{"id":3146,"date":"2016-03-10T15:17:33","date_gmt":"2016-03-10T14:17:33","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=3146"},"modified":"2020-02-21T23:50:14","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:14","slug":"cinema","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/lhomme\/art-et-cinema\/cinema\/","title":{"rendered":"Cin\u00e9ma"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 hundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-overflow:visible;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><div id=\"attachment_3147\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Loew-1.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3147\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3147\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Loew-1-300x182.jpg\" alt=\"La salle du Loew\u2019s\" width=\"300\" height=\"182\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Loew-1-300x182.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Loew-1.jpg 762w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3147\" class=\"wp-caption-text\">La salle du Loew\u2019s<\/p><\/div>\n<p>La passion d\u2019Istomin pour le cin\u00e9ma remonte \u00e0 son enfance. Comme il n\u2019allait pas \u00e0 l\u2019\u00e9cole, il se trouvait souvent livr\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame entre ses cours chez les Siloti et l\u2019heure-et-demie quotidienne de piano \u00e0 la maison. Dans les ann\u00e9es 30, Broadway \u00e9tait peupl\u00e9 de cin\u00e9mas. James Gollin, le biographe d\u2019Istomin, t\u00e9moigne que soixante-dix ans plus tard il pouvait encore les citer presque tous\u00a0: \u00ab\u00a0Pr\u00e8s de la 96\u00e8me Rue, il y avait deux ou trois cin\u00e9mas, le Thalia et le Symphony. Vers la<br \/>\n83\u00e8me Rue, il y avait le Loew, vers la 81\u00e8me le RKO, et le TransLux sur la 72\u00e8me Rue\u00a0\u00bb. Il y allait quasiment tous les jours, car les s\u00e9ances ne coutaient que 10 cents.<\/p>\n<p>A Philadelphie, lors de ses quatre ann\u00e9es au Curtis Institute, ses amis Ned Rorem et Shirley Gabis assurent qu\u2019il \u00e9tait fourr\u00e9 au cin\u00e9ma d\u00e8s qu\u2019il le pouvait. Les r\u00e9f\u00e9rences cin\u00e9matographiques \u00e9taient omnipr\u00e9sentes, m\u00eame dans sa vie courante. Souvent lorsqu\u2019il rencontrait ou croisait simplement des gens, il leur trouvait un air de ressemblance avec tel acteur ou telle actrice de cin\u00e9ma.<\/p>\n<div id=\"attachment_3148\" style=\"width: 219px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/RitaHayworth.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3148\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3148\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/RitaHayworth-209x300.jpg\" alt=\"Rita Hayworth\" width=\"209\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/RitaHayworth-209x300.jpg 209w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/RitaHayworth.jpg 490w\" sizes=\"(max-width: 209px) 100vw, 209px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3148\" class=\"wp-caption-text\">Rita Hayworth<\/p><\/div>\n<p>Lorsqu\u2019il vint en Europe pour la premi\u00e8re fois au printemps 1948, Istomin voulut absolument fr\u00e9quenter les lieux o\u00f9 l\u2019on pouvait rencontrer les stars du cin\u00e9ma. Il se rendit \u00e0 l\u2019Eden Roc \u00e0 Antibes et raconta son aventure \u00e0 James Gollin\u00a0: \u201cJe suis \u00e0 l\u2019Eden Roc et je commande une orange givr\u00e9e sur la plage. Tout \u00e0 coup, je vois un short de coton rouge et un soutien-gorge. Et tout \u00e0 coup, cette femme l\u00e8ve les yeux vers moi \u00e0 travers ses lunettes de soleil, et je me dis\u00a0: \u2018Mon Dieu, c\u2019est Rita Hayworth\u2019. J\u2019en ai laiss\u00e9 tomber mon orange givr\u00e9e. Elle \u00e9tait l\u00e0! Croyez-vous que de telles choses puissent r\u00e9ellement arriver?\u201d. A Rome il descend \u00e0 l\u2019Excelsior et croise Orson Wells, Tyrone Power avec Linda Christian\u2026 Bien s\u00fbr il n\u2019\u00e9tait pas dupe de ces futilit\u00e9s et il se moquait de lui-m\u00eame, mais cet \u00e9merveillement de l\u2019enfance pour le monde du cin\u00e9ma ne l\u2019a jamais compl\u00e8tement quitt\u00e9.<\/p>\n<p>Au fur et \u00e0 mesure que sa carri\u00e8re prit de l\u2019ampleur et que certains autres int\u00e9r\u00eats, pour la litt\u00e9rature, pour l\u2019histoire et la politique, devinrent de plus en plus envahissants, Istomin alla de moins en moins souvent au cin\u00e9ma, mais Il gardait un int\u00e9r\u00eat pour l\u2019actualit\u00e9. Il se tenait au courant de ce qui se passait, rien ne lui \u00e9chappait, ni les titres des films ni les noms des acteurs et des r\u00e9alisateurs. Il regardait \u00e0 l\u2019occasion les films r\u00e9cents \u00e0 la T\u00e9l\u00e9vision, mais son univers de pr\u00e9dilection resta le cin\u00e9ma des ann\u00e9es 30 et 40, avec une pr\u00e9dilection pour les films de s\u00e9rie B. Il d\u00e9clara \u00e0 James Gollin\u00a0: \u201c Je pr\u00e9f\u00e9rais de loin voir Ann Sheridan souffrir dans de mauvais films de s\u00e9rie B plut\u00f4t que Geer Garson jouer les h\u00e9ro\u00efnes dans Mrs Miniver. Je ha\u00efssais cette l\u00e8che-bottes de Madame Miniver. Je d\u00e9testais aussi ce genre de projection en avant-premi\u00e8re au Radio City Hall de New York.\u00a0\u00bb (NB. Mrs Miniver est un film de William Wyler qui c\u00e9l\u00e9brait l\u2019h\u00e9ro\u00efsme d\u2019une femme anglaise pendant la Guerre. L\u2019avant-premi\u00e8re au Radio City Hall de New York avait eu un retentissement consid\u00e9rable et dans les dix semaines qui suivirent plus d\u2019un million et demi d\u2019Am\u00e9ricains virent le film). \u00ab\u00a0Un de mes films f\u00e9tiches \u00e9tait Mildred Pierce, un m\u00e9lo de Michael Curtiz avec Joan Crawford, Ann Blyth et Zachary Scott.\u00a0\u00bb On ne pouvait voir ce genre de films \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision qu\u2019\u00e0 partir de minuit, mais cela ne d\u00e9rangeait nullement Istomin, insomniaque de nature, et il lui arrivait m\u00eame fr\u00e9quemment d\u2019en regarder deux \u00e0 la suite\u00a0!<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Cocteau-Belle-et-la-b\u00eate.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3149\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Cocteau-Belle-et-la-b\u00eate-218x300.jpg\" alt=\"Cocteau Belle et la b\u00eate\" width=\"218\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Cocteau-Belle-et-la-b\u00eate-218x300.jpg 218w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Cocteau-Belle-et-la-b\u00eate.jpg 744w\" sizes=\"(max-width: 218px) 100vw, 218px\" \/><\/a>Par ailleurs Istomin avait une tendresse particuli\u00e8re pour les films de Jean Cocteau, qu\u2019il connaissait par c\u0153ur. Il s\u2019\u00e9tait procur\u00e9 l\u2019int\u00e9grale en cassettes VHS et s\u2019\u00e9tait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 longtemps de ne plus pouvoir les regarder \u00e0 cause des probl\u00e8mes de standard. Parmi ses DVDs et ses cassettes VHS figuraient une quasi-int\u00e9grale de Chaplin, et une collection de films des ann\u00e9es 30 et 40, le plus ancien \u00e9tant Les 39 Marches d\u2019Alfred Hitchcock (1935) et le plus r\u00e9cent Eve de Joseph Mankiewicz avec Bette Davis (1950).<br \/>\nSymbole de cet attachement ind\u00e9fectible au cin\u00e9ma de sa jeunesse, qu\u2019il partageait avec ses proches amis, voici une lettre que Ned Rorem lui adressa le 12 avril 1996\u00a0: \u00ab\u00a0Tr\u00e8s cher Eugene, Je pense \u00e0 toi chaque jour, avec une affection vieille de 53 ann\u00e9es, sp\u00e9cialement lorsque je suis assis au clavier et que je pense \u00e0 ton \u00e9vocation de La Dame de Shanghai, la sc\u00e8ne du pique-nique, quand la bande-son commence \u00e0 jouer ce tango insidieux que tout le monde conna\u00eet, mais dont personne ne peut dire le nom\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":361,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3146"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3146"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3146\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7399,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3146\/revisions\/7399"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/361"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3146"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}