{"id":3076,"date":"2016-03-10T11:14:14","date_gmt":"2016-03-10T10:14:14","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=3076"},"modified":"2020-02-21T23:50:14","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:14","slug":"la-carriere-1988-2000","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/biographie\/carriere\/la-carriere-1988-2000\/","title":{"rendered":"La Carri\u00e8re 1988 &#8211; 2000"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 hundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-overflow:visible;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/1987\/07\/Truck-8-Eugene-au-piano-001.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-3174 size-medium alignleft\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/1987\/07\/Truck-8-Eugene-au-piano-001-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/1987\/07\/Truck-8-Eugene-au-piano-001-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/1987\/07\/Truck-8-Eugene-au-piano-001-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/1987\/07\/Truck-8-Eugene-au-piano-001-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/1987\/07\/Truck-8-Eugene-au-piano-001-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/1987\/07\/Truck-8-Eugene-au-piano-001.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"beautify\">La  fin des ann\u00e9es 80 et le\u00a0d\u00e9but des ann\u00e9es 90 furent pour Istomin une p\u00e9riode tr\u00e8s positive, pleine d\u2019espoirs. On pouvait penser qu\u2019il allait \u00eatre \u00e0 nouveau reconnu comme un des grands pianistes de son temps. Il ne manquait pas d\u2019exemples de grands musiciens qui avaient \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9s un moment, puis qui avaient repris la place qu\u2019ils n\u2019auraient jamais d\u00fb quitter. Ses nouveaux programmes avaient remport\u00e9 un grand succ\u00e8s public et critique.\u00a0L\u2019int\u00e9r\u00eat des m\u00e9dias s\u2019\u00e9tait \u00e9veill\u00e9, et pas seulement \u00e0 cause de l\u2019initiative des\u00a0<em>truck tours<\/em> \u00e0 l\u2019ancienne, ces longues s\u00e9ries de concerts qu\u2019il donnait \u00e0 travers les Etats-Unis en emmenant ses propres pianos. Ses deux r\u00e9citals \u00e0 Carnegie Hall, en f\u00e9vrier 1989 et en d\u00e9cembre 1990, furent <em>sold out<\/em> et s\u2019achev\u00e8rent par une <em>standing ovation<\/em>. Ses r\u00e9citals et ses concerts \u00e0 Washington faisaient chaque fois l\u2019\u00e9v\u00e9nement dans la capitale. Les tourn\u00e9es au Japon en 1989 et en Australie en 1990 furent de belles r\u00e9ussites.<\/p>\n<p class=\"beautify\">En Europe, les perspectives \u00e9taient tr\u00e8s favorables. L\u2019Italie l\u2019accueillait tr\u00e8s chaleureusement ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e. L\u2019Angleterre l\u2019applaudit en octobre 1990 lors d\u2019une longue tourn\u00e9e avec le <em>Concerto K. 467<\/em> de Mozart sous la direction de Stanislaw Skrowaczewski. La Suisse lui \u00e9tait tr\u00e8s fid\u00e8le et le festival de Montreux envisagea, apr\u00e8s un splendide r\u00e9cital en septembre 1989, de lui donner une carte blanche pour une \u00e9dition suivante. En France, on semblait le red\u00e9couvrir, tout d\u2019abord \u00e0 Evian o\u00f9, au mois de mai 1990, il vint c\u00e9l\u00e9brer le soixante-dixi\u00e8me anniversaire d\u2019Isaac Stern. Il joua le <em>Troisi\u00e8me Concerto<\/em> de Beethoven sous la direction de David Stern avec l\u2019Orchestre du Curtis et donna un m\u00e9morable <em>Trio \u00ab\u00a0L\u2019Archiduc\u00a0\u00bb<\/em> avec Isaac Stern et Mstislav Rostropovitch. En octobre 1991, Istomin fit salle comble au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es avec son programme Beethoven. Pierre Petit, pianiste et compositeur, critique du <em>Figaro<\/em>,\u00a0s\u2019enflamma : \u00ab\u00a0Eug\u00e8ne Istomin poss\u00e8de un sens aigu du discours, qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 adopter, m\u00eame dans la polyphonie, une splendide logique. C\u2019est superbe tout \u00e0 la fois d\u2019\u00e9quilibre et de sensibilit\u00e9. \u2026 Avec la <em>Sonate opus 110<\/em>, c\u2019est le triomphe de l\u2019architecture, une fugue presque chuchot\u00e9e d\u2019un effet fabuleux.\u00a0\u00bb Et il poursuivait avec un commentaire extatique de la <em>Waldstein<\/em> et des bis.<\/p>\n<div id=\"attachment_3079\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Tour-Truck.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3079\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3079 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Tour-Truck-300x194.jpg\" alt=\"Istomin-Tour-Truck\" width=\"300\" height=\"194\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Tour-Truck-300x194.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Tour-Truck.jpg 419w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3079\" class=\"wp-caption-text\">Devant le Kennedy Center<\/p><\/div>\n<p>Ce qui a marqu\u00e9 la derni\u00e8re phase de la carri\u00e8re d\u2019Istomin, ce fut le projet de faire revivre les tourn\u00e9es \u00e0 l\u2019ancienne, lorsque les pianistes parcouraient les Etats-Unis en transportant leur piano. Pour Istomin, cette id\u00e9e m\u00fbrement r\u00e9fl\u00e9chie et pr\u00e9par\u00e9e avec soin, correspondait \u00e0 un id\u00e9al d\u00e9mocratique\u00a0: faire revenir la musique vivante, sous sa forme la plus exigeante, le r\u00e9cital, dans des lieux qu\u2019elle avait quasi d\u00e9sert\u00e9s. Elle r\u00e9pondait aussi \u00e0 son envie de ne pas d\u00e9pendre des mauvais pianos qu\u2019on trouvait si souvent, m\u00eame dans les grandes villes. Istomin tira un bilan tr\u00e8s positif de cette aventure qui se poursuivit au long de sept ann\u00e9es, de 1988 \u00e0 1994, avec quelque deux cent cinquante concerts. Personne n\u2019aurait os\u00e9 parier sur une telle ampleur. Au-del\u00e0 du d\u00e9fi brillamment relev\u00e9, Istomin en garda\u00a0surtout le plaisir intense d\u2019avoir donn\u00e9 ses concerts sur ses propres pianos et d\u2019avoir pu laisser libre cours \u00e0 l\u2019inspiration plut\u00f4t que de perdre une grande partie de son \u00e9nergie \u00e0 ma\u00eetriser un instrument r\u00e9tif. Ce fut un grand moment d\u2019\u00e9change avec des publics tr\u00e8s divers. Il\u00a0passait en quelques jours d\u2019un vieux th\u00e9\u00e2tre de province \u00e0 une assembl\u00e9e d\u2019\u00e9tudiants sur un campus d\u2019universit\u00e9, puis \u00e0 la sc\u00e8ne du Kennedy Center ou de Carnegie Hall. Cette aventure rafra\u00eechissante fait l\u2019objet d\u2019un article sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Later-Photo-of-Istomin-at-Piano.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-3817 alignleft\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Later-Photo-of-Istomin-at-Piano-298x300.jpg\" alt=\"Later-Photo-of-Istomin-at-Piano\" width=\"298\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Later-Photo-of-Istomin-at-Piano-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Later-Photo-of-Istomin-at-Piano-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Later-Photo-of-Istomin-at-Piano-298x300.jpg 298w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Later-Photo-of-Istomin-at-Piano.jpg 361w\" sizes=\"(max-width: 298px) 100vw, 298px\" \/><\/a>Pendant ce temps,\u00a0certains signes\u00a0n\u00e9gatifs apparaissaient, laissant pr\u00e9sager qu\u2019il serait d\u00e9cid\u00e9ment difficile de faire bouger un monde musical camp\u00e9 sur ses pr\u00e9jug\u00e9s. Un certain d\u00e9senchantement envahissait peu \u00e0 peu Istomin. Il y avait tout d\u2019abord la d\u00e9ception du travail de Riaskoff, un nouvel agent n\u00e9erlandais qui s\u2019av\u00e8rait incapable, lui aussi, de mener \u00e0 bien le travail si d\u00e9licat de la coordination de son calendrier. Istomin prenait conscience que l\u2019Europe \u00e9tait en train de suivre le chemin des Etats-Unis et que la vie musicale y subissait le m\u00eame lent d\u00e9clin. Il y avait bien s\u00fbr le probl\u00e8me des pianos. Istomin avait maintenant pris l\u2019habitude de donner des concerts en Am\u00e9rique sur ses propres pianos et il supportait encore moins de devoir s\u2019adapter \u00e0 des Steinway europ\u00e9ens de m\u00e9diocre qualit\u00e9. Malgr\u00e9 le co\u00fbt exorbitant du transport, il fit venir son propre piano en Europe \u00e0 plusieurs reprises. Mais ce qui le contrariait le plus, c\u2019\u00e9tait le manque de respect pour la musique et pour les artistes. Le dilettantisme de certaines associations italiennes \u00e9tait bien connu, mais d\u2019autres grandes villes europ\u00e9ennes r\u00e9put\u00e9es pour la rigueur de leur organisation devenaient d\u00e9faillantes\u00a0: salles ferm\u00e9es au moment convenu pour la r\u00e9p\u00e9tition, \u00e9lectricien absent, accordeur incomp\u00e9tent\u2026 Dans ce cas, Istomin ne m\u00e2chait pas ses mots lorsque l\u2019agent et l\u2019organisateur venaient le saluer. Il oubliait alors les conseils de son p\u00e8re et de son ami Isaac Stern qui lui recommandaient de m\u00e9nager ces gens qui font et d\u00e9font les carri\u00e8res. Nombre d\u2019entre eux, froiss\u00e9s d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 tax\u00e9s de manque de professionnalisme, se promirent de ne plus <a style=\"font-size:0;\" href=\"http:\/\/www.francemedicale.net\/propecia\/\">http:\/\/www.francemedicale.net\/propecia\/<\/a> jamais le r\u00e9engager. D\u2019autres probl\u00e8mes et d\u2019autres d\u00e9ceptions survinrent. Sofia Amman, qui avait \u00e9t\u00e9 si efficace en Italie, avait d\u00e9cid\u00e9 de prendre sa retraite et il s\u2019av\u00e9ra impossible de lui trouver un successeur. En France, Valmal\u00e8te, malgr\u00e9 ses assurances, ne sut pas exploiter le succ\u00e8s des concerts \u00e0 Evian et au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es.<\/p>\n<div id=\"attachment_3359\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1993-Recital-CD-en-300-dpi-001.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3359\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3359\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1993-Recital-CD-en-300-dpi-001-300x286.jpg\" alt=\"Edition en CD du r\u00e9cital du 2 novembre 1993 \" width=\"300\" height=\"286\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1993-Recital-CD-en-300-dpi-001-52x50.jpg 52w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1993-Recital-CD-en-300-dpi-001-300x286.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1993-Recital-CD-en-300-dpi-001-1024x978.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1993-Recital-CD-en-300-dpi-001.jpg 1481w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3359\" class=\"wp-caption-text\">Edition en CD du r\u00e9cital du 2 novembre 1993<\/p><\/div>\n<p>A partir de 1993, l\u2019espoir de voir Istomin revenir au tout premier plan pour la fin de sa carri\u00e8re s\u2019\u00e9tait \u00e9vanoui. Les succ\u00e8s remport\u00e9s ici et l\u00e0 n\u2019arrivaient pas \u00e0 entra\u00eener la lourde machine du monde musical et \u00e0 cr\u00e9er une dynamique. Il aurait suffi de quelques coups de pouce du destin ou de quelques bonnes volont\u00e9s suppl\u00e9mentaires pour que la situation bascule du bon c\u00f4t\u00e9. L\u00e0 encore, son absence lors du grand regain d\u2019int\u00e9r\u00eat suscit\u00e9 par l\u2019apparition du CD a jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel. CBS, bient\u00f4t rachet\u00e9 par Sony, n\u2019a r\u00e9\u00e9dit\u00e9 aucun de ses enregistrements solo et un seul concerto, celui de Schumann, dans une collection consacr\u00e9e \u00e0 Bruno Walter. En revanche, la quasi-totalit\u00e9 des enregistrements du Trio Istomin-Stern-Rose ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9dit\u00e9s, et une collection Casals a vu le jour avec tous les trios de Beethoven et de Schubert qu\u2019Istomin avait grav\u00e9 \u00e0 Prades au d\u00e9but des ann\u00e9es 50.<\/p>\n<p>Dans l\u2019esprit de trop de gens qui font l\u2019opinion, il appartenait au pass\u00e9 et il restait un musicien de chambre. Le r\u00e9cital qu\u2019il donna au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es le 2 novembre 1993, en hommage \u00e0 Casals pour le vingti\u00e8me anniversaire de sa disparition, fut le symbole de l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019inverser le cours des choses. Malgr\u00e9 le large b\u00e9n\u00e9fice laiss\u00e9 par son r\u00e9cital de 1991, la direction du Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es ne souhaita pas prendre la production \u00e0 son compte. Istomin avait fait venir son piano d\u2019Am\u00e9rique. Il avait m\u00eal\u00e9 deux grands piliers de son r\u00e9pertoire (la <em>Toccata BWV 914<\/em> de Bach et la <em>Sonate Waldstein<\/em> de Beethoven) et trois \u0153uvres nouvelles (le <em>Pr\u00e9lude<\/em> de Casals\u00a0; la <em>Sonate K. 283<\/em> de Mozart, et la <em>Sonate opus 22<\/em> de Medtner). Le succ\u00e8s public fut consid\u00e9rable, et le CD priv\u00e9 enregistr\u00e9 live ce soir-l\u00e0 est magnifique. Mais le Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es n\u2019\u00e9tait rempli qu\u2019aux deux tiers et aucun critique ne s\u2019\u00e9tait d\u00e9plac\u00e9\u2026<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, les engagements allaient s\u2019espacer progressivement. Sa derni\u00e8re saison bien remplie, m\u00eame si elle excluait de plus en plus les lieux prestigieux, fut la saison 1995-96, celle de son soixante-dixi\u00e8me anniversaire. Il donna une trentaine de concerts en Europe, jouant pour la premi\u00e8re fois le pr\u00e9lude que Dutilleux lui avait d\u00e9di\u00e9. C\u2019est aussi l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 il fit, enfin, son retour sur le march\u00e9 discographique. Une petite firme de San Francisco, Reference Recordings, lui avait propos\u00e9 d\u2019enregistrer deux concertos de Mozart, <em>K. 467<\/em> et <em>K. 491<\/em>, avec l\u2019Orchestre Symphonique de Seattle et son directeur musical Gerard Schwarz. Reference Recordings publia en m\u00eame temps les sonates de Beethoven (<em>14, 21 <\/em>&amp;<em> 31<\/em>) grav\u00e9es par Istomin, \u00e0 son initiative, quelques ann\u00e9es auparavant. L\u2019accueil critique fut tr\u00e8s favorable, mais la promotion \u00e9tait r\u00e9duite et la distribution en dehors des Etats-Unis, inexistante.<\/p>\n<div id=\"attachment_3084\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1997-Eugene-Isaac-Renu.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3084\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3084\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1997-Eugene-Isaac-Renu-300x263.jpg\" alt=\"Isaac Stern et Istomin \u00e0 Evian en 1997 \" width=\"300\" height=\"263\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1997-Eugene-Isaac-Renu-300x263.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1997-Eugene-Isaac-Renu-1024x896.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1997-Eugene-Isaac-Renu.jpg 2345w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3084\" class=\"wp-caption-text\">Isaac Stern et Istomin \u00e0 Evian en 1997<\/p><\/div>\n<p>La saison 1996-97 connut encore de grands moments\u00a0: un tr\u00e8s beau concert de musique de chambre et un miraculeux\u00a0<em>Concerto n\u00b0 21<\/em>\u00a0de Mozart \u00e0 Evian, de superbes concertos \u00e0 Varsovie, plusieurs collaborations avec Jean-Bernard Pommier en Angleterre et en Italie. Cependant, Istomin songeait de plus en plus souvent \u00e0 s\u2019arr\u00eater. A quoi bon continuer \u00e0 s\u2019astreindre \u00e0 travailler quotidiennement son piano alors que tant d\u2019autres int\u00e9r\u00eats le sollicitaient\u00a0! Seuls quelques projets lui firent repousser sa d\u00e9cision. Le dernier prit place en juin 2000 et ressemblait un peu \u00e0 un testament, une fa\u00e7on de boucler la boucle : enregistrer la <em>Fantaisie pour piano et orchestre<\/em> de Paul Paray, en ultime hommage \u00e0 ce grand musicien qui avait \u00e9t\u00e9 si g\u00e9n\u00e9reux avec lui. Il souhaitait faire en m\u00eame temps deux concertos qu\u2019il n\u2019avait jamais grav\u00e9s officiellement (le <em>Concerto K. 271<\/em> de Mozart et le <em>Troisi\u00e8me<\/em> de Beethoven). Ce fut chose faite \u00e0 Budapest, avec l\u2019Orchestre Symphonique de Budapest sous la direction de Jean-Bernard Pommier, son disciple et ami. Il y eut, quelques mois plus tard, la si belle surprise du concert organis\u00e9 par tous ses amis \u00e0 l\u2019initiative de Rostropovitch, qui allait permettre de p\u00e9renniser son nom \u00e0 travers deux bourses \u00e0 la Manhattan School of Music. D\u00e9sormais, il ne joua plus en public que dans des circonstances exceptionnelles, comme l\u2019inauguration, en juin 2001, du Mus\u00e9e Casals r\u00e9nov\u00e9\u2026<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-1 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-1 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Musique <\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep- sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><p><strong>Mozart<\/strong>, <em>Sonate en sol majeur K. 283<\/em>. Eugene Istomin. R\u00e9cital au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es le 2 novembre 1993.<\/p>\n<!--[if lt IE 9]><script>document.createElement('audio');<\/script><![endif]-->\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-3076-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Mozart-Sonata-K-283_128k1.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Mozart-Sonata-K-283_128k1.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Mozart-Sonata-K-283_128k1.mp3<\/a><\/audio>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Beethoven<\/strong>, <em>Concerto n\u00b0 3 en ut mineur op. 37, <\/em>deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me mouvements. Eugene Istomin, Orchestre Symphonique de Budapest, Jean-Bernard Pommier. Enregistr\u00e9 en studio \u00e0 Budapest en juin 2000.<\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-3076-2\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Beethoven-Concerto-3-mvts-2-3-Istomin-Pommier.mp3?_=2\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Beethoven-Concerto-3-mvts-2-3-Istomin-Pommier.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Beethoven-Concerto-3-mvts-2-3-Istomin-Pommier.mp3<\/a><\/audio>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Brahms<\/strong>, <em>Quatuor pour piano et cordes n\u00b0 1 en sol mineur op. 25<\/em>, dernier mouvement. Eugene Istomin, Leonidas Kavakos, Bruno Giuranna, Mstislav Rostropovitch. Evian, 31 mai 1992.<\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-3076-3\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Brahms-Quartet-n\u00b01-Op25_IV_128k1.mp3?_=3\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Brahms-Quartet-n\u00b01-Op25_IV_128k1.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Brahms-Quartet-n\u00b01-Op25_IV_128k1.mp3<\/a><\/audio>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":314,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3076"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3076"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3076\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7403,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3076\/revisions\/7403"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/314"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3076"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}