e8le B (2,11 m\u00e8tres de long). Lorsqu\u2019il s\u2019installa \u00e0 New York avec ses parents, Steinway envoya un autre mod\u00e8le B qu\u2019il conserva longtemps dans sa chambre, et qui servait aux amis de passage dans sa chambre, telle Clara Haskil.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la m\u00e9saventure de son premier concert \u00e0 Carnegie Hall (le piano qu\u2019il avait choisi fut chang\u00e9 au dernier moment sans qu\u2019il en soit pr\u00e9venu), une relation amicale s\u2019\u00e9tablit entre Steinway et lui, qui ne se d\u00e9mentira jamais. En Am\u00e9rique, il eut d\u00e9sormais chez lui, gracieusement pr\u00eat\u00e9, un mod\u00e8le D (le grand piano de concert de 2,74 m). Par ailleurs, il pouvait r\u00e9server un autre piano et le faire envoyer n\u2019importe o\u00f9 en Am\u00e9rique, seuls les frais de transport \u00e9taient \u00e0 sa charge. C\u2019est ainsi que le fameux CD 199 cher aux OYAPs sillonna les Etats-Unis pendant plus d\u2019une d\u00e9cennie, avec un planning de partage, \u00e9tabli coll\u00e9gialement, qui permettait \u00e0 chacun de b\u00e9n\u00e9ficie de ce piano magique pour ses concerts les plus importants.<\/p>\n<p>Le local o\u00f9 \u00e9taient entrepos\u00e9s tous les pianos de concert se situait au sous-sol de l\u2019immeuble Steinway sur la 57<sup>\u00e8me<\/sup> Rue, devenu aujourd\u2019hui un gratte-ciel. C\u2019\u00e9tait un lieu privil\u00e9gi\u00e9 pour tous les pianistes, qui venaient pour choisir un instrument pour un prochain concert, essayer de nouveaux pianos ou des pianos qui venaient d\u2019\u00eatre restaur\u00e9s. Certains pianos \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 l\u2019usage exclusif de certains grands pianistes, comme Horowitz ou Serkin, et il \u00e9tait hors de question d\u2019y toucher. On pouvait r\u00e9server des cr\u00e9neaux pour travailler entre 16h30 (heure \u00e0 laquelle les techniciens et accordeurs cessaient leur travail) jusqu\u2019\u00e0 23 heures. Comme le raconte Gary Graffman, le sous-sol de Steinway fut pour la g\u00e9n\u00e9ration des grands pianistes am\u00e9ricains apparue dans les ann\u00e9es 40 \u00e0 la fois un atelier et un clubhouse o\u00f9 ils se retrouvaient pour s\u2019\u00e9couter les uns et les autres, se critiquer sans am\u00e9nit\u00e9, puis bavarder sans fin dans quelques restaurants ou caf\u00e9s proches.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-2 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-2 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\">La crise de l\u2019ivoire<\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-3\"><p>En 1958, Steinway d\u00e9cida de renoncer \u00e0 l\u2019ivoire pour les touches de ses pianos, de crainte d\u2019\u00eatre accus\u00e9 d\u2019encourager le trafic et le massacre des \u00e9l\u00e9phants. Des recherches avaient \u00e9t\u00e9 men\u00e9es pour mettre au point un rev\u00eatement synth\u00e9tique qui \u00e9tait cens\u00e9 avoir les m\u00eames qualit\u00e9s que l\u2019ivoire. La petite communaut\u00e9 des pianistes de concert tenta de protester. Les touches en ivoire pouvaient d\u00e9j\u00e0 s\u2019av\u00e9rer glissantes \u00e0 cause de la moiteur des mains, due au trac, ou de la transpiration. Cela s\u2019av\u00e9rait bien pire avec le nouveau mat\u00e9riau\u00a0! Istomin prit la t\u00eate de la r\u00e9volte. Il pr\u00e9tendit que la plastic des touches provoquait chez lui une r\u00e9action allergique, qui faisait que ses doigts transpiraient encore plus. Soutenu par ses amis OYAPS il d\u00e9fendit l\u2019id\u00e9e de laisser un certain nombre de pianos de concert avec des touches en ivoire. Rien ne put changer la d\u00e9cision de Steinway. Tous les pianos neufs \u00e9taient \u00e9quip\u00e9s de touches synth\u00e9tiques et les pianos plus anciens voyaient peu \u00e0 peu leurs touches en ivoire remplac\u00e9es. Istomin envisagea un moment de renoncer \u00e0 \u00eatre un \u00ab\u00a0pianiste Steinway\u00a0\u00bb, pour protester, mais les cons\u00e9quences d\u2019une telle d\u00e9cision \u00e9taient dramatiques (plus de piano \u00e0 disposition nulle part\u00a0!) et de toute fa\u00e7on il n\u2019avait bulle envie de jouer des Bosendorfer, des Mason &amp; Hamlin ou des Yamaha\u00a0!<\/p>\n<p>Chaque pianiste se d\u00e9brouillait comme il pouvait, utilisant de la laque pour les cheveux, de la colophane, de la laine de verre tr\u00e8s fine, et m\u00eame du papier de verre\u00a0, en essayant d\u2019\u00eatre le plus discret possible. Un jour, Istomin s\u2019est fait d\u00e9noncer pour avoir m\u00e9thodiquement gratter les touches d\u2019un clavier flambant neuf. Il a d\u00fb le rembourser.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-3 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-3 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\">Le Steinway de Hambourg<\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-4\"><p>Outre le probl\u00e8me de l\u2019ivoire, il y avait dans les ann\u00e9es 60 le sentiment que la qualit\u00e9 des Steinway baissait. Nombre de pianistes se plaignaient des instruments r\u00e9cents, trop brillants, peu chantants. Ceux qui donnaient des concerts des deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019Atlantique en \u00e9taient venus \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer les Steinway fabriqu\u00e9s \u00e0 Hambourg.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, lorsqu\u2019Istomin d\u00e9plorait de ne pouvoir jouer sur un clavier en ivoire, la suggestion d\u2019Henry Z. Steinway, un arri\u00e8re-petit-fils du fondateur qui pr\u00e9sida la compagnie de 1956 \u00e0 1977, fut d\u2019aller \u00e0 Hambourg, o\u00f9 ils continuaient de fabriquer des claviers en ivoire. Et ce qu\u2019Istomin fit\u00a0!\u00a0 Il n\u2019\u00e9tait pas question de le lui offrir, mais il le paya \u00e0 un prix tr\u00e8s favorable.<\/p>\n<p>Istomin fut tr\u00e8s heureux de son achat. Il lui arriva de faire transporter pour ses concerts \u00e0 New York. Les amis pianistes qui lui rendaient visite en \u00e9taient tr\u00e8s enthousiastes et trouvaient sa sonorit\u00e9 magnifique, chaude et chantante jusque dans l\u2019aigu. C\u2019est ainsi que Rubinstein lui demanda de lui emprunter pour un concert au Lincoln Center, ce qui provoqua un incident diplomatique. Henry Steinway devait assister au concert en compagnie du directeur de Steinway Hambourg et, lorsqu\u2019il eut vent du projet, il fut furieux\u00a0: quel affront pour lui d\u2019avoir un instrument venu d\u2019Allemagne sur la sc\u00e8ne\u00a0! Rubinstein fut pri\u00e9 de renoncer, Istomin rappel\u00e9 \u00e0 l\u2019ordre, le piano renvoy\u00e9 prestement dans l\u2019appartement d\u2019Istomin. Rubinstein s\u2019excusa aupr\u00e8s d\u2019Istomin et lui envoy\u00e9 un ch\u00e8que de 200 dollars pour le transport, un ch\u00e8que qu\u2019Istomin ne toucha pas et garda en souvenir.<\/p>\n<p>Le grand probl\u00e8me avec les Steinway de Hambourg de cette \u00e9poque, c\u2019\u00e9tait leur fragilit\u00e9, leur incapacit\u00e9 \u00e0 bien tenir l\u2019accord. Leur bois, leur fabrication ne convenaient pas aux conditions climatiques extr\u00eames de l\u2019Am\u00e9rique. Un des pianos qu\u2019Istomin avait le plus aim\u00e9 jouer \u00e9tait un Steinway de Hambourg qui se trouvait sur la sc\u00e8ne du Teatro Colon, mais l\u2019accord avait boug\u00e9 avant la fin du concert. Istomin avait fait restaurer le sien \u00e0 deux reprises. En vain. Il d\u00e9cida, la mort dans l\u2019\u00e2me de s\u2019en s\u00e9parer. Thornton Trapp, le secr\u00e9taire et tourneur de page d\u2019Istomin, d\u00e9crivit le d\u00e9part du piano, le 4 mai 1970, juste avant la grande tourn\u00e9e Beethoven du Trio\u00a0: \u00abT\u00f4t ce matin, je me suis lev\u00e9 pour regarder le piano, solidement attach\u00e9, \u00eatre pass\u00e9 par la fen\u00eatre, \u00e0 l&rsquo;envers. Un voyage du douzi\u00e8me \u00e9tage au sol, pour un co\u00fbt de sept cent cinquante dollars. Des gens dans la rue l&rsquo;ont applaudi apr\u00e8s son atterrissage en douceur. Eugene ne pouvait pas supporter cette s\u00e9paration, il s\u2019est enfui vers le sous-sol de Steinway. Il ne tarda pas \u00e0 trouver son successeur, un Steinway B de New York, dont il \u00e9tait tr\u00e8s vite tomb\u00e9 amoureux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-4 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-4 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\">\u00catre un \u00ab pianiste Steinway \u00bb<\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-5\"><p>Apr\u00e8s cette p\u00e9riode d\u00e9licate, la relation avec Steinway redevint plus que cordiale. Istomin s\u2019\u00e9tait m\u00eame li\u00e9 d\u2019amiti\u00e9 avec les directeurs successifs du d\u00e9partement piano de concerts, avec David Rubin et surtout Peter Goodrich.<\/p>\n<p>\u00catre un \u00ab\u00a0pianiste Steinway\u00a0\u00bb \u00e9tait un grand privil\u00e8ge, d\u2019autant qu\u2019Istomin avait su tisser des liens avec les succursales de Steinway \u00e0 travers le monde. S\u2019il restait quelques jours dans une ville, un piano droit \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement install\u00e9 dans sa chambre d\u2019h\u00f4tel pour lui permettre de travailler au calme. A Paris, o\u00f9 il s\u00e9journe chaque fois qu\u2019il vient en Europe, pour se remettre du jetlag, c\u2019est un demi-queue qui est envoy\u00e9 \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de la Tr\u00e9moille et on lui confie la cl\u00e9 du magasin o\u00f9 sont entrepos\u00e9s les pianos de concert, pour qu\u2019il puisse venir jouer en dehors des heures d\u2019ouverture.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-5 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-5 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\">Le CD-18<\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-6\"><p>Le CD-18 \u00e9tait un des deux pianos que Steinway r\u00e9servait \u00e0 Horowitz, et qui avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9s sp\u00e9cialement pour lui. C\u2019\u00e9tait le piano id\u00e9al pour jouer Rachmaninov\u00a0: l\u2019enfoncement des touches \u00e9tait r\u00e9gl\u00e9 au minimum pour permettre un jeu tr\u00e8s rapide, une r\u00e9activit\u00e9 imm\u00e9diate des accents\u00a0; la puissance et la capacit\u00e9 de dynamique \u00e9taient \u00e9galement exceptionnelles. Un piano \u00e0 ne pas mettre entre toutes les mains, tant il demandait un contr\u00f4le fantastique\u00a0!<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019Istomin enregistra le <em>2<sup>\u00e8me<\/sup> Concerto<\/em> de Rachmaninov, Horowitz lui pr\u00eata son piano, le CD-18. Horowitz n\u2019avait jamais jou\u00e9 en public ce concerto et savait qu\u2019il ne le jouerait certainement jamais. Il lui semblait qu\u2019Istomin \u00e9tait le pianiste qui pouvait le mieux rendre justice \u00e0 cette \u0153uvre et il mit donc son piano \u00e0 sa disposition, ce qu\u2019il n\u2019avait jamais fait pour personne. C\u2019\u00e9tait une marque de confiance dont Istomin \u00e9tait tr\u00e8s fier.<\/p>\n<p>Plus tard le piano fut install\u00e9 \u00e0 demeure \u00e0 Carnegie Hall puis au Lincoln Center. En 1972 Steinway le rapatria au Concert Department apr\u00e8s l\u2019avoir restaur\u00e9 et install\u00e9 des touches synth\u00e9tiques. Istomin en fut tr\u00e8s d\u00e9\u00e7u. Il dit \u00e0 Steinway que s\u2019il \u00e9tait possible de remettre des touches en ivoire il \u00e9tait d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 l\u2019acheter. Quelques ann\u00e9es plus tard, apr\u00e8s le d\u00e9part d\u2019Henry Steinway, et la prise de contr\u00f4le par CBS, le bannissement de l\u2019ivoire s\u2019assouplit, tout en respectant la l\u00e9gislation. Steinway avait \u00e9tabli un partenariat avec la firme allemande Kluge qui fournit un clavier un ivoire pour le CD-18 qui fut install\u00e9 en 1983. Istomin en voyant le clavier \u00e0 l\u2019usine s\u2019aper\u00e7ut au premier coup d\u2019\u0153il les touches \u00e9taient plus larges que sut les claviers am\u00e9ricains. Eberlu\u00e9s, les techniciens v\u00e9rifi\u00e8rent. La largeur d\u2019un octave \u00e9tait effectivement sup\u00e9rieure d\u20191,5 mm\u00a0!<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":10001,"featured_media":0,"parent":331,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/6384"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10001"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6384"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/6384\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7338,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/6384\/revisions\/7338"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/331"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6384"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}