{"id":2992,"date":"2016-03-09T15:35:02","date_gmt":"2016-03-09T14:35:02","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=2992"},"modified":"2020-02-21T23:50:17","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:17","slug":"les-annees-50","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/biographie\/carriere\/les-annees-50\/","title":{"rendered":"Les ann\u00e9es 50"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 hundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-overflow:visible;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><p class=\"beautify\">Les  ann\u00e9es 50 furent pour Eugene Istomin un moment d\u2019irr\u00e9sistible ascension, presque lin\u00e9aire, qui s\u2019acheva symboliquement par l\u2019enregistrement du <em>Concerto<\/em> de Schumann avec Bruno Walter, en janvier 1960. Walter n\u2019avait jamais accept\u00e9 d\u2019enregistrer de concertos pour piano, \u00e0 l\u2019exception du <em>Concerto l\u2019Empereur<\/em> de Beethoven, qu\u2019il grava \u00e0 deux reprises (en 1934 avec Gieseking et en 1941 avec Serkin). Cette collaboration avec Bruno Walter \u00e9tait donc un grand honneur, d\u2019autant que le grand chef d\u2019orchestre lui proposa de la poursuivre avec d\u2019autres concertos.<\/p>\n<div id=\"attachment_2994\" style=\"width: 195px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Steinberg-1-recadr\u00e9.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2994\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2994\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Steinberg-1-recadr\u00e9-185x300.jpg\" alt=\"William Steinberg\" width=\"185\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Steinberg-1-recadr\u00e9-185x300.jpg 185w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Steinberg-1-recadr\u00e9.jpg 236w\" sizes=\"(max-width: 185px) 100vw, 185px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2994\" class=\"wp-caption-text\">William Steinberg<\/p><\/div>\n<p>Pourtant, nombre de musiciens craignaient que l\u2019ascension d\u2019Istomin soit plus lente. William Steinberg l\u2019avait accompagn\u00e9 pour la premi\u00e8re fois, en d\u00e9cembre 1950, dans le <em>Quatri\u00e8me<\/em> de Beethoven. Il \u00e9crivit alors \u00e0 Madame Leventritt\u00a0pour lui dire sa joie profonde de cette exp\u00e9rience, mais il disait aussi que l\u2019exigence et le refus des effets spectaculaires pourraient retarder le jeune pianiste : \u201cCela lui demandera dix ans de plus, avec de l\u2019\u00e9nergie et de la pers\u00e9v\u00e9rance, pour atteindre le sommet\u2026 Ses amis doivent l\u2019aider car il n\u2019est pas le genre de musicien qui pla\u00eet aux managers.\u00a0\u00bb Steinberg aurait pu y ajouter et aux critiques\u00a0! D\u2019ailleurs, son r\u00e9cital \u00e0 Carnegie Hall, quelques semaines plus tard, d\u00e9cha\u00eena l\u2019enthousiasme du public mais laissa le critique du <em>New York Times<\/em>, Harold Schonberg, tr\u00e8s condescendant.<\/p>\n<p>Le Festival de Perpignan 1951 symbolise son changement de statut. L\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, \u00e0 Prades, on ne lui avait confi\u00e9 que deux \u0153uvres pour piano seul et une br\u00e8ve sonate en trio. Cette fois, il jouait un concerto de Mozart, et donnait deux grands concerts de trios avec Schneider et Casals, trios qu\u2019il enregistra apr\u00e8s le festival. Howard Taubman, l\u2019envoy\u00e9 sp\u00e9cial du <em>New York Times<\/em>, se montra tr\u00e8s laudatif\u00a0: \u00ab\u00a0Son \u00e9volution de ces derni\u00e8res ann\u00e9es a \u00e9t\u00e9 stup\u00e9fiante, ainsi que le prouvent sa participation aux soir\u00e9es de trios de Beethoven et son travail comme soliste dans le <em>Concerto K. 449<\/em> de Mozart. Il est en train de devenir un de nos plus grands pianistes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div id=\"attachment_3351\" style=\"width: 228px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Prades-progr-1954-0011.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3351\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3351 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Prades-progr-1954-0011-218x300.jpg\" alt=\"Eugene Istomin au d\u00e9but des ann\u00e9es 50\" width=\"218\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Prades-progr-1954-0011-218x300.jpg 218w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Prades-progr-1954-0011-744x1024.jpg 744w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Prades-progr-1954-0011.jpg 1617w\" sizes=\"(max-width: 218px) 100vw, 218px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3351\" class=\"wp-caption-text\">Eugene Istomin au d\u00e9but des ann\u00e9es 50<\/p><\/div>\n<p>La conqu\u00eate des grands orchestres am\u00e9ricains se fit progressivement. Dans la saison 1952-53, il fut invit\u00e9 par douze orchestres nord-am\u00e9ricains et il effectua une tourn\u00e9e avec deux d\u2019entre eux (Toronto et Buffalo). Des collaborations durables s\u2019\u00e9tablirent avec tous les grands chefs\u00a0: \u00e0 Paul Paray, William Steinberg, George Szell, et Fritz Reiner, s\u2019\u00e9taient ajout\u00e9 Josef Krips, Pierre Monteux, Rafale Kubelik, Erich Leinsdorf\u2026 Quant \u00e0 Ormandy, qui avait \u00e9t\u00e9 longtemps contraint de lui pr\u00e9f\u00e9rer Kapell, il l\u2019invita d\u00e9sormais chaque ann\u00e9e. C\u2019est Munch qui s\u2019\u00e9tait montr\u00e9 le plus r\u00e9ticent, peut-\u00eatre parce qu\u2019Istomin \u00e9tait r\u00e9put\u00e9 tr\u00e8s proche de Paray, son grand rival fran\u00e7ais. Il le fit venir \u00e0 Tanglewood pendant la saison d\u2019\u00e9t\u00e9 1955 et ce fut le d\u00e9but d\u2019une \u00e9troite amiti\u00e9.<\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e 1955 marqua d\u2019ailleurs un nouveau tournant. D\u2019une part, le Festival de Ravinia voulut faire un remake de la saison 1949 avec le <em>Million Dollar Trio<\/em> Rubinstein-Heifetz-Piatigorsky en invitant trois jeunes solistes en passe de devenir des stars\u00a0: Eugene Istomin, Isaac Stern et Leonard Rose. Istomin joua deux concertos avec l\u2019Orchestre Symphonique de Chicago sous la direction d\u2019Enrique Jorda, et donna trois concerts de musique de chambre avec Stern et Rose. L\u2019\u00e9v\u00e9nement fit beaucoup de bruit. D\u2019autre part, ce fut aussi le vrai commencement de la carri\u00e8re discographique d\u2019Istomin. Il avait enregistr\u00e9 le <em>Concerto en r\u00e9 mineur BWV 1052<\/em> de Bach avec Busch en 1945, puis les <em>Variations Haendel<\/em> de Brahms en 1951, mais tout le reste de sa discographie \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 Casals\u00a0: sept trios de Beethoven et de Schubert, le <em>Cinqui\u00e8me Brandebourgeois<\/em> de Bach et le <em>Concerto K. 449<\/em> de Mozart, plus quelques pi\u00e8ces br\u00e8ves). L\u2019arriv\u00e9e d\u2019un vrai musicien \u00e0 la t\u00eate du d\u00e9partement \u00ab\u00a0Artistes et r\u00e9pertoire\u00a0\u00bb de Columbia, David Oppenheim, changea compl\u00e8tement la donne. Oppenheim b\u00e2tit une politique ambitieuse et coh\u00e9rente. Il donnait la priorit\u00e9 \u00e0 Serkin pour le grand r\u00e9pertoire germanique et confiait \u00e0 Istomin les \u0153uvres de Chopin et des compositeurs russes, sans lui interdire pour autant quelques incursions chez Beethoven et Brahms. C\u2019\u00e9tait une perspective musicalement enthousiasmante, et qui allait donner un grand \u00e9lan \u00e0 sa carri\u00e8re.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-piano-ann\u00e9es-55-001.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2996\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-piano-ann\u00e9es-55-001-191x300.jpg\" alt=\"Eugene piano ann\u00e9es 55 001\" width=\"191\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-piano-ann\u00e9es-55-001-191x300.jpg 191w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-piano-ann\u00e9es-55-001-653x1024.jpg 653w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-piano-ann\u00e9es-55-001.jpg 1076w\" sizes=\"(max-width: 191px) 100vw, 191px\" \/><\/a>Sur le plan international, les choses progressaient \u00e9galement. La premi\u00e8re tourn\u00e9e au long cours, au printemps 1955, eut pour destination l\u2019Am\u00e9rique de Sud, o\u00f9 il retourna deux ans plus tard. A l\u2019automne, il passa pr\u00e8s de deux mois en Afrique du Sud et fut aussit\u00f4t r\u00e9invit\u00e9. L\u2019ann\u00e9e 1956 ne fut qu\u2019une immense tourn\u00e9e \u00e0 travers le monde, avec notamment cinquante concerts en Extr\u00eame-Orient entre avril et juin. Epuis\u00e9, il dut interrompre une s\u00e9rie de quarante-quatre concerts en Australie au d\u00e9but de l\u2019automne. L\u2019Europe n\u2019entrait alors dans son calendrier que pour une petite part. Etrangement, la France ne lui proposait aucun concert en dehors du Festival de Prades, et le Benelux ne lui ouvrit ses portes qu\u2019\u00e0 partir de 1957, date de ses d\u00e9buts avec l\u2019Orchestre du Concertgebouw d\u2019Amsterdam. Cependant, l\u2019Italie et la Suisse l\u2019invitaient r\u00e9guli\u00e8rement depuis 1950 et l\u2019Angleterre l\u2019accueillait \u00e0 bras ouverts, lui attribuant en 1954 le Prix Harriet Cohen du meilleur r\u00e9cital de la saison.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/cover-LP-rachma-2-istomin-ormandy-CBS.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-2997 alignright\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/cover-LP-rachma-2-istomin-ormandy-CBS-300x290.jpg\" alt=\"cover-LP-rachma-2-istomin-ormandy-CBS\" width=\"300\" height=\"290\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/cover-LP-rachma-2-istomin-ormandy-CBS-52x50.jpg 52w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/cover-LP-rachma-2-istomin-ormandy-CBS-300x290.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/cover-LP-rachma-2-istomin-ormandy-CBS.jpg 687w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Cette activit\u00e9 intense ne pouvait manquer d\u2019attirer l\u2019attention sur Istomin, d\u2019autant que les critiques se montraient d\u00e9sormais quasi unanimes pour saluer son talent exceptionnel et sa maturit\u00e9 pr\u00e9coce. Apr\u00e8s son interpr\u00e9tation du <em>Quatri\u00e8me<\/em> de Beethoven avec l\u2019Orchestre Philharmonique de New York et George Szell, Paul-Henri Lang d\u00e9clara dans le <em>New York Herald Tribune<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0R\u00e9cemment nous avons entendu nombre de grands pianistes, qui arrivaient aur\u00e9ol\u00e9s de r\u00e9putations consid\u00e9rables. Eh bien, je n\u2019\u00e9changerai pas ce jeune homme contre tous les autres.\u00a0\u00bb La parution, en mars et en mai 1956, des deux enregistrements qu\u2019il venait de r\u00e9aliser pour Columbia, l\u2019int\u00e9grale des <em>Nocturnes<\/em> de Chopin et le <em>Deuxi\u00e8me Concerto<\/em> de Rachmaninov, fut acclam\u00e9e par toute la presse. <em>High Fidelity Magazine<\/em> parla du concerto de Rachmaninov en des termes extatiques\u00a0: \u00e9blouissant, vraiment stup\u00e9fiant, technique de feu\u2026 Istomin \u00e9tait surtout reconnu comme un sp\u00e9cialiste de Beethoven et de Brahms, et voil\u00e0 qu\u2019il s\u2019affirmait comme un interpr\u00e8te exceptionnel de Rachmaninov, c\u2019\u00e9tait une r\u00e9v\u00e9lation! Columbia d\u00e9cida de mettre toute sa puissance commerciale au service d\u2019Istomin. Sa newsletter proclama\u00a0: \u00ab\u00a0Eugene Istomin est un grand artiste et il grandit encore chaque jour. Il appartient \u00e0 la grande tradition qui nous a donn\u00e9s Rachmaninov, Rubinstein, Horowitz et Serkin. Il est unique, en ce qu\u2019il r\u00e9unit la virtuosit\u00e9 d\u2019un Rubinstein et d\u2019un Horowitz avec la musicalit\u00e9 incomparable d\u2019un Serkin ou d\u2019un Rachmaninov\u00a0\u00bb. Le disque devint effectivement un best-seller, son premier tirage de soixante-dix mille exemplaires fut vite \u00e9puis\u00e9.<\/p>\n<p>La presse s\u2019empara \u00e0 son tour d\u2019Istomin. <em>Time Magazine<\/em> lui consacra un portrait dithyrambique dans son num\u00e9ro du 6 ao\u00fbt 1956. Sous le titre \u00ab\u00a0Ambassadeur musical\u00a0\u00bb, il se faisait l\u2019\u00e9cho des retomb\u00e9es tr\u00e8s positives de sa longue tourn\u00e9e en Extr\u00eame-Orient sous l\u2019\u00e9gide du D\u00e9partement d\u2019Etat. L\u2019ann\u00e9e suivante, Musical America lui r\u00e9serva sa couverture et titra son article \u00ab\u00a0Le Monde au bout des doigts\u00a0\u00bb.\u00a0Plus \u00e9tonnant encore, Kenneth McCormick, le fameux \u00e9diteur en chef de <em>Doubleday<\/em>, lui proposa avec insistance d\u2019\u00e9crire son autobiographie, alors qu\u2019Istomin venait \u00e0 peine d\u2019atteindre la trentaine&#8230;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-assis-couleur-002.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2999\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-assis-couleur-002-276x300.jpg\" alt=\"Istomin assis couleur 002\" width=\"276\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-assis-couleur-002-276x300.jpg 276w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-assis-couleur-002-940x1024.jpg 940w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-assis-couleur-002.jpg 2646w\" sizes=\"(max-width: 276px) 100vw, 276px\" \/><\/a>La fin des ann\u00e9es 50 confirma cette lanc\u00e9e. Il \u00e9tait d\u00e9sormais un invit\u00e9 r\u00e9current et privil\u00e9gi\u00e9 des grands orchestres am\u00e9ricains et il effectua sa premi\u00e8re tourn\u00e9e avec un orchestre europ\u00e9en. Il put r\u00e9aliser son vieux r\u00eave de jouer sous la direction de Mitropoulos et il collabora pour la premi\u00e8re fois avec Bernstein, r\u00e9cemment nomm\u00e9 directeur musical de l\u2019Orchestre Philharmonique de New York. Il continuait d\u2019enrichir sa discographie avec les <em>Intermezzi op. 117<\/em> de Brahms, le <em>Quatuor K. 493<\/em> de Mozart et une s\u00e9rie de grands concertos\u00a0: l\u2019<em>Empereur<\/em> de Beethoven et le <em>Deuxi\u00e8me<\/em> de Chopin avec Ormandy, et bient\u00f4t le <em>Concerto<\/em> de Schumann avec Bruno Walter. On lui demanda m\u00eame de graver le <em>Premier Concerto<\/em> de Tcha\u00efkovsky pour concurrencer le disque de Van Cliburn, qui \u00e9tait en train de battre tous les records de vente. Un d\u00e9fi qui montrait toute la confiance que Columbia lui accordait alors. Par ailleurs, il avait renou\u00e9 avec Casals, venant chaque ann\u00e9e au Festival de Porto Rico, et il restait fid\u00e8le au\u00a0souvenir de Busch et \u00e0 l\u2019amiti\u00e9 de Serkin, passant une bonne partie de ses \u00e9t\u00e9s \u00e0 Marlboro.<\/p>\n<div id=\"attachment_3000\" style=\"width: 237px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Casals-Serkin-Foley-1953-001.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3000\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3000\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Casals-Serkin-Foley-1953-001-227x300.jpg\" alt=\"Istomin, Casals, Foley et Serkin \u00e9coutant les play-back des Sonates de Beethoven \u00e0 Prades en 1953\" width=\"227\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Casals-Serkin-Foley-1953-001-227x300.jpg 227w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Casals-Serkin-Foley-1953-001-773x1024.jpg 773w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-Casals-Serkin-Foley-1953-001.jpg 5033w\" sizes=\"(max-width: 227px) 100vw, 227px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3000\" class=\"wp-caption-text\">Istomin, Casals, Foley et Serkin \u00e9coutant les play-back des Sonates de Beethoven \u00e0 Prades en 1953<\/p><\/div>\n<p>Pendant cette d\u00e9cennie, qui fit de lui un pianiste c\u00e9l\u00e8bre, Istomin avait travers\u00e9 des \u00e9preuves qui l\u2019avaient \u00e9galement m\u00fbri sur le plan humain. Les premi\u00e8res ann\u00e9es avec Casals avaient \u00e9t\u00e9 infiniment enrichissantes, euphorisantes m\u00eame. Cependant, le Festival 1952 s\u2019\u00e9tait achev\u00e9 dans les tensions. Schneider, \u00e9cartel\u00e9 entre les exigences des uns et des autres, et engag\u00e9 dans une nouvelle aventure amoureuse, avec Geraldine Page, annon\u00e7a qu\u2019il n&rsquo;assumerait plus l\u2019organisation du festival. Istomin \u00e9tant le plus proche de Casals, c\u2019est tout naturellement lui qui prit sa succession. C\u2019\u00e9tait un \u00e9norme travail, m\u00eame s\u2019il put compter sur Madeline Foley pour l\u2019aider. Il fallait r\u00e9unir un nouvel orchestre, choisir et engager les solistes, construire les programmes, solliciter les sponsors am\u00e9ricains, n\u00e9gocier les accords avec Columbia et avec la Radio Fran\u00e7aise, faire le lien en permanence avec Casals et le rassurer. Le festival 1953 fut un grand succ\u00e8s mais il y eut beaucoup de moments difficiles. Enric Casals s\u2019av\u00e9ra incapable de diriger l\u2019orchestre pour enregistrer le <em>Concerto pour violoncelle<\/em> de Schumann et il fallut faire venir Ormandy. Les musiciens de l\u2019orchestre, m\u00e9contents de devoir enregistrer pour la radio et pour Columbia sans cachet suppl\u00e9mentaire, menac\u00e8rent de se mettre en gr\u00e8ve. Le festival laissa un d\u00e9ficit important. Istomin fit face et en tira toutes les le\u00e7ons pour organiser une \u00e9dition minimaliste en 1954 (huit concerts et six musiciens pour une int\u00e9grale de la musique de chambre de Beethoven) et relancer des projets plus larges et ambitieux pour les deux ann\u00e9es suivantes. Il y eut alors une f\u00e2cherie avec Casals, dont l\u2019amour-propre avait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9. La brouille ne dura pas, mais fut difficile \u00e0 vivre, avec la prise de conscience que m\u00eame les plus grands hommes peuvent avoir des moments de faiblesse.<\/p>\n<p>Un autre \u00e9v\u00e9nement, dramatique celui-l\u00e0, avait profond\u00e9ment boulevers\u00e9 Istomin\u00a0: la mort, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de trente-et-un ans, de son ami William Kapell. Au-del\u00e0 de la profonde tristesse et du sentiment d\u2019injustice, il y avait la perte d\u2019un <em>alter ego<\/em>, de la seule personne qui pouvait le remettre en question, l\u2019inciter \u00e0 plus d\u2019exigence encore.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-cigarette-Sony-001.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3001\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-cigarette-Sony-001-300x296.jpg\" alt=\"Istomin cigarette Sony 001\" width=\"300\" height=\"296\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-cigarette-Sony-001-52x50.jpg 52w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-cigarette-Sony-001-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-cigarette-Sony-001-300x296.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-cigarette-Sony-001-1024x1011.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-cigarette-Sony-001.jpg 2514w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Pour Istomin, les ann\u00e9es 50 furent une p\u00e9riode infiniment riche et f\u00e9conde. Elles furent aussi un grand tourbillon. Pendant deux ans, Casals et le Festival de Prades le d\u00e9tourn\u00e8rent souvent de son piano. A partir de 1955, il se laissa souvent griser par l\u2019accumulation des concerts (cent cinquante pour la seule ann\u00e9e 1956) et des voyages \u00e0 travers le monde. Une des cons\u00e9quences les plus regrettables fut qu\u2019il ne put trouver le temps d\u2019\u00e9largir son r\u00e9pertoire. La quasi-totalit\u00e9 des nouvelles \u0153uvres qu\u2019il apprit alors \u00e9taient li\u00e9es \u00e0 son programme d\u2019enregistrement. L\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de sa carri\u00e8re \u00e0 partir de 1956 devait d\u2019ailleurs beaucoup au disque. Or, une nouvelle inqui\u00e9tante venait assombrir les perspectives de collaboration avec Columbia\u00a0: la d\u00e9mission de David Oppenheim, au printemps 1959, qui \u00e9tait las de devoir lutter contre les directives d\u2019une gestion \u00e0 courte vue et rarement soucieuse d\u2019ambition musicale\u2026<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-1 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-1 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Musique<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep- sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><p><strong>Serge Rachmaninov<\/strong>. <em>Concerto n\u00b0 2 en ut mineur op. 18<\/em>, <em>dernier mouvement<\/em>. Eugene Istomin, Orchestre de Philadelphie, Eugene Ormandy. Enregistr\u00e9 pour Columbia 8 avril 1956.<\/p>\n<!--[if lt IE 9]><script>document.createElement('audio');<\/script><![endif]-->\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-2992-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Rachmaninov-Concerto-2-3\u00e8me-mvt.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Rachmaninov-Concerto-2-3\u00e8me-mvt.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Rachmaninov-Concerto-2-3\u00e8me-mvt.mp3<\/a><\/audio>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Chopin<\/strong>, <em>Nocturne n\u00b0 13 en ut mineur op. 48 n\u00b0 1<\/em>. Enregistr\u00e9 pour Columbia le 21 septembre 1955<\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-2992-2\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Chopin-Nocturne-13-Istomin-1955.mp3?_=2\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Chopin-Nocturne-13-Istomin-1955.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Chopin-Nocturne-13-Istomin-1955.mp3<\/a><\/audio>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ludwig van Beethoven<\/strong>. <em>Sonate pour piano et violoncelle n\u00b0 2 en sol mineur op. 5 n\u00b0 2<\/em>. Eugene Istomin, Pablo Casals. Concert \u00e0 Prades le 7 juin 1954<\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-2992-3\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Beethoven-Cello-Sonata-n\u00b02_128k.mp3?_=3\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Beethoven-Cello-Sonata-n\u00b02_128k.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Beethoven-Cello-Sonata-n\u00b02_128k.mp3<\/a><\/audio>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":314,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2992"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2992"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2992\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7411,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2992\/revisions\/7411"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/314"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2992"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}