{"id":2372,"date":"2016-02-22T21:45:21","date_gmt":"2016-02-22T20:45:21","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=2372"},"modified":"2020-02-21T23:50:22","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:22","slug":"les-oyaps","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/grandes-collaborations-musicales\/pianistes\/les-oyaps\/","title":{"rendered":"Les OYAPs"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 hundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-overflow:visible;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><p>Dans  le magazine Time du 2 d\u00e9cembre 1957 on pouvait lire cette chronique pleine d\u2019humour\u00a0: \u00ab\u00a0Pendant quelques ann\u00e9es, le pianiste am\u00e9ricain qui voyageait le plus \u00e9tait un personnage insaisissable nomm\u00e9 Leogene Graffteiner. Sous plusieurs identit\u00e9s diff\u00e9rentes il jouait la semaine derni\u00e8re Brahms \u00e0 Boston, Schumann \u00e0 Cincinnati et Mozart \u00e0 Hambourg. Partout il a \u00e9t\u00e9 acclam\u00e9 par les critiques. Leogene Graffteiner est en r\u00e9alit\u00e9 quatre pianistes : Gary Graffman, Leon Fleisher, Eugene Istomin et Jacob Lateiner. Les trois premiers sont des amis proches, et tous partagent une admiration extravagante pour un Steinway de concert ancien connu sous le nom de \u00ab\u00a0Vieux 199\u00a0\u00bb. C\u2019est pourquoi ils se le passent les uns les autres quand ils donnent des concerts aux Etats-Unis. Graffman et ses associ\u00e9s sont aujourd\u2019hui les leaders d\u2019un groupe de jeunes pianistes am\u00e9ricains qui ont franchi le p\u00e9rilleux foss\u00e9 entre un jeune prodige et un artiste de m\u00e9tier.\u00a0\u00bb<br \/>\nDe fait, ces quatre pianistes sont le fer de lance du petit groupe que la presse a eu l\u2019id\u00e9e d\u2019appeler, avec leur approbation, les Outstanding Young American Pianists\u00a0! Les OYAPs, pour faire court. En fran\u00e7ais, les Jeunes pianistes am\u00e9ricains de haut niveau. Une association dont il n\u2019existe pas d\u2019\u00e9quivalent dans le monde, et dont la r\u00e9f\u00e9rence pourrait \u00eatre schumannienne, les Compagnons de David.<br \/>\nL\u2019objectif de cette association informelle semble \u00eatre de s\u2019entraider pour se faire une place dans un monde musical parfois hostile, mais en fait cela va bien au-del\u00e0. Dans une interview de 1953, reprise dans le livret de la r\u00e9\u00e9dition compl\u00e8te de ses enregistrements RCA, William Kapell \u00e9voque l\u2019id\u00e9al de fraternit\u00e9 qui unit ses membres\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a un groupe de jeunes musiciens qui ont des liens tr\u00e8s \u00e9troits les uns avec les autres, des liens \u00e0 la fois spirituels, musicaux, id\u00e9ologiques. Nous partageons plus ou moins les m\u00eames philosophies fondamentales. Bien s\u00fbr, il y a des personnalit\u00e9s diff\u00e9rentes, des mani\u00e8res diff\u00e9rentes d\u2019aborder notre art, mais nous avons tous une chose en commun\u00a0: nous communiquons les uns avec les autres. Nous nous confions les uns aux autres, et nous faisons tout notre possible pour faire partager ces \u00e9motions et ces sentiments avec le public\u00a0\u00bb.<br \/>\nCinquante ann\u00e9es plus tard, Istomin rappelait dans ses Grandes Conversations\u00a0: \u00ab\u00a0A l\u2019\u00e9poque, il \u00e9tait inconcevable pour les critiques am\u00e9ricains, et pour les autres aussi d\u2019ailleurs, que des pianistes am\u00e9ricains puissent avoir le raffinement et la profondeur musicale des pianistes europ\u00e9ens, leur patine, leur aura. La technique, oui\u00a0! Mais pas la musicalit\u00e9.\u00a0\u00bb Il \u00e9tait malais\u00e9 de lutter contre les pr\u00e9jug\u00e9s de la presse et du public. Les deux plus courants \u00e9taient d\u2019une part que les jeunes pianistes manquaient de maturit\u00e9 et jouaient forc\u00e9ment de fa\u00e7on superficielle\u00a0et, d\u2019autre part, qu\u2019il est impossible qu\u2019un m\u00eame interpr\u00e8te puisse rendre justice \u00e0 la fois \u00e0 Beethoven et \u00e0 Chopin\u2026 Lors de ses premiers concerts en Europe, Istomin constata que la situation n\u2019\u00e9tait pas beaucoup plus favorable. A Lyon, en mai 1950, un critique l\u2019avait trait\u00e9 de \u00ab\u00a0pianiste typiquement am\u00e9ricain, avec des doigts d\u2019acier et un toucher dactylographique, sans aucune sensibilit\u00e9 musicale\u00a0\u00bb. Il avait m\u00eame ajout\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Mais o\u00f9 donc a-t-il trouv\u00e9 cette invraisemblable cadence\u00a0? Il y a des limites au mauvais go\u00fbt\u00a0!\u00a0\u00bb Or Istomin avait jou\u00e9 la cadence de Beethoven\u2026 En Suisse, les pr\u00e9jug\u00e9s des critiques am\u00e9ricains semblaient avoir d\u00e9teint sur leurs coll\u00e8gues suisses. Lors d\u2019un m\u00eame r\u00e9cital, l\u2019un avait trouv\u00e9 son Bach et son Mozart remarquables, mais \u00e9tait rest\u00e9 sur sa faim pour Chopin et Ravel. L\u2019autre avait pens\u00e9 exactement le contraire.<br \/>\nUn autre combat des OYAPs \u00e9tait dirig\u00e9 contre les organisateurs stupides et les impr\u00e9sarios grippe-sou. A la fin des ann\u00e9es 40 et jusque dans les ann\u00e9es 60, il y avait aux Etats Unis des centaines d\u2019associations qui accueillaient des Community Concerts, jusque dans les plus petites villes. Chacun des OYAPs a donn\u00e9 plusieurs centaines de r\u00e9citals pour cette organisation. Les cachets \u00e9taient modestes mais ils le faisaient avec plaisir car c\u2019\u00e9tait bien dans leur philosophie de ne pas partager la musique seulement avec le public des grandes cit\u00e9s. L\u00e0 o\u00f9 la situation se g\u00e2tait, c\u2019\u00e9tait au niveau des programmes. Ward French, le directeur, exigeait des \u0153uvres accessibles, c\u00e9l\u00e8bres si possible, en tout cas br\u00e8ves. Si une partition lui semblait trop longue, il n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0 demander \u00e0 l\u2019artiste de la couper. Tous les OYAPs ne manquaient pas de protester et d\u2019essayer de sauvegarder des programmes coh\u00e9rents et aussi ambitieux que possible. William Kapell avait m\u00eame tent\u00e9 de jouer la Sonate de Copland\u00a0! Graffman, qui avait d\u00fb renoncer \u00e0 la Wanderer Fantaisie de Schubert, parce que trop longue, \u00e9voqua les m\u00e9saventures d\u2019Istomin avec le Carnaval de Schumann\u00a0: \u00ab\u00a0Courageusement, Eugene avait eu l\u2019audace de le programmer et, quand on lui demanda de faire des coupures, il r\u00e9agit comme si un Azt\u00e8que le mena\u00e7ait de lui arracher ses organes vitaux. Il joua vite, mais conserva toutes les notes et toutes les r\u00e9p\u00e9titions, en d\u00e9pit du conseil paternel donn\u00e9 par Montezuma French\u00a0: \u2018Fais attention, Istomin, si vous vous payez notre t\u00eate, nous nous paierons la v\u00f4tre\u2019. Et de fait, il prit sa revanche en ne l\u2019engageant quasiment plus pour des Community Concerts.\u00a0\u00bb<br \/>\nLa cupidit\u00e9 et la mesquinerie des agents avait sa grande pr\u00eatresse\u00a0: Ruth O\u2019Neill. Gary Graffman en livre un portrait savoureux dans son autobiographie I Really Should Be Practicing\u00a0: \u00ab\u00a0Elle \u00e9tait \u00ab\u00a0le bras droit de Judson et la tr\u00e9sori\u00e8re de Columbia Artists. Elle ne manquait jamais d\u2019accompagner le ch\u00e8que d\u2019une petite le\u00e7on sur les vertus de la frugalit\u00e9\u2026 elle \u00e9tait vraiment contrari\u00e9e si elle nous surprenait \u00e0 d\u00e9penser notre argent de fa\u00e7on frivole, par exemple en allant au cin\u00e9ma\u2026 Le critique Cecil Smith \u00e9crivit un jour qu\u2019\u00a0\u2018elle avait une caisse enregistreuse en guise de cerveau\u2019. Willy Kapell aimait dire que \u2018les pi\u00e8ces de monnaie jaillissaient de ses yeux comme d\u2019une machine \u00e0 sous\u2019.\u00a0\u00bb Quand les jeunes pianistes essayaient de lui sugg\u00e9rer \u00ab\u00a0qu\u2019ils m\u00e9ritaient d\u00e9sormais un cachet un peu plus \u00e9lev\u00e9. Elle faisait la moue, regardait le qu\u00e9mandeur comme une ma\u00eetresse d\u2019\u00e9cole, et r\u00e9pondait avec la voix la plus doucereuse\u00a0: \u2018Mon cher, quel \u00e2ge avez-vous\u00a0? Pourquoi voulez-vous brusquer les choses\u00a0? Vous avez bien le temps.\u2019 Le sc\u00e9nario se reproduisit pendant un paquet d\u2019ann\u00e9es. \u2018Quel \u00e2ge avez-vous?\u2019 devint un cri de guerre des OYAPs.\u00a0\u00bb Graffman raconte qu\u2019au bout de huit ann\u00e9es Istomin avait imagin\u00e9 \u00ab\u00a0arriver dans le repaire de la tr\u00e9sori\u00e8re en se trainant, chauve et portant une barbe grise, pour poser la question rituelle. La vieille bique aurait chevrot\u00e9\u00a0: \u2018Eugene, quel \u00e2ge avez-vous?\u2019 Et Eugene aurait r\u00e9pondu d\u2019une voix essouffl\u00e9e\u00a0: \u2018Quatre-vingt-treize ans\u2019. C\u2019en \u00e9tait trop pour lui, et il s\u2019en \u00e9tait all\u00e9 chez Hurok.\u00a0\u00bb<br \/>\nUne autre r\u00e9solution des OYAPs \u00e9tait de s\u2019entraider et de s\u2019organiser pour pouvoir donner leurs concerts sur les meilleurs pianos possibles. Alexander Greiner, le directeur du d\u00e9partement \u00ab\u00a0pianos de concert\u00a0\u00bb de Steinway, avait demand\u00e9 \u00e0 son chef technicien, Bill Hupfer, d\u2019initier les OYAPs aux arcanes de la facture de piano. Il leur expliqua les r\u00e9glages les plus subtiles en mati\u00e8re d\u2019accord, d\u2019harmonisation, d\u2019\u00e9galisation, de telle sorte qu\u2019ils puissent demander aux techniciens locaux les ajustements n\u00e9cessaires. Cela pouvait \u00eatre pr\u00e9cieux dans certains cas, mais les OYAPs comprirent vite que lorsqu\u2019un accordeur n\u2019est pas comp\u00e9tent, il vaut mieux ne rien lui demander car une intervention mal ma\u00eetris\u00e9e pouvait rendre l\u2019instrument encore plus catastrophique\u2026 Or, d\u00e8s que l\u2019on s\u2019\u00e9loignait de New York les bons pianos devenaient rares, et les bons accordeurs encore davantage. Le plus s\u00fbr \u00e9tait donc de faire exp\u00e9dier de New York un instrument parfaitement r\u00e9gl\u00e9.<br \/>\nLe CD 199 (son num\u00e9ro chez Steinway) fut le piano pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des OYAPs pendant au moins une dizaine d\u2019ann\u00e9es. Gary Graffman lui \u00e9tait particuli\u00e8rement attach\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019avais l\u2019impression de jouer d\u2019un instrument \u00e0 cordes \u2013 comme s\u2019il \u00e9tait possible de faire un crescendo sur une seule note. Quand j\u2019\u00e9tais assis \u00e0 son clavier, j\u2019\u00e9tais en mesure de m\u2019immerger compl\u00e8tement dans la musique.\u00a0\u00bb Il ajoute qu\u2019une des grandes raisons pour laquelle ce piano \u00e9tait tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9, c\u2019\u00e9tait son \u00ab\u00a0incroyable versatilit\u00e9. Dans sa grande \u00e9poque, il pouvait rugir avec moi dans un concerto de Tcha\u00efkovsky et se faire entendre dans les grands espaces du Pr\u00e9 aux moutons de Central Park puis, avec la m\u00eame aisance, sous les doigts de Eugene, se m\u00ealer aux d\u00e9licates sonorit\u00e9s d\u2019Isaac Stern et Leonard Rose dans un concert de trio, ou, avec Claude Frank \u00e0 son clavier (en ivoire), illuminer le cycle complet des Sonates de Beethoven \u00e0 Hunter College\u2026 Notre commune d\u00e9pendance \u00e0 ce piano atteignit de telles proportions que pour deux ou trois saisons, quatre d\u2019entre nous (Leon, Eugene, Jacob et moi-m\u00eame) ont r\u00e9uni leurs forces et trouv\u00e9 une fa\u00e7on d\u2019avoir le CD 199 envoy\u00e9 aux quatre coins du pays\u00a0\u00bb. Un calendrier \u00e9tait \u00e9tabli. Lorsque plusieurs pianistes souhaitaient disposer du CD 199 le m\u00eame jour, un ordre de priorit\u00e9 \u00e9tait \u00e9tabli en toute coll\u00e9gialit\u00e9, tenant compte de l\u2019importance des concerts et de la qualit\u00e9 du piano disponible dans les salles concern\u00e9es. Il n\u2019y eut jamais de conflit, ni dans la r\u00e9partition des dates, ni dans le partage des frais.<br \/>\nL\u2019amiti\u00e9, le partage et une saine \u00e9mulation \u00e9taient les moteurs du groupe, ainsi qu\u2019en t\u00e9moigne Fleisher dans My Nine Lives\u00a0: \u00ab\u00a0Nous jouions constamment les uns pour les autres. Nous allions et venions entre les maisons des uns et des autres, testant de nouveaux r\u00e9pertoires, \u00e9coutant, jouant, bavardant. Nous avions pris nos habitudes dans le sous-sol de Steinway, l\u00e0 o\u00f9 \u00e9taient entrepos\u00e9s les pianos de concert\u2026 Nous r\u00e9servions chacun des cr\u00e9neaux de deux heures pour travailler. Je prenais deux heures, puis Gary, puis Eugene, puis Jake (Lateiner) ou Claude (Frank). Si nous planifions correctement, nous pouvions l\u2019occuper toute la nuit\u00a0! Quand nous ne travaillions pas, nous allions au concert, nous avions juste \u00e0 traverser la rue pour \u00eatre \u00e0 Carnegie Hall. Ensuite nous allions \u00e0 Carnegie Deli pour manger des sandwiches au pastrami et nous d\u00e9briefions ce que nous avions entendu. Nous avions une camaraderie remarquable. Si nous \u00e9tions en concurrence, c\u2019\u00e9tait une concurrence saine. Chacun de nous avait sa propre approche de l\u2019instrument et faire de la musique entre nous \u00e9tait la fa\u00e7on dont nous d\u00e9battions\u00a0\u00bb. La bonne humeur r\u00e9gnait. Gray Graffman d\u00e9clara au magazine Time\u00a0: \u00ab\u00a0Quand un de nous trois joue bien, on n\u2019entend rien dans le sous-sol de Steinway, mais quand il y en a un qui joue mal, on entend de grands cris et des protestations\u00a0: \u2018Esp\u00e8ce de cochon, quand vas-tu te d\u00e9cider \u00e0 travailler\u00a0?\u2019\u00bb.<br \/>\nQui \u00e9taient les OYAPs? Outre Istomin, Kapell, Fleisher, Graffman, qui \u00e9taient les piliers du groupe, il y avait notamment Jacob Lateiner, Claude Frank, Lillian Kallir, Seymour Lipkin. Nul doute que si Katchen, qui se plaignait de la manie am\u00e9ricaine de l\u2019esprit de comp\u00e9tition n\u2019\u00e9tait pas parti si t\u00f4t en France, il se serait joint \u00e0 eux. L\u2019esprit d\u2019exclusion \u00e9tait \u00e9tranger \u00e0 la philosophie des OYAPs. Van Cliburn, Rosen ou Janis n\u2019en faisaient pas partie, mais ils n\u2019\u00e9taient certes pas consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00e9trangers. D\u2019autres pianistes, n\u00e9s quelques ann\u00e9es plus tard, comme John Browning, Andr\u00e9 Watts, James Tocco ou Joseph Kalichstein, eurent des relations privil\u00e9gi\u00e9es avec les pionniers. Le dernier qui put se r\u00e9clamer de cette lign\u00e9e fut Emanuel Ax, qui fut adoub\u00e9 par Eugene istomin apr\u00e8s son succ\u00e8s au Concours Rubinstein.<br \/>\nDans les premi\u00e8res ann\u00e9es, c\u2019\u00e9tait William Kapell qui prenait le plus souvent l\u2019initiative pour d\u00e9fendre ses coll\u00e8gues. C\u2019est ainsi qu\u2019il obtint pour Leon Fleisher, aussit\u00f4t apr\u00e8s son triomphe au Concours Reine Elisabeth, un contrat chez Judson qui, auparavant, ne voulait pas entendre parler de lui. Par la suite, Eugene Istomin prit le relais\u00a0: il apportait une oreille sans concession pour le jeu de ses coll\u00e8gues, recherchait des engagements pour ceux qui en manquaient, les mettait en contact avec les grands musiciens dont il \u00e9tait proche (Casals, Horowitz\u2026). Lorsqu\u2019en 1958 Steinway, accus\u00e9 par certaines associations d\u2019encourager le massacre des \u00e9l\u00e9phants pour se procurer l\u2019ivoire de ses claviers, d\u00e9cida de le remplacer par une mati\u00e8re synth\u00e9tique, Istomin mobilisa les OYAPs pour d\u00e9fendre, en vain, l\u2019exception des pianos de concert. Il se consacra \u00e0 ces luttes tant que son poids dans le monde musical am\u00e9ricain lui permit d\u2019\u00eatre un soutien efficace.<br \/>\nAujourd\u2019hui, le mot OYAP reste en usage aux Etats-Unis pour d\u00e9signer un jeune pianiste tr\u00e8s prometteur, mais il est douteux qu\u2019un jour puisse rena\u00eetre l\u2019id\u00e9al musical et humain qui animait la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":383,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2372"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2372"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2372\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7420,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2372\/revisions\/7420"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/383"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2372"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}