{"id":333,"date":"2015-07-22T15:00:19","date_gmt":"2015-07-22T14:00:19","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=333"},"modified":"2020-02-21T23:51:17","modified_gmt":"2020-02-21T22:51:17","slug":"lenregistrement","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/le-musicien\/lenregistrement\/","title":{"rendered":"Enregistrer"},"content":{"rendered":"<p><div class=\"fusion-bg-parallax\" data-bg-align=\"center top\" data-direction=\"down\" data-mute=\"false\" data-opacity=\"100\" data-velocity=\"-0.3\" data-mobile-enabled=\"false\" data-break_parents=\"0\" data-bg-image=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Eugene-avec-Walter-parallax.jpg\" data-bg-repeat=\"false\" ><\/div><div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 fusion-parallax-down nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-background-position:center top;--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-padding-top:420px;--awb-padding-right:0px;--awb-padding-bottom:20px;--awb-padding-left:0px;--awb-background-image:url(&quot;https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Eugene-avec-Walter-parallax.jpg&quot;);--awb-background-size:cover;--awb-border-sizes-top:0px;--awb-border-sizes-bottom:0px;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last\" style=\"--awb-bg-size:cover;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-1 fusion-sep-none fusion-title-text fusion-title-size-one\"><h1 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:34;line-height:1.41;\"><span style=\"color: white; text-shadow: 1px 1px #333333;\">ENREGISTRER<\/span><\/h1><\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-1 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last\" style=\"--awb-bg-size:cover;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><p><span style=\"color: white; text-transform: uppercase;\">&gt; <a style=\"text-shadow: 1px 1px #333333; color: white; text-decoration: underline;\" href=\"\/fr\/le-musicien\/lenregistrement\/relations-avec-columbia\/\">Relations avec Columbia<\/a> | <a style=\"text-shadow: 1px 1px #333333; color: white; text-decoration: underline;\" href=\"\/fr\/grandes-collaborations-musicales\/divers\/oppenheim\/\">Oppenheim<\/a><\/span><\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-2 nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-background-position:left top;--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-padding-top:20px;--awb-padding-right:0px;--awb-padding-bottom:20px;--awb-padding-left:0px;--awb-border-sizes-top:0px;--awb-border-sizes-bottom:0px;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-2 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><p class=\"beautify\">La position d\u2019Istomin par rapport \u00e0 l\u2019enregistrement a \u00e9volu\u00e9 au fil du temps. D\u00e8s son premier grand concert avec l\u2019Orchestre Philharmonique de New York, il eut conscience que la diffusion en direct ajoutait une tension suppl\u00e9mentaire<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>importante. Mais son sentiment par rapport au disque \u00e9tait alors tr\u00e8s positif. Le disque avait jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans l\u2019\u00e9veil de sa sensibilit\u00e9 musicale, qu\u2019il s\u2019agisse de pianistes (tel Rubinstein, l\u2019idole de ses jeunes ann\u00e9es), de chanteurs ou de violonistes (Heifetz\u00a0!). Interrog\u00e9 par Gordon Aronhime en 1957, il exprima m\u00eame son enthousiasme pour les progr\u00e8s techniques qui, \u00e0 son avis, allaient de pair avec les progr\u00e8s des instrumentistes\u00a0:<span class=\"s1\"><b> \u00ab\u00a0<\/b><\/span>Quand vous \u00e9coutez de vieux disques, si vous vous d\u00e9barrassez des souvenirs nostalgiques qu\u2019ils \u00e9veillent, vous verrez qu\u2019ils sont quasiment in\u00e9coutables de notre point de vue d\u2019aujourd\u2019hui, \u00e0 la fois musicalement et techniquement.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"p1\">Quelques ann\u00e9es plus tard, dans un texte \u00e9crit \u00e0 la demande de Roger Dettmer, et publi\u00e9 dans <i>Chicago Saturday<\/i>, Istomin pr\u00e9cisait sa pens\u00e9e et reconnaissait le r\u00f4le essentiel du disque dans la vie musicale, m\u00eame si l\u2019on sentait d\u00e9j\u00e0 poindre quelques restrictions.<\/p>\n<div id=\"attachment_4323\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/bach-Busch-LP.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4323\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4323 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/bach-Busch-LP-300x279.jpg\" alt=\"bach Busch LP\" width=\"300\" height=\"279\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/bach-Busch-LP-200x186.jpg 200w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/bach-Busch-LP-300x279.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/bach-Busch-LP.jpg 387w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4323\" class=\"wp-caption-text\">Le premier disque d&rsquo;Istomin, publi\u00e9 en 78 tours en 1945 et en microsillon en 1950<\/p><\/div>\n<p class=\"p1\">\u00ab\u00a0Tous les publics que je rencontre dans les salles de concert du monde entier confirment une de mes th\u00e9ories sur l\u2019enregistrement et sur l\u2019influence qu\u2019il a sur une audience plus large, celle des gens qui \u00e9coutent des disques chez eux. J\u2019ai constat\u00e9, que ce soit en Autriche ou en Australie, que les disques \u00e9veillent la curiosit\u00e9 et aiguisent l\u2019int\u00e9r\u00eat des m\u00e9lomanes. Partout, y compris chez nous, il existe des collectionneurs, des aventuriers de la musique, comme nous pourrions les appeler, qui ach\u00e8tent les disques d\u2019artistes dont on n\u2019a jamais entendu parler aux Etats-Unis.<\/p>\n<p class=\"p1\">Comme ces collectionneurs parlent des \u201cnouveaux\u201d artistes, (l\u2019artiste n\u2019est d\u2019ailleurs pas n\u00e9cessairement \u201cnouveau\u201d, il peut simplement ne pas s\u2019\u00eatre fait conna\u00eetre encore dans les salles de concert de cette partie du monde), ils aident \u00e0 cr\u00e9er une demande. Cela am\u00e8ne \u00e9ventuellement l\u2019interpr\u00e8te \u00e0 se produire sur sc\u00e8ne dans ce pays. Alors, il lui faut se montrer \u00e0 la hauteur de la r\u00e9putation que ses disques ont construite.<\/p>\n<p class=\"p1\">Au fil des ann\u00e9es, j\u2019ai entendu deux opinions divergentes sur ce sujet : la premi\u00e8re dit que les enregistrements sont toujours meilleurs que les interpr\u00e9tations du m\u00eame artiste en concert\u00a0; l\u2019autre que les enregistrements seraient moins bons. A mon avis, ce n\u2019est pas le micro qui change l\u2019interpr\u00e9tation, c\u2019est l\u2019artiste lui-m\u00eame qui change.<\/p>\n<p class=\"p1\">Je ne crois pas que les enregistrements puissent vraiment r\u00e9v\u00e9ler des supercheries musicales. Peut-\u00eatre, dans le cas d\u2019un chanteur, il peut y avoir une question de volume de voix\u2013 elle peut sonner grande au disque et petite dans une grande salle. Mais pour les instrumentistes, les qualit\u00e9s d\u2019interpr\u00e9tation et de technique ont tendance \u00e0 \u00eatre les m\u00eames dans le studio d\u2019enregistrement et dans la salle de concert.<\/p>\n<p class=\"p1\">A coup s\u00fbr, il est plus facile de donner une interpr\u00e9tation parfaite d\u2019une \u0153uvre qui est limit\u00e9e dans son \u00e9tendue\u2026 En revanche, une grande \u0153uvre est comme un corps c\u00e9leste ; vous ne pouvez en voir qu\u2019une face \u00e0 la fois. Votre interpr\u00e9tation peut r\u00e9v\u00e9ler une face un jour, et une autre face un autre jour\u2026 Quand j\u2019enregistre, j\u2019\u00e9coute les playbacks comme si les haut-parleurs \u00e9taient des micros. Suis-je en train d\u2019entendre une reproduction fid\u00e8le ou un reflet de la fa\u00e7on dont je ressens une \u0153uvre\u00a0? Dans un concert, il y a parfois des petits d\u00e9fauts qui arrivent et qui sont vite oubli\u00e9s. Mais dans un studio d\u2019enregistrement on ne peut pas les laisser passer \u2013 pour cela le studio est sans piti\u00e9. Cependant j\u2019ai appris que tenter d\u2019arriver \u00e0 une sorte de perfection devant le micro peut parfois nuire \u00e0 la spontan\u00e9it\u00e9 de l\u2019interpr\u00e9tation\u2026\u00a0\u00bb.<\/p>\n<hr \/>\n<div id=\"attachment_3762\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Trio-enregistrant-Schubert-001.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3762\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3762 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Trio-enregistrant-Schubert-001-300x242.jpg\" alt=\"Trio enregistrant Schubert 001\" width=\"300\" height=\"242\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Trio-enregistrant-Schubert-001-147x118.jpg 147w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Trio-enregistrant-Schubert-001-177x142.jpg 177w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Trio-enregistrant-Schubert-001-300x242.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Trio-enregistrant-Schubert-001-1024x827.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Trio-enregistrant-Schubert-001.jpg 1269w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3762\" class=\"wp-caption-text\">Istomin, Rose et Stern enregistrant le Trio en si b\u00e9mol majeur de Schubert<\/p><\/div>\n<p class=\"p1\"><strong>La perfection et la spontan\u00e9it\u00e9<\/strong><\/p>\n<p class=\"p1\">L\u2019\u00e9quilibre entre perfection et spontan\u00e9it\u00e9 est une \u00e9quation infiniment difficile. Istomin en avait eu confirmation en enregistrant avec Casals, ou en assistant aux sessions de Casals et de Serkin pour les <i>Sonates<\/i> de Beethoven. Casals, comme Serkin, s\u2019autorisait beaucoup moins de libert\u00e9 en studio qu\u2019en concert\u00a0! Pour Istomin, enregistrer des concertos \u00e9tait chose assez facile. La pr\u00e9sence des musiciens et du chef l\u2019amenait tout naturellement \u00e0 garder l\u2019esprit de la musique vivante et \u00e0 donner tr\u00e8s vite le meilleur de lui-m\u00eame. Avec le Trio, le moment le plus d\u00e9licat \u00e9tait la balance\u00a0! Trouver un \u00e9quilibre qui satisfasse les trois membres du Trio n\u2019\u00e9tait certes pas simple, mais apr\u00e8s tout pouvait aller assez vite, pour peu que Stern ait eu le temps de bien se pr\u00e9parer. L\u2019\u00e9coute et le choix des prises posaient rarement de probl\u00e8mes, tant les trois musiciens partageaient la m\u00eame vision et la m\u00eame exigence.<\/p>\n<p class=\"p1\">En revanche, les s\u00e9ances de studio d\u2019Istomin pour les oeuvres solo \u00e9taient souvent des moments de tension. Il se retrouvait face \u00e0 lui-m\u00eame et \u00e0 ses exigences. Il pouvait se montrer tr\u00e8s impatient lorsque son jeu n\u2019atteignait pas d\u2019embl\u00e9e la perfection souhait\u00e9e. Consid\u00e9rant le montage comme un pis-aller, il visait la prise parfaite d\u2019une \u0153uvre enti\u00e8re ou d\u2019un mouvement. La succession des prises risquait alors de faire perdre la spontan\u00e9it\u00e9, si bien qu\u2019il pr\u00e9f\u00e9rait abandonner l\u2019\u0153uvre pour mieux la reprendre lors d\u2019une s\u00e9ance ult\u00e9rieure et poursuivre la session avec une autre page. Il \u00e9tait difficile pour lui de s\u2019avouer satisfait\u00a0! <a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Schubert-850.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-143 alignleft\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Schubert-850-297x300.jpg\" alt=\"Schubert-850\" width=\"297\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Schubert-850-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Schubert-850-297x300.jpg 297w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Schubert-850.jpg 725w\" sizes=\"(max-width: 297px) 100vw, 297px\" \/><\/a>Pour la <i>Sonate en r\u00e9 majeur<\/i> de Schubert, il avait demand\u00e9 une journ\u00e9e suppl\u00e9mentaire alors qu\u2019Andrew Kazdin, son directeur artistique, consid\u00e9rait que l\u2019enregistrement \u00e9tait parfait ! Pour la <i>Sonate Waldstein<\/i> de Beethoven, un des piliers de son r\u00e9pertoire, c\u2019\u00e9tait plus difficile encore\u00a0: en 1959, il refusa de la laisser para\u00eetre (alors que le montage publi\u00e9 par Andreas Meyer en 2015 dans le coffret Sony est tout simplement \u00e9poustouflant)\u00a0; il la reprit en 1965 mais resta insatisfait\u00a0; ce n\u2019est qu\u2019en 1991, consid\u00e9rant qu\u2019il ne lui fallait pas attendre davantage, qu\u2019il donna son accord pour une publication\u2026<\/p>\n<p class=\"p1\">Lorsqu\u2019\u00e0 partir du d\u00e9but des ann\u00e9es soixante, le disque devint une industrie, lorsque le marketing prit le pas sur les consid\u00e9rations artistiques, et que des montages de plus en plus nombreux et sophistiqu\u00e9s permirent de tricher sans vergogne, Istomin prit ses distances. Le disque \u00e9tait devenu un produit commercial, un mensonge qui pervertissait l\u2019essence m\u00eame de la musique. L\u2019arriv\u00e9e du CD le rendit m\u00eame nostalgique du 78 tours\u00a0: \u00ab\u00a0Tous les artistes jouent de la m\u00eame fa\u00e7on, ont la m\u00eame sonorit\u00e9. Ce sont comme des l\u00e9gumes et des fruits calibr\u00e9s, aseptis\u00e9s, sans go\u00fbt. On s\u2019ennuie. Au concert on n\u2019entend pas la m\u00eame chose, cela peut cr\u00e9er une d\u00e9ception, car le concert c\u2019est la vraie vie. Le CD c\u2019est comme faire virtuellement l\u2019amour avec une star de cin\u00e9ma sur l\u2019\u00e9cran, ce n\u2019est pas un \u00eatre humain qui vit et qui respire. Le concert, c\u2019est l\u2019acte de vivre. C\u2019est la m\u00eame chose qu\u2019une photographie. Une photo et une personne sont tr\u00e8s diff\u00e9rentes, mais dans l\u2019id\u00e9e de nombreux m\u00e9lomanes, maintenant le disque est le \u00ab\u00a0message\u00a0\u00bb, comme dit Marshal McClure. Beaucoup d\u2019artistes pensent comme moi, mais on ne peut rien faire. Les enregistrements du pass\u00e9 ont des fausses notes, des erreurs. Aujourd\u2019hui, c\u2019est impossible et on n\u2019est pas loin de le regretter\u2026\u00a0\u00bb (<em>Interview avec Bernard Meillat en 1987<\/em>).<\/p>\n<hr \/>\n<div id=\"attachment_4324\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Bernstein-Beethoven.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4324\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4324 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Bernstein-Beethoven-300x300.jpg\" alt=\"Bernstein Beethoven\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Bernstein-Beethoven-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Bernstein-Beethoven-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Bernstein-Beethoven-200x201.jpg 200w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Bernstein-Beethoven-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Bernstein-Beethoven-400x401.jpg 400w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Bernstein-Beethoven-600x602.jpg 600w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Bernstein-Beethoven.jpg 709w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4324\" class=\"wp-caption-text\">Istomin avait \u00e9t\u00e9 stup\u00e9fait que Bernstein accepte d&rsquo;enregistrer pour la m\u00eame compagnie que Karajan&#8230;<\/p><\/div>\n<p class=\"p1\"><strong>Le disque a chang\u00e9 la perception de la musique. <\/strong><\/p>\n<p class=\"p1\">Au-del\u00e0 m\u00eame de sa perfection artificielle, le disque pervertit l\u2019\u00e9coute\u00a0: \u00ab\u00a0Vous allez au concert pour entendre M. Maazel ou M. Bernstein diriger une symphonie de Beethoven. Chez vous, vous avez un enregistrement de M. Karajan que vous adorez et que vous connaissez par c\u0153ur. Alors les tempos de M. Maazel et de M. Bernstein ne vont pas vous plaire. Vous allez \u00e9couter avec un sentiment n\u00e9gatif. Vous \u00eates prisonnier de votre version, alors qu\u2019il y a des milliers de fa\u00e7on d\u2019interpr\u00e9ter cette symphonie, qui m\u00e9riteraient votre \u00e9coute attentive.\u00a0Tout le monde y perd, les m\u00e9lomanes et les musiciens\u00a0!\u00a0\u00bb<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 \u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Pendant pr\u00e8s de vingt ans, entre 1970 et 1987, Istomin n\u2019enregistra aucun concerto, aucune \u0153uvre pour piano seul, seulement quelques trios et des sonates, avec Isaac Stern et Leonard Rose. En conflit avec sa maison de disques, Columbia, il n\u2019\u00e9prouva pas le besoin d\u2019en chercher une autre, consid\u00e9rant que la musique vivante \u00e9tait la seule vraie musique. Il savait que le prix \u00e0 payer pour sa carri\u00e8re serait tr\u00e8s lourd. Pour le public, pour les organisateurs de concert, un musicien qui n\u2019enregistre plus perd progressivement de sa notori\u00e9t\u00e9, de son attrait. Quel que soit le succ\u00e8s qu\u2019il remporte lors de ses concerts, son image p\u00e2lit, il n\u2019est plus \u00e0 la mode. On se dit forc\u00e9ment que s\u2019il n\u2019enregistre plus, c\u2019est que ses disques ne se vendent pas, que sa carri\u00e8re est sur le d\u00e9clin. Pour nombre d\u2019artistes, l\u2019arr\u00eat de leur activit\u00e9 discographique les \u00e9loignait tr\u00e8s vite de la sc\u00e8ne. Istomin \u00e9tait fier, \u00e0 juste titre, que sa carri\u00e8re ait surv\u00e9cu. Ses engagements ne diminuaient gu\u00e8re, mais les grands orchestres et les salles prestigieuses l\u2019ont invit\u00e9 de moins en moins.<\/p>\n<hr \/>\n<p class=\"p1\"><strong>Les enregistrements tardifs <\/strong><\/p>\n<p class=\"p1\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/r\u00e9cital-Adda-001.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-476\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/r\u00e9cital-Adda-001-300x300.jpg\" alt=\"r\u00e9cital-Adda-001\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/r\u00e9cital-Adda-001-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/r\u00e9cital-Adda-001-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/r\u00e9cital-Adda-001-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/r\u00e9cital-Adda-001-1024x1021.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/r\u00e9cital-Adda-001.jpg 1401w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>En 1987, il se prit \u00e0 penser<strong>\u00a0: <\/strong>\u00ab\u00a0Malgr\u00e9 tout, le disque, c\u2019est pour toujours\u00a0\u00bb<strong>.<\/strong> Cette ann\u00e9e-l\u00e0, il \u00e9largissait son r\u00e9pertoire et il \u00e9prouva le besoin de laisser une trace de son interpr\u00e9tation de ces nouvelles \u0153uvres (<i>Sonate op. 11<\/i> de Schumann, premier livre des <i>Images<\/i> de Debussy, pi\u00e8ces diverses de Rachmaninov. Il n\u2019avait nulle envie d\u2019entamer des d\u00e9marches avec Sony, qui venait de racheter Columbia, ni avec d\u2019autres \u00ab\u00a0majors\u00a0\u00bb. Il pensait qu\u2019il \u00e9tait de son devoir de garder une trace de son interpr\u00e9tation d\u2019\u0153uvres avec lesquelles il avait v\u00e9cu, dans lesquelles il avait le sentiment d\u2019avoir quelque chose de tr\u00e8s personnel \u00e0 dire. Il d\u00e9cida donc de produire lui-m\u00eame ses enregistrements. En 1987, il r\u00e9unit l\u2019ensemble de son programme Schumann-Debussy-Rachmaninov. Le disque fut imm\u00e9diatement \u00e9dit\u00e9 par une petite compagnie fran\u00e7aise, Adda, qui le distribua tr\u00e8s mal et fit bient\u00f4t faillite. L\u2019accueil de la critique fut in\u00e9gal, certaines furent\u00a0tr\u00e8s enthousiastes mais il y eut souvent des r\u00e9ticences sur le programme, jug\u00e9 disparate. Istomin n\u2019\u00e9tait certes pas pr\u00eat \u00e0 plier devant les ukases du marketing qui exige qu\u2019un disque ne soit consacr\u00e9 qu\u2019\u00e0 un seul compositeur pour \u00eatre bien plac\u00e9 dans les bacs.\u00a0Quatre ans plus tard, il proc\u00e9da de la m\u00eame fa\u00e7on pour le programme Beethoven qu\u2019il venait de mettre sur pied, cette fois dans de meilleures conditions acoustiques (<i>Sonates<\/i> <i>n\u00b0 14<\/i>, <i>21<\/i> et <i>31<\/i>).<\/p>\n<p class=\"p1\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Beethoven-Sonatas.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-500\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Beethoven-Sonatas-300x296.jpg\" alt=\"Beethoven-Sonatas\" width=\"300\" height=\"296\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Beethoven-Sonatas-52x50.jpg 52w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Beethoven-Sonatas-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Beethoven-Sonatas-300x296.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Beethoven-Sonatas.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Le disque ne fut \u00e9dit\u00e9 qu\u2019en 1995, \u00e0 l\u2019occasion du soixante-dixi\u00e8me anniversaire d\u2019Istomin. <em>Reference Recordings<\/em> lui avait propos\u00e9 alors d\u2019enregistrer les deux concertos de Mozart qu\u2019il jouait le plus r\u00e9guli\u00e8rement (<em>n\u00b0 21<\/em> et <em>24<\/em>) et de publier en m\u00eame temps le disque Beethoven. Pour avoir le sentiment d\u2019aller au bout de son chemin, il d\u00e9cida de rendre hommage \u00e0 Paul Paray en enregistrant sa <i>Fantaisie pour piano et orchestre. <\/i>Il \u00e9prouvait beaucoup de reconnaissance pour Paray, qui l\u2019avait soutenu avec beaucoup de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, et il \u00e9tait scandalis\u00e9 par l\u2019oubli dans lequel ce grand musicien \u00e9tait tomb\u00e9. En juin 2000, il fit venir son piano de Washington \u00e0 Budapest et r\u00e9serva plusieurs journ\u00e9es de studio avec l\u2019Orchestre Symphonique de Budapest sous la direction de Jean-Bernard Pommier. Il enregistra non seulement la <i>Fantaisie<\/i> de Paray (qui fut publi\u00e9e sur un CD priv\u00e9) mais aussi deux concertos qu\u2019il avait jou\u00e9s \u00e0 de multiples reprises mais qu\u2019il n\u2019avait jamais enregistr\u00e9s (le <i>Troisi\u00e8me<\/i> de<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Beethoven et le <i>Neuvi\u00e8me<\/i> de Mozart, qui restent pour le moment in\u00e9dits). Pour \u00eatre exhaustif, il faut mentionner un autre enregistrement priv\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es en novembre 1993 lors d\u2019un r\u00e9cital en hommage \u00e0 Casals \u00e0 l\u2019occasion du vingti\u00e8me anniversaire de sa disparition\u00a0: on peut \u00e9couter l\u2019ensemble des \u0153uvres sur ce site (Casals, <i>Pr\u00e9lude<\/i>\u00a0; Bach, <i>Toccata BWV 914<\/i>\u00a0; Mozart, <i>Sonate K. 283<\/i>\u00a0; Medtner, <i>Sonate op. 22<\/i>\u2026).<\/p>\n<hr \/>\n<p class=\"p1\"><strong>L&rsquo;h\u00e9ritage discographique<\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_3359\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1993-Recital-CD-en-300-dpi-001.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3359\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3359\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1993-Recital-CD-en-300-dpi-001-300x286.jpg\" alt=\"Edition en CD du r\u00e9cital du 2 novembre 1993 \" width=\"300\" height=\"286\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1993-Recital-CD-en-300-dpi-001-52x50.jpg 52w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1993-Recital-CD-en-300-dpi-001-300x286.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1993-Recital-CD-en-300-dpi-001-1024x978.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1993-Recital-CD-en-300-dpi-001.jpg 1481w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3359\" class=\"wp-caption-text\">Edition en CD du r\u00e9cital du 2 novembre 1993<\/p><\/div>\n<p class=\"p1\">Il est difficile de ne pas avoir un sentiment de frustration, de g\u00e2chis, au regard de la carri\u00e8re discographique d\u2019Istomin, m\u00eame si ce sentiment est un peu att\u00e9nu\u00e9 par la r\u00e9\u00e9dition r\u00e9cente de l\u2019ensemble de ses enregistrements de concertos et de piano solo, qui lui redonne, douze ans apr\u00e8s sa disparition, la place qu\u2019il n\u2019aurait jamais d\u00fb cesser d\u2019occuper parmi les grands pianistes de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du vingti\u00e8me si\u00e8cle. Le pr\u00e9judice pour sa carri\u00e8re, pour sa vie m\u00eame, \u00e9tait plus important qu\u2019il ne se l\u2019avouait. Il s\u2019\u00e9tait fait une raison, souhaitant assumer son esprit d\u2019ind\u00e9pendance, son int\u00e9grit\u00e9 artistique et son refus des compromissions. Parfois, il disait que le jour viendrait o\u00f9 on le reconna\u00eetrait \u00e0 sa juste valeur, gr\u00e2ce \u00e0 ses disques et aux diff\u00e9rents t\u00e9moignages audio-visuels qu\u2019il avait laiss\u00e9s. Mais il se d\u00e9p\u00eachait d\u2019ajouter qu\u2019il n\u2019avait pas v\u00e9cu pour cela, que ce n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0 l\u2019essentiel.<\/p>\n<p class=\"p1\">Ce que l\u2019on peut surtout regretter, c\u2019est que Columbia n\u2019ait pas continu\u00e9 apr\u00e8s 1960 \u00e0 \u00eatre une motivation essentielle pour le d\u00e9veloppement de son r\u00e9pertoire. Entre 1955 et 1959, il avait abord\u00e9 nombre de nouvelles \u0153uvres, simplement parce que Columbia avait souhait\u00e9 les lui faire enregistrer : l\u2019int\u00e9grale des <i>Nocturnes<\/i> de Chopin, les <i>Intermezzi<\/i> op. 117<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>de Brahms, le <i>Deuxi\u00e8me Concerto<\/i> de Rachmaninov, le <i>Premier Concerto<\/i> de Tcha\u00efkovsky. Certaines \u00e9taient d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vues, comme les <i>Scherzos<\/i> et les <i>Ballades<\/i> de Chopin. D\u2019autres auraient suivies, qui auraient \u00e9largi consid\u00e9rablement son r\u00e9pertoire. Le d\u00e9part de David Oppenheim puis les tergiversations de Columbia interrompirent cet \u00e9lan.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-3 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-2 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Musique\u00a0<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep- sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-3\"><p><strong>Brahms.<\/strong>\u00a0<em>Intermezzo op. 117 n\u00b0 1<\/em>. Enregistrement Columbia, septembre 1957.<\/p>\n<!--[if lt IE 9]><script>document.createElement('audio');<\/script><![endif]-->\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-333-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Brahms-opus-117-n\u00b0-1-Istomin-Columbia.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Brahms-opus-117-n\u00b0-1-Istomin-Columbia.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Brahms-opus-117-n\u00b0-1-Istomin-Columbia.mp3<\/a><\/audio>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":13,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"100-width.php","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/333"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=333"}],"version-history":[{"count":26,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/333\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7698,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/333\/revisions\/7698"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/13"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=333"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}