{"id":363,"date":"2015-07-22T15:14:19","date_gmt":"2015-07-22T14:14:19","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=363"},"modified":"2020-02-21T23:51:14","modified_gmt":"2020-02-21T22:51:14","slug":"le-baseball","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/lhomme\/le-baseball\/","title":{"rendered":"Le baseball"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 hundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-overflow:visible;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-image-element in-legacy-container\" style=\"--awb-caption-title-size:var(--h2_typography-font-size);--awb-caption-title-transform:var(--h2_typography-text-transform);--awb-caption-title-line-height:var(--h2_typography-line-height);--awb-caption-title-letter-spacing:var(--h2_typography-letter-spacing);\"><span class=\" fusion-imageframe imageframe-dropshadow imageframe-1 hover-type-none\" style=\"border:5px solid #f6f6f6;-webkit-box-shadow: 3px 3px 7px rgba(0,0,0,0.3);box-shadow: 3px 3px 7px rgba(0,0,0,0.3);\"><img decoding=\"async\" alt=\"Eugene Istomin tentant d\u2019expliquer le Concerto de Schumann \u00e0 deux joueurs des Detroit Tigers\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/1960-Baseball-Game.jpg\" class=\"img-responsive\"\/><\/span><\/div><div class=\"fusion-sep-clear\"><\/div><div class=\"fusion-separator fusion-full-width-sep\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto;margin-top:5px;margin-bottom:5px;width:100%;\"><\/div><div class=\"fusion-sep-clear\"><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><p>On trouve souvent dans la presse des \u00e9chos de la passion d\u2019Istomin pour le baseball. Dans le <em>Whos\u2019who<\/em> que constitue <em>Current Biography<\/em>, il est not\u00e9 qu\u2019il fut un moment batteur dans l\u2019\u00e9quipe des Brooklyn Dodgers. <em>Time Magazine<\/em>, de son c\u00f4t\u00e9, donna une version plus\u00a0\u00e9dulcor\u00e9e de ses aventures sportives\u00a0: \u00ab\u00a0Eugene Istomin, qui est n\u00e9 \u00e0 Brooklyn, a abandonn\u00e9 son ambition d\u2019enfance de jouer pour les Dodgers (il a servi de porteur d\u2019eau pendant un camp d\u2019entra\u00eenement de printemps), pr\u00e9f\u00e9rant une bourse au Curtis o\u00f9 il a \u00e9tudi\u00e9 avec Rudolf Serkin.\u00a0\u00bb En 1968, le musicologue Franck Hruby l\u2019interviewa pour <em>Cleveland Press<\/em> et titra son article\u00a0: \u201cIstomin, philosophe, pianiste et fan des Tigers\u00a0\u00bb. Istomin se garda bien d\u2019infirmer ses rumeurs. Il s\u2019amusait m\u00eame \u00e0 les alimenter\u00a0!<\/p>\n<p>Cette passion pour le baseball est n\u00e9e dans sa tendre enfance et ce fut pour lui le meilleur moyen de s\u2019int\u00e9grer aux enfants de son \u00e2ge alors qu&rsquo;il risquait\u00a0de s\u2019enfermer dans son univers de jeune pianiste prodige. Selon la formule de son biographe, James Gollin, le baseball fut son passeport pour l\u2019Am\u00e9rique.<\/p>\n<div id=\"attachment_3633\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Detroit-tigers-68.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3633\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3633 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Detroit-tigers-68-300x200.jpg\" alt=\"Les Detroit Tigers, champions du monde 1968 \" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Detroit-tigers-68-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Detroit-tigers-68.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3633\" class=\"wp-caption-text\">Les Detroit Tigers, champions du monde 1968<\/p><\/div>\n<p>C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 Doc Greene, un journaliste du <em>Detroit News<\/em>, qu\u2019Istomin put p\u00e9n\u00e9trer les arcanes du baseball. Son initiateur fut Charlie Dressen, une l\u00e9gende du baseball\u00a0! Dressen termina sa carri\u00e8re comme manager des Detroit Tigers, qu\u2019il ramena des bas-fonds du classement vers les sommets. Gr\u00e2ce \u00e0 lui, Istomin poss\u00e9da bient\u00f4t toutes les ficelles de ce sport infiniment complexe\u00a0!<\/p>\n<p>Chaque fois qu\u2019il le pouvait, il se rendait au stade pour assister aux rencontres, et chaque printemps il s\u2019effor\u00e7ait d\u2019arranger son calendrier pour aller en Floride assister au camp d\u2019entra\u00eenement de son \u00e9quipe favorite. Le monde du baseball l\u2019accueillait comme\u00a0l\u2019un des siens. Il \u00e9tait un invit\u00e9 permanent, trait\u00e9 comme une grande personnalit\u00e9, m\u00eame si peu de dirigeants et encore moins de joueurs s\u2019int\u00e9ressaient au piano\u00a0!<\/p>\n<p>Le baseball ne lui faisait pas oublier ses pr\u00e9occupations humanistes. Il \u00e9tait choqu\u00e9 de la fa\u00e7on dont les joueurs \u00e9taient trait\u00e9s. Ils \u00e9taient des esclaves, certes bien pay\u00e9s, mais des esclaves tout de m\u00eame, qu\u2019on exploitait sans vergogne. Lorsqu\u2019ils n\u2019\u00e9taient plus utiles, parce que trop vieux, bless\u00e9s ou moins performants, on se d\u00e9barrassait d\u2019eux. Ils pouvaient aussi \u00eatre vendus \u00e0 une autre franchise, m\u00eame contre leur gr\u00e9. Istomin protesta souvent contre de tels traitements et soutint que ce sport avait beaucoup \u00e0 gagner en adoptant un comportement plus humain\u00a0: un plus grand investissement de la part de\u00a0joueurs attach\u00e9s \u00e0 leur club, une meilleure qualit\u00e9 de jeu gr\u00e2ce \u00e0 un effectif plus stable, une plus grande passion des fans\u2026<br \/>\n<a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Istomin-in-Baseball-Jersey.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2080 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Istomin-in-Baseball-Jersey-244x300.jpg\" alt=\"Istomin-in-Baseball-Jersey\" width=\"244\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Istomin-in-Baseball-Jersey-244x300.jpg 244w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Istomin-in-Baseball-Jersey.jpg 391w\" sizes=\"(max-width: 244px) 100vw, 244px\" \/><\/a><\/p>\n<p>En 1987, lorsqu\u2019il re\u00e7ut le Prix Paul Hume (du nom du fameux critique musical du <em>Washington Post<\/em>), les dirigeants des Detroit Tigers lui offrirent une tenue compl\u00e8te de l\u2019\u00e9quipe \u00e0 sa taille et \u00e0 son nom, avec son num\u00e9ro f\u00e9tiche. Un contrat lui fut m\u00eame propos\u00e9, avec un salaire horaire de 3$87, pour enseigner le piano \u00e0 toute l\u2019\u00e9quipe\u00a0! En 2000, pour son soixante-quinzi\u00e8me anniversaire, Tom Monaghan lui apporta les troph\u00e9es remport\u00e9s par les Tigers en 1984.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019il ne pouvait \u00eatre au stade, Istomin regardait le baseball \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, dans sa chambre d\u2019h\u00f4tel ou \u00e0 la maison. Emanuel Ax se souvient qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas question de commencer un cours tant que le match n\u2019\u00e9tait pas fini. Istomin reconnaissait volontiers que les milliers d\u2019heures pass\u00e9es \u00e0 regarder du baseball auraient pu, s\u2019il les avait pass\u00e9es au piano, lui permettre d\u2019ajouter \u00e0 son r\u00e9pertoire quelques sonates de Beethoven ou quelques concertos de Mozart. C\u2019\u00e9tait le seul temps dont il pouvait dire qu\u2019il l\u2019avait \u00ab\u00a0perdu\u00a0\u00bb. Mais il n\u2019\u00e9tait pas question de le regretter car, pour lui, le baseball \u00e9tait une jouissance, au sens plein du mot.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><p><strong>Une amusante auto-interview d\u2019Istomin<\/strong>, fut publi\u00e9e par divers journaux am\u00e9ricains en octobre 1977. Elle parut sous le titre humoristique <em>The World Series Sonata<\/em>,\u00a0ou sous le titre plus objectif\u00a0 \u00ab\u00a0Enfant prodige, Eugene Istomin fut un gamin normal, gr\u00e2ce au baseball\u00a0\u00bb, accompagn\u00e9 d\u2019une large manchette\u00a0: \u00ab\u00a0Istomin\u00a0: Un musicien n\u2019est pas une mauviette\u00a0; il est plus costaud qu\u2019un athl\u00e8te\u00a0\u00bb. Et c\u2019\u00e9tait sign\u00e9 Eugene Istomin, New York Times Service\u00a0! On y trouve toute l\u2019histoire de sa passion pour ce sport. C\u2019est aussi un t\u00e9moignage pr\u00e9cieux de son \u00e9criture et de son humour, avec un fac\u00e9tieux d\u00e9doublement de la personnalit\u00e9 (Fingers \u00e9tait son surnom dans le monde du baseball).<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/baseball-1-001.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-2081 size-medium alignright\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/baseball-1-001-300x223.jpg\" alt=\"baseball 1 001\" width=\"300\" height=\"223\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/baseball-1-001-300x223.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/baseball-1-001-1024x763.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/baseball-1-001.jpg 5889w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Istomin<\/strong>\u00a0: Tu es un musicien c\u00e9l\u00e8bre et, m\u2019a-t-on dit, tr\u00e8s respect\u00e9. Quand et o\u00f9 es-tu devenu un fou de baseball?<br \/>\n<strong>Fingers<\/strong>\u00a0: Mon premier professeur de piano m\u2019a ordonn\u00e9 de devenir un enfant normal.<br \/>\n<strong>Istomin<\/strong>\u00a0: Sois plus clair!<br \/>\n<strong>Fingers<\/strong>\u00a0: Quand j\u2019avais six ans, mes parents m\u2019ont emmen\u00e9 jouer pour Alexandre Siloti, un magnifique, immense, vieux musicien russe \u00e9migr\u00e9, avec des allures de brahmane, qui avait \u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9l\u00e8ve pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de Franz Liszt et de Tcha\u00efkovsky. Il \u00e9tait aussi l\u2019oncle de Rachmaninov, dont il \u00e9tait tr\u00e8s proche. J\u2019ai pianot\u00e9, \u00e0 l\u2019oreille, l\u2019accompagnement de chansons russes chant\u00e9es par ma m\u00e8re. A la fin, il s\u2019est lev\u00e9 et a attrap\u00e9 son pied gauche, puis il l\u2019a fait passer derri\u00e8re sa t\u00eate jusqu\u2019\u00e0 son oreille droite, en\u00a0mugissant : \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce que tu penses de cela, mon gar\u00e7on\u00a0?\u00a0\u00bb Ensuite il dit \u00e0 mon p\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0Les enfants prodiges sont un fl\u00e9au, un crime contre nature. Si vous projetez d\u2019exploiter cet enfant, je vous demanderai de partir imm\u00e9diatement\u00a0\u00bb. Mon p\u00e8re r\u00e9pondit calmement\u00a0: \u00ab\u00a0Nous sommes pr\u00eats \u00e0 faire tous les sacrifices, mais en aucun cas \u00e0 exploiter notre fils.\u00a0\u00bb Alors Siloti se radoucit\u00a0: \u00ab\u00a0Vous laisserez ce gar\u00e7on grandir aussi normalement que possible dans des circonstances anormales. La vie d\u2019un pianiste de concert est \u00e9reintante\u00a0; il aura besoin d\u2019\u00eatre vigoureux, aussi je veux qu\u2019il fasse du sport. Laissez-le jouer \u00e0 la balle.\u00a0\u00bb Et c\u2019est ainsi que \u00e7a s\u2019est pass\u00e9.<br \/>\n<strong>Istomin<\/strong> : Qui t\u2019a emmen\u00e9 voir ton premier match professionnel de baseball?<br \/>\n<strong>Fingers<\/strong>\u00a0: Mon oncle Elias. Il se procurait toujours des billets pour les grands matchs. J\u2019ai vu les Giants \u00e9craser les Dodgers dans un double match en 1933 \u2013 c\u2019\u00e9tait mon premier spectacle de baseball.<br \/>\n<strong>Istomin<\/strong>\u00a0: Les Giants ont gagn\u00e9 la S\u00e9rie mondiale et le Championnat en 1933. Je parie que tu es devenu un fan des Giants.<br \/>\n<strong>Fingers<\/strong> : Que Dieu me pardonne. Je suis devenu un fan des Dodgers. J\u2019ai connu les hauts et les bas, l\u2019agonie et l\u2019extase. Les vrais fans des Dodgers se sont multipli\u00e9s dans les ann\u00e9es 30, quand l\u2019\u00e9quipe a pass\u00e9 la Grande d\u00e9pression en sixi\u00e8me ou septi\u00e8me place.<br \/>\n<strong>Istomin<\/strong>\u00a0: Attends une minute. Chacun sait que tu es un fan des Detroit Tigers. Ne vas-tu pas chaque ann\u00e9e \u00e0 leur camp d\u2019entra\u00eenement de printemps?<br \/>\n<strong>Fingers<\/strong>\u00a0: Il est \u00e9vident que tu ne comprends rien \u00e0 l\u2019amour, \u00e0 la haine, \u00e0 l\u2019obsession. L\u2019une des rencontres qui a le plus marqu\u00e9 mon oncle Elias en 1934 \u00e9tait un double match entre les Yankees et les Tigers. Etant d\u00e9j\u00e0 un fervent supporter des Dodgers, je devais aimer les perdants, et les Yankees ne l\u2019\u00e9taient pas. A c\u00f4t\u00e9 de cela, j\u2019aimais les tigres quand j\u2019avais huit ans et que j\u2019allais au zoo. Les Tigers avaient les moyens de les battre\u00a0; et ils se sont d\u00e9brouill\u00e9s pour gagner trois fanions de champion entre 1934 et 1940, pendant la p\u00e9riode de domination totale des Yankees. Aujourd\u2019hui, c\u2019est MON EQUIPE.<br \/>\n<strong>Istomin<\/strong>\u00a0: Est-ce que tu as jou\u00e9 toi-m\u00eame au baseball\u00a0? As-tu os\u00e9\u00a0?<\/p>\n<div id=\"attachment_3635\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Mel-Ott.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3635\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3635\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Mel-Ott-300x169.jpg\" alt=\"Le batteur Mel Ott, un des piliers de l'\u00e9quipe des Giants\" width=\"300\" height=\"169\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Mel-Ott-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Mel-Ott-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Mel-Ott.jpg 1280w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3635\" class=\"wp-caption-text\">Le batteur Mel Ott, un des piliers de l&rsquo;\u00e9quipe des Giants<\/p><\/div>\n<p><strong>Fingers<\/strong>\u00a0: Non seulement j\u2019ai os\u00e9 jouer, mais j\u2019ai aussi pass\u00e9 des heures et des heures \u00e0 lancer des balles de baseball, ou m\u00eame des balles de tennis, \u00e0 travers un cerceau pour perfectionner ma technique. J\u2019ai lanc\u00e9 en imagination pour remporter des centaines de victoires avec les Dodgers contre toutes les \u00e9quipes, \u00e0 l\u2019exception de Detroit. Frisch, Mel Ott, Bill Terry, Ducky Medwich, Gabby Hartnett et d\u2019autres grands batteurs ont connu leurs pires moments contre moi. Dans la r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 Central Park et \u00e0 Riverside Park, je trouvais que jouer avec la vraie balle dure abimait moins les mains que jouer au softball avec la balle molle. De toute fa\u00e7on, jouer du piano est encore plus dur pour les doigts.<br \/>\n<strong>Istomin<\/strong> : Pas de probl\u00e8me pour les doigts, Fingers\u00a0! Mais il semble que tu te sois davantage entra\u00een\u00e9 au baseball qu\u2019au piano.<br \/>\n<strong>Fingers<\/strong>\u00a0: Non, pas du tout. Siloti m\u2019avait demand\u00e9 de m\u2019amuser, et je me suis amus\u00e9. Je reconnais que je me suis un peu laiss\u00e9 emporter par ma passion, mais qu\u2019y a-t-il de mal \u00e0 regarder Joe DiMaggio dans la journ\u00e9e, et \u00e0 entendre Rachmaninov le soir. Finalement, j\u2019ai trouv\u00e9 du temps pour travailler mon piano quand j\u2019ai eu environ\u00a0treize ans, c\u2019\u00e9tait ce que le vieux Siloti avait pr\u00e9vu.<br \/>\n<strong>Istomin<\/strong>\u00a0: Mais cette addiction, comment l\u2019expliques-tu?<br \/>\n<strong>Fingers<\/strong>\u00a0: J\u2019ai aim\u00e9 \u00eatre un gar\u00e7on. Etre bon en sport m\u2019a permis de cacher mon c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0petit g\u00e9nie\u00a0\u00bb. Cela a fait de moi un gar\u00e7on normal aux yeux de mes copains. Gr\u00e2ce au baseball, je n\u2019\u00e9tais plus un enfant \u00e9migr\u00e9 mais un gamin am\u00e9ricain.<br \/>\n<strong>Istomin<\/strong>\u00a0: Comment es-tu rentr\u00e9 dans ce qu\u2019on appelle, en lettres majuscules, le Monde du Sport\u00a0?<\/p>\n<div id=\"attachment_2082\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Baseball-2-001.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2082\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2082 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Baseball-2-001-300x268.jpg\" alt=\"Baseball 2 001\" width=\"300\" height=\"268\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Baseball-2-001-300x268.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Baseball-2-001-1024x914.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Baseball-2-001.jpg 2169w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2082\" class=\"wp-caption-text\">Eugene Istomin avec son mentor, Charlie Dressen<\/p><\/div>\n<p><strong>Fingers<\/strong>\u00a0: Je ne suis pas dedans, mais je suis gracieusement invit\u00e9. En 1964, Doc Green, chroniqueur du <em>Detroit News<\/em>, et sa femme m\u2019ont demand\u00e9 d\u2019\u00eatre leur h\u00f4te, si bien que j\u2019ai pu m\u2019\u00e9vader de la foire d\u2019empoigne qu\u2019est le monde musical new yorkais. Il m\u2019arrivait \u00e0 l\u2019occasion d\u2019aller aux concerts de l\u2019Orchestre Symphonique de Detroit et de ramener des solistes et des chefs d\u2019orchestre chez les Greene. Un soir, nous avons donn\u00e9 une f\u00eate pour Leon Fleisher et Sixten Ehrling, qui \u00e9tait alors le directeur musical de l\u2019Orchestre Symphonique de Detroit. Doc avait d\u00e9cid\u00e9 de me faire la surprise de faire venir un grand personnage de l\u2019histoire du baseball. C\u2019\u00e9tait Red Jones et ses 150 kilos, arbitre de baseball \u00e0 la retraite, qui avait l\u2019esprit vif et une connaissance douteuse des noms des gens de la musique classique. Il a eu vite fait de baptiser Fleisher \u00ab\u00a0Lenny Baby\u00a0\u00bb, Ehrling \u00ab\u00a0Sixtoon\u00a0\u00bb, et moi \u00ab\u00a0Fingers\u00a0\u00bb. D\u00e8s le premier regard, ce fut de l\u2019amour entre Redsie et moi.<br \/>\n<strong>Istomin<\/strong>\u00a0: Tes amis Lee McPhail et Frankie Frisch n\u2019\u00e9taient pas des Tigers.<br \/>\n<strong>Fingers<\/strong>\u00a0: Lee McPhail, un habitu\u00e9 des concerts, qui \u00e9tait le manager g\u00e9n\u00e9ral des Yankees, a finalement renonc\u00e9 \u00e0 essayer de m\u2019attirer chez eux et, en d\u00e9sespoir, il est devenu de pr\u00e9sident de la Ligue Am\u00e9ricaine. Frankie Fisch \u00e9tait un manager de baseball avec lequel je pouvais parler musique, enfin\u00a0! Il adorait la musique.<br \/>\n<strong>Istomin<\/strong> : As-tu fait venir Dressen \u00e0 un de tes concerts?<br \/>\n<strong>Fingers<\/strong>\u00a0: Oui, le pauvre Charley est venu \u00e0 deux concerts \u00e0 Detroit, quelques semaines avant de mourir, mais je suis s\u00fbr que ce n\u2019est pas cela qui a h\u00e2t\u00e9 son d\u00e9part. (\u2026) Au baseball, on ne fait pas la critique d\u2019un home run, on le fait revivre. Mais qu\u2019en est-il pour une sonate de Beethoven\u00a0? Qui donne \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019un artiste sa valeur pr\u00e9cise\u00a0? Les arts n\u2019ont pas de syst\u00e8me de marquage, Dieu merci. Chacun est juge et le juge le plus dur est l\u2019artiste lui-m\u00eame, s\u2019il est bon \u00e0 quelque chose.<br \/>\n<strong>Istomin<\/strong>\u00a0: Quel est le moment le plus artistique d\u2019un match de baseball\u00a0?<br \/>\n<strong>Fingers<\/strong>\u00a0: Ma sc\u00e8ne pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, c\u2019est un lanceur face \u00e0 un batteur qui le tient \u00e0 sa merci. C\u2019est une corrida o\u00f9 il n\u2019y aurait pas de sang. Tous les vrais bons batteurs aiment les balles rapides, quelle que soit leur vitesse. Des lanceurs comme Bob Feller et Nolla Ryan peuvent d\u00e9passer la vitesse du son, mais les DiMaggio et Rod Carew arrivent \u00e0 voir\u00a0la couture d\u2019une balle qui arrive vite. Un lanceur esp\u00e8re seulement que ce genre de batteur va perdre son bon timing avec un tas de petites ruses sournoises, mais pr\u00e9cis\u00e9ment au bon moment, sinon c\u2019est foutu pour lui.<br \/>\n<strong>Istomin<\/strong>\u00a0: Tu veux dire que le lanceur doit essayer de faire un lancer parfait au moment du plus grand danger, pas seulement mettre toute sa puissance? Comme une phrase de Mozart jou\u00e9e avec \u00e9loquence mais qui sonne toute simple, en face des octaves fracassantes de Liszt\u00a0?<br \/>\n<strong>Fingers<\/strong>\u00a0: Il est plus difficile de jouer Mozart quand l\u2019adr\u00e9naline coule \u00e0 flots que de faire de l\u2019esbroufe dans un passage rapide fortissimo. Cela demande du courage d\u2019enfiler une aiguille tandis que le bateau se balance de Charybde en Scylla.<br \/>\n<strong>Istomin<\/strong>\u00a0: Puis-je sugg\u00e9rer que nous retournions au piano\u00a0?<br \/>\n<strong>Fingers<\/strong> : Tous les deux\u00a0?<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-image-element fusion-image-align-center in-legacy-container\" style=\"text-align:center;--awb-caption-title-size:var(--h2_typography-font-size);--awb-caption-title-transform:var(--h2_typography-text-transform);--awb-caption-title-line-height:var(--h2_typography-line-height);--awb-caption-title-letter-spacing:var(--h2_typography-letter-spacing);\"><div class=\"imageframe-align-center\"><span class=\" fusion-imageframe imageframe-dropshadow imageframe-2 hover-type-none\" style=\"-webkit-box-shadow: 3px 3px 7px rgba(0,0,0,0.3);box-shadow: 3px 3px 7px rgba(0,0,0,0.3);\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/DiMaggio-1.jpg\" alt class=\"img-responsive\"\/><\/span><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-3\"><p style=\"text-align: center;\"><small>Joe DiMaggio<\/small><\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":15,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/363"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=363"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/363\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7684,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/363\/revisions\/7684"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/15"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=363"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}