{"id":1807,"date":"2016-01-14T12:53:41","date_gmt":"2016-01-14T11:53:41","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=1807"},"modified":"2020-02-21T23:50:39","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:39","slug":"la-chine","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/lhomme\/la-politique-et-lhistoire\/la-chine\/","title":{"rendered":"La Chine"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 hundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-overflow:visible;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><div id=\"attachment_1890\" style=\"width: 388px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/mao-malraux.gif\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1890\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1890 size-full\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/mao-malraux.gif\" alt=\"mao malraux\" width=\"378\" height=\"402\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1890\" class=\"wp-caption-text\">Mao Tse-Toung et Andr\u00e9 Malraux en 1965<\/p><\/div>\n<p>Pour Istomin, l\u2019ann\u00e9e 1971 fut plac\u00e9e sous le signe de l\u2019Orient. En plus de la tourn\u00e9e au Japon au d\u00e9but de l\u2019automne, il veut absolument r\u00e9aliser son r\u00eave de jouer dans un pays dont il admire l\u2019art et l\u2019histoire\u00a0: la Chine. C\u2019est son ami Gary Graffman, grand sp\u00e9cialiste et collectionneur passionn\u00e9, qui avait \u00e9veill\u00e9 son int\u00e9r\u00eat. Mais ce n\u2019\u00e9tait pas sa motivation essentielle pour se lancer dans l\u2019aventure de ce voyage pour lequel il fallait venir \u00e0 bout de bien des obstacles. Istomin avait aussi une grande curiosit\u00e9 pour le pr\u00e9sent de ce grand pays et il avait la conviction\u00a0que les Etats-Unis\u00a0et la Chine devaient absolument se rapprocher. En effet, les relations sino-sovi\u00e9tiques \u00e9tant tr\u00e8s tendues, un rapprochement am\u00e9ricano-chinois serait un gage d\u2019\u00e9quilibre et de paix, avec une diminution de l\u2019influence sovi\u00e9tique. Il paraissait \u00e9vident \u00e0 Istomin que la musique pouvait jouer un r\u00f4le capital dans cette d\u00e9marche. Ce qui rendait le d\u00e9fi encore plus passionnant, c\u2019est que la musique classique avait \u00e9t\u00e9 chass\u00e9e par les gardes rouges de la R\u00e9volution culturelle de 1966 et qu\u2019elle n\u2019avait pas encore repris r\u00e9ellement droit de cit\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>La bonne volont\u00e9 politique d\u2019Istomin, un peu refroidie depuis le malheureux voyage au Vietnam et \u00e0 Djakarta de 1967, se renfor\u00e7a vite lorsqu\u2019il prit conscience que les choses bougeaient en Chine. Au printemps 1971,\u00a0lorsqu&rsquo;Istomin commen\u00e7a ses d\u00e9marches, les Etats-Unis\u00a0et la Chine n&rsquo;avaient toujours pas de relations diplomatiques. Le gouvernement chinois bataillait encore pour obtenir son admission \u00e0 l\u2019ONU (il l\u2019obtint le 26 octobre). Cependant des contacts commen\u00e7aient \u00e0 s\u2019\u00e9tablir. L\u2019administration Nixon avait tent\u00e9 des d\u00e9marches d\u00e8s 1969, interrompues par l\u2019invasion am\u00e9ricaine du Cambodge en 1970. En d\u00e9cembre 1970, les contacts avaient repris discr\u00e8tement et avaient \u00e9t\u00e9 prometteurs, au point qu\u2019en avril 1971 Nixon fit \u00e9tat publiquement de son souhait de faire un voyage en Chine. Au mois de juillet, Kissinger s\u2019y rendit secr\u00e8tement pour commencer \u00e0 \u00e9voquer directement les questions importantes et pr\u00e9parer le voyage du Pr\u00e9sident. Quand Istomin commen\u00e7a ses propres d\u00e9marches, personne n\u2019aurait encore os\u00e9 imaginer le succ\u00e8s extraordinaire du voyage que Nixon effectua en f\u00e9vrier 1972. Ce fut un \u00e9v\u00e9nement majeur de l\u2019histoire du Vingti\u00e8me Si\u00e8cle, un changement profond de l\u2019\u00e9chiquier mondial, les premiers pas de la Chine dans le processus de la mondialisation\u2026<\/p>\n<div id=\"attachment_1892\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Malraux-Jacky.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1892\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1892\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Malraux-Jacky-225x300.jpg\" alt=\"Malraux Jacky\" width=\"400\" height=\"533\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Malraux-Jacky-225x300.jpg 225w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Malraux-Jacky-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Malraux-Jacky.jpg 1488w\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1892\" class=\"wp-caption-text\">Jackie Kennedy et Andr\u00e9 Malraux \u00e0 la Maison Blanche lors du concert du Trio Istomin-Stern-Rose. 1962<\/p><\/div>\n<p>Pour transmettre sa proposition de venir jouer pour les responsables politiques chinois, de donner des concerts et des master-classes, Istomin avait besoin, en l\u2019absence de relations diplomatiques officielles entre les Etats-Unis et la Chine, de passer par des pays qui en avaient d\u00e9j\u00e0. A cette \u00e9poque, c\u2019est la France qui \u00e9tait le pays le plus proche de la Chine. Ce fut la premi\u00e8re grande puissance \u00e0 reconna\u00eetre la R\u00e9publique populaire de Chine, d\u00e8s janvier 1964, et \u00e0 \u00e9tablir avec elle des \u00e9changes culturels suivis. La personnalit\u00e9 fran\u00e7aise la plus connue et la plus respect\u00e9e en Chine \u00e9tait Andr\u00e9 Malraux. Ses liens avec le Parti Communiste Chinois remontaient aux ann\u00e9es 20 et l\u2019histoire de la r\u00e9volution chinoise avait nourri ses plus grands romans, <em>Les Conqu\u00e9rants<\/em> et <em>L\u2019Espoir<\/em>. A l\u2019\u00e9t\u00e9 1965, Malraux, ministre de la Culture du G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, avait fait une visite officielle en Chine et avait \u00e9t\u00e9 re\u00e7u amicalement par Chou En Lai et Mao Tse-Toung. Istomin avait rencontr\u00e9 Malraux \u00e0 la Maison Blanche en mai 1962 lors du concert que le Trio y avait donn\u00e9 en son honneur. Gr\u00e2ce \u00e0 Jean-Bernard Pommier, qui \u00e9tait tr\u00e8s proche du grand \u00e9crivain, il put le revoir \u00e0 Paris. Il fut cordialement accueilli et n\u2019eut aucune peine \u00e0 convaincre Malraux d\u2019intervenir personnellement aupr\u00e8s de Chou En Lai. Quant \u00e0 l\u2019obtention d\u2019un visa, c\u2019est Hubert Humphrey qui se chargea de prendre contact avec le Canada, qui avait d\u00e9j\u00e0, lui aussi, \u00e9tabli des relations diplomatiques avec la Chine.<\/p>\n<p>Mais voil\u00e0, les n\u00e9gociations train\u00e8rent et Istomin, la mort dans l\u2019\u00e2me, fut oblig\u00e9 de renoncer. Finalement, il n\u2019alla m\u00eame jamais en Chine. Ormandy et l\u2019Orchestre de Philadelphie furent en 1973 les premiers musiciens am\u00e9ricains invit\u00e9s officiellement en Chine, apr\u00e8s le voyage de Nixon. Et ce fut Isaac Stern qui tira tout le parti m\u00e9diatique d\u2019un spectaculaire retour de la musique classique en Chine. Il avait souhait\u00e9, lui aussi, y aller tr\u00e8s t\u00f4t et avait pris contact en ao\u00fbt 1971 avec Henry Kissinger, qui l\u2019en avait dissuad\u00e9. Ce n\u2019est qu\u2019en 1979 qu\u2019il put y faire une longue tourn\u00e9e, accompagn\u00e9 par le cin\u00e9aste Murray Lerner. Il en naquit un film au succ\u00e8s mondial, <em>De Mao \u00e0 Mozart<\/em>, qui, en 1981, remporta un oscar et fut pr\u00e9sent\u00e9 au Festival de Cannes.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":355,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1807"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1807"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1807\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7496,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1807\/revisions\/7496"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/355"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1807"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}