HISTOIRE ET POLITIQUE

L’Histoire et la politique, Introduction

La politique et l’histoire furent au cœur de la vie d’Istomin. Ce chapitre permet de suivre son cheminement au milieu des grands bouleversements du 20ème siècle.

Eugene Istomin avait un besoin irrépressible de savoir, de comprendre et, si possible d’agir ! En tant que citoyen et en tant qu’artiste. A l’instar de Casals, il avait choisi d’être un homme avant d’être musicien, et nombre de ses choix politiques furent préjudiciables à sa carrière.

Il avait beaucoup lu sur les grandes théories politiques, de l’anarchisme au néo-conservatisme en passant par le marxisme. Il avait un goût prononcé pour la discussion, même avec des gens éloignés a priori de ses convictions. Il aimait se faire l’avocat du diable et défendre des thèses opposées aux siennes pour mettre son interlocuteur au pied du mur et s’obliger lui-même à réfléchir plus profondément.

Le communisme et le nazisme avaient construit son attachement aux idéaux démocratiques, sa méfiance pour les extrêmes et son rejet des totalitarismes. Ses convictions étaient progressistes. L’injustice et la pauvreté le révoltaient. Il avait fait partie des artistes qui avaient refusé de jouer dans les salles où régnait encore la ségrégation raciale. Il défendait le droit à l’éducation et à l’épanouissement de chaque être humain. Il faisait partie de la génération Kennedy, qui croyait qu’il était encore possible de changer le monde.

Ses convictions étaient si fortes qu’il décida de s’engager un moment dans la vie politique, en se gardant de l’idéalisme de nombre d’artistes et d’intellectuels qui croient que les belles idées généreuses sont faciles à mettre en œuvre.

Implication dans la politique américaine

Démocrate convaincu, il fut longtemps proche des plus hautes sphères du pouvoir. Il avait joué pour le président Truman, passionné de musique et pianiste lui-même. Après les deux mandats d’Eisenhower, il avait soutenu Kennedy contre Nixon et avait été conquis par son charisme. La rencontre de Hubert Humphrey le fit entrer en politique pour de bon. En 1968, dans un contexte difficile, il prit la tête du Comité des artistes et des écrivains soutenant la candidature de Humphrey aux élections présidentielles. Humphrey s’était promis de faire d’Istomin son conseiller culturel, mais il fut devancé par Nixon.

En 1972, Istomin ne pouvait se reconnaître dans les propositions de George McGovern, qu’il jugeait trop démagogiques ,et il s’éloigna définitivement de l’action politique. Assez sceptique quant au mandat de Carter, à l’exception des accords de Camp David qu’il applaudit, Istomin n’eut pas non plus de sympathie particulière pour Bill Clinton : il admirait son intelligence et sa détermination, mais regrettait son populisme en matière culturelle.

Au service de son pays dans la lutte contre le communisme

Istomin était à la fois très attaché au pays qui avait accueilli ses parents et l’avait vu naître, et très déterminé à lutter contre le communisme, qui avait contraint ses parents à fuir leur Russie natale et avait commis tant d’atrocités. Il était convaincu qu’au temps de la Guerre froide, les batailles se gagnaient aussi sur le terrain de la communication culturelle, en particulier musicale, puisqu’il n’y avait pas la barrière de la langue. Il s’était mis au service du Département d’Etat, regrettant que l’Union Soviétique soit tellement en avance dans ce domaine. Les Etats-Unis envoyaient généralement à l’étranger des solistes et des ensembles de second plan, tandis que l’URSS faisait acclamer ses meilleurs musiciens (Oïstrakh, Guilels, Rostropovitch, Richter…). Non seulement Istomin était prêt à offrir son talent et son temps, mais il convainquit ses plus prestigieux collègues de faire de même. L’administration Kennedy fut très intéressée mais le projet fut ensuite négligé par Johnson.

Istomin croyait en la théorie des dominos, qui avait cour depuis la présidence de Truman. Elle considérait que si un pays tombait sous domination communiste, les pays voisins seraient aussitôt menacés et que bientôt toute l’Asie du Sud Est serait sous domination communiste. Il fallait donc intervenir immédiatement. Ce fut le cas en Corée où il ne fallut pas moins de trois ans de durs combats entre les troupes de l’ONU (très majoritairement américaines) et les Nord-Coréens (alliés aux Chinois et aidés par l’Union Soviétique) pour stabiliser la frontière entre les deux Corée. Lorsque le gouvernement américain décida de s’engager militairement, de plus en plus massivement, au Vietnam, Istomin jugea que c’était une décision légitime. Il pensait que, comme toute guerre, c’était une chose horrible, mais qu’elle se justifiait par la nécessité de défendre le monde libre. Alors que beaucoup d’intellectuels et d’artistes manifestaient leur désaccord, Istomin déclara son soutien et proposa de venir donner des concerts à Saïgon en 1966. Son voyage se révéla désastreux, il ne put pas même jouer et comprit bientôt que cette guerre ne pouvait pas être gagnée. Il pressa Humphrey, candidat démocrate aux élections présidentielles de 1968, de se démarquer de la position de Johnson en affirmant sa volonté de cesser le feu et de négocier sans condition préalable. Sous Nixon, la guerre continua encore pendant cinq longues années avec les Américains, puis deux années sans eux. Finalement, le Vietnam entier tomba dans les mains des communistes, de même que le Laos et le Cambodge.

Istomin ne voulut jamais céder à un optimisme trop naïf lors des périodes de libéralisation et de détente. Les traités de non-prolifération des armements stratégiques (SALT) le laissaient suspicieux et il lui semblait qu’il ne fallait surtout pas faire confiance aux soviétiques et qu’il était prudent de ne pas trop diminuer le budget militaire des Etats-Unis.

S’intéressant beaucoup à la civilisation chinoise, Istomin était attentif à ce qui se passait en Chine. La Révolution culturelle de 1966 lui avait paru trop brutale pour ne pas entraîner une réaction inverse quelques années plus tard. Il avait le sentiment que l’équilibre du monde serait beaucoup plus stable si les Etats-Unis parvenaient à briser l’unité du bloc communiste en opposant la Chine et l’Union Soviétique. Sans savoir que des contacts étaient établis secrètement par Kissinger, Istomin avait fait des démarches pour venir donner des concerts et des master-classes en Chine, pensant que les musiciens devaient donner l’exemple. L’administration Nixon ne le lui permit pas.

Israël

Istomin déclara à plusieurs reprises qu’il était prêt à donner sa vie pour Israël. Traumatisé par la Shoah, il refusa de jouer en Allemagne et en Autriche jusqu’au milieu des années 70 et ne put jamais s’y sentir à l’aise. Cela ne l’empêchait pas de penser qu’Israël devait renouer les contacts avec ces pays. Il avait une immense admiration pour le peuple juif, son courage, son inventivité, son amour de la musique. Il donna de très nombreux concerts en Israël, participant au Festival d’Israël dès sa première édition. Il y enseigna aussi et il accueillit généreusement en Amérique les jeunes musiciens israéliens qu’il avait remarqués (Yefim Bronfman) ou que Stern lui avait envoyés (Pinchas Zukerman, Shlomo Mintz).

Istomin était très proche des grands dirigeants travaillistes israéliens (Meir, Ben Gourion, Kolleck) et défendait l’idée d’un état laïc. Affichant son soutien indéfectible lorsqu’Israël était attaqué par ses voisins, il n’en était pas moins convaincu que la Paix ne pourrait venir que d’une main tendue aux Arabes. L’assassinat de Rabin, avec lequel il était très lié, le désespéra.

La France

En dehors du continent africain, il y a peu de pays dans lequel Istomin ne soit pas allé ! Heureux de voyager, curieux de tout et surtout des gens, il disait que son pays était « là où il y avait un piano ». Citoyen du monde assurément, il y avait pourtant un pays plus cher à son cœur que les autres, la France. Ce fut le premier pays étranger qu’il découvrit, en 1948, et auquel il resta attaché, amoureux de sa langue et de son art de vivre. C’était une France idéale, celle des Lumières et de la Déclaration des droits de l’Homme.

Le temps de la désillusion.

Les années 1966 à 1968 furent pour Istomin à la fois le sommet de son engagement politique et le début de son désenchantement. Il eut d’abord le sentiment amer que gagner la Guerre du Vietnam serait impossible. Puis il prit conscience du caractère incontrôlable et nuisible de la CIA, qui manipulait l’information au Vietnam et avait manigancé le coup d’état fasciste en Grèce. Et enfin, Humphrey, pour lequel il s’était tant mobilisé, avait été devancé par Nixon, qui était aux yeux d’Istomin l’exemple même de l’incompétence et de la malhonnêteté.

Son optimisme naturel fit place progressivement à un réalisme plus pessimiste. Istomin avait été très marqué par la lecture de Toynbee et sa vision de l’histoire des civilisations. Tant qu’il y a défi, tant qu’il y a exigence, une civilisation se développe, sinon elle amorce un inexorable déclin et finit par se suicider. L’exemple de la Grèce avait particulièrement frappé Istomin qui en était venu à se demander si ce n’était pas ce qui se passait pour la civilisation occidentale. Cela l’amena à s’interroger sur le fonctionnement des démocraties. Il n’y avait plus vraiment d’idéal collectif et les principales motivations étaient devenues l’argent, le pouvoir, le confort.

Les élections de Reagan et de Busch, l’évolution de la politique et de la société américaine, achevèrent de saper son optimisme et lui donnèrent même à plusieurs reprises l’envie de quitter les Etats-Unis pour s’installer en Europe.  Mais il avait conscience que l’Europe prenait aussi le même chemin.

Le rôle de la culture dans la crise de la civilisation occidentale

L’égalitarisme culturel n’était-il pas une aberration qui amenait l’humanité à la médiocrité ? Maintenant on considérait que tout était culture, et que toutes les cultures se valaient : Elvis Presley était aussi génial que Mozart, le Pop Art que Rubens.

Pour Istomin, il était clair qu’on oubliait que dans une démocratie il n’y a pas seulement la liberté et l’égalité des citoyens, il y a aussi pour chacun le devoir de s’élever, intellectuellement et moralement, aussi haut qu’il le peut. L’élitisme, dans son sens originel, doit être un principe naturel de la démocratie. Or, sous l’effet conjugué de la loi du marché, de la démagogie ou de l’incompétence des dirigeants, la vie culturelle et les médias perdent peu à peu leur ambition. Déculpabilisé, le citoyen s’abandonne à la facilité sans avoir de scrupules : pourquoi faire l’effort d’entrer dans l’univers de Mahler ou de Boulez alors que des morceaux de jazz ou de pop music vous offrent des plaisirs immédiats et qu’on vous laisse entendre que finalement ce sont des formes équivalentes d’un même art.

Dans son interview avec Patrick Ferla, Istomin reconnut volontiers qu’il appréciait le jazz et qu’il aimait les chansons de Frank Sinatra, mais il remettait ces musiques à leur place : « Toute la grande musique est un défi pour l’être humain. Une symphonie de Schubert, par exemple,  fait ressentir un large éventail de pensées et d’émotions. Le Sacre du printemps aussi, même si ce sont des pensées et des émotions tout autres. Ces musiques éveillent l’attention, la conscience, de ceux qui l’écoutent. La musique populaire n’est pas un défi à la conscience, c’est plutôt une sorte de calmant, une sorte de libération, quelque chose de nostalgique, de sexuel. On chante ‘’Oh ! Baby !’’ et en se lance dans un rythme un peu sensuel. C’est quelque chose de simple, d’agréable, mais ça ne va pas plus loin que ça. Alors qu’un Nocturne ou une Etude de Chopin, ce n’est pas juste de l’atmosphère, il y a quelque chose qui va dans une dimension plus haute de l’expérience intellectuelle et sensible. Cela nous bouscule, cela exige plus de nous. Pour rentrer dans l’univers de cet art il n’est certes pas nécessaire de devenir un expert, mais c’est une expérience qu’on ne peut pas oublier, qu’on voudra renouveler et approfondir. Quand on a pris conscience de ce qu’est la grande musique, on ne la mettra plus jamais sur le même plan que les musiques populaires. » Istomin ressentait une immense frustration devant le mésusage que nous faisons de notre liberté en matière de culture : « Le peuple réclame de la merde, qu’on lui en donne ! Que faire d’autre si on est en démocratie… ? ». Pour lui, cet envahissement de la médiocrité était la preuve que notre civilisation allait mal. Le monde ne peut aller bien sans le rayonnement de la culture à tous les niveaux de la société.

Istomin avait certes abandonné assez tôt, au début des années 70, l’idée d’une activité politique directe, mais il resta très attentif à la course du monde, et toujours prêt à se mobiliser, comme artiste et comme citoyen, pour toutes les causes auxquelles il croyait. Là où il se sentit le plus utile et le plus heureux, ce fut lors de ses grandes tournées à travers les Etats-Unis, avec ses pianos dans un camion, à la fin des années 80 et au début des années 90. Il apportait la musique dans des lieux désertés par le circuit habituel des concerts. Avec le sentiment que la musique ne doit pas être réservée aux gens riches des grandes métropoles. Il avait perdu son optimisme beethovénien (qui veut que le bien et la justice finissent toujours par triompher) mais son idéal était resté intact.

« J’ai eu le privilège de faire de la musique avec quelques-uns des plus grands chefs de l’ancienne génération. Je considère d’ailleurs que les Toscanini, les Bruno Walter, les George Szell … sont beaucoup plus grands que les chefs actuels, même s’il y a bien sûr de bons chefs aujourd’hui. Pour se comprendre, un chef d’orchestre et un soliste n’ont pas besoin de mots. Soit on s’entend sur la musique, soit, de façon très professionnelle, puisqu’il y a un concert à donner, on fait un compromis pour pouvoir jouer ensemble. Normalement un chef doit s’incliner, parce que le soliste a des réflexes, il s’est entraîné à jouer d’une certaine façon, il lui est difficile de changer. Un chef, lui, n’est pas prisonnier de ses muscles, il lui suffit de donner des signes à l’orchestre, il peut être beaucoup plus flexible. C’est le soliste qui doit avoir le dernier mot. Après une expérience musicalement difficile, le chef peut évidemment dire qu’il ne veut plus faire de la musique avec ce soliste, mais le concert demande une entente et c’est le chef qui doit faire le plus de compromis.
De nombreux chefs ont beaucoup compté dans ma carrière et dans ma vie. En premier lieu Eugene Ormandy, avec qui j’ai enregistré la plupart de mes disques de concertos. L’Orchestre de Philadelphie était le meilleur orchestre du monde dans les années 50 et 60, et Ormandy était un grandissime accompagnateur. George Szell était plus difficile mais c’était un géant de la musique. Je me suis disputé avec lui, très souvent, mais je garde une grande affection pour lui, un amour même, car c’était un grand, grand artiste ; j’ai beaucoup de souvenirs de mes collaborations avec lui. Fritz Reiner était merveilleux, il avait la réputation d’être très difficile, mais il était très sympathique avec moi, et avec les jeunes. Munch était un grand ami, j’ai donné beaucoup de concerts avec lui à Boston, il pouvait faire des choses extraordinaires ! J’ai aussi beaucoup admiré Paul Paray, une personne généreuse, qui m’a fait venir pour la première fois en France. Bruno Walter bien sûr, qui m’a fait l’honneur d’enregistrer avec moi l’un des deux seuls concertos pour piano qu’il ait jamais enregistré ! Il me faudrait encore en mentionner beaucoup d’autres : Leopold Stokowski, Dimitri Mitropoulos, William Steinberg, que je considère presque au même niveau que Szell et Ormandy, Leonard Bernstein, avec lequel je n’ai pas finalement donné tant de concerts, mais pour lequel j’ai une énorme estime, sans oublier Casals, qui est la personne avec laquelle j’avais la plus grande satisfaction à faire de la musique, sous n’importe quelle forme. »

« Je n’oublie pas que je dois ma carrière à tous ces grands chefs d’orchestre, qui m’ont fait confiance, qui m’ont reconnu comme un des leurs, qui m’ont réengagé même lorsque les critiques me démolissaient. Ils croyaient en moi, avaient plaisir à me diriger, et cela seul comptait. Parmi eux, Artur Rodzinski a été mon premier soutien, et le plus engagé de tous. Non seulement il m’a engagé à plusieurs reprises avec l’Orchestre Philharmonique de New York mais il a pris l’initiative d’écrire à ses collègues des grands orchestres américains pour leur recommander de m’inviter ! »

(Propos recueillis par Bernard Meillat, 1987)

D’autres chefs d’orchestre avec lesquels Eugene Istomin a joué : Kazuyoshi Akiyama, Gerd Albrecht, Takashi Asahina, Franco Autori, Alan Balter, Arturo Basile, Rudolf Baumgartner, Peter Bay, Philippe Bender, Roberto Benzi, Mario Bernardi, Gary Bertini, Theodore Bloomsfield, Victoria Bond, Anshel Brusilow, Emerson Buckley, Richard Buckley, Semyon Bychkov, Paul Capolongo, Miltiades Caridis, Jean-Claude Casadesus, Saul Caston, Aldo Ceccato, Maxime Chostakovitch, André Cluytens, James Conlon, Josif Conta, Désiré Defauw, Paul Lustig Dunkel, Robert Emile, Peter Eros, Vladimir Fedosseiev, Victor Feldbrill, Lukas Foss, Lawrence Foster, Paul Freeman, Massimo Freccia, William Fred Scott, Rafael Frübeck de Burgos, Piero Gamba, John Gosling, Morton Gould, Philipp Greenberg, Manos Hadjidakis, Bruce Hangen, Walter Hendl, Luis Herrera de la Fuente, Bernard Heinze, Alexander Hillsberg, Yun-Taik Hong, Isaiah Jackson, Arvid Jansons, Donald Johanos, Samuel Jones, Arpad Joo, Paul Katz, Brad Keimach, Hans Kindler, Leon Kirchner, Bernhard Klee, André Kostelanetz, Emmanuel Krivine, Efrem Kurtz, Siegfried Landau, Louis Lane, Daniel Lewis, Jesus Lopez Cobos, Lorin Maazel, Charles Mackerras, Ernest MacMillan, Nikolaï Malko, Igor Markevitch, Neville Marriner, Eduardo Mata, Howard Mitchell Claude Monteux, Sheldon Morgenstern, Hans Münch, Gunter Neuhold, James Paul, Seiji Ozawa, Maurice Peress, André Previn, Jean-Pierre Rampal, Karl Anton Rickenbacher, Janos Rolla, Antoni Ros-Marba, Hans Rosbaud, Joseph Rosenstock, Julius Rudel, Max Rudolf, George Schick, Gunther Schuller, Jeremy Schulman, George Sebastian, Uri Segal, Klauspeter Seibel, Edgar Seipenbusch, Robert Shaw, Leonard Slatkin, Alexander Smallens, Georg Solti, Henry Sopkin, Donald Spieth, Russell Stanger, David Stern, Michael Stern, Simon Streatfeild, Hans Swarowsky, Ken Takaseki, Michael Tilson-Thomas, André Vandernoot, Edouard Van Remoortel, Frederick Waldman, Alfred Wallenstein, Akeo Watanabe, Otto-Werner Mueller, Hans Zanotelli, Ottavio Ziino…

Au service de son pays
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Eugenie Anderson
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Abe Fortas
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Hubert Humphrey
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John Fitzgerald Kennedy
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Richard Nixon
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Henry Raymont
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Ronald Reagan
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Arnold Toynbee
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La Chine
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La Grèce
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Israël
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La Russie
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