{"id":1534,"date":"2015-12-02T12:51:38","date_gmt":"2015-12-02T11:51:38","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=1534"},"modified":"2020-02-21T23:50:51","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:51","slug":"ludwig-van-beethoven","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/le-musicien\/les-compositeurs-de-predilection\/ludwig-van-beethoven\/","title":{"rendered":"Ludwig van Beethoven"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 hundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-overflow:visible;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><div id=\"attachment_1536\" style=\"width: 241px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Beethoven-1815.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1536\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1536 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Beethoven-1815-231x300.jpg\" alt=\"Beethoven 1815\" width=\"231\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Beethoven-1815-231x300.jpg 231w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Beethoven-1815-787x1024.jpg 787w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Beethoven-1815.jpg 4652w\" sizes=\"(max-width: 231px) 100vw, 231px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1536\" class=\"wp-caption-text\">Beethoven en 1815<\/p><\/div>\n<p class=\"beautify\">Cela a frapp\u00e9 nombre de ses intervieweurs, Istomin ressemblait \u00e0 Beethoven, avec son allure bougonne et son intransigeance. Cette familiarit\u00e9 ne s\u2019arr\u00eatait pas aux apparences. Tous deux partageaient le refus des compromissions, le besoin irr\u00e9pressible de dire ce qu\u2019ils pensaient et de se r\u00e9volter contre l\u2019injustice. Beethoven \u00e9tait le compositeur auquel il s\u2019identifiait le plus volontiers, touch\u00e9 par ce m\u00e9lange de force et de vuln\u00e9rabilit\u00e9 qu\u2019il sentait aussi en lui. La musique de Beethoven aidait Istomin \u00e0 garder sa foi en l\u2019humanit\u00e9 malgr\u00e9 les trag\u00e9dies et les d\u00e9ceptions de l\u2019histoire du Vingti\u00e8me Si\u00e8cle. La carri\u00e8re d\u2019Istomin est un long compagnonnage avec l\u2019\u0153uvre de Beethoven. Nous suivons son cheminement \u00e0 travers des interviews donn\u00e9es en 1987 et 1991, \u00e9voquant tout d\u2019abord les concertos (dans l\u2019ordre o\u00f9 il les a abord\u00e9s), puis les \u0153uvres pour piano seul et la musique de chambre.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-1 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-1 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Le Quatri\u00e8me Concerto<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><div id=\"attachment_1543\" style=\"width: 228px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/1953-r\u00e9p\u00e9tition-Beethoven-4-001.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1543\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1543 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/1953-r\u00e9p\u00e9tition-Beethoven-4-001-218x300.jpg\" alt=\"1953 r\u00e9p\u00e9tition Beethoven 4 001\" width=\"218\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/1953-r\u00e9p\u00e9tition-Beethoven-4-001-218x300.jpg 218w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/1953-r\u00e9p\u00e9tition-Beethoven-4-001-745x1024.jpg 745w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/1953-r\u00e9p\u00e9tition-Beethoven-4-001.jpg 2550w\" sizes=\"(max-width: 218px) 100vw, 218px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1543\" class=\"wp-caption-text\">R\u00e9p\u00e9tition du Quatri\u00e8me Concerto de Beethoven sous la direction de Casals<\/p><\/div>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est une des plus riches nourritures que l\u2019on puisse offrir \u00e0 l\u2019esprit et \u00e0 l\u2019\u00e2me. Pour moi c\u2019est un chef-d\u2019\u0153uvre absolu de la cr\u00e9ation humaine, un des cinq ou six sommets de l\u2019histoire de l\u2019art, toutes disciplines confondues.\u00a0C\u2019est le concerto que j\u2019ai jou\u00e9 le plus souvent au long de ma carri\u00e8re, peut-\u00eatre cinq cents fois. C\u2019est aussi celui qui me correspond le mieux, auquel je peux le mieux m\u2019identifier. Bien s\u00fbr, il y a la cadence prom\u00e9th\u00e9enne du premier mouvement, qui est un fantastique d\u00e9fi pour le pianiste, un des sommets de toute la musique pour piano. Mais il y a surtout cet incroyable andante, avec son dialogue si intense entre le soliste et l\u2019orchestre\u00a0! Les autres concertos de Beethoven, on peut les jouer avec des chefs moyens. Pour celui-l\u00e0, il faut un grand chef\u00a0! Sinon, ce peut \u00eatre une grande frustration\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pour certains, il y a dans l\u2019<em>andante<\/em> une all\u00e9gorie, en tout cas une intention programmatique. L\u2019id\u00e9e la plus couramment \u00e9voqu\u00e9e est le mythe d\u2019Orph\u00e9e et d\u2019Eurydice, le chant plaintif du piano figurant Orph\u00e9e et l\u2019orchestre jouant le r\u00f4le des Furies d\u00e9cha\u00een\u00e9es.\u00a0 Je ne le crois vraiment pas. Ce mouvement va bien au-del\u00e0 de toute explication. De toute fa\u00e7on, je suis d\u00e9j\u00e0 assez occup\u00e9 \u00e0 \u00eatre la musique elle-m\u00eame et assez pr\u00e9occup\u00e9 par les probl\u00e8mes de l\u2019ex\u00e9cution pianistique. Quand je joue, je ne suis pas en train de d\u00e9velopper un concept artistique, je suis simplement en train de faire vivre la musique. Jouer ce mouvement est une \u00e9motion si forte que je ne peux m\u00eame pas en parler. J\u2019ai eu le privil\u00e8ge de le jouer pendant toute ma vie, et j\u2019esp\u00e8re continuer \u00e0 le faire et \u00e0 ressentir une telle \u00e9motion.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au sujet de la cadence, il m\u2019est arriv\u00e9 une chose amusante \u00e0 Lyon en 1950 quand j\u2019ai jou\u00e9 ce concerto avec Paray. Un critique a \u00e9crit que j\u2019\u00e9tais un pianiste sp\u00e9cifiquement am\u00e9ricain, avec des doigts d\u2019acier, un jeu dactylographique, et aucune sensibilit\u00e9 musicale. Et il ajoutait\u00a0: \u2018Mais o\u00f9 donc a-t-il trouv\u00e9 ces invraisemblables cadences\u00a0? Il y a des limites au mauvais go\u00fbt\u00a0!\u2019 J\u2019avais bien s\u00fbr jou\u00e9 les cadences originales de Beethoven\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un des grands regrets d\u2019Istomin \u00e9tait de ne pas avoir enregistr\u00e9 avec Casals ce concerto qui lui \u00e9tait si cher. L\u2019enregistrement \u00e9tait programm\u00e9 en juin 1968, juste apr\u00e8s le Festival, et destin\u00e9 \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer le vingt-cinqui\u00e8me anniversaire de ses d\u00e9buts. Malheureusement, Casals \u00e9tait si fatigu\u00e9 apr\u00e8s le festival qu\u2019il dut renoncer. La sortie du disque \u00e9tait pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019automne, au moment o\u00f9 il devait jouer ce concerto avec plusieurs grands orchestres am\u00e9ricains\u00a0: le New York Philharmonic dirig\u00e9 par Bernstein, le Los Angeles Philharmonic par Mehta, le National Symphony par Mitchell. Finalement, Columbia put mettre sur pied une session avec l\u2019Orchestre de Philadelphie sous la direction d\u2019Ormandy. L\u2019enregistrement eut lieu le 15 d\u00e9cembre 1968, et le disque fut publi\u00e9 en un temps record, d\u00e8s le 20 janvier 1969. Par ailleurs il existe une bonne vingtaine de t\u00e9moignages de son interpr\u00e9tation du <em>Quatri\u00e8me Concerto<\/em> capt\u00e9s en concert.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-2 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-2 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Le Cinqui\u00e8me Concerto \u00ab\u00a0L\u2019Empereur\u00a0\u00bb<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-3\"><p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Beethoven-5-Istomin-Ormandy.png\"><img decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-1544 alignleft\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Beethoven-5-Istomin-Ormandy-300x300.png\" alt=\"Beethoven 5 Istomin Ormandy\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Beethoven-5-Istomin-Ormandy-66x66.png 66w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Beethoven-5-Istomin-Ormandy-150x150.png 150w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Beethoven-5-Istomin-Ormandy-300x300.png 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Beethoven-5-Istomin-Ormandy.png 376w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Istomin mit le <em>Concerto l\u2019Empereur<\/em> \u00e0 son r\u00e9pertoire en 1946, lorsqu\u2019il avait tout juste vingt ans. Une des toutes premi\u00e8res fois o\u00f9 il le joua, ce fut \u00e0 Carnegie Hall avec l\u2019Orchestre Philharmonique de New York sous la direction d\u2019Arthur Rodzinski. Ce fut un triomphe.Le <em>New York Times<\/em> salua les progr\u00e8s du jeune pianiste tant au niveau de la technique que de la musicalit\u00e9. Istomin joua d\u00e9sormais tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement ce concerto jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa carri\u00e8re. Columbia avait certes convenu de r\u00e9server en priorit\u00e9 le r\u00e9pertoire germanique \u00e0 Rudolf Serkin, en particulier Beethoven et Brahms. Cependant les interpr\u00e9tations de l\u2019<em>Empereur<\/em> qu\u2019Istomin donna au printemps 1957 \u00e0 New York avec Mitropoulos convainquirent David Oppenheim qu\u2019il m\u00e9ritait de l\u2019enregistrer aussi. Malheureusement, en mars 1958, alors que la plupart des autres labels enregistraient d\u00e9j\u00e0 syst\u00e9matiquement en st\u00e9r\u00e9o, Columbia s\u2019y mettait tout juste. La version st\u00e9r\u00e9o de l\u2019enregistrement ne fut pas jug\u00e9e techniquement satisfaisante. Le disque mono, r\u00e9alis\u00e9 avec l\u2019Orchestre de Philadelphie et Ormandy, fut tr\u00e8s bien accueilli mais quitta bien vite le catalogue. Il \u00e9tait pr\u00e9vu de r\u00e9enregistrer le concerto en st\u00e9r\u00e9ophonie en 1961 mais le remplacement d\u2019Oppenheim par Chapin \u00e0 la direction \u00ab\u00a0Artistes et r\u00e9pertoire\u00a0\u00bb de Columbia provoqua l\u2019annulation du projet.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-3 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-3 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Le Triple Concerto<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-4\"><p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Eugene-au-clavier-3.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-1545 alignright\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Eugene-au-clavier-3-238x300.jpg\" alt=\"Eugene au clavier 3\" width=\"238\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Eugene-au-clavier-3-238x300.jpg 238w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Eugene-au-clavier-3-812x1024.jpg 812w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Eugene-au-clavier-3.jpg 2185w\" sizes=\"(max-width: 238px) 100vw, 238px\" \/><\/a>\u00ab\u00a0La premi\u00e8re fois qu\u2019Isaac Stern, Leonard Rose et moi-m\u00eame avons jou\u00e9 ce concerto, c\u2019\u00e9tait \u00e0 Carnegie Hall en 1962, sous la direction d\u2019Alfred Wallenstein. L\u2019aventure du Trio avait vraiment commenc\u00e9 l\u2019\u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9dent en Isra\u00ebl, puis \u00e0 Londres. Par la suite, nous l\u2019avons jou\u00e9 une cinquantaine de fois, tr\u00e8s souvent dans des concerts-marathons avec trois concertos successifs\u00a0: on finissait par le <em>Triple de Beethoven<\/em>, apr\u00e8s que Rose et Stern aient donn\u00e9 le <em>Double<\/em> de Brahms et moi un concerto de Beethoven ou de Mozart. La derni\u00e8re fois que nous l\u2019avons jou\u00e9, c\u2019\u00e9tait aussi \u00e0 Carnegie Hall, avec Slava, en 1977.<\/p>\n<p>C\u2019est une \u0153uvre vraiment difficile, pour le violoncelle en premier lieu car le registre aigu y est tr\u00e8s sollicit\u00e9. Il faut dire que c\u2019est une partition un peu \u00e9trange, d\u00e9cousue, avec une \u00e9criture \u00e9galement assez inconfortable pour le piano et le violon. Musicalement, ce n\u2019est pas tr\u00e8s simple de trouver un \u00e9quilibre, aussi bien entre les solistes qu\u2019entre les solistes et l\u2019orchestre. En 1966, nous l\u2019avons donn\u00e9 \u00e0 Cleveland avec Szell. A la premi\u00e8re r\u00e9p\u00e9tition, Szell s\u2019arr\u00eata apr\u00e8s nos entr\u00e9es successives et nous demanda avec son humour pince-sans-rire\u00a0: \u2018Messieurs, lequel de vos trois tempos dois-je suivre\u00a0?\u2019 Mais au-del\u00e0 de ces difficult\u00e9s, c\u2019est une partition qui marche toujours bien avec le public, car il y a des th\u00e8mes magnifiques, et des moments tr\u00e8s spectaculaires, en particulier la coda tr\u00e8s virtuose du dernier mouvement\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-4 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-4 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Le Troisi\u00e8me Concerto<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-5\"><p>Istomin a mis \u00e0 son r\u00e9pertoire le <em>Troisi\u00e8me Concerto<\/em> de Beethoven pr\u00e8s de vingt ans apr\u00e8s le <em>Quatri\u00e8me<\/em> et le <em>Cinqui\u00e8me<\/em>. Il le roda dans les festivals de l\u2019\u00e9t\u00e9 1965 (avec Ozawa \u00e0 Ravinia et avec Leinsdorf \u00e0 Tanglewood) et le joua ensuite tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement, sans jamais pour autant qu\u2019il prenne la m\u00eame importance que les deux autres. Tr\u00e8s vite, les critiques eurent conscience de l\u2019originalit\u00e9 de son interpr\u00e9tation. Apr\u00e8s un concert avec l\u2019Orchestre de Philadelphie et Ormandy au printemps 1966, Irving Lowens nota\u00a0: \u00ab\u00a0Il a choisi de mettre en lumi\u00e8re la dimension lyrique de ce concerto, plut\u00f4t que son c\u00f4t\u00e9 viril et p\u00e9remptoire. Ce qu\u2019on perdait en tension \u00e9tait compens\u00e9 par ce qu\u2019on gagnait en po\u00e9sie.\u00a0Le jeu d\u2019Istomin \u00e9tait d\u2019une \u00e9l\u00e9gance vraiment hors du commun. \u00bb\u00a0 M\u00eame Harold Schonberg, pourtant si souvent n\u00e9gatif \u00e0 son \u00e9gard, remarqua lors d\u2019un concert de septembre 1968 (\u00e0 Carnegie Hall avec l\u2019Orchestre de Philadelphie et Ormandy), que son \u00ab\u00a0interpr\u00e9tation romantique avait un vrai point de vue, ce qui est bien pr\u00e9f\u00e9rable au conformisme objectif que pratiquaient tant de pianistes\u00a0\u00bb. Istomin avait en effet choisi de ne pas opposer les deux th\u00e8mes du premier mouvement, le premier tr\u00e8s \u00e9nergique et le second plus chantant, comme il est d\u2019usage, mais de les jouer plut\u00f4t dans une sorte de continuit\u00e9. Ce fut un grand sujet de d\u00e9bat avec Jean-Bernard Pommier, qui n\u2019approuvait pas cette conception.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-5 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-5 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Les \u0153uvres pour piano seul<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-6\"><div id=\"attachment_2982\" style=\"width: 185px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Programme-Carnegie-Hall-5.12.1990-001.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2982\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2982 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Programme-Carnegie-Hall-5.12.1990-001-175x300.jpg\" alt=\"Programme-Carnegie-Hall-5.12.1990-001\" width=\"175\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Programme-Carnegie-Hall-5.12.1990-001-175x300.jpg 175w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Programme-Carnegie-Hall-5.12.1990-001-599x1024.jpg 599w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Programme-Carnegie-Hall-5.12.1990-001.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 175px) 100vw, 175px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2982\" class=\"wp-caption-text\">R\u00e9cital Beethoven \u00e0 Carnegie Hall le 5 d\u00e9cembre 1990<\/p><\/div>\n<p>\u00ab\u00a0<strong>La 21<sup>\u00e8me<\/sup> Sonate, la Waldstein<\/strong>, je l\u2019ai jou\u00e9e d\u00e8s mon premier r\u00e9cital \u00e0 New York en 1944. Et depuis, j\u2019ai bien d\u00fb la jouer plus de cinq cents fois. J\u2019esp\u00e8re que j\u2019ai fait des progr\u00e8s \u2026 C\u2019est une \u0153uvre tr\u00e8s accessible, qui a un effet direct sur le public, et l\u2019un des sommets de l\u2019\u0153uvre de Beethoven. C\u2019est une \u0153uvre tr\u00e8s positive qui affirme, comme souvent chez lui, le triomphe de l\u2019esprit et de la volont\u00e9 humaine. Et c\u2019est sans doute l\u2019une des \u0153uvres qui entend l\u2019affirmer avec le plus de fougue, d\u2019ardeur, de brio et de conviction. C\u2019est pour cela qu\u2019elle est en do majeur et qu\u2019on y trouve toutes ces notes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019obsession, comme dans la <em>Cinqui\u00e8me Symphonie<\/em>. Il nous dit son absolue conviction que la raison, la bont\u00e9, la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 sont les vertus de l\u2019homme et qu\u2019elles l\u2019aideront \u00e0 venir \u00e0 bout de l\u2019adversit\u00e9, que les peuples soumis gagneront et se lib\u00e9reront, comme dans <em>Fidelio<\/em>. Et nous sommes amen\u00e9s \u00e0 croire \u00e0 la victoire de l\u2019esprit humain, m\u00eame si l\u2019histoire et le monde nous prouvent sans cesse que ce n\u2019est pas vrai\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Sonate n\u00b0 14 \u2018Clair de lune<\/strong>\u2019\u00a0: \u00ab\u00a0Je l\u2019avais beaucoup jou\u00e9e dans les ann\u00e9es 50, puis je l\u2019ai longtemps abandonn\u00e9e. Je l\u2019ai reprise \u00e0 la fin des ann\u00e9es 80 pour le premier, et le seul, programme enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Beethoven que j\u2019aie jamais donn\u00e9.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0J\u2019avais entendu Serkin jouer en concert la <strong>Sonate n\u00b0 24<\/strong>, et je l\u2019ai travaill\u00e9e avec lui. C\u2019est une \u0153uvre que j\u2019ai finalement peu donn\u00e9e en public. Je l\u2019aime infiniment, mais il me semble que c\u2019est un chef-d\u2019\u0153uvre de po\u00e9sie intime, qui trouve difficilement sa place dans une grande salle de concert. Je cite souvent la phrase d\u2019Hans von B\u00fclow \u00e0 propos des premi\u00e8res mesures de cette sonate, d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Th\u00e9r\u00e8se de Brunswick\u00a0: \u2018Beethoven serait immortel m\u00eame s\u2019il n\u2019avait \u00e9crit que ces quatre mesures\u2019. Quant au finale, il est certes court, mais il est monstrueusement difficile\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<div id=\"attachment_1546\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/opus-110-Beethoven-001.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1546\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1546 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/opus-110-Beethoven-001-300x207.jpg\" alt=\"opus 110 Beethoven 001\" width=\"300\" height=\"207\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/opus-110-Beethoven-001-300x207.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/opus-110-Beethoven-001-1024x706.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/opus-110-Beethoven-001.jpg 6534w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1546\" class=\"wp-caption-text\">Manuscrit de la Sonate opus 110 de Beethoven<\/p><\/div>\n<p>\u00ab\u00a0La <strong>31<sup>\u00e8me<\/sup> Sonate<\/strong>, l\u2019opus 110,\u00a0 confirme encore l\u2019extr\u00eame positivisme de ce grandissime g\u00e9nie, malgr\u00e9 la souffrance, malgr\u00e9 la r\u00e9signation. Dans le premier mouvement il y a une tendresse, une douceur affectueuse quasi unique dans toute son \u0153uvre. Puis il y a le\u00a0 drame, la voix infiniment douloureuse du mouvement lent, et, finalement, la renaissance &#8211; le ph\u00e9nix qui rena\u00eet de ses cendres, l\u2019esprit qui finit par triompher, peut-\u00eatre m\u00eame apr\u00e8s la mort. Comme dans toutes les derni\u00e8res \u0153uvres de Beethoven, le c\u00f4t\u00e9 intellectuel et math\u00e9matique de la construction est tr\u00e8s pr\u00e9sent. Le th\u00e8me de la fugue est\u00a0 exactement le th\u00e8me du premier mouvement, et on retrouve les m\u00eames intervalles dans le sujet invers\u00e9 de la deuxi\u00e8me fugue qui termine la sonate. Cette unit\u00e9, cette arche immense de la construction sont quelque chose d\u2019extraordinaire, d\u2019incroyable. Le mouvement lent, qui pr\u00e9c\u00e8de la premi\u00e8re fugue, me fait penser \u00e0 certains passages de la <em>Passion selon Saint-Matthieu<\/em>, ou \u00e0 l\u2019une des \u0153uvres les plus bouleversantes de Mozart, le <em>Quintette K. 516<\/em>, son troisi\u00e8me mouvement, avec la m\u00eame trajectoire descendante de la gamme mineure.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Beethoven aimait beaucoup sa <strong>Fantaisie en sol mineur<\/strong> mais \u00e9trangement c\u2019est une \u0153uvre qui est mal aim\u00e9e. Certains disent que c\u2019est du \u00ab\u00a0mauvais\u00a0\u00bb Beethoven\u00a0? Alors que lui-m\u00eame l\u2019aimait et la jouait souvent\u2026 On y retrouve beaucoup de sa personnalit\u00e9, cette ardeur, ce feu, ce temp\u00e9rament, et son grand humour, pas toujours tr\u00e8s raffin\u00e9. C\u2019est un peu une blague construite avec des gammes\u00a0! Il y a d\u2019abord une sorte de longue phrase sans cesse interrompue par des gammes qui montent et qui descendent. Il y a des collages d\u2019id\u00e9es et puis, au milieu, l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un th\u00e8me tr\u00e8s proche du\u00a0 th\u00e8me majeur du mouvement lent de <em>l\u2019Empereur<\/em> (qui date de la m\u00eame \u00e9poque) suivi de variations\u2026 A la fin, les gammes reviennent, elles descendent et remontent \u00e0 nouveau, et finissent par se rencontrer\u00a0et cette rencontre termine l\u2019\u0153uvre avec humour et bonne humeur. C\u2019est unique\u00a0! Cette fantaisie a peut-\u00eatre l\u2019air gauche, maladroite, mais elle est tr\u00e8s attachante. Je commence le programme avec elle car elle permet de d\u00e9charger l\u2019adr\u00e9naline, c\u2019est une esp\u00e8ce de catharsis de l\u2019\u00e9nergie\u2026 Apr\u00e8s on est plus calme pour chercher \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de soi-m\u00eame, et alors cela cr\u00e9e un contraste tr\u00e8s fort, fantastique, avec la plus \u00ab\u00a0atmosph\u00e9rique\u00a0\u00bb des \u0153uvres de Beethoven, la\u00a0 <em>Sonate \u00ab\u00a0Clair de lune\u00a0\u00bb,<\/em> que je joue aussit\u00f4t apr\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong><em>(Propos recueillis par Bernard Meillat)<\/em><\/strong><\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-6 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-6 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>La musique de chambre<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-7\"><div id=\"attachment_1549\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/1951-Eugene-avec-Casals-Serkin-Schneider-et-Marie-Jos\u00e9-dItalie-Th\u00e9\u00e2tre-Perpignan.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1549\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1549\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/1951-Eugene-avec-Casals-Serkin-Schneider-et-Marie-Jos\u00e9-dItalie-Th\u00e9\u00e2tre-Perpignan-300x290.jpg\" alt=\"Schneider, la reine Marie-Jos\u00e9 d\u2019Italie (fille de la Reine Elisabeth de Belgique), Casals, Istomin, Serkin\" width=\"300\" height=\"290\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/1951-Eugene-avec-Casals-Serkin-Schneider-et-Marie-Jos\u00e9-dItalie-Th\u00e9\u00e2tre-Perpignan-52x50.jpg 52w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/1951-Eugene-avec-Casals-Serkin-Schneider-et-Marie-Jos\u00e9-dItalie-Th\u00e9\u00e2tre-Perpignan-300x290.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/1951-Eugene-avec-Casals-Serkin-Schneider-et-Marie-Jos\u00e9-dItalie-Th\u00e9\u00e2tre-Perpignan-1024x991.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/1951-Eugene-avec-Casals-Serkin-Schneider-et-Marie-Jos\u00e9-dItalie-Th\u00e9\u00e2tre-Perpignan.jpg 1600w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1549\" class=\"wp-caption-text\">Schneider, la reine Marie-Jos\u00e9 d\u2019Italie (fille de la Reine Elisabeth de Belgique), Casals, Istomin, Serkin<\/p><\/div>\n<p>La musique de chambre de Beethoven est un \u00e9l\u00e9ment essentiel du r\u00e9pertoire d\u2019Istomin \u00e0 tous les stades de sa carri\u00e8re. Elle constitue plus du tiers de sa discographie.<br \/>\nLes premiers essais datent de ses ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes au Curtis Institute. Peu apr\u00e8s, il eut le grand privil\u00e8ge de passer deux \u00e9t\u00e9s entiers (en 1944 et 1945) avec la famille Busch. Il put jouer, en priv\u00e9 bien s\u00fbr, mais avec tout le s\u00e9rieux que l\u2019on peut imaginer, la totalit\u00e9 des sonates pour violon de Beethoven et de Brahms avec Adolf Busch, et la plupart des trios, avec la participation d\u2019Hermann Busch. Istomin en ressortit tellement impr\u00e9gn\u00e9 de la grande tradition germanique que son exp\u00e9rience suivante commen\u00e7a de fa\u00e7on tumultueuse. Il devait jouer l\u2019int\u00e9grale des <em>Sonates pour violon<\/em> de Beethoven avec Alexander Schneider et trouvait que son interpr\u00e9tation \u00e9tait trop mani\u00e9r\u00e9e, sans la rigueur et l\u2019\u00e9lan que Busch y apportait. Apr\u00e8s quelques r\u00e9p\u00e9titions mouvement\u00e9es, Istomin et Schneider trouv\u00e8rent un terrain d\u2019entente et donn\u00e8rent les trois int\u00e9grales, \u00e0 New York, \u00e0 Chicago et \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Harvard, \u00e0 l\u2019automne 1949. Satisfait, Schneider d\u00e9cida d\u2019inviter Istomin au premier Festival de Prades l\u2019ann\u00e9e suivante. Tous deux allaient se retrouver aux c\u00f4t\u00e9s de Casals pour jouer et enregistrer les <em>Trios<\/em> de Beethoven \u00e0 Perpignan en 1951.<\/p>\n<p>Istomin joua tr\u00e8s souvent les sonates et les trios de Beethoven avec Casals entre 1950, lorsqu\u2019il passa tout l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00e0 Prades, et 1965, date de leur dernier concert ensemble. En 1954, c\u2019est Istomin qui assuma aupr\u00e8s de Casals la direction artistique du Festival de Prades, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la musique de chambre de Beethoven. Ils partag\u00e8rent quatre trios et deux sonates (dont une fantastique <em>Sonate en sol mineur opus 5 n\u00b0 2<\/em>).<br \/>\n<a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Trio-avec-Eugene-assis.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-1547 alignright\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Trio-avec-Eugene-assis-229x300.jpg\" alt=\"Trio avec Eugene assis\" width=\"229\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Trio-avec-Eugene-assis-229x300.jpg 229w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Trio-avec-Eugene-assis-781x1024.jpg 781w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Trio-avec-Eugene-assis.jpg 2187w\" sizes=\"(max-width: 229px) 100vw, 229px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Beethoven fut aussi au c\u0153ur de l\u2019aventure du Trio Istomin-Stern-Rose, avec pour point culminant l\u2019int\u00e9grale de la musique de chambre avec piano, qui fut un des grands \u00e9v\u00e9nements de l\u2019ann\u00e9e du bicentenaire de la naissance du compositeur\u00a0: quatre s\u00e9ries de huit concerts (en Suisse, \u00e0 Paris, \u00e0 Londres et \u00e0 New York). L\u2019int\u00e9grale exhaustive des <em>Trios<\/em> de Beethoven, publi\u00e9e l\u2019ann\u00e9e suivante en un coffret de cinq disques, remporta de nombreuses r\u00e9compenses dont un <em>Grammy Award<\/em>. L\u2019enregistrement des sonates pour violon et pour violoncelle \u00e9tait \u00e9galement pr\u00e9vu. Istomin, en conflit avec Columbia, d\u00e9cida de l\u2019interrompre. Par amiti\u00e9 pour Stern, il acheva l\u2019int\u00e9grale des <em>Sonates pour violon<\/em> en 1982 et 1983. Apr\u00e8s la fin du Trio, Istomin ne joua plus gu\u00e8re la musique de chambre de Beethoven, sauf \u00e0 Evian, avec notamment un <em>Archiduc<\/em> d\u2019anthologie, en compagnie de Stern et de Rostropovitch, en 1990.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-7 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-7 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Les \u0153uvres de Beethoven qu\u2019Istomin aurait pu jouer&#8230;<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-8\"><div id=\"attachment_1550\" style=\"width: 241px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/beethoven-1823-001.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1550\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1550 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/beethoven-1823-001-231x300.jpg\" alt=\"beethoven 1823 001\" width=\"231\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/beethoven-1823-001-231x300.jpg 231w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/beethoven-1823-001-790x1024.jpg 790w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/beethoven-1823-001.jpg 4669w\" sizes=\"(max-width: 231px) 100vw, 231px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1550\" class=\"wp-caption-text\">Beethoven en 1823<\/p><\/div>\n<p>On peut s\u2019\u00e9tonner qu\u2019Istomin n\u2019ait pas jou\u00e9 les deux premiers concertos ni la <em>Fantaisie opus 80<\/em>. Il en avait le projet dans le cadre d\u2019un enregistrement int\u00e9gral de l\u2019\u0153uvre concertante de Beethoven, qui avait \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9 en 1968 en vue de l\u2019ann\u00e9e Beethoven, mais qui ne fut pas confirm\u00e9 par Columbia. Il renon\u00e7a d\u00e8s lors \u00e0 jouer les deux premiers concertos (l\u2019Orchestre de Cleveland avait annonc\u00e9 qu\u2019il jouerait le <em>Deuxi\u00e8me Concerto<\/em> en octobre 1954, mais il joua finalement le <em>Quatri\u00e8me<\/em>). La Choral Arts Society de Washington lui proposa dans les ann\u00e9es 80 de jouer la <em>Fantaisie opus 80<\/em>. Il y travailla mais y renon\u00e7a finalement. Elle appartenait tellement \u00e0 Serkin\u00a0!<br \/>\nIl est encore plus surprenant de voir le petit nombre de sonates pour piano qu\u2019il avait \u00e0 son r\u00e9pertoire. A cela il y avait au moins deux raisons\u00a0: son calendrier de concerts et son investissement dans les domaines politiques et litt\u00e9raires lui laissaient souvent peu de temps pour travailler de nouvelles \u0153uvres\u00a0; pour une sonate de Beethoven, son exigence de perfection \u00e9tait encore plus grande que pour tout autre compositeur. Serkin avait contribu\u00e9 \u00e0 incruster cette exigence dans son esprit. Lors du r\u00e9cital des \u00e9l\u00e8ves du Curtis au printemps 1940, Istomin joua l\u2019<em>Appassionata<\/em>. Bernstein \u00e9tait d\u00e9bordant d\u2019enthousiasme, mais Serkin ne dit pas un mot, ce qui signifiait clairement pour Istomin qu\u2019il n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur. C\u2019est peut-\u00eatre l\u2019impact de ce silence r\u00e9probateur qui le d\u00e9couragea de s\u2019y attaquer \u00e0 nouveau. Les master classes qu\u2019il lui consacra montraient pourtant qu\u2019il l\u2019avait toujours dans le c\u0153ur et dans les doigts.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-8 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-8 fusion-title-text fusion-title-size-one\"><h1 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:34;line-height:1.41;\"><strong>Musique<\/strong><\/h1><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep- sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-9\"><p><strong>Beethoven, <em>Sonate n\u00b0 21 en ut majeur op. 53 \u00ab\u00a0Waldstein\u00a0\u00bb.<\/em> <\/strong>Eugene Istomin. R\u00e9cital au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es le 30 octobre 1991<strong>. <\/strong><\/p>\n<!--[if lt IE 9]><script>document.createElement('audio');<\/script><![endif]-->\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-1534-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Beethoven-Piano-Sonata-n\u00b021_128k.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Beethoven-Piano-Sonata-n\u00b021_128k.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Beethoven-Piano-Sonata-n\u00b021_128k.mp3<\/a><\/audio>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Beethoven<\/strong>. <em>Concerto n\u00b0 3 en ut mineur op. 37<\/em>.\u00a0Eugene Istomin, Orchestre Philharmonique de l&rsquo;ORTF, Ottavio Ziino. 19 d\u00e9cembre 1967<\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-1534-2\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Beethoven-Concerto-n\u00b03-ORTF_128k.mp3?_=2\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Beethoven-Concerto-n\u00b03-ORTF_128k.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Beethoven-Concerto-n\u00b03-ORTF_128k.mp3<\/a><\/audio>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ludwig van Beethoven.<\/strong> <em>Fantaisie en sol mineur op. 77. <\/em>Eugene Istomin. Montreux, 29 septembre 1989<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-9 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-video fusion-youtube\" style=\"--awb-max-width:600px;--awb-max-height:350px;\"><div class=\"video-shortcode\"><div class=\"fluid-width-video-wrapper\" style=\"padding-top:58.33%;\" ><iframe title=\"YouTube video player 1\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/YoePK2vXRNw?wmode=transparent&autoplay=0\" width=\"600\" height=\"350\" allowfullscreen allow=\"autoplay; fullscreen\"><\/iframe><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":325,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1534"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1534"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1534\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7566,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1534\/revisions\/7566"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/325"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1534"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}