{"id":2275,"date":"2016-02-22T16:25:25","date_gmt":"2016-02-22T15:25:25","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=2275"},"modified":"2020-02-21T23:50:25","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:25","slug":"ned-rorem","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/le-musicien\/les-compositeurs-de-predilection\/ned-rorem\/","title":{"rendered":"Ned Rorem"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-background-position:left top;--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-padding-top:20px;--awb-padding-right:0px;--awb-padding-bottom:20px;--awb-padding-left:0px;--awb-border-sizes-top:0px;--awb-border-sizes-bottom:0px;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><div id=\"attachment_1044\" style=\"width: 360px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1044\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1044\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Rorem-jeune.jpg\" alt=\"Rorem jeune\" width=\"350\" height=\"365\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Rorem-jeune-287x300.jpg 287w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Rorem-jeune.jpg 544w\" sizes=\"(max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><p id=\"caption-attachment-1044\" class=\"wp-caption-text\">Rorem dans les ann\u00e9es 40<\/p><\/div>\n<p class=\"beautify\">Ils se sont connus en 1942 quand Ned Rorem est venu \u00e9tudier au Curtis Institute. Le hasard a voulu que le studio qu\u2019il louait se trouv\u00e2t juste au-dessus de l\u2019appartement des Istomin. Dans son livre <em>Knowing When To Stop<\/em>, il fait un portrait amusant d\u2019Istomin, \u00ab\u00a0une sorte de ch\u00e9rubin au teint mat et \u00e0 l\u2019air ennuy\u00e9, dont l\u2019attitude m\u00ealait \u00e0 \u00e9galit\u00e9 chaleur et hauteur\u00a0\u00bb. Et il ajoutait : \u00ab\u00a0A ce moment-l\u00e0, il \u00e9tait en train de finir ses \u00e9tudes, travaillant son piano toute la journ\u00e9e, d\u00eenant chaque soir \u00e0 <em>L\u2019Aiglon<\/em>, o\u00f9 son p\u00e8re \u00e9tait ma\u00eetre d\u2019h\u00f4tel. Il lisait du lourd (Thomas Mann, Leibniz, et les <em>Principia Mathematica<\/em> de Russell et Whitehead) et allait au cin\u00e9ma. A dix-sept ans, il \u00e9tait conscient de sa valeur, il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un ma\u00eetre du piano. Il n\u2019a jamais &lsquo;progress\u00e9&rsquo;, ce qui constitue pour moi un grand compliment. Les grands interpr\u00e8tes ne progressent jamais \u2013 ou alors parfois n\u00e9gativement, de la fa\u00e7on dont un concert progresse \u2013 si ce n\u2019est qu\u2019ils \u00e9largissent ou r\u00e9duisent leur r\u00e9pertoire. Ils sont ce qu\u2019ils sont au milieu de l\u2019adolescence, parce que l\u2019excellence et la compr\u00e9hension ne viennent pas avec l\u2019\u00e2ge, elles sont inn\u00e9es.<\/p>\n<p>Au cours de cette ann\u00e9e-l\u00e0 j\u2019ai entendu Eugene travailler et jouer pendant des centaines d\u2019heure. Sa nature est devenue ma seconde nature. Moi-m\u00eame je ne suis pas vraiment un grand pianiste, mais je suis un bon imitateur ; quand les gens parlent de mon pianisme, je leur dis\u00a0: &lsquo;Je ne sais pas jouer du tout, je ne fais qu\u2019imiter Eugene\u2026&rsquo; L\u2019art de Eugene Istomin a influenc\u00e9 mon approche de toute la musique, m\u00eame celle que lui-m\u00eame m\u00e9prise.\u00bb<\/p>\n<p>En octobre 1943, lorsqu\u2019Istomin remporta le <em>Philadelphia Orchestra Youth Contest<\/em>, Ned Rorem l\u2019avait accompagn\u00e9 au deuxi\u00e8me piano.<\/p>\n<div id=\"attachment_3003\" style=\"width: 305px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/goodman.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3003\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3003 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/goodman-295x300.jpg\" alt=\"Paul Goodman\" width=\"295\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/goodman-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/goodman-295x300.jpg 295w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/goodman.jpg 490w\" sizes=\"(max-width: 295px) 100vw, 295px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3003\" class=\"wp-caption-text\">Paul Goodman<\/p><\/div>\n<p>Peu apr\u00e8s la fin de la Guerre, c\u2019est par l\u2019interm\u00e9diaire de Ned Rorem qu\u2019Istomin, qui se m\u00ealait alors souvent aux milieux avant-gardistes de Manhattan, fit la connaissance de Paul Goodman. Goodman n\u2019acc\u00e9dera \u00e0 la notori\u00e9t\u00e9 qu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 60, devenant un des ma\u00eetres \u00e0 penser des mouvements contestataires am\u00e9ricains. A ce moment-l\u00e0 ses po\u00e8mes, ses romans et ses essais n\u2019\u00e9taient publi\u00e9s que dans de petites revues anarchistes ou chez des \u00e9diteurs marginaux. Son go\u00fbt de l\u2019originalit\u00e9 \u00e0 tout prix, son envie de transgresser et de choquer, avaient s\u00e9duit Rorem et lui avaient fait modifier profond\u00e9ment sa fa\u00e7on de vivre. Certaines des plus belles m\u00e9lodies de Rorem ont \u00e9t\u00e9 compos\u00e9es sur des po\u00e8mes de Goodman. Ned Rorem garda toujours le souvenir d\u2019une soir\u00e9e de 1947\u00a0: \u00ab\u00a0John Myers s\u2019\u00e9tait mis en t\u00eate de transformer le Mary\u2019s Bar sur la 8\u00e8me Rue en un autre <em>Boeuf sur le toit<\/em>. Pour la soir\u00e9e d\u2019ouverture, Paul et moi avions concoct\u00e9 trois blues\u00a0\u2026 qui n\u2019ont pas eu trop de succ\u00e8s. Le vrai succ\u00e8s est venu \u00e0 deux heures du matin quand Eugene Istomin s\u2019est empar\u00e9, dans le brouhaha des rires et les vapeurs de bi\u00e8re, du clavier du piano droit (une casserole\u00a0!) et s\u2019est mis \u00e0 jouer <em>Gaspard de la nuit<\/em>. C\u2019\u00e9tait incroyable. Le lendemain Paul fit une traduction de premier ordre des po\u00e8mes en prose de deuxi\u00e8me ordre d\u2019un certain Aloysius Bertrand, qui avaient inspir\u00e9 Ravel, et Eugene la fit imprimer sur tous ses programmes de concert\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1045 size-thumbnail\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Rorem-LP-1-150x150.jpg\" alt=\"Rorem LP 1\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Rorem-LP-1-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Rorem-LP-1-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Rorem-LP-1.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/>Rencontres, \u00e9v\u00e9nements, retrouvailles, c\u00e9l\u00e9brations jalonnent l\u2019histoire de leurs soixante ann\u00e9es d\u2019amiti\u00e9 sans nuage. Istomin se reprochait souvent de ne pas avoir jou\u00e9 assez les \u0153uvres de Rorem, mais celui-ci voulait en partager la responsabilit\u00e9 et ne lui en tint jamais rigueur. En 1948, il avait \u00e9crit pour lui un concerto pour piano, dont il jugea bient\u00f4t que ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019un essai inabouti, qui ne m\u00e9ritait que d\u2019\u00eatre br\u00fbl\u00e9\u00a0! En 1956, Istomin joua lors d\u2019une longue tourn\u00e9e en Extr\u00eame-Orient une Burlesque que Rorem avait compos\u00e9e pour lui. Mais l\u00e0 encore Rorem ne fut pas satisfait, il renon\u00e7a \u00e0 \u00e9diter la pi\u00e8ce et r\u00e9utilisa le th\u00e8me dans des variations pour orgue (<em>A Quaker Reader<\/em>). En 1971, Istomin enregistra avec le baryton Donald Gramm deux cycles de m\u00e9lodies de Rorem sur des po\u00e8mes de Walt Whitman. L\u2019un des deux, <em>War Scenes<\/em>, \u00e9tait d\u00e9di\u00e9 \u00ab\u00a0A ceux qui sont morts au Vietnam, des deux c\u00f4t\u00e9s\u00a0\u00bb et venait d\u2019\u00eatre cr\u00e9\u00e9 par G\u00e9rard Souzay. Istomin admirait le g\u00e9nie de m\u00e9lodiste de Rorem, et sa capacit\u00e9 \u00e0 mettre en musique des textes d\u2019une grande diversit\u00e9, du drame le plus sombre \u00e0 la chanson de cabaret. Ainsi qu\u2019en t\u00e9moigne James Gollin dans sa biographie d\u2019Istomin, cinquante ans plus tard \u00ab\u00a0les paroles extravagantes et les rythmes de ragtime de <em>Jailbait Blues<\/em> avaient toujours le pouvoir de le faire chanter d\u2019une voix \u00e9raill\u00e9e en se dandinant au clavier, puis de le faire \u00e9clater d\u2019un rire inextinguible\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<div id=\"attachment_1043\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1043\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1043\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/1987-Photo-with-Pommier-and-Rorem.jpg\" alt=\"1987 Photo with Pommier and Rorem\" width=\"400\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/1987-Photo-with-Pommier-and-Rorem-300x211.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/1987-Photo-with-Pommier-and-Rorem-1024x719.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/1987-Photo-with-Pommier-and-Rorem.jpg 1709w\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><p id=\"caption-attachment-1043\" class=\"wp-caption-text\">Istomin, Pommier et Rorem au Concours Kapell 1987<\/p><\/div>\n<p>Pour le Concours William Kapell 1987, Istomin organisa un petit festival Ned Rorem, et il lui demanda d\u2019\u00e9crire la pi\u00e8ce contemporaine impos\u00e9e. Rorem l\u2019envoya en octobre 1986, accompagn\u00e9e de ces mots\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Song and Dance<\/em> est une pi\u00e8ce de virtuosit\u00e9 qui suit la forme A-B-A (difficile- facile-difficile). Musicalement la pi\u00e8ce est ce qu\u2019elle est\u00a0: sacr\u00e9ment \u00e9pic\u00e9e et clinquante, sentimentale avec des allures de sicilienne, puis piquante \u00e0 nouveau.\u00a0\u00bb<br \/>\nJusqu\u2019\u00e0 la mort d\u2019Istomin, ils \u00e9change\u00e8rent petits mots et coups de t\u00e9l\u00e9phone, souvent remplis de nostalgie. Le 26 novembre 2000, pour les quatre-vingts ans d\u2019Isaac Stern, Rorem \u00e9voqua les chansons populaires russes que Feera, la m\u00e8re de Eugene, chantait, accompagn\u00e9e par son fils, et qui avaient \u00e9t\u00e9 pour lui une source d\u2019inspiration pr\u00e9cieuse\u2026<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-1 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-1 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Musique<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep- sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><p><strong>Ned Rorem<\/strong>. <em>Inauguration Ball<\/em> (extrait des <em>War Scenes<\/em>, sur des po\u00e8mes de Walt Whitman). Donald Gramm, baryton. Eugene Istomin. Enregistrement de 1969 (Phoenix 116)<\/p>\n<!--[if lt IE 9]><script>document.createElement('audio');<\/script><![endif]-->\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-2275-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/04-Inauguration-Ball_128k.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/04-Inauguration-Ball_128k.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/04-Inauguration-Ball_128k.mp3<\/a><\/audio>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":325,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2275"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2275"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2275\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7441,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2275\/revisions\/7441"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/325"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2275"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}