{"id":4082,"date":"2016-06-14T17:06:34","date_gmt":"2016-06-14T15:06:34","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=4082"},"modified":"2020-02-21T23:50:10","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:10","slug":"relations-avec-columbia","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/le-musicien\/lenregistrement\/relations-avec-columbia\/","title":{"rendered":"Relations avec Columbia"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 hundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-overflow:visible;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><p class=\"beautify\">Les  relations d\u2019Istomin avec Columbia, qui resta sa maison de disques pendant quarante ann\u00e9es, furent souvent conflictuelles. Il est vrai que, sauf en de rares p\u00e9riodes, la politique de Columbia pour le r\u00e9pertoire classique fut peu ambitieuse, les imp\u00e9ratifs d\u2019un marketing \u00e0 courte vue l\u2019emportant sans cesse sur les consid\u00e9rations artistiques. C\u2019est au point que dans les ann\u00e9es 70 la firme finit par d\u00e9courager ses artistes les plus fid\u00e8les et les plus prestigieux, perdant tour \u00e0 tour Bernstein, Horowitz et Serkin.<\/p>\n<p>Le parcours discographique d\u2019Istomin peut se r\u00e9sumer ainsi\u00a0: des d\u00e9buts pr\u00e9coces mais sans suite dans les ann\u00e9es 40, suivis d\u2019une d\u00e9cennie riche et intense, puis d\u2019une autre quelque peu chaotique. En 1970, il y eut une rupture quasi compl\u00e8te, sans qu\u2019Istomin cherche pour autant une autre maison de disques. Cette absence p\u00e9riode euphorique, des ann\u00e9es 60 chaotiques, et une quasi rupture en 1970. d\u2019Istomin fut \u00e0 l\u2019image de ses relations difficiles avec les agents et les organisateurs. \u00e9trange de bout en bout. Sa rupture avec Columbia en 1970 s\u2019av\u00e9ra tr\u00e8s dommageable pour les trois derni\u00e8res d\u00e9cennies de sa carri\u00e8re et r\u00e9duisit consid\u00e9rablement. Et, bien s\u00fbr, son h\u00e9ritage enregistr\u00e9, heureusement enrichi de nombreuses captations <em>live<\/em> et de quelques enregistrements de studio plus tardifs,\u00a0n\u2019a pas l\u2019ampleur qu\u2019il aurait d\u00fb avoir.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-1 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-1 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Les premiers disques<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep- sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Brahms-Haendel-Istomin.png\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1560\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Brahms-Haendel-Istomin-300x300.png\" alt=\"Brahms Haendel Istomin\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Brahms-Haendel-Istomin-66x66.png 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Brahms-Haendel-Istomin-150x150.png 150w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Brahms-Haendel-Istomin-300x300.png 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Brahms-Haendel-Istomin.png 376w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Pourtant, Istomin avait grav\u00e9 son premier disque tr\u00e8s t\u00f4t, en avril 1945\u00a0: le <em>Concerto en r\u00e9 mineur BWV 1052<\/em> de Bach sous la direction d\u2019Adolf Busch. C\u2019\u00e9tait moins la volont\u00e9 de Columbia que celle de Busch, qui imposa le jeune pianiste dans le programme des s\u00e9ances pr\u00e9vues avec le <em>Little Orchestra<\/em> sous sa direction. Istomin avait alors dix-neuf ans, un \u00e2ge alors inhabituellement pr\u00e9coce pour commencer une carri\u00e8re discographique. D\u2019ailleurs, Columbia ne lui fit pas d\u2019autres propositions avant sa participation au premier Festival de Prades en 1950, o\u00f9 il \u00e9tait pr\u00e9vu que toutes les \u0153uvres jou\u00e9es, \u00e0 l\u2019exception des <em>Suites pour violoncelle seul<\/em> et des <em>Cantates<\/em>. C\u2019est Serkin qui aurait d\u00fb enregistrer le <em>Cinqui\u00e8me Concerto Brandebourgeois<\/em>, puisqu\u2019il l\u2019avait jou\u00e9 au concert sous la direction de Casals, le 9 juin. Il y renon\u00e7a, par loyaut\u00e9 envers Adolf Busch, son mentor et beau-p\u00e8re, avec qui il l\u2019avait grav\u00e9 en 1935. Ce n\u2019\u00e9tait pas tant \u00e0 cause de Casals que de Szigeti, qui \u00e9tait un des grands rivaux de Busch. Istomin prit donc sa place et n\u2019eut que quelques jours pour apprendre l\u2019\u0153uvre, avec sa fameuse cadence. Il le fit \u00e0 la satisfaction g\u00e9n\u00e9rale et enregistra aussi la <em>Sonate en trio BWV 1038<\/em> avec Stern et Wummer. Le camion de <em>His Master\u2019s Voice<\/em> ayant d\u00fb quitter Prades aussit\u00f4t apr\u00e8s le festival, Istomin se rendit \u00e0 Londres quelques semaines plus tard pour graver la <em>Toccata BWV 914<\/em> et la <em>Partita BWV 826<\/em> (dont il refusa la parution).<\/p>\n<p>A son retour de Prades, tout aur\u00e9ol\u00e9 de sa participation au prestigieux festival et du soutien de Casals, Columbia lui proposa d\u2019enregistrer en mars 1951 les <em>Variations sur un th\u00e8me de Haendel <\/em>de Brahms, une des pi\u00e8ces ma\u00eetresses de son r\u00e9pertoire. Quelques mois plus tard, le Festival de Perpignan enrichit spectaculairement sa discographie : le <em>Concerto K. 449<\/em> de Mozart, quatre trios de Beethoven (<em>op. 1 n\u00b0 2<\/em>, <em>op. 11<\/em>, op. 70 n\u00b0 2 et <em>op. 97<\/em> \u00ab\u00a0<em>Archiduc<\/em>\u00a0\u00bb) et un de Schubert (<em>en si b\u00e9mol majeur D. 898<\/em>). On aurait pu penser que Columbia allait alors miser sur un jeune artiste aussi prometteur mais il n\u2019en fut rien. Dans les trois ann\u00e9es suivantes, Istomin enregistra \u00e0 nouveau exclusivement avec Casals\u00a0: deux trios de Beethoven (<em>op. 1 n\u00b0 1<\/em> et <em>op. 70 n\u00b0 1<\/em>)\u00a0; deux petits bis (Bach et Falla)\u00a0; deux \u0153uvres de Brahms (<em>Sonate op. 38<\/em> et <em>Trio op. 101<\/em>) qui ne furent pas publi\u00e9es.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-2 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-2 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Une activit\u00e9 discographique intense<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep- sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-3\"><p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Chopin-pochette-Columbia-vol-1-001.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-3717\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Chopin-pochette-Columbia-vol-1-001-300x300.jpg\" alt=\"Chopin pochette Columbia vol 1 001\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Chopin-pochette-Columbia-vol-1-001-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Chopin-pochette-Columbia-vol-1-001-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Chopin-pochette-Columbia-vol-1-001-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Chopin-pochette-Columbia-vol-1-001-1024x1021.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Chopin-pochette-Columbia-vol-1-001.jpg 1400w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Il fallut l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 la t\u00eate du d\u00e9partement \u00ab\u00a0Artistes et r\u00e9pertoires\u00a0\u00bb d\u2019un vrai musicien, David Oppenheim, pour que la carri\u00e8re discographique d\u2019Istomin commence vraiment. Oppenheim allait d\u2019ailleurs remarquablement dynamiser le secteur classique de Columbia, lan\u00e7ant de nouveaux interpr\u00e8tes (Bernstein, Gould\u2026) et tentant d\u2019\u00e9largir le r\u00e9pertoire (les \u0153uvres de Stravinsky). Oppenheim d\u00e9cida de partager le r\u00e9pertoire de piano entre les pianistes sous contrat avec un \u00e9quilibre qui permette \u00e0 la fois \u00e0 chacun d\u2019enregistrer les \u0153uvres qui lui tiennent \u00e0 c\u0153ur et \u00e0 Columbia de couvrir l\u2019ensemble du r\u00e9pertoire avec des versions de premier plan. Robert Casadesus se voyait confier prioritairement Mozart et la musique fran\u00e7aise, Rudolf Serkin le grand r\u00e9pertoire germanique. Quant \u00e0 Istomin, il h\u00e9ritait de Chopin et du r\u00e9pertoire russe. Ses deux premiers projets \u00e9taient l\u2019int\u00e9grale des <em>Nocturnes<\/em> de Chopin (enregistr\u00e9s tout au long de l\u2019ann\u00e9e 1955) et le <em>Deuxi\u00e8me Concerto<\/em> de Rachmaninov (en avril 1956).<\/p>\n<p>Les <em>Nocturnes<\/em> de Chopin furent chaleureusement accueillis par la critique. Pour le Rachmaninov, ce fut m\u00eame du d\u00e9lire. La revue de r\u00e9f\u00e9rence des m\u00e9lomanes am\u00e9ricains, <em>High Fidelity<\/em>, accumula les superlatifs (\u00ab\u00a0\u00e9blouissant\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0vraiment stup\u00e9fiant\u00a0\u00bb) et s\u2019enthousiasma pour sa technique fabuleuse (\u00ab\u00a0des doigts de feu\u00a0\u00bb). Le disque devint un best-seller. Le premier tirage de soixante-dix mille exemplaires fut \u00e9puis\u00e9 en quelques semaines. Au total, les ventes atteignirent deux cent mille exemplaires, un chiffre tout \u00e0 fait exceptionnel pour le r\u00e9pertoire classique.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/cover-LP-rachma-2-istomin-ormandy-CBS.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2997\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/cover-LP-rachma-2-istomin-ormandy-CBS-300x290.jpg\" alt=\"cover-LP-rachma-2-istomin-ormandy-CBS\" width=\"300\" height=\"290\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/cover-LP-rachma-2-istomin-ormandy-CBS-52x50.jpg 52w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/cover-LP-rachma-2-istomin-ormandy-CBS-300x290.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/cover-LP-rachma-2-istomin-ormandy-CBS.jpg 687w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>De fa\u00e7on tout \u00e0 fait logique, la machine commerciale de Columbia s\u2019\u00e9tait mobilis\u00e9e pour promouvoir Eugene Istomin et ses enregistrements. La newsletter interne du 7 juin 1956 d\u00e9clara fi\u00e8rement\u00a0: \u00ab\u00a0Eugene Istomin est un grand artiste, qui continue de s\u2019affirmer davantage chaque jour. Il a \u00e9t\u00e9 form\u00e9 dans la grande tradition qui nous a donn\u00e9 Rachmaninov, Rubinstein, Horowitz et Serkin. C\u2019est la plus sensationnelle d\u00e9couverte que nous ayons faite depuis O\u00efstrakh. Vendez Istomin\u00a0! Nous allons faire de lui notre grand pianiste romantique, qui fournira les chevaux de bataille concertants dont notre catalogue a besoin.\u00a0\u00bb Son <em>Deuxi\u00e8me Concerto <\/em>de Rachmaninov fut mis en avant par le r\u00e9seau commercial comme \u00ab\u00a0Achat du mois\u00a0\u00bb en juin, puis comme \u00ab\u00a0Disque du mois\u00a0\u00bb en octobre, et propos\u00e9 \u00e0 un prix tr\u00e8s accessible.<\/p>\n<p>Se consacrer en priorit\u00e9 \u00e0 Chopin et \u00e0 Rachmaninov ne signifiait pas les autres r\u00e9pertoires lui \u00e9taient ferm\u00e9s. Au printemps 1957, il devait enregistrer \u00e0 Porto Rico avec Casals le <em>Concerto K. 271<\/em> de Mozart et le <em>Trio en si b\u00e9mol majeur<\/em> de Schubert (d\u00e9j\u00e0 grav\u00e9 \u00e0 Perpignan en 1951 avec Schneider et pr\u00e9vu cette fois avec Stern). Le malaise cardiaque de Casals bouleversa le programme et Istomin n\u2019enregistra finalement que le <em>Quatuor K. 493<\/em> de Mozart. En septembre 1957, Istomin enregistra les <em>Intermezzi op. 117<\/em> de Brahms (pour permettre \u00e0 ses <em>Variations Haendel<\/em> d\u2019\u00eatre r\u00e9\u00e9dit\u00e9es sur un microsillon 30 cm) et en janvier 1958, le <em>Concerto l\u2019Empereur<\/em> de Beethoven avec l\u2019Orchestre de Philadelphie.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-3 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-3 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>L&rsquo;\u00e9trange politique de Columbia<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep- sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-4\"><div id=\"attachment_4374\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Lieberson-1.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4374\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4374\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Lieberson-1-300x203.jpg\" alt=\"Goddard Lieberson\" width=\"300\" height=\"203\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Lieberson-1-200x136.jpg 200w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Lieberson-1-300x203.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Lieberson-1-400x271.jpg 400w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Lieberson-1-600x407.jpg 600w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Lieberson-1-768x521.jpg 768w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Lieberson-1-800x542.jpg 800w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Lieberson-1.jpg 838w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4374\" class=\"wp-caption-text\">Goddard Lieberson<\/p><\/div>\n<p>Cependant le grand \u00e9lan qui avait pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alisation et au lancement des disques pr\u00e9c\u00e9dents \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9. David Oppenheim s\u2019\u00e9tait lass\u00e9 de se voir refuser d\u2019\u00e9largir le r\u00e9pertoire et de devoir enregistrer sans fin les m\u00eames \u0153uvres. M\u00eame faire un disque avec Stravinsky \u00e9tait difficilement accept\u00e9\u00a0! Le r\u00e9pertoire concertant se vendait davantage que le piano solo, alors on demandait \u00e0 Serkin, le pianiste le plus prestigieux de la compagnie, de graver encore et toujours les concertos de Beethoven et de Brahms, et presque jamais du piano solo. Entre 1956 et 1964, Serkin enregistra quinze disques de concertos et deux disques de piano solo ! Oppenheim avait d\u00fb se battre pour que Serkin consacre un disque \u00e0 des concertos de Bartok et de Prokofiev. Il est permis de penser que Goddard Lieberson, le pr\u00e9sident de Columbia, qui avait \u00e9t\u00e9 le directeur artistique du premier disque d\u2019Istomin en 1945, n\u2019\u00e9tait plus dans le coup. A la fin des ann\u00e9es 40, il avait bien compris l\u2019int\u00e9r\u00eat du microsillon et contribu\u00e9 \u00e0 son essor. Mais, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 50, il n\u2019a pas cru \u00e0 la st\u00e9r\u00e9o\u00a0! Columbia ne commen\u00e7a \u00e0 enregistrer en st\u00e9r\u00e9o qu\u2019\u00e0 partir de 1958, alors que RCA, Mercury et Decca avaient commenc\u00e9 d\u00e8s 1955. Plus le temps passait, plus Lieberson, malgr\u00e9 sa solide formation de musicien classique, s\u2019occupait avant tout de com\u00e9dies musicales et limitait le classique aux r\u00e9pertoires les plus rentables. Oppenheim finit par donner sa d\u00e9mission en 1959. Pour le remplacer, Goddard Lieberson fit appel \u00e0 Schuyler Chapin et cette d\u00e9cision s\u2019av\u00e9ra catastrophique pour la carri\u00e8re discographique d\u2019Istomin.<\/p>\n<div id=\"attachment_4488\" style=\"width: 170px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Chapin.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4488\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-4488\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Chapin.png\" alt=\"Schuyler Chapin\" width=\"160\" height=\"204\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4488\" class=\"wp-caption-text\">Schuyler Chapin<\/p><\/div>\n<p>James Gollin fait le r\u00e9cit de cet \u00e9pisode dans la biographie qu\u2019il a consacr\u00e9 \u00e0 Istomin. Schuyler Chapin avait pr\u00e9c\u00e9demment travaill\u00e9 pour la NBC et surtout pour Columbia Artists Management. Il avait longtemps accompagn\u00e9 Jascha Heifetz dans ses tourn\u00e9es \u00e0 travers les Etats-Unis. Istomin avait des relations tr\u00e8s amicales avec lui. Il advint alors que le manager de l\u2019Orchestre de Philadelphie, Donald Engle, quitta son poste. Chapin posa sa candidature et, sachant qu\u2019Istomin \u00e9tait tr\u00e8s proche d\u2019Ormandy, il lui demanda d\u2019intervenir en sa faveur. Istomin s\u2019acquitta de cette mission mais se vit r\u00e9pondre par Ormandy qu\u2019il n\u2019en \u00e9tait pas question car, selon lui, Chapin n\u2019\u00e9tait \u00ab\u00a0bon qu\u2019\u00e0 porter des manteaux\u00a0\u00bb. C\u2019\u00e9tait une raison difficile \u00e0 transmettre\u00a0! Istomin se montra \u00e9vasif sur la r\u00e9ponse d\u2019Ormandy et essaya de convaincre son ami de poursuivre sa carri\u00e8re \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Chapin fut persuad\u00e9 qu\u2019Istomin n\u2019avait pas voulu le soutenir et il lui en garda beaucoup de ranc\u0153ur.<\/p>\n<p>Le programme d\u2019enregistrement mis en place par David Oppenheim suivait son cours et Istomin venait d\u2019enregistrer le <em>Premier Concerto<\/em> de Tcha\u00efkovsky et le <em>Deuxi\u00e8me Concerto<\/em> de Chopin avec l\u2019Orchestre de Philadelphie et Ormandy, puis le <em>Concerto<\/em> de Schumann avec Bruno Walter. Il avait le sentiment que Columbia lui offrait des \u0153uvres et des partenaires prestigieux, mais que la promotion \u00e9tait tr\u00e8s insuffisante. Cela avait \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement frustrant pour le <em>Concerto<\/em> de Tcha\u00efkovsky. On avait demand\u00e9 \u00e0 Istomin d\u2019apprendre cette partition, qu\u2019il n\u2019avait jamais jou\u00e9e, et de l\u2019enregistrer apr\u00e8s un seul concert. RCA avait publi\u00e9 \u00e0 l\u2019automne 1958 un \u00a0enregistrement du c\u00e9l\u00e8bre concerto avec Van Cliburn, tout aur\u00e9ol\u00e9 de son triomphe au Concours Tcha\u00efkovsky. L\u2019\u00e9v\u00e9nement avait eu un retentissement consid\u00e9rable.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Van-Cliburn-Tchaikovsky.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-4489 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Van-Cliburn-Tchaikovsky-297x300.jpg\" alt=\"Le disque classique le plus vendu de l'histoire \" width=\"297\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Van-Cliburn-Tchaikovsky-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Van-Cliburn-Tchaikovsky-200x202.jpg 200w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Van-Cliburn-Tchaikovsky-297x300.jpg 297w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Van-Cliburn-Tchaikovsky-400x404.jpg 400w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Van-Cliburn-Tchaikovsky.jpg 478w\" sizes=\"(max-width: 297px) 100vw, 297px\" \/><\/a><\/p>\n<p>RCA avait lanc\u00e9 une campagne de publicit\u00e9 d\u2019une ampleur in\u00e9dite pour la musique classique, si bien que ce disque promettait de battre tous les records de vente. La direction de Columbia consid\u00e9ra qu\u2019il ne fallait pas abandonner le terrain \u00e0 RCA et demanda \u00e0 Istomin de concurrencer l\u2019interpr\u00e9tation de Van Cliburn et de renouveler le succ\u00e8s de son <em>Deuxi\u00e8me<\/em> de Rachmaninov.<\/p>\n<p>L\u2019accueil critique du disque d&rsquo;Istomin fut favorable, mais le r\u00e9sultat commercial fut consid\u00e9r\u00e9 par Columbia comme une d\u00e9ception. Le disque de Van Cliburn allait atteindre le chiffre astronomique d\u2019un million d\u2019exemplaires vendus\u00a0! Le r\u00e9sultat \u00e9tait d\u2019autant plus logique que Columbia n\u2019avait fait aucune publicit\u00e9. Peut-\u00eatre Lieberson et son \u00e9quipe marketing avaient-ils pens\u00e9 finalement que c\u2019\u00e9tait peine perdue promouvoir le disque d\u2019Istomin tant Van Cliburn RCA avaient \u00e9cras\u00e9 le march\u00e9. C\u2019\u00e9tait une erreur strat\u00e9gique, et il aurait certainement mieux valu retarder la sortie du disque. Istomin, quant \u00e0 lui, avait le sentiment de n\u2019avoir nullement d\u00e9m\u00e9rit\u00e9 et d\u2019\u00eatre victime de l\u2019incoh\u00e9rence de la politique de Columbia. Il prit rendez-vous avec Goddard Lieberson, qui proposa \u00e0 Schuyler Chapin d\u2019\u00eatre \u00e9galement pr\u00e9sent. L\u2019objectif \u00e9tait de discuter du renouvellement de son contrat, mais auparavant istomin fit part de ses dol\u00e9ances quant au manque de soutien pour ses enregistrements en g\u00e9n\u00e9ral, et pour le Tcha\u00efkovsky en particulier\u00a0: quelques pages dans les programmes de concert mais rien dans la presse. Chapin sugg\u00e9ra alors \u00e0 Istomin de prendre en charge lui-m\u00eame sa promotion, et il laissa entendre que les accords du d\u00e9but du <em>Concerto<\/em> de Tcha\u00efkovsky ne sonnaient pas aussi spectaculairement qu\u2019ils auraient d\u00fb\u00a0! La discussion resta tr\u00e8s tendue tout au long du d\u00e9jeuner. Quelques jours plus tard, Istomin apprit que son contrat \u00e9tait suspendu et que tous les projets \u00e9taient annul\u00e9s, y compris le r\u00e9enregistrement en st\u00e9r\u00e9o du <em>Deuxi\u00e8me Concerto<\/em> de Rachmaninov, pr\u00e9vu en avril 1961, et un disque de sonates de Beethoven presque achev\u00e9.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-4 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-4 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>L&rsquo;\u00e9trange politique de Columbia<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep- sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-5\"><p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Brahms-Concerto-2-LP-Columbia-001.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-4492\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Brahms-Concerto-2-LP-Columbia-001-297x300.jpg\" alt=\"Brahms Concerto 2 LP Columbia 001\" width=\"297\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Brahms-Concerto-2-LP-Columbia-001-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Brahms-Concerto-2-LP-Columbia-001-200x202.jpg 200w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Brahms-Concerto-2-LP-Columbia-001-297x300.jpg 297w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Brahms-Concerto-2-LP-Columbia-001-400x404.jpg 400w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Brahms-Concerto-2-LP-Columbia-001-600x607.jpg 600w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Brahms-Concerto-2-LP-Columbia-001-768x777.jpg 768w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Brahms-Concerto-2-LP-Columbia-001-800x809.jpg 800w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Brahms-Concerto-2-LP-Columbia-001-1013x1024.jpg 1013w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Brahms-Concerto-2-LP-Columbia-001-1200x1213.jpg 1200w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Brahms-Concerto-2-LP-Columbia-001.jpg 1429w\" sizes=\"(max-width: 297px) 100vw, 297px\" \/><\/a>Pendant les quatre ann\u00e9es que Chapin passa chez Columbia, Istomin n\u2019enregistra pas le moindre disque. Dans les trois ann\u00e9es qui suivirent son d\u00e9part (il devint vice-pr\u00e9sident du Lincoln Center fin 1963), Istomin n\u2019enregistra pas moins de sept disques. Ce n\u2019\u00e9tait pas pour autant que ses relations avec Columbia \u00e9taient redevenues idylliques. Il avait le sentiment d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 trahi par Lieberson (qui garda la pr\u00e9sidence jusqu\u2019en 1975). La confiance \u00e9tait rompue. Columbia lui avait propos\u00e9 de nouveaux contrats essentiellement \u00e0 cause du Trio qu\u2019il venait de former avec deux autres artistes li\u00e9s \u00e0 la compagnie, Isaac Stern et Leonard Rose. Les concerts et les disques de cet ensemble faisaient l\u2019\u00e9v\u00e9nement dans le monde entier. Columbia se sentait oblig\u00e9 de le fid\u00e9liser en lui offrant en outre quelques disques comme soliste\u00a0: le <em>Deuxi\u00e8me Concerto<\/em> de Brahms en 1965, le <em>Quatri\u00e8me<\/em> de Beethoven en 1968 (pour le vingt-cinqui\u00e8me anniversaire de ses d\u00e9buts), et la <em>Sonate en r\u00e9 majeur D. 850<\/em> de Schubert en 1969. Un disque de bis, quasi achev\u00e9, ainsi que la <em>Sonate<\/em> de Stravinsky, ne furent finalement pas publi\u00e9s, et ne seront r\u00e9v\u00e9l\u00e9s qu\u2019en 2015 par Sony\u2026 Cela \u00e9vitait par ailleurs qu\u2019il signe pour un autre label et vienne concurrencer les autres pianistes Columbia.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Beethoven-Trios-LP-USA.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-4493\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Beethoven-Trios-LP-USA-298x300.jpg\" alt=\"Beethoven Trios LP USA\" width=\"298\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Beethoven-Trios-LP-USA-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Beethoven-Trios-LP-USA-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Beethoven-Trios-LP-USA-200x201.jpg 200w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Beethoven-Trios-LP-USA-298x300.jpg 298w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Beethoven-Trios-LP-USA-400x402.jpg 400w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Beethoven-Trios-LP-USA.jpg 497w\" sizes=\"(max-width: 298px) 100vw, 298px\" \/><\/a>Cette situation ambigu\u00eb et quelque peu perverse perdura jusqu\u2019au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1970. Pour le bicentenaire de la naissance de Beethoven, Istomin, Stern et Rose avaient d\u00e9cid\u00e9 de donner l\u2019int\u00e9grale de sa musique de chambre avec piano en une s\u00e9rie de huit concerts, \u00e0 Paris, \u00e0 Londres, en Suisse et \u00e0 New York. Dans un premier temps, Columbia n\u2019avait pr\u00e9vu que de compl\u00e9ter l\u2019int\u00e9grale des <em>Trios<\/em>, commenc\u00e9e en 1965. Devant l\u2019engouement suscit\u00e9 par ce d\u00e9fi in\u00e9dit, la firme proposa en avril 1969 aux trois musiciens d\u2019enregistrer aussi toutes les \u0153uvres pour piano et violon ainsi que\u00a0pour piano et violoncelle. Pour Istomin, cela repr\u00e9sentait un \u00e9norme effort suppl\u00e9mentaire. Il lui fallait bouleverser tout son calendrier pour pr\u00e9parer et enregistrer en moins d\u2019un an sept \u0153uvres pour trio, neuf avec violoncelle (six sonates, dont la transcription de l\u2019opus 17, et trois s\u00e9ries de variations) et dix sonates avec violon. Un travail de titan\u00a0! Surtout, cette avalanche de disques de musique de chambre allait l\u2019enfermer encore davantage dans son image de chambriste et nuire \u00e0 sa carri\u00e8re de soliste.<\/p>\n<p>Pouss\u00e9 par l\u2019enthousiasme de ses coll\u00e8gues et amis, aiguillonn\u00e9 par l\u2019int\u00e9r\u00eat musical, Istomin commen\u00e7a par accepter. Quatre sonates, pour violon (<em>n\u00b0 1<\/em> et <em>n\u00b0 7<\/em>) et pour violoncelle (<em>n\u00b0 3<\/em> et <em>n\u00b0 5<\/em>) furent enregistr\u00e9es pendant l\u2019\u00e9t\u00e9 1969. Cependant, Istomin avait demand\u00e9 \u00e0 Columbia de lui faire des propositions raisonnables pour r\u00e9\u00e9quilibrer son image avec des disques de concerto ou de piano solo. Il souhaitait au moins r\u00e9enregistrer le <em>Concerto \u00ab\u00a0L\u2019empereur\u00a0\u00bb<\/em> car son disque de 1958 avait disparu des catalogues (il n\u2019avait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 qu\u2019en mono, la prise de son st\u00e9r\u00e9o ayant \u00e9t\u00e9 rat\u00e9e). Il \u00e9tait pr\u00eat \u00e9galement \u00e0 enregistrer le <em>Troisi\u00e8me<\/em>, qu\u2019il jouait tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement, et m\u00eame \u00e0 faire l\u2019int\u00e9grale des concertos. Columbia avait promis de r\u00e9fl\u00e9chir, mais finit par r\u00e9pondre tardivement que la surcharge de ses studios et de ses \u00e9quipes ne permettaient aucun nouveau projet avant 1971 et qu\u2019ils reconsid\u00e9reraient la question \u00e0 ce moment-l\u00e0. Istomin avait d\u00e9j\u00e0 conscience d\u2019\u00eatre manipul\u00e9 par Columbia, mais cette fois c\u2019en \u00e9tait trop.<\/p>\n<div id=\"attachment_3764\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Rose-Istomin-CD-beethoven.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3764\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3764 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Rose-Istomin-CD-beethoven-300x267.jpg\" alt=\"L'enregistrement des Sonates de Beethoven ne parut qu'en 1986\" width=\"300\" height=\"267\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Rose-Istomin-CD-beethoven-300x267.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Rose-Istomin-CD-beethoven-1024x910.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Rose-Istomin-CD-beethoven.jpg 1434w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3764\" class=\"wp-caption-text\">Les Sonates de Beethoven avec Rose ne parurent qu&rsquo;en 1986<\/p><\/div>\n<p>Furieux, il d\u00e9cida d\u2019annuler l\u2019enregistrement des duos et de n\u2019assurer que la fin de l\u2019int\u00e9grale des <em>Trios<\/em>, pr\u00e9vue de longue date. Columbia essaya de le faire revenir sur sa d\u00e9cision, en vain. Isaac Stern \u00e9tait \u00e0 la fois d\u00e9\u00e7u et soulag\u00e9, car il ne sentait pas encore pr\u00eat \u00e0 enregistrer certaine sonates qu\u2019il ne jouait jamais en concert. Son calendrier tr\u00e8s charg\u00e9 ne lui laissait gu\u00e8re le temps de les travailler dans un d\u00e9lai aussi court. Leonard Rose \u00e9tait hors de lui, car il consid\u00e9rait cet enregistrement comme le couronnement de sa carri\u00e8re. Cette crise aurait pu \u00eatre fatale au Trio. La n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019honorer leurs contrats, l\u2019amiti\u00e9, le plaisir de jouer ensemble prirent le dessus, mais leur complicit\u00e9 ne fut plus jamais ce qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 dans les ann\u00e9es soixante.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-5 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-5 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>La fin de l&rsquo;aventure<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep- sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-6\"><p>Jusqu\u2019au d\u00e9part de Lieberson, en 1975, Istomin ne mit plus les pieds dans les studios de Columbia\u00a0! Entre 1976 et 1979, il n\u2019enregistra que le <em>Trio K. 502<\/em> de Mozart (dont la bande fut \u00e9gar\u00e9e) et le <em>Deuxi\u00e8me Trio<\/em> de Mendelssohn (selon Istomin, le sommet de la discographie de leur ensemble). <a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Tom-Frost.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-4496\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Tom-Frost.jpg\" alt=\"Tom Frost\" width=\"180\" height=\"240\" \/><\/a>Tom Frost venait de prendre la direction du d\u00e9partement \u00ab\u00a0Artistes et r\u00e9pertoire\u00a0\u00bb et on pouvait esp\u00e9rer qu\u2019une collaboration allait rena\u00eetre. Tom Frost, qui avait notamment produit tous les enregistrements de Casals \u00e0 Marlboro et la plupart de ceux d\u2019Horowitz, avait beaucoup d\u2019admiration pour Istomin. Il \u00e9tait tr\u00e8s impressionn\u00e9 par sa culture et par sa connaissance en profondeur des partitions. Il avait \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement frapp\u00e9 par le r\u00f4le qu\u2019Istomin avait jou\u00e9 lors de l\u2019enregistrement du <em>Triple Concerto\u00a0<\/em>de Beethoven\u00a0: \u00ab\u00a0Il entendait tout, y compris dans l\u2019orchestre, il savait parfaitement ce qu\u2019il voulait. \u00a0Il parvenait m\u00eame \u00e0 faire partager ses convictions par le chef (Eugene Ormandy) et les deux autres solistes (Isaac Stern et Leonard Rose)\u00a0! Frost avait aussi \u00e9t\u00e9 le directeur artistique d\u2019Istomin pour le <em>Deuxi\u00e8me Concerto <\/em>de Brahms et pour le <em>Quatri\u00e8me Concerto<\/em> de Beethoven. Il s\u2019engagea \u00e0 r\u00e9\u00e9diter certains enregistrements d\u2019Istomin qui n\u2019\u00e9taient plus au catalogue depuis longtemps. Les concertos de Chopin, de Schumann et de Tcha\u00efkovsky parurent en 1977 dans la collection \u00e9conomique Odyssey. Une coproduction fut envisag\u00e9e avec la firme polonaise Muza pour enregistrer \u00e0 Varsovie la <em>Symphonie concertante<\/em> de Szymanowski sous la direction de Jerzy Semkow. Elle ne put aboutir. Frost, qui souhaitait \u00e0 son tour \u00e9largir le r\u00e9pertoire des disques de Columbia proposa \u00e0 Istomin de se lancer dans une int\u00e9grale Scriabine. Istomin admirait Scriabine, mais il n\u2019en avait jamais jou\u00e9 en public et il ne se sentait pas assez proche de son univers pour se lancer dans une telle aventure. Istomin proposa plut\u00f4t de graver certaines \u0153uvres de Rachmaninov et en particulier les <em>Variations sur un th\u00e8me de Chopin<\/em> qui lui tenaient \u00e0 c\u0153ur. Or Columbia venait de confier une int\u00e9grale Rachmaninov \u00e0 Ruth Laredo. Finalement, aucun accord ne put \u00eatre trouv\u00e9, sans que l\u2019on puisse dire \u00e0 qui en incombait la responsabilit\u00e9. Il avait \u00e9t\u00e9 tout simplement trop difficile de renouer des liens apr\u00e8s une telle rupture.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Beethoven-Violin-Sonatas1-LP.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3194 alignright\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Beethoven-Violin-Sonatas1-LP-296x300.jpg\" alt=\"Beethoven-Violin-Sonatas1 LP\" width=\"296\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Beethoven-Violin-Sonatas1-LP-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Beethoven-Violin-Sonatas1-LP-296x300.jpg 296w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Beethoven-Violin-Sonatas1-LP.jpg 961w\" sizes=\"(max-width: 296px) 100vw, 296px\" \/><\/a>Pourtant, Istomin allait encore enregistrer pour Columbia, devenue entre temps CBS. Il avait fini par c\u00e9der aux supplications de son ami Isaac Stern pour terminer l\u2019int\u00e9grale des <em>Sonates pour piano et violon<\/em> de Beethoven qu\u2019ils avaient commenc\u00e9e en 1969. Entre novembre 1982 et d\u00e9cembre 1983, ils enregistr\u00e8rent les huit sonates qui manquaient. Istomin avait refus\u00e9 tout contact avec les dirigeants de CBS. Il ne signa pas de contrat et ne toucha jamais de royalties sur les ventes. Il n\u2019avait pas m\u00eame souhait\u00e9 r\u00e9\u00e9couter les prises, donnant carte blanche \u00e0 Isaac Stern pour veiller sur la post-production.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-6 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-6 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Les r\u00e9\u00e9ditions<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep- sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-7\"><p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/Coffret-Sony-2.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3853\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/Coffret-Sony-2-300x300.jpg\" alt=\"Coffret Sony 2\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/Coffret-Sony-2-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/Coffret-Sony-2-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/Coffret-Sony-2-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/Coffret-Sony-2-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/Coffret-Sony-2.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>L\u2019amertume d\u2019Istomin \u00e9tait \u00e9galement li\u00e9e \u00e0 l\u2019utilisation que Columbia, CBS, puis Sony (qui avait rachet\u00e9 la compagnie en 1988) firent de ses anciens enregistrements. Seuls les trios avec Isaac Stern et Leonard Rose furent r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9\u00e9dit\u00e9s, mais souvent dans des collections consacr\u00e9es \u00e0 Stern. Nombre de ses disques avec Casals furent \u00e9galement republi\u00e9s \u00e0 diverses reprises, dans des collections d\u00e9di\u00e9es \u00e0 Casals. Le seul concerto qui ne quitta gu\u00e8re le catalogue \u00e9tait le Schumann, le plus souvent \u00e0 cause de Bruno Walter. Les initiatives de r\u00e9\u00e9dition les plus marquantes vinrent de pays inattendus, d\u2019Argentine (o\u00f9 les concertos de Chopin et de Schumann remport\u00e8rent un Grand Prix du Disque) et surtout du Japon. En 1989, en Angleterre, CBS trouva moyen de republier son interpr\u00e9tation du <em>Concerto<\/em> de Tcha\u00efkovsky\u00a0sans aucun couplage. Comment un CD de trente-quatre minutes, m\u00eame en collection tr\u00e8s \u00e9conomique, pouvait-il avoir du succ\u00e8s\u00a0? Comment avait-on pu ne pas penser \u00e0 le coupler avec son enregistrement du <em>Deuxi\u00e8me<\/em> de Rachmaninov, qui restait une r\u00e9f\u00e9rence\u00a0 pour nombre de m\u00e9lomanes ? En 1991, Sony France annonce un coffret des \u0153uvres concertantes de Tcha\u00efkovsky en collection Maestro avec \u00e0 nouveau le <em>Premier Concerto pour piano<\/em> dans la version d\u2019Istomin. Sony New York envoie \u00e0 la place l\u2019enregistrement de Gary Graffman\u2026 On pourrait multiplier les anecdotes de ce genre, qui montrent le peu de consid\u00e9ration que Columbia et ses successeurs eurent pour Eugene Istomin.<\/p>\n<p>Il fallut attendre 2015 pour que Sony, \u00e0 l\u2019initiative de Gary Graffman et de Robert Russ, se plonge s\u00e9rieusement dans ses archives et publie un coffret de onze CDs, reprenant l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de ses enregistrements en concerto et en piano solo, ajoutant m\u00eame quelques pr\u00e9cieux in\u00e9dits.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":333,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4082"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4082"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4082\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7380,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4082\/revisions\/7380"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/333"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4082"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}