{"id":3005,"date":"2016-03-09T15:46:38","date_gmt":"2016-03-09T14:46:38","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=3005"},"modified":"2020-02-21T23:50:17","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:17","slug":"les-debuts-1943-1950","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/biographie\/carriere\/les-debuts-1943-1950\/","title":{"rendered":"Les d\u00e9buts\u00a0: 1943-1950"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 hundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-overflow:visible;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><div id=\"attachment_3007\" style=\"width: 280px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Serkin-1943.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3007\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3007 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Serkin-1943-270x300.png\" alt=\"Serkin 1943\" width=\"270\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Serkin-1943-270x300.png 270w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Serkin-1943.png 575w\" sizes=\"(max-width: 270px) 100vw, 270px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3007\" class=\"wp-caption-text\">Rudolf Serkin en 1943<\/p><\/div>\n<p class=\"beautify\">La carri\u00e8re d\u2019Eugene Istomin n\u2019aurait pas d\u00fb commencer si t\u00f4t\u00a0! La Guerre en est la seule responsable. Les Etats-Unis avaient r\u00e9tabli le service militaire obligatoire d\u00e8s septembre 1940 et, depuis l\u2019entr\u00e9e en guerre, les fronts se multipliaient. Le pays avait besoin de soldats et tous les hommes \u00e9taient susceptibles d\u2019\u00eatre incorpor\u00e9s d\u00e8s le jour de leur dix-huiti\u00e8me anniversaire, puis envoy\u00e9s au combat. Les artistes pouvaient \u00eatre enr\u00f4l\u00e9s dans la <em>Morale Division, <\/em>charg\u00e9e d\u2019apporter aux troupes r\u00e9confort et distraction. Mais une telle affectation \u00e9tait tr\u00e8s incertaine, et Byron Hardin, un autre \u00e9l\u00e8ve de <a href=\"\/fr\/grandes-collaborations-musicales\/pianistes\/rudolf-serkin\/\">Serkin<\/a>, ne put l\u2019obtenir, malgr\u00e9 la recommandation de son prestigieux professeur. Il fut envoy\u00e9 au front. Istomin allait avoir dix-huit ans le 26 novembre 1943 et Serkin s\u2019inqui\u00e9ta. Il voulait \u00e9viter qu\u2019un tel talent soit an\u00e9anti par la guerre. Puisqu\u2019une recommandation ne suffisait pas, il sugg\u00e9ra \u00e0 Istomin de se pr\u00e9senter \u00e0 deux concours qui se d\u00e9roulaient en octobre, \u00e0 quelques jours d\u2019\u00e9cart. Un succ\u00e8s, \u00e0 l\u2019un ou \u00e0 l\u2019autre, lui permettrait peut-\u00eatre d\u2019\u00eatre dispens\u00e9, en tout cas d\u2019\u00eatre envoy\u00e9 dans la <em>Morale Division<\/em> et de jouer du piano pour les soldats. Or, il remporta les deux concours. Les prix consistant dans les deux cas en un grand concert, Istomin fit ainsi ses grands d\u00e9buts \u00e0 Philadelphie et \u00e0 New York, quelques semaines plus tard.<\/p>\n<div id=\"attachment_3009\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1943-Pennario-Bernstein-and-Rodzinski.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3009\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3009 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1943-Pennario-Bernstein-and-Rodzinski-300x248.jpg\" alt=\"Eugene Istomin, Leonard Pennario, Leonard Bernstein et Artur Rodzinski. 1943\" width=\"300\" height=\"248\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1943-Pennario-Bernstein-and-Rodzinski-300x248.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1943-Pennario-Bernstein-and-Rodzinski-1024x847.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1943-Pennario-Bernstein-and-Rodzinski.jpg 1633w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3009\" class=\"wp-caption-text\">Istomin, Pennario, Bernstein et Rodzinski en 1943<\/p><\/div>\n<p>Apr\u00e8s son succ\u00e8s au Philadelphia Youth Contest, il joua le <em>Deuxi\u00e8me Concerto<\/em> de Chopin avec l\u2019Orchestre de Philadelphie sous la direction d\u2019Ormandy le 17 novembre 1943, avec un bel accueil du public et de la critique. Quatre jours plus tard, il se trouvait sur la sc\u00e8ne de Carnegie Hall pour jouer le <em>Deuxi\u00e8me Concerto<\/em> de Brahms avec l\u2019Orchestre Philharmonique de New York dirig\u00e9 par Artur Rodzinski. Ce concert \u00e9tait la r\u00e9compense de son succ\u00e8s au Concours Leventritt. Il \u00e9tait radiodiffus\u00e9 sur l\u2019ensemble des Etats-Unis pour douze millions d\u2019auditeurs. Ce surgissement brutal en pleine lumi\u00e8re inqui\u00e9tait beaucoup Serkin, qui craignait que son \u00e9l\u00e8ve ne se laisse \u00e9blouir par le succ\u00e8s.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1943-NY-Orchestra-Photo.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3011\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1943-NY-Orchestra-Photo-160x300.jpg\" alt=\"1943 NY Orchestra Photo\" width=\"160\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1943-NY-Orchestra-Photo-160x300.jpg 160w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1943-NY-Orchestra-Photo-545x1024.jpg 545w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1943-NY-Orchestra-Photo.jpg 1012w\" sizes=\"(max-width: 160px) 100vw, 160px\" \/><\/a><\/p>\n<p>La tentation aurait pu \u00eatre grande pour Istomin de renouer avec ses racines russes et de suivre l\u2019exemple de celui qui avait \u00e9t\u00e9 longtemps son idole, Arthur Rubinstein. Avec son exceptionnelle facilit\u00e9 digitale et sa belle sonorit\u00e9, nul doute qu\u2019Istomin aurait pu triompher dans Chopin, dans Liszt et dans les grands concertos russes virtuoses. Ce chemin, qu\u2019empruntaient la plupart des jeunes pianistes, aurait \u00e9t\u00e9 plus facile. Hurok, le fameux impr\u00e9sario, \u00e9tait d\u00e9sireux de le prendre dans son \u00e9curie et de le lancer avec force publicit\u00e9, en insistant sur ses origines russes, un argument consid\u00e9rable en Am\u00e9rique\u00a0! D\u2019ailleurs, une des rares critiques unanimement positives qu\u2019il re\u00e7ut \u00e0 cette \u00e9poque saluait son interpr\u00e9tation du <em>Troisi\u00e8me Concerto<\/em> de Rachmaninov avec l\u2019Orchestre Symphonique de Chicago en 1944. Il ne le rejoua plus jamais.<br \/>\nL\u2019enseignement de Serkin l\u2019avait entrain\u00e9 sur des sentiers plus difficiles. L\u2019exigence, l\u2019amour-proprel et le go\u00fbt du d\u00e9fi du jeune pianiste lui interdirent de s\u2019en \u00e9loigner. Ses deux chevaux de bataille, le <em>Quatri\u00e8me Concerto<\/em> de Beethoven et le <em>Deuxi\u00e8me Concerto<\/em> de Brahms \u00e9taient des \u0153uvres que le public et la critique estimaient qu\u2019on ne devait les aborder qu\u2019\u00e0 la cinquantaine, la maturit\u00e9 venue. Istomin s\u2019attira \u00e0 chaque fois des critiques dans le genre de celle qu\u2019il re\u00e7ut dans le <em>New York Times<\/em> apr\u00e8s avoir jou\u00e9 le <em>Quatri\u00e8me<\/em> de Beethoven en d\u00e9cembre 1944 : \u00ab\u00a0Une excellente interpr\u00e9tation d\u2019une grande \u0153uvre\u2026 qui, toutefois, ne peut \u00eatre vraiment comprise par un jeune homme de dix-neuf ans que s\u2019il s\u2019appelle Mozart, Mendelssohn ou Schubert.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div id=\"attachment_3012\" style=\"width: 233px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1946-Carnegie-Program-Cover.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3012\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3012\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1946-Carnegie-Program-Cover-223x300.jpg\" alt=\"R\u00e9cital \u00e0 Carnegie Hall. 1946\" width=\"223\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1946-Carnegie-Program-Cover-223x300.jpg 223w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1946-Carnegie-Program-Cover-761x1024.jpg 761w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1946-Carnegie-Program-Cover.jpg 1300w\" sizes=\"(max-width: 223px) 100vw, 223px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3012\" class=\"wp-caption-text\">R\u00e9cital \u00e0 Carnegie Hall. 1946<\/p><\/div>\n<p>Pour ses premiers grands r\u00e9citals, Istomin choisit des \u0153uvres moins ambitieuses certes, mais tout aussi dangereuses\u00a0! Il pr\u00e9senta des programmes articul\u00e9s avec beaucoup d\u2019intelligence musicale, mais trop \u00e9clectiques pour le public et surtout pour la critique, d\u00e9sorient\u00e9e. Comment \u00e9tiqueter un jeune pianiste qui joue Beethoven et Chopin\u00a0? Il \u00e9tait alors inconcevable qu\u2019un m\u00eame pianiste, jeune de surcro\u00eet, puisse bien jouer deux compositeurs aussi antinomiques. Ce qui \u00e9tait amusant, et d\u00e9courageant en m\u00eame temps, c\u2019est que les critiques n\u2019\u00e9taient jamais d\u2019accord pour d\u00e9terminer lequel des deux compositeurs lui convenait. Certains assuraient que c\u2019\u00e9tait Chopin, d\u2019autres prenaient parti pour Beethoven. Alors, pour peu qu\u2019il ajout\u00e2t Ravel et Rachmaninov, les critiques \u00e9taient compl\u00e9tement perdus. Noel Strauss, rendant compte dans le <em>New York Times<\/em> du r\u00e9cital donn\u00e9 par Istomin \u00e0 Carnegie Hall le 20 f\u00e9vrier 1948, d\u00e9clara que son Beethoven et son Chopin \u00e9taient sans grand int\u00e9r\u00eat mais qu\u2019il faisait preuve dans les <em>Pr\u00e9ludes<\/em> de Rachmaninov d\u2019une \u00ab\u00a0sonorit\u00e9 d\u2019une opulente beaut\u00e9 et d\u2019un sens du rythme tr\u00e8s subtil\u00a0\u00bb et que dans <em>Gaspard de la nuit<\/em>, il \u00ab\u00a0donnait sa pleine mesure de pianiste\u2026 avec \u00ab\u00a0une interpr\u00e9tation saisissante et magistrale, qui avait men\u00e9 la soir\u00e9e \u00e0 une apog\u00e9e impressionnante, inoubliable\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div id=\"attachment_3013\" style=\"width: 236px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Rubinstein-1946.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3013\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3013\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Rubinstein-1946-226x300.jpg\" alt=\"Arthur Rubinstein au milieu des ann\u00e9es 40\" width=\"226\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Rubinstein-1946-226x300.jpg 226w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Rubinstein-1946-771x1024.jpg 771w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Rubinstein-1946.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 226px) 100vw, 226px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3013\" class=\"wp-caption-text\">Arthur Rubinstein au milieu des ann\u00e9es 40<\/p><\/div>\n<p>Quelques d\u00e9cennies plus tard, il est devenu courant que des pianistes, tels Pollini, Perahia ou Ax, jouent autant Beethoven que Chopin, mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 Istomin fit ses d\u00e9buts la dictature des \u00e9tiquettes \u00e9tait encore absolue. Rubinstein en est sans doute le meilleur exemple, victime \u00e0 demi-consentante de son succ\u00e8s dans Chopin. Longtemps, il dut restreindre son r\u00e9pertoire. On lui demandait Chopin, alors il jouait Chopin. Il avouait au tout jeune Istomin\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019adore les concertos de Mozart, mais mon manager ne veut pas que je les joue car cela n\u2019attire pas assez le public.\u00a0\u00bb Pour ne pas parler de Beethoven\u00a0! A l\u2019approche de la soixantaine, Rubinstein n\u2019avait encore jamais jou\u00e9 en public le <em>Concerto l\u2019Empereur<\/em>. Il ne jouait pas non plus les deux premiers concertos. Mais voil\u00e0 qu\u2019il fut invit\u00e9 par Toscanini en 1944 pour jouer le <em>Troisi\u00e8me Concerto<\/em> sous sa direction avec le NBC Symphony Orchestra dans un grand cycle que le Maestro consacrait \u00e0 Beethoven (et lors duquel il dirigeait ce concerto pour la premi\u00e8re fois). L\u2019enregistrement fit l\u2019objet d\u2019un disque. Du m\u00eame coup tout le monde se mit \u00e0 penser que Rubinstein pouvait <em>aussi<\/em> jouer Beethoven\u00a0! Peu apr\u00e8s, on lui demanda plusieurs fois l\u2019int\u00e9grale des concertos, et il l\u2019enregistra\u00a0\u00e0 trois reprises,\u00a0en moins de vingt ans, avec Krips, Leinsdorf puis Barenbo\u00efm.<\/p>\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard, Istomin reconnut avoir commis des p\u00each\u00e9s d\u2019orgueil, voire d\u2019arrogance. Il voulait \u00eatre Schnabel et Serkin \u00e0 la fois, alors qu\u2019il n\u2019avait pas encore vingt ans. Il avoua \u00e0 John Gruen en 1971 qu\u2019il avait \u00ab\u00a0\u00e9t\u00e9 son pire ennemi lorsqu\u2019il \u00e9tait jeune\u00a0\u00bb. En termes de carri\u00e8re, c\u2019est certainement vrai. La progression a \u00e9t\u00e9 relativement lente. En 1949, six ans apr\u00e8s ses spectaculaires d\u00e9buts, il n\u2019y avait que l\u2019Orchestre Philharmonique de New York qui l\u2019invitait r\u00e9guli\u00e8rement. Seuls deux autres grands orchestres am\u00e9ricains avaient daign\u00e9 l&rsquo;engager, une seule fois\u00a0: Chicago en 1944 et Cleveland en 1949. Sur le plan discographique, Columbia lui avait fait enregistrer le <em>Concerto en r\u00e9 mineur BWV 1052<\/em> de Bach d\u00e8s 1945, mais ne lui fit aucune autre proposition pendant les cinq ann\u00e9es suivantes. Lorsqu\u2019il se rendit en Europe au printemps 1948, ce n\u2019\u00e9tait pas pour y donner des concerts mais pour y prendre des vacances.<\/p>\n<div id=\"attachment_3016\" style=\"width: 262px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-prades-progr-1952-001.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3016\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3016\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-prades-progr-1952-001-252x300.jpg\" alt=\"Eugene Istomin \u00e0 la fin des ann\u00e9es 40\" width=\"252\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-prades-progr-1952-001-252x300.jpg 252w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-prades-progr-1952-001-859x1024.jpg 859w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-prades-progr-1952-001.jpg 2400w\" sizes=\"(max-width: 252px) 100vw, 252px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3016\" class=\"wp-caption-text\">Eugene Istomin \u00e0 la fin des ann\u00e9es 40<\/p><\/div>\n<p>Il avait besoin de couper un peu avec la vie musicale.\u00a0Le lancement si brutal de sa carri\u00e8re s\u2019\u00e9tait av\u00e9r\u00e9 plus difficile \u00e0 dig\u00e9rer qu\u2019il ne l\u2019avait pens\u00e9 d\u2019abord. Avant de jouer, coup sur coup, avec l\u2019Orchestre de Philadelphie et avec l\u2019Orchestre Philharmonique de New York, Istomin n\u2019avait jou\u00e9 qu\u2019une seule fois avec orchestre, le \u00ab\u00a0petit\u00a0\u00bb\u00a0<em>Concerto K. 449<\/em> de Mozart avec un orchestre semi-professionnel. A cette \u00e9poque, \u00e0 l\u2019exception des tourn\u00e9es avec Busch, il n\u2019eut jamais la possibilit\u00e9 de roder ses concertos ou ses programmes de r\u00e9cital dans des lieux peu expos\u00e9s. Il dut les \u00e9trenner \u00e0 Carnegie Hall ou avec de grands orchestres, ce qui repr\u00e9sentait une tension consid\u00e9rable. Il y eut aussi la d\u00e9couverte du trac. Le traumatisme de ses d\u00e9buts \u00e0 New York dans le <em>Deuxi\u00e8me Concerto<\/em> de Brahms continua de vivre en lui jusqu\u2019\u00e0 son dernier concert. Jouer ce concerto colossal pour la premi\u00e8re fois, \u00e0 Carnegie Hall, en direct \u00e0 la radio, il y avait d\u00e9j\u00e0 de quoi trembler en montant sur sc\u00e8ne. Mais le coup de gr\u00e2ce lui fut donn\u00e9 par le piano, quand il d\u00e9couvrit en s\u2019asseyant au clavier que ce n\u2019\u00e9tait pas celui qu\u2019il avait choisi! Il s\u2019effor\u00e7a de lutter contre le trac, essayant m\u00eame, sur les conseils de Madame Leventritt, la psychanalyse. Puis il finit par se r\u00e9signer \u00e0 vivre avec.<\/p>\n<div id=\"attachment_3343\" style=\"width: 204px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Judson-1.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3343\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3343 size-full\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Judson-1.jpg\" alt=\"Arthur Judson\" width=\"194\" height=\"273\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3343\" class=\"wp-caption-text\">Arthur Judson<\/p><\/div>\n<p>Certains d\u00e9fauts (ou qualit\u00e9s, selon leur usage) ne facilit\u00e8rent pas la progression de la carri\u00e8re d\u2019Istomin dans le petit monde autocratique et r\u00e9actionnaire de la musique\u00a0: le go\u00fbt de la libert\u00e9, l\u2019esprit de r\u00e9bellion contre les pr\u00e9jug\u00e9s, contre la b\u00eatise et l\u2019injustice\u2026 C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s courageux de vouloir prouver sa capacit\u00e9 \u00e0 interpr\u00e9ter un large \u00e9ventail de compositeurs dans ses r\u00e9citals. Mais c\u2019\u00e9tait un jeu risqu\u00e9, et sans doute un peu vain, que de s\u2019ent\u00eater \u00e0 bousculer ainsi les <em>a priori<\/em> des critiques. Istomin n\u2019h\u00e9sitait pas non plus \u00e0 se r\u00e9volter contre son agent, l\u2019omnipotent Arthur Judson, qui pouvait r\u00e9duire \u00e0 n\u00e9ant la carri\u00e8re am\u00e9ricaine de n\u2019importe quel musicien, et qui ne s\u2019en priva pas. Il trouvait que Judson ne soutenait pas assez sa carri\u00e8re, en tout cas moins que certains pianistes de moindre talent. Il aurait voulu \u00eatre engag\u00e9 par d&rsquo;autres\u00a0grands orchestres am\u00e9ricains et Judson venait\u00a0de lui refuser de jouer avec Mitropoulos \u00e0 Minneapolis. Istomin prit rendez-vous et vint se plaindre.\u00a0Judson\u00a0lui r\u00e9pondit tout simplement\u00a0que, s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas content, il pouvait aller voir ailleurs. Istomin prit la suggestion au pied de la lettre, et il fallut que Serkin intervienne pour rattraper la situation\u00a0! Il est probable que Judson, en manager habile et exp\u00e9riment\u00e9, faisait en sorte de ne pas pr\u00e9cipiter la carri\u00e8re d\u2019Istomin. Le succ\u00e8s, dans le style de r\u00e9pertoire qu\u2019il avait choisi, ne pouvait se construire que lentement. Judson agissait tout diff\u00e9remment avec William Kapell, dont le r\u00e9pertoire se pr\u00eatait \u00e0 une conqu\u00eate plus rapide. Par ailleurs, le physique s\u00e9duisant de Kapell et sa docilit\u00e9, dans les premi\u00e8res ann\u00e9es, pour accepter les contraintes de la publicit\u00e9 avaient incit\u00e9 Judson \u00e0 le mettre rapidement en avant. Il savait qu\u2019Istomin, qui souvent n\u00e9gligeait d\u2019appara\u00eetre sur les photos ou qui y affichait un air boudeur, se pr\u00eaterait au jeu beaucoup moins facilement! Il arriva aussi qu\u2019Istomin f\u00eet la forte t\u00eate lors d\u2019une collaboration avec un chef de premier plan. Il y eut deux situations tr\u00e8s tendues avec George Szell, \u00e0 New York en mars 1948 et \u00e0 Chicago en janvier 1950. Szell prenait un malin plaisir \u00e0 d\u00e9stabiliser ses solistes et \u00e0 affirmer son pouvoir, et Istomin ne pouvait l\u2019accepter.<\/p>\n<div id=\"attachment_3019\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Adolf-Busch.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3019\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3019\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Adolf-Busch-300x298.jpg\" alt=\"Adolf Busch \u00e0 la fin des ann\u00e9es 40\" width=\"300\" height=\"298\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Adolf-Busch-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Adolf-Busch-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Adolf-Busch-300x298.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Adolf-Busch.jpg 680w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3019\" class=\"wp-caption-text\">Adolf Busch \u00e0 la fin des ann\u00e9es 40<\/p><\/div>\n<p>En fait, les principaux soutiens d\u2019Istomin \u00e9taient les musiciens. Dans les toutes premi\u00e8res ann\u00e9es, ceux qui jou\u00e8rent le r\u00f4le le plus important furent Artur Rodzinski et Adolf Busch. Non seulement Rodzinski dirigea ses d\u00e9buts avec l\u2019Orchestre Philharmonique de New York et le r\u00e9invita lors des deux saisons suivantes, mais il alla jusqu\u2019\u00e0 prendre sa plume pour le recommander \u00e0 ses coll\u00e8gues des autres orchestres am\u00e9ricains. Quant \u00e0 Adolf Busch, il lui porta une affection quasi paternelle et lui ouvrit toutes grandes les portes de son univers musical. Pour Istomin, les deux tourn\u00e9es d\u2019une cinquantaine de concerts qu\u2019il effectua avec le Little Orchestra sous sa direction, en 1944 et 1945, furent une exp\u00e9rience fantastique. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s formateur, et tr\u00e8s confortable aussi, de jouer presque chaque soir et d\u2019approfondir ainsi son r\u00e9pertoire. C\u2019est \u00e0 la demande de Busch qu\u2019Istomin r\u00e9alisa son premier enregistrement (le <em>Concerto BWV 1052<\/em> de Bach). C\u2019est avec lui \u00e9galement qu\u2019Istomin d\u00e9couvrit la musique de chambre de Beethoven et de Brahms, jouant en priv\u00e9 sonates et trios au long de deux \u00e9t\u00e9s pass\u00e9s avec les familles Busch et Serkin.<\/p>\n<div id=\"attachment_3020\" style=\"width: 244px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Casals-lisant-1950.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3020\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3020 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Casals-lisant-1950-234x300.jpg\" alt=\"Casals lisant 1950\" width=\"234\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Casals-lisant-1950-234x300.jpg 234w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Casals-lisant-1950.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 234px) 100vw, 234px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3020\" class=\"wp-caption-text\">Casals \u00e0 Prades en 1950<\/p><\/div>\n<p>D\u2019autres rencontres allaient se r\u00e9v\u00e9ler tout aussi d\u00e9cisives. Il y eut tout d\u2019abord celle de Paul Paray pour qui il auditionna en 1947, et avec qui il devait jouer si souvent \u00e0 partir de 1950. Paray fut le premier \u00e0 l\u2019inviter en Europe, avant m\u00eame sa premi\u00e8re participation au Festival de Prades. Il y eut ensuite Alexander Schneider, qui lui proposa, \u00e0 la suggestion de Madame Leventritt, de donner quatre fois l\u2019int\u00e9grale des Sonates pour violon de Beethoven \u00e0 l\u2019automne 1949. Schneider allait \u00eatre pour lui un partenaire essentiel dans les trente ann\u00e9es \u00e0 venir, en musique de chambre et comme chef d\u2019orchestre. Surtout, Schneider lui permit d\u2019entrer en contact avec Casals, en l\u2019invitant \u00e0 venir participer au Festival de Prades 1950. Cette rencontre bouleversa sa vie. Arriv\u00e9 quelque peu sceptique, Istomin avoua qu\u2019il \u00e9tait alors \u00ab\u00a0tomb\u00e9 amoureux de Casals\u00a0pour la vie. C\u2019\u00e9tait la chose la plus g\u00e9n\u00e9reuse, la plus humaine qui soit. Cette grande amiti\u00e9 s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e. D\u00e8s cette ann\u00e9e-l\u00e0, apr\u00e8s le festival, il a d\u00e9clar\u00e9 que s\u2019il rejouait jamais en public, ce serait avec moi. Nous avons fait des enregistrements, de nombreux concerts, \u00e0 Prades, \u00e0 Porto Rico, en Isra\u00ebl, \u00e0 l\u2019ONU aussi, et cette exp\u00e9rience, comme tout le monde qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la musique peut le comprendre, m\u2019a marqu\u00e9 pour la vie\u2026\u00a0\u00bb (Interview Bernard Meillat 1987).<\/p>\n<p>Le partage de l\u2019id\u00e9al musical de Casals acheva de clarifier les aspirations musicales d\u2019Istomin. Il \u00e9tait \u00e0 la fois fascin\u00e9 par la perfection de Toscanini et de Heifetz et par l\u2019humanisme de Casals. Etait-il possible de concilier les deux\u00a0? Istomin \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 relever le d\u00e9fi de faire coexister des qualit\u00e9s qui semblaient difficiles, voire impossibles, \u00e0 r\u00e9unir en une seule et m\u00eame personne&#8230; Il se d\u00e9finissait volontiers comme un musicien-virtuose, pr\u00e9cisant qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une esp\u00e8ce tr\u00e8s rare! Le lien avec Casals fut d\u2019embl\u00e9e si fort qu\u2019Istomin, qui n\u2019avait pas d\u2019engagement important avant la fin de l\u2019automne, d\u00e9cida de rester tout l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00e0 Prades, jouant et bavardant chaque jour avec lui. Casals \u00e9tait si enthousiaste qu\u2019il fit des d\u00e9marches pour trouver des engagements pour Istomin \u00e0 Lisbonne et en Italie (\u00e0 Turin, \u00e0 Milan et \u00e0 Florence). Ces concerts venaient s\u2019ajouter \u00e0 ceux que Rudolf Serkin avaient obtenus pour lui en Suisse (\u00e0 B\u00e2le et \u00e0 Zurich). C\u2019\u00e9tait un privil\u00e8ge et surtout une marque de confiance exceptionnelle de la part de deux grands musiciens qui r\u00e9pugnaient d\u2019ordinaire \u00e0 toute intervention pour soutenir la carri\u00e8re de leurs disciples.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019\u00e0 la mi-d\u00e9cembre Istomin repartit pour les Etats-Unis, il avait le sentiment d\u2019entrer dans une nouvelle phase de sa vie et de sa carri\u00e8re. Busch, Huberman et Rodzinski l\u2019avaient d\u00e9j\u00e0 reconnu comme l\u2019un des leurs. Etre adoub\u00e9 par Casals, c\u2019\u00e9tait une \u00e9tape de plus. Il ne pouvait plus avoir de doute sur son talent. C\u2019\u00e9tait \u00e0 la fois un honneur et une responsabilit\u00e9\u00a0: \u00e0 lui, d\u00e9sormais, de travailler et de r\u00e9aliser toutes les promesses qu\u2019il portait en lui.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-1 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-1 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Musique<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep- sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><p><strong>Bach<\/strong>. <em>Concerto en r\u00e9 mineur BWV 1052<\/em>. Eugene Istomin, Busch Chamber Players. Adolf Busch. Enregistr\u00e9\u00a0pour Columbia \u00e0 New York le 25 avril 1945.<\/p>\n<!--[if lt IE 9]><script>document.createElement('audio');<\/script><![endif]-->\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-3005-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Bach-1052.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Bach-1052.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/07\/Bach-1052.mp3<\/a><\/audio>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Bach<\/strong>, <em>Toccata en mi mineur BWV 914<\/em>. Enregistr\u00e9 pour Columbia en juillet 1950 \u00e0 Londres.<\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-3005-2\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Toccata-1950.mp3?_=2\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Toccata-1950.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Toccata-1950.mp3<\/a><\/audio>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Brahms<\/strong>, <em>Variations sur un th\u00e8me de Haendel op. 24<\/em>, th\u00e8me et variations 1 \u00e0 6. Enregistr\u00e9 par Columbia en mars 1951 (Istomin les jouait en concert depuis 1946).<\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-3005-3\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Brahms-Haendel-T-et-V-1-\u00e0-6-1951.mp3?_=3\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Brahms-Haendel-T-et-V-1-\u00e0-6-1951.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Brahms-Haendel-T-et-V-1-\u00e0-6-1951.mp3<\/a><\/audio>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":314,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3005"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3005"}],"version-history":[{"count":23,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3005\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7409,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3005\/revisions\/7409"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/314"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3005"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}