{"id":4422,"date":"2016-07-11T16:08:06","date_gmt":"2016-07-11T14:08:06","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=4422"},"modified":"2020-02-21T23:50:04","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:04","slug":"prades-1952-1955","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/grandes-collaborations-musicales\/pablo-casals\/prades-1952-1955\/","title":{"rendered":"Prades 1952-1955"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-background-position:left top;--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-padding-top:20px;--awb-padding-bottom:20px;--awb-border-sizes-top:0px;--awb-border-sizes-bottom:0px;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><p class=\"beautify\">Lorsqu\u2019il  avait accept\u00e9 de prendre la succession de Sasha Schneider pour l\u2019organisation du Festival de Prades, Eugene Istomin ne mesurait certainement l\u2019ampleur de la t\u00e2che qui l\u2019attendait\u00a0!<\/p>\n<p class=\"p1\">La premi\u00e8re d\u00e9cision fut de constituer \u00e0 nouveau un orchestre. C\u2019\u00e9tait le v\u0153u le plus cher de Casals, qui avait eu tant de plaisir \u00e0 diriger lors des deux premi\u00e8res ann\u00e9es du festival. Bien s\u00fbr, il pouvait s\u2019appuyer sur les musiciens qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 venus \u00e0 Prades et \u00e0 Perpignan et qui r\u00eavaient de revenir, parmi lesquels Paul Tortelier et le grand hautbo\u00efste franco-am\u00e9ricain Marcel Tabuteau. Pour compl\u00e9ter l\u2019effectif, il profita de ses contacts avec les grands orchestres am\u00e9ricains pour engager des instrumentistes de tr\u00e8s haut niveau\u00a0: Jacob Krachmalnick, le premier violon de l\u2019Orchestre de Philadelphie, William Lincer l\u2019alto solo de l\u2019Orchestre Philharmonique de New York, le clarinettiste David Glazer \u2026 Yfrah Neaman, Zvi Zeitlin solistes de premier plan acceptent d\u2019\u00eatre dans les pupitres de cordes pour jouer avec Casals. Le niveau de cet orchestre \u00e9tait tout \u00e0 fait exceptionnel.<\/p>\n<p class=\"p1\">En ce qui concerne les solistes, il avait propos\u00e9 deux violonistes pour remplacer Schneider, Stern et Szigeti. Le premier \u00e9tait Joseph Fuchs avec lequel il avait jou\u00e9 quelques sonates l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, dont la <i>Sonate<\/i> de Franck. Fuchs avait \u00e9galement partag\u00e9 avec lui l\u2019affiche d\u2019un concert au Lewisohn Stadium, s\u2019attirant de tr\u00e8s bonnes critiques dans le <i>Concerto<\/i> de Beethoven. Le second \u00e9tait Arthur Grumiaux, qui venait d\u2019avoir beaucoup de succ\u00e8s lors de sa premi\u00e8re tourn\u00e9e aux Etats-Unis et qui \u00e9tait l\u2019h\u00e9ritier d\u2019Ysa\u00ffe. C\u00f4t\u00e9 pianistes, il y avait les piliers\u00a0: Clara Haskil (c\u2019est \u00e0 Prades cette ann\u00e9e-l\u00e0 qu\u2019elle rencontra et joua pour la premi\u00e8re fois avec Grumiaux), Rudolf Serkin et Mieczyslaw Horszowski. Istomin avait ajout\u00e9, avec la b\u00e9n\u00e9diction de Casals, son grand ami William Kapell.<\/p>\n<p class=\"p1\">Istomin avait \u00e9galement r\u00e9ussi \u00e0 convaincre Columbia de poursuivre l\u2019aventure prad\u00e9enne. Pour que la subvention soit renouvel\u00e9e, il avait pr\u00e9vu que Casals ach\u00e8ve les deux int\u00e9grales beethov\u00e9nienne commenc\u00e9es en 1951\u00a0: les <i>Sonates pour violoncelle<\/i> avec Serkin, les <i>Trios<\/i> avec lui-m\u00eame et Fuchs, qui rempla\u00e7ait Schneider. Surtout, il avait convaincu Casals d\u2019enregistrer pour la premi\u00e8re fois de sa carri\u00e8re le <i>Concerto<\/i> de Schumann, un \u00e9v\u00e9nement incroyable\u00a0!<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><p class=\"p1\">Ce qui lui avait co\u00fbt\u00e9 le plus de temps et d\u2019\u00e9nergie, c\u2019\u00e9tait la recherche des soutiens financiers aupr\u00e8s des m\u00e9c\u00e8nes et la coordination du comit\u00e9 am\u00e9ricain du festival. Plus de cinquante donateurs priv\u00e9s avaient contribu\u00e9 au financement, parmi lesquels de grandes fortunes am\u00e9ricaines mais aussi des musiciens (Dimitri Mitropoulos et Leopold Mannes notamment). Istomin avait m\u00eame sollicit\u00e9 son oncle Elias. Le temps consacr\u00e9 \u00e0 ces contacts \u00e9tait au d\u00e9triment, et il s\u2019en plaignait parfois, de son travail au piano\u00a0: il n\u2019ajouta aucune nouvelle \u0153uvre concertante ou solo \u00e0 son r\u00e9pertoire cette ann\u00e9e-l\u00e0\u00a0! C\u2019\u00e9tait aussi aux d\u00e9pens de sa ligne\u00a0: les d\u00e9jeuners ou d\u00eeners indispensables pour de telles d\u00e9marches lui ont fait prendre des kilos superflus\u2026 Il tint aussi \u00e0 superviser la publicit\u00e9 et les relations avec la presse, faisant publier une lettre de Casals dans <i>Saturday Review<\/i> le 28 mars 1953.<\/p>\n<div id=\"attachment_3000\" style=\"width: 237px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Casals-Serkin-Foley-1953-001.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3000\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3000\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Casals-Serkin-Foley-1953-001-227x300.jpg\" alt=\"Istomin, Casals, Foley et Serkin \u00e9coutant les play-back des Sonates de Beethoven \u00e0 Prades en 1953\" width=\"227\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Casals-Serkin-Foley-1953-001-227x300.jpg 227w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Casals-Serkin-Foley-1953-001-773x1024.jpg 773w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Casals-Serkin-Foley-1953-001.jpg 5033w\" sizes=\"(max-width: 227px) 100vw, 227px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3000\" class=\"wp-caption-text\">Istomin, Casals, Foley et Serkin \u00e9coutant les play-back des Sonates de Beethoven \u00e0 Prades en 1953<\/p><\/div>\n<p class=\"p1\">Il avait \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 aussi de faire deux \u00e9puisants voyages aller et retour \u00e0 Prades pour r\u00e9gler directement avec Casals certaines questions. C\u2019est lui qui, avec l\u2019aide pr\u00e9cieuse de Madeline Foley, avait coordonn\u00e9 les programmes, \u00e9quilibr\u00e9 le r\u00e9pertoire, planifi\u00e9 les r\u00e9p\u00e9titions et les s\u00e9ances d\u2019enregistrement. Cela avait donn\u00e9 lieu \u00e0 un \u00e9change continu de courriers et de t\u00e9l\u00e9grammes dans lesquels il lui fallait souvent rassurer Casals, inquiet de devoir assumer un planning trop lourd de concerts et surtout d\u2019enregistrements. Pour cela, Istomin ajoutait souvent dans ses lettres, r\u00e9dig\u00e9es en anglais, quelques mots en fran\u00e7ais\u00a0: \u00ab\u00a0 Calme toi, \u00e7a ira tranquillement\u00a0\u00bb. Madeline Foley et lui arriv\u00e8rent tr\u00e8s t\u00f4t en mai pour tout pr\u00e9parer \u00e0 l\u2019Abbaye Saint-Michel-de-Cuxa, qui n\u2019avait pas de toit et se trouvait alors en pleins travaux<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>de fouilles arch\u00e9ologiques. Casals avait renonc\u00e9 \u00e0 enregistrer les sonates de Brahms, pr\u00e9vues au d\u00e9but du mois. Il grava les quatre sonates de Beethoven (1, 3, 4 et 5) avec Serkin entre le 17 et le 20 mai, sous la double direction artistique de Madeline Foley et de Eugene Istomin.<\/p>\n<div id=\"attachment_4554\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Schumann-Cello-Concerto-Casals-original.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4554\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4554 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Schumann-Cello-Concerto-Casals-original-300x300.jpg\" alt=\"Schumann Cello Concerto Casals original\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Schumann-Cello-Concerto-Casals-original-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Schumann-Cello-Concerto-Casals-original-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Schumann-Cello-Concerto-Casals-original-200x201.jpg 200w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Schumann-Cello-Concerto-Casals-original-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Schumann-Cello-Concerto-Casals-original.jpg 498w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4554\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;\u00e9dition originale du Concerto pour violoncelle de Schumann, sans mention de chef d&rsquo;orchestre!<\/p><\/div>\n<p class=\"p1\">L\u2019orchestre arriva le 22 mai et toute la semaine qui suivait \u00e9tait d\u00e9di\u00e9e aux r\u00e9p\u00e9titions d\u2019orchestre et \u00e0 l\u2019enregistrement du <i>Concerto pour violoncelle<\/i> de Schumann. Et c\u2019est l\u00e0 que les probl\u00e8mes commenc\u00e8rent. Enric Casals, le fr\u00e8re du ma\u00eetre, devait diriger. El\u00e8ve de Mathieu Crickboom (le premier\u00a0disciple d\u2019Ysa\u00ffe), il avait \u00e9t\u00e9 le chef d\u2019attaque des seconds violons des orchestres successifs du Festival. Il avait une bonne exp\u00e9rience de la direction, ayant souvent second\u00e9 son fr\u00e8re \u00e0 Barcelone dans les ann\u00e9es 20 et 30, puis continu\u00e9 sa carri\u00e8re en Espagne apr\u00e8s la Guerre. Mais cette fois, il s\u2019av\u00e9ra incapable de diriger cette partition complexe.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Il \u00e9tait de la responsabilit\u00e9 d\u2019Istomin de trouver une solution. Il fallait faire appel \u00e0 un grand chef. Il pensa d\u2019abord \u00e0 William Steinberg, qui ne s\u2019av\u00e9ra pas disponible, puis \u00e0 George Szell, qui avait nagu\u00e8re brillamment enregistr\u00e9 le <i>Concerto<\/i> de Dvorak avec Casals. Szell \u00e9tant sous contrat avec Columbia, cela faciliterait les choses. Cependant, plusieurs musiciens de l\u2019orchestre, et en particulier Jacob Krachmalnick, le premier violon, s\u2019y oppos\u00e8rent. Krachmalnick avait \u00e9t\u00e9 le concertmaster de Szell \u00e0 Cleveland et n\u2019avait pu supporter la fa\u00e7on dont Szell traitait ses musiciens, avec beaucoup d\u2019exigence et souvent du m\u00e9pris. En 1951, il avait quitt\u00e9 Cleveland pour Philadelphie. Il savait qu\u2019Ormandy se trouvait en vacances en Suisse et pourrait donc venir tr\u00e8s vite \u00e0 Prades. Istomin, m\u00eame s\u2019il avait quelques raisons de se plaindre d\u2019Ormandy qui ne l\u2019avait jamais r\u00e9invit\u00e9 depuis son Prix de 1943, estima que c\u2019\u00e9tait la meilleure solution. Il l\u2019appela et Ormandy accepta aussit\u00f4t de diriger cet enregistrement anonymement (\u00e0 cause de son contrat avec RCA), et sans cachet, comme un hommage \u00e0 Casals. Longtemps le disque fut publi\u00e9 sans mention du chef d\u2019orchestre\u00a0!<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-3\"><p class=\"p1\">Sur place, Istomin Eugene g\u00e9ra les petits et les grands probl\u00e8mes de son mieux. Le plus grave fut la \u00ab\u00a0gr\u00e8ve\u00a0\u00bb de l\u2019orchestre pour protester contre l\u2019accumulation d\u2019enregistrements sans contrepartie financi\u00e8re. La Radio Fran\u00e7aise venait pour la premi\u00e8re fois (\u00e0 l\u2019exception du concert suppl\u00e9mentaire du 18 juin 1950 \u00e0 Saint-Michel-de-Cuxa) et captait sept concerts pour de multiples diffusions dans tous les pays d\u2019Europe \u00e0 travers l\u2019Union Europ\u00e9enne de Radio. C\u2019\u00e9tait une rentr\u00e9e d\u2019argent modeste mais non n\u00e9gligeable pour le festival. C\u2019\u00e9tait aussi une m\u00e9diatisation importante, alors que la presse nationale fran\u00e7aise continuait de bouder Prades. Columbia, de son c\u00f4t\u00e9, avait laiss\u00e9 une \u00e9quipe en permanence sur le festival pour enregistrer quelques \u0153uvres de musique de chambre et autant d\u2019\u0153uvres symphoniques qu\u2019il serait possible.<\/p>\n<p class=\"p1\">L\u2019Orchestre a quand m\u00eame accept\u00e9 de faire le <i>Concerto pour violoncelle<\/i> de Schumann, car c\u2019\u00e9tait un tel \u00e9v\u00e9nement\u00a0! Mais ensuite ils ne voulaient plus voir de micros. Les r\u00e9p\u00e9titions de la <i>Cinqui\u00e8me Symphonie<\/i> de Schubert avaient \u00e9t\u00e9 magnifiques, mais Columbia dut renoncer \u00e0 publier l\u2019enregistrement (que Sony finit par \u00e9diter quelque quarante ans plus tard).<\/p>\n<p class=\"p1\">\u00ab\u00a0Il y a eu des discussions tr\u00e8s anim\u00e9es. Certains membres de l\u2019orchestre m\u2019ont d\u00e9\u00e7u. M\u00eame les plus casalsiens des musiciens, comme la contrebassiste June Rotenberg, qui \u00e9tait compl\u00e8tement \u00e9namour\u00e9e de Casals, avaient jou\u00e9 les sans-culottes\u00a0! Les r\u00e9flexes syndicaux des musiciens am\u00e9ricains avaient pris le dessus. Je comprenais la position des musiciens, mais je trouvais que c\u2019\u00e9tait quand m\u00eame stupide de ne pas faire ces enregistrements. Quel dommage\u00a0! En fait, le profit de Columbia \u00e9tait suppos\u00e9 tr\u00e8s grand, mais dans le business de la musique classique ce n\u2019\u00e9tait jamais grand-chose\u00a0! D\u00e9j\u00e0 \u00e0 cette \u00e9poque\u00a0! Les musiciens ne s\u2019en rendaient pas compte.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Et puis Columbia avait tout de m\u00eame investi 25\u00a0000 dollars (comme 250\u00a0000 en 1987\u00a0!) pour que les premiers festivals puissent avoir lieu. Les musiciens am\u00e9ricains (la cr\u00e8me des grands orchestres am\u00e9ricains) n\u2019\u00e9taient presque pas pay\u00e9s. Ils \u00e9taient venus pour Casals. Il aurait sans doute suffi que Casals prenne la parole et dise\u00a0: \u00ab\u00a0Fa\u00eetes-le pour moi et pour la Musique\u00a0!\u00a0\u00bb. Et ils l\u2019auraient fait. Mais Casals \u00e9tait trop sensible, susceptible, fier, il n\u2019\u00e9tait pas question pour lui de faire cela. J\u2019aurais d\u00fb moi-m\u00eame mettre fin au contrat initi\u00e9 en 1950 o\u00f9 tous, solistes et musiciens d\u2019orchestre, nous abandonnions nos droits \u00e0 Casals. Cela pouvait se justifier au premier festival, comme une sorte d\u2019hommage. Mais apr\u00e8s, il \u00e9tait normal que les musiciens d\u2019orchestre et m\u00eame les solistes le vivent moins bien. Si Casals a laiss\u00e9 cette situation s\u2019installer, ce n\u2019est certes pas pour son propre int\u00e9r\u00eat mat\u00e9riel (son train de vie \u00e9tait incroyablement modeste), c\u2019est \u00e0 cause des nombreuses charges et responsabilit\u00e9s qui pesaient sur lui, en particulier le soutien des r\u00e9fugi\u00e9s espagnols et les demandes incessantes de sa famille.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"p1\">Cette premi\u00e8re exp\u00e9rience d\u2019Istomin avait donc \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s lourde et difficile \u00e0 vivre, m\u00eame si finalement tout s\u2019\u00e9tait bien pass\u00e9. Il y avait sans doute perdu quelques illusions id\u00e9alistes sur la nature humaine, mais il y avait eu des moments de musique tout \u00e0 fait exceptionnels. L\u2019atmosph\u00e8re, un moment tendue, s\u2019\u00e9tait tr\u00e8s vite rass\u00e9r\u00e9n\u00e9e. Le succ\u00e8s artistique fut remarquable, mais la situation financi\u00e8re s\u2019av\u00e9ra tr\u00e8s difficile. Le co\u00fbt de l\u2019orchestre avait \u00e9t\u00e9 exorbitant (il avait fallu payer le voyage et le s\u00e9jour pendant cinq semaines d\u2019une trentaine de musiciens am\u00e9ricains, pour les recettes de cinq concerts symphoniques\u00a0!).<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-4\"><p class=\"p1\">L\u2019existence m\u00eame du festival fut m\u00eame remise en cause par cette situation financi\u00e8re d\u00e9licate. Istomin re\u00e7ut le soutien d\u00e9vou\u00e9 d\u2019amis et de musiciens. Paul Paray sollicita quelques grandes fortunes de Detroit. e plusieurs musiciens Pour en finir avec des querelles ou des tiraillements inutiles, Istomin et Madeline Foley propos\u00e8rent \u00e0 Casals de dissoudre le Comit\u00e9 fran\u00e7ais du festival et de resserrer le Comit\u00e9 am\u00e9ricain autour des amis les plus fid\u00e8les\u00a0: Russell Kingman, Rosalie Leventritt, Mieczyslaw Horszowski, Leopold Mannes\u2026 Ils lui propos\u00e8rent alors d\u2019organiser un festival sans orchestre, huit concerts enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9s \u00e0 Beethoven.<\/p>\n<p class=\"p1\">Les concerts eurent lieu \u00e0 nouveau dans l\u2019Eglise Saint-Pierre de Prades car l\u2019Abbaye Saint-Michel-de-Cuxa \u00e9tait en travaux. Istomin partagea les programmes entre les trois pianistes les plus proches de Casals (Haskil \u00e9tait indisponible)\u00a0: Serkin, Horszowski et lui-m\u00eame. Respectueux de ses deux a\u00een\u00e9s et soucieux de ne pas se mettre en avant alors qu\u2019il d\u00e9tenait le \u00ab\u00a0pouvoir\u00a0\u00bb artistique, il leur confia quelques \u0153uvres de piano solo et ne s\u2019en accorda aucune. Il y avait, bien s\u00fbr, une int\u00e9grale des <i>Sonates pour violoncelle<\/i> pour laquelle les trois pianistes se relayaient aupr\u00e8s de Casals. Deux violonistes se partageaient l\u2019int\u00e9grale des <i>Sonates pour violon<\/i> et des <i>Trios<\/i>, Joseph Fuchs et Szymon Goldberg, fin musicien, qui rempla\u00e7ait Grumiaux qui n\u2019avait pu se lib\u00e9rer. L\u2019unique participation \u00ab\u00a0fran\u00e7aise\u00a0\u00bb pour cette \u00e9dition 1954 \u00e9tait celle du plus c\u00e9l\u00e8bre des trios \u00e0 cordes, le Trio Pasquier. Tous les musiciens re\u00e7urent le m\u00eame (tr\u00e8s modeste) cachet. La Radio Fran\u00e7aise \u00e9tait de nouveau pr\u00e9sente et apporta une contribution financi\u00e8re importante, si bien que pour la premi\u00e8re fois le bilan financier du festival fut nettement b\u00e9n\u00e9ficiaire\u00a0! L\u2019atmosph\u00e8re du festival s\u2019av\u00e9ra pleine de ferveur et d\u2019enthousiasme. Un sentiment d\u2019allant, de jeunesse, de fra\u00eecheur, courut tout au long des concerts.<\/p>\n<p class=\"p1\">Gr\u00e2ce aux diffusions radiophoniques de la saison pr\u00e9c\u00e9dente, le public europ\u00e9en afflua et les journaux fran\u00e7ais d\u00e9couvrirent le festival. Bernard Gavoty, le principal critique du <i>Figaro<\/i>, s\u2019excusa aupr\u00e8s de ses lecteurs de ne pas s\u2019en \u00eatre aper\u00e7u plus t\u00f4t\u00a0: on lui avait dit que Casals n\u2019\u00e9tait plus que l\u2019ombre de lui-m\u00eame et qu\u2019il valait mieux qu\u2019il reste sur ses souvenirs ou qu\u2019il \u00e9coute ses vieux disques&#8230; Voil\u00e0 ce qu\u2019il constata\u00a0en venant \u00e0 Prades : \u00ab\u00a0Le temps agit sur Casals comme sur un grand cru\u00a0: il l\u2019exalte en le d\u00e9pouillant. Moyens absolument intacts\u00a0; simplicit\u00e9 de chartreux\u00a0; virilit\u00e9 des accents, mani\u00e8re unique d\u2019asseoir les temps forts en les faisant attendre un peu, sonorit\u00e9 pas tr\u00e8s puissante mais souveraine\u00a0; douceur imp\u00e9rieuse, inexorable\u00a0; rythmes aussi naturels que les battements du c\u0153ur\u2026 C\u2019est mieux que beau, c\u2019est vrai\u00a0\u00bb. Il y eut un peu moins d\u2019Am\u00e9ricains dans l\u2019assistance, mais les grandes personnalit\u00e9s europ\u00e9ennes \u00e9taient l\u00e0\u00a0: les reines (Elisabeth de Belgique, Marie-Jos\u00e9 d\u2019Italie), les princes (Pierre et Rainier de Monaco), le pr\u00e9sident Auriol (qui venait d\u2019achever son mandat et en profita pour assister en toute libert\u00e9 au festival). De nombreux musiciens \u00e9taient venus aussi, un peu comme en p\u00e8lerinage. La pr\u00e9sence de Gieseking lorsque Serkin joua deux sonates avec Casals et l\u2019<i>opus 109<\/i> est rest\u00e9e grav\u00e9e dans la m\u00e9moire d\u2019Istomin comme une sorte de d\u00e9claration d\u2019all\u00e9geance, de respect, presque de repentir.<\/p>\n<p>.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-5\"><p class=\"p1\">D\u00e9j\u00e0, en 1954, Istomin<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>s\u2019\u00e9tait un peu d\u00e9tach\u00e9 des t\u00e2ches administratives et relationnelles du festival. Ce fut encore davantage le cas en 1955, avec la nomination d\u2019Enric Casals comme secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral. Mais il conservait encore la direction artistique, partag\u00e9e avec Madeline Foley. Il apporta toute son affection et son soutien \u00e0 Casals dans les moments tr\u00e8s difficiles qui pr\u00e9c\u00e9d\u00e8rent et suivirent la mort de Frasquita Capdevila, sa compagne depuis vingt ans. Devenu garde-malade, Casals s\u2019\u00e9tait laiss\u00e9 envahir par la fatigue et la tristesse. Istomin l\u2019exhortait \u00e0 continuer \u00e0 jouer, \u00e0 enseigner, \u00e0 penser \u00e0 l\u2019avenir et \u00e0 pr\u00e9parer le prochain festival. Cette \u00e9dition fut d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Bach, Schubert et Brahms. Pour en assurer le succ\u00e8s public et l\u2019\u00e9quilibre financier, les dates du festival furent repouss\u00e9es en juillet, ce qui interdit \u00e0 Serkin Le festival se d\u00e9roulant en juillet, ce qui ne permettait plus la participation de Rudolf Serkin, mobilis\u00e9 par Marlboro. Istomin fut donc contraint d\u2019assumer un programme d\u00e9mentiel. De Brahms, il interpr\u00e9ta les trois <i>Trios<\/i> pour piano et cordes, le <i>Trio<\/i> avec clarinette, la <i>Premi\u00e8re Sonate pour violon<\/i> et la <i>Premi\u00e8re Sonate pour clarinette<\/i>. Outre Casals, ses partenaires y \u00e9taient Yehudi Menuhin, invit\u00e9 pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Prades, et David Oppenheim, qui \u00e9tait fou de joie d\u2019\u00eatre l\u00e0 et de jouer avec Casals. De Schubert, il joua le <i>Premier Trio<\/i> avec Sandor Vegh et Casals et il accompagna son ami David Lloyd dans <i>La Belle Meuni\u00e8re<\/i> et dans quelques lieder isol\u00e9s de Schubert et de Brahms. Le tout en l\u2019espace de dix jours\u00a0!<\/p>\n<p class=\"p1\">Cette fois encore, le festival avait \u00e9t\u00e9 un grand succ\u00e8s. Le 7 ao\u00fbt 1955, le <i>New York Times <\/i>avait publi\u00e9 un important article de Paul Moor, intitul\u00e9 Casals \u00e0 Prades et sous-titr\u00e9 \u00ab\u00a0Le violoncelliste, \u00e2g\u00e9 maintenant de 78 ans, reste un symbole unique, comme homme et comme musicien\u00a0\u00bb. Moor y rendait compte de fa\u00e7on tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9rale du festival. Il constatait le grand succ\u00e8s public du festival\u00a0: presque tous les concerts \u00e9taient <i>sold out<\/i>. Il disait son immense admiration pour Casals qui avait su, apr\u00e8s la difficile \u00e9preuve de la maladie et de la mort de Madame Capdevila, retrouver une force, un dynamisme incroyable. Il laissait entendre que le festival 1956 \u00e9tait d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 en pr\u00e9paration et que le projet \u00e9tait tr\u00e8s ambitieux\u00a0: r\u00e9unir un orchestre et un ch\u0153ur pour c\u00e9l\u00e9brer le bicentenaire de la naissance de Mozart, et offrir \u00e0 Casals la r\u00e9alisation d\u2019un r\u00eave, diriger la <i>Passion selon Saint Matthieu<\/i>.<\/p>\n<p class=\"p1\">Ces grands projets ne devaient pas se r\u00e9aliser. Eugene Istomin et Madeline Foley quitt\u00e8rent le festival f\u00e2ch\u00e9s avec Casals\u00a0! Voici le r\u00e9cit de cette brouille, confi\u00e9 par Istomin \u00e0 Bernard Meillat en 1987\u00a0: \u00ab\u00a0Tortelier et Madeline \u00e9taient \u00ab\u00a0en concurrence\u00a0\u00bb lors du festival 52. Ils s\u2019\u00e9taient partag\u00e9 les \u0153uvres, et ils \u00e9taient rest\u00e9s tr\u00e8s proches. En 1953, Madeline avait pris la d\u00e9fense de Tortelier. Elle trouvait qu\u2019il devait \u00eatre mieux pay\u00e9, avec ses qualit\u00e9s, son d\u00e9vouement et ses charges de famille. Il avait jou\u00e9 dans les orchestres du festival, s\u2019\u00e9tait montr\u00e9 tr\u00e8s serviable et disponible dans la pr\u00e9paration des festivals. Moi-m\u00eame, j\u2019\u00e9tais persuad\u00e9 que Casals pr\u00e9f\u00e9rait Tortelier \u00e0 tous les autres violoncellistes du moment. Tortelier n\u2019avait particip\u00e9 ni au festival 1954, parce qu\u2019il n\u2019y avait pas de place pour un second violoncelliste, ni au festival 1955 car il \u00e9tait parti passer une ann\u00e9e dans un kibboutz en Isra\u00ebl. Lorsque nous avons pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Casals des projets pour la programmation de 1956, Madeline et moi avons propos\u00e9 de r\u00e9inviter Paul Tortelier et de lui confier quelque chose d\u2019important, peut-\u00eatre une suite de Bach. C\u2019\u00e9tait important pour sa carri\u00e8re, cela le mettait au premier plan de fa\u00e7on spectaculaire, d\u00e9cisive. Casals refusa. Cela m\u2019apparut comme une faiblesse banale, un manque de grandeur d\u2019\u00e2me qui me contraria beaucoup : comment ce dieu de bont\u00e9 et de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 pouvait-il se montrer capable de mesquinerie\u00a0? Je me montrai sarcastique et Casals ne supporta pas mon ironie. Cela tourna en dispute. Les autres gens dans la maison me regard\u00e8rent comme si j\u2019\u00e9tais Satan, pour avoir os\u00e9 \u00e9lever la voix face au Ma\u00eetre. Madeline n\u2019avait plus dit un mot. Elle \u00e9tait compl\u00e8tement stup\u00e9faite, presque admirative que j\u2019aie os\u00e9 tenir t\u00eate \u00e0 Casals\u00a0! Cela prouvait tout simplement qu\u2019il \u00e9tait humain. Et ce genre de r\u00e9action, tous les grands interpr\u00e8tes l\u2019ont, surtout en vieillissant et en craignant le d\u00e9clin.\u00a0Nous avons jou\u00e9 et je suis reparti aussit\u00f4t apr\u00e8s mon dernier concert (des lieder avec David Lloyd), sans m\u00eame dire au revoir \u00e0 Casals.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"p1\">Bien s\u00fbr, cette brouille ne dura pas. Quelques semaines plus tard, Istomin \u00e9crivit une longue lettre \u00e0 Casals. Il n\u2019y \u00e9tait pas question d\u2019excuses ou de demande de pardon, mais de ce qu\u2019ils repr\u00e9sentaient l\u2019un pour l\u2019autre, de la profondeur et de l\u2019ind\u00e9fectibilit\u00e9 de leurs liens. Casals r\u00e9pondit aussit\u00f4t avec une lettre tr\u00e8s affectueuse, l\u2019invitant instamment \u00e0 venir jouer avec lui lors du prochain festival. Ce ne s\u2019av\u00e9ra pas possible car la longue tourn\u00e9e qu\u2019il devait effectuer en Extr\u00eame Orient \u00e0 l\u2019initiative du d\u00e9partement d\u2019Etat s\u2019achevait au moment m\u00eame o\u00f9 le festival de Prades commen\u00e7ait. Istomin lui fit part de son grand regret de ne pouvoir participer. Il apporta son soutien financier au festival en offrant le montant des cachets des r\u00e9citals qu\u2019il avait donn\u00e9s \u00e0 Mexico, une ville et un pays chers au c\u0153ur de Casals pour avoir accueilli \u00e0 bras ouverts des dizaines de milliers de r\u00e9fugi\u00e9s r\u00e9publicains espagnols. Le 20 juin, il lui \u00e9crivit de Manille, lui envoyant le mot de Cambronne pour la r\u00e9ussite du festival et lui disant \u00e0 quel point il attendait le printemps 1957, pour le retrouver et rejouer avec lui au premier Festival de Porto Rico\u2026<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-1 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-1 fusion-title-text fusion-title-size-one\"><h1 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:34;line-height:1.41;\"><\/h1><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep- sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-6\"><p><strong>J.S. Bach<\/strong>. <em>Sonate pour viole de gambe et clavier n\u00b0 1 en sol majeur BWV 1027.<\/em> Pablo Casals, violoncelle. Eugene Istomin, piano. Concert du 7 juillet 1953 (Saint-Michel-de-Cuxa, Prades).<\/p>\n<!--[if lt IE 9]><script>document.createElement('audio');<\/script><![endif]-->\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-4422-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Bach-Sonata-BWV1027_128k.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Bach-Sonata-BWV1027_128k.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Bach-Sonata-BWV1027_128k.mp3<\/a><\/audio>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":371,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4422"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4422"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4422\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7353,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4422\/revisions\/7353"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/371"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4422"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}