{"id":1467,"date":"2015-11-26T17:58:00","date_gmt":"2015-11-26T16:58:00","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=1467"},"modified":"2020-02-21T23:50:56","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:56","slug":"arthur-rubinstein-2","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/grandes-collaborations-musicales\/pianistes\/arthur-rubinstein-2\/","title":{"rendered":"Arthur Rubinstein"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 hundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-overflow:visible;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last\" style=\"--awb-bg-size:cover;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-1 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Les  souvenirs de Eugene Istomin<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/rubinstein-piano.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-907 alignleft\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/rubinstein-piano-300x219.jpg\" alt=\"rubinstein piano\" width=\"300\" height=\"219\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/rubinstein-piano-220x161.jpg 220w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/rubinstein-piano-300x219.jpg 300w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/rubinstein-piano-1024x748.jpg 1024w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/rubinstein-piano.jpg 1600w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>\u00ab Parmi les grands pianistes entendus dans ma jeunesse, c\u2019est Arthur Rubinstein qui m\u2019a fait la plus grande impression, et dont je me sentais le plus proche. Son phras\u00e9, sa sonorit\u00e9, sa syntaxe musicale, la sensualit\u00e9 de son jeu \u00e9taient pour moi une grande source d\u2019inspiration. Dans un concert d\u2019Arthur Rubinstein, tout n\u2019\u00e9tait certes pas parfait, mais on sortait de la salle en se souvenant d\u2019une phrase ou d\u2019un nocturne de Chopin, d\u2019un passage de Schumann, d\u2019un bout de musique espagnole, en se disant : \u00ab \u00e7a c\u2019est la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb. On oubliait les fausses notes ou les inexactitudes, compl\u00e8tement.<br \/>\nJe crois que Rubinstein avait beaucoup d\u2019affection pour moi. Il me disait souvent : \u2018Sois patient, ton tour viendra !\u2019 Lui-m\u00eame n\u2019avait connu la gloire et la grande carri\u00e8re qu\u2019assez tard dans sa vie. Il avait accept\u00e9 les recommandations de ses managers, avait fait des concessions au go\u00fbt du public pour le spectacle (sa <em>Danse du feu<\/em>, attaqu\u00e9e avec les mains au-dessus de sa t\u00eate, mettait le public en transe), mais sans jamais vraiment trahir la musique. Il me recommandait d\u2019en faire autant, et de ne pas me rendre malade lorsqu\u2019un mauvais piano ne me permettait pas de jouer aussi bien que j\u2019aurais voulu. Il me donnait ce genre de conseils, que je n\u2019\u00e9tais, \u00e0 vrai dire, gu\u00e8re dispos\u00e9 \u00e0 suivre.<br \/>\nAu d\u00e9but des ann\u00e9es 60, il m\u2019a demand\u00e9 de jouer la <em>Symphonie Concertante<\/em> de son ami Karol Szymanowski, qui lui \u00e9tait d\u00e9di\u00e9e. Il souhaitait qu\u2019un autre pianiste prenne le relais et continue de la faire figurer dans les programmes des orchestres autant qu\u2019il serait possible. J\u2019ai accept\u00e9 par respect et par amiti\u00e9 pour lui.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/rubinstein-cigare.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-905 alignright\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/rubinstein-cigare-225x300.jpg\" alt=\"rubinstein cigare\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/rubinstein-cigare-225x300.jpg 225w, https:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/rubinstein-cigare.jpg 450w\" sizes=\"(max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a>Nous parlions de beaucoup de choses, et bien s\u00fbr des pianos ! Lui aussi trouvait que les Steinway am\u00e9ricains des ann\u00e9es 60 chantaient moins bien qu\u2019avant et qu\u2019ils avaient une sonorit\u00e9 beaucoup moins chaleureuse que les Steinway de Hambourg. J\u2019avais achet\u00e9 un Steinway de Hambourg. Il m\u2019a demand\u00e9 un jour de le lui pr\u00eater pour un concert avec le New York Philharmonic, ce que j\u2019ai bien s\u00fbr accept\u00e9. Mon piano a \u00e9t\u00e9 transport\u00e9 au Lincoln Center mais voil\u00e0 qu\u2019au tout dernier moment Henry Steinway l\u2019a appris. Il devait assister au concert en compagnie des repr\u00e9sentants de Steinway Hambourg en visite \u00e0 New York ! Voir un Steinway de Hambourg tr\u00f4n\u00e9 sur la sc\u00e8ne de l\u2019Avery Fischer Hall \u00e9tait un d\u00e9saveu insupportable ! Rubinstein fut pri\u00e9 de renoncer \u00e0 ce piano et de jouer sur un piano am\u00e9ricain. Steinway m\u2019a \u00e9galement appel\u00e9, pour me rappeler \u00e0 l\u2019ordre. Le lendemain, Arthur m\u2019a t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 pour me dire combien il \u00e9tait d\u00e9sol\u00e9 et il m\u2019a envoy\u00e9 un ch\u00e8que de 200 dollars pour les frais de transport, un ch\u00e8que que j\u2019ai conserv\u00e9 comme un souvenir\u2026<\/p>\n<p>On parlait de musique de chambre, de la difficult\u00e9 de former un trio, musicalement et humainement. Lui aussi avait eu \u00e0 g\u00e9rer des relations d\u00e9licates avec ses partenaires, Heifetz, Feuermann puis Piatigorsky, qui remettaient en cause le r\u00f4le pr\u00e9dominant du piano et cherchaient \u00e0 tirer la couverture \u00e0 eux\u2026 (lien) En 1968, Stern, Rose et moi \u00e9tions \u00e0 Lucerne en m\u00eame temps que Rubinstein. Nous pr\u00e9parions le\u00a0<em>Deuxi\u00e8me Trio<\/em> de Schubert, celui en mi b\u00e9mol, le plus long et le plus impressionnant des trios du r\u00e9pertoire, et j\u2019eus l\u2019id\u00e9e de demander \u00e0 Rubinstein de nous \u00e9couter. Nous sommes venus jouer dans sa suite. Il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s positif, et nous a donn\u00e9 quelques conseils.<br \/>\nNous parlions de politique, un sujet sur lequel nous n\u2019avions pas de peine \u00e0 nous entendre, tant sur la politique isra\u00e9lienne (nous \u00e9tions tous deux tr\u00e8s proches de Golda Meir, de Ben Gourion et de Teddy Kollek, le maire de J\u00e9rusalem) que sur la politique am\u00e9ricaine (en 1968 il s\u2019inscrivit \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s dans le <em>Comit\u00e9 des Artistes et des Ecrivains<\/em> qui soutenait la candidature d\u00e9mocrate de Hubert Humphrey).<\/p>\n<p>Il m\u2019a demand\u00e9 de faire partie du jury du premier Concours Rubinstein \u00e0 Tel-Aviv en 1974 et j\u2019ai accept\u00e9, bien que je n\u2019aime gu\u00e8re les concours et les jurys. C\u2019est Emanuel Ax qui a remport\u00e9 le Concours ! Nous nous sommes revus \u00e0 diverses reprises dans ses derni\u00e8res ann\u00e9es, \u00e0 Paris peu apr\u00e8s mon mariage avec Marta, en Isra\u00ebl alors qu\u2019il s\u2019\u00e9tait s\u00e9par\u00e9 de Nela et qu\u2019il travaillait \u00e0 ses <em>M\u00e9moires<\/em>. Mon dernier souvenir est une promenade que nous avons faite en Isra\u00ebl. Il \u00e9tait presque aveugle, et me donnait le bras. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s \u00e9mouvant\u2026 \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>(Propos recueillis par Bernard Meillat en 1987)<\/em><\/p>\n<p>Dans leur livre de souvenirs, <em>The Pleasure was Ours<\/em>, Virginia Katims raconte qu\u2019elle avait demand\u00e9 un jour \u00e0 Arthur Rubinstein si son fils John \u00e9tait pianiste. Il s\u2019\u00e9tait exclam\u00e9\u00a0: \u201cMon Dieu, non!\u201d Surprise par la violence de sa r\u00e9action, elle l\u2019avait pri\u00e9 de donner la raison de cette v\u00e9h\u00e9mence. Et voil\u00e0 ce qu\u2019il avait r\u00e9pondu\u00a0: \u00ab\u00a0Parce que si John avait \u00e9t\u00e9 un moins bon pianiste que moi, j\u2019aurais \u00e9t\u00e9 malheureux. Et s\u2019il avait \u00e9t\u00e9 un meilleur pianiste que moi, j\u2019aurais \u00e9t\u00e9 d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est ce c\u00f4t\u00e9 tr\u00e8s \u00e9gocentrique de Rubinstein, qui finira par amener Istomin \u00e0 se d\u00e9tacher de lui. Dans une interview plus tardive avec John Tibbetts, Istomin avoua s\u2019\u00eatre \u00e9loign\u00e9 de ce que Rubinstein repr\u00e9sentait comme musicien et comme homme. \u00ab Je l\u2019aimais beaucoup. Il \u00e9tait l\u2019oppos\u00e9 de Serkin, mais il voulait trop s\u00e9duire. Il \u00e9tait capable de n\u2019importe quelle extravagance pour conqu\u00e9rir le public et parvenir au succ\u00e8s, qui lui \u00e9tait venu tardivement. Quand il \u00e9tait jeune, il faisait beaucoup la f\u00eate. Il avait un talent extraordinaire, il pouvait tout faire techniquement et musicalement. C\u2019\u00e9tait quelqu\u2019un de tr\u00e8s brillant. Il avait l\u2019esprit de comp\u00e9tition, pour le piano et pour les femmes. Il jouait magnifiquement mais il se laissait aller \u00e0 la facilit\u00e9. Il parlait souvent de lui comme d\u2019un imposteur. Il lui arrivait de donner des concerts sans \u00eatre pr\u00e9par\u00e9. C\u2019\u00e9tait plut\u00f4t amusant mais ce n\u2019est pas un exemple \u00e0 proposer aux jeunes ! Il a continu\u00e9 \u00e0 vouloir battre les jeunes pianistes jusqu\u2019au bout, ce n\u2019\u00e9tait pas quelqu\u2019un qu\u2019on pouvait v\u00e9n\u00e9rer ! Lorsque je l\u2019appelais pour lui demander comment il allait, il me r\u00e9pondait fi\u00e8rement : \u00ab C\u2019est complet ! \u00bb. Je n\u2019avais pas envie qu\u2019il me dise \u00e7a, j\u2019aurais voulu qu\u2019il soit une figure paternelle\u2026 \u00bb.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-title title fusion-title-2 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Document<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep- sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><p lang=\"en-US\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-family: Calibri, serif;\"><span lang=\"fr-FR\">Arthur Rubinstein joue la <\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, serif;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Danse du feu<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Calibri, serif;\"><span lang=\"fr-FR\"> de <strong>Manuel de Falla<\/strong> \u00e0 Carnegie Hall <\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-video fusion-youtube\" style=\"--awb-max-width:600px;--awb-max-height:350px;\"><div class=\"video-shortcode\"><div class=\"fluid-width-video-wrapper\" style=\"padding-top:58.33%;\" ><iframe title=\"YouTube video player 1\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Wj6_5qWZCDY?wmode=transparent&autoplay=0\" width=\"600\" height=\"350\" allowfullscreen allow=\"autoplay; fullscreen\"><\/iframe><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":383,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1467"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1467"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1467\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7586,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1467\/revisions\/7586"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/383"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1467"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}