{"id":4208,"date":"2016-06-27T10:51:51","date_gmt":"2016-06-27T08:51:51","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=4208"},"modified":"2020-02-21T23:50:07","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:07","slug":"les-critiques","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/le-musicien\/donner-des-concerts\/les-critiques\/","title":{"rendered":"Les critiques"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 hundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-overflow:visible;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><p>\u00ab\u00a0Quand les critiques sont bonnes, je suis tr\u00e8s heureux pour quelques minutes. Et quand elles sont mauvaises, je suis d\u00e9prim\u00e9 et furieux pour toute la journ\u00e9e. En fait, il est rare qu&rsquo;une critique corresponde \u00e0 ce que j&rsquo;ai r\u00e9ellement pens\u00e9 du concert. Je suis extr\u00eamement attentif et sensible \u00e0 toutes les observations et les critiques. J&rsquo;\u00e9coute et j&rsquo;absorbe toutes les observations que les gens me font.\u2019\u2019<\/p>\n<p>Istomin estimait \u00e0 juste titre qu\u2019il devait sa carri\u00e8re au soutien des grands musiciens (Busch, Casals, Rodzinski, Paray, Reiner, Munch, Ormandy\u2026) alors que la sympathie de la critique et le soutien de ses managers lui ont souvent fait d\u00e9faut. D\u2019embl\u00e9e, la critique avait \u00e9t\u00e9 partag\u00e9e \u00e0 son \u00e9gard et il eut \u00e0 affronter l\u2019hostilit\u00e9 quasi syst\u00e9matique de certains journaux.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-1 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-1 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\">L\u2019\u00e2ge d\u2019or des critiques et le r\u00e8gne des pr\u00e9jug\u00e9s<\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><p>Il est difficile aujourd\u2019hui d\u2019imaginer l\u2019importance de la critique dans la vie musicale am\u00e9ricaine des ann\u00e9es 1940 \u00e0 1970. Un public consid\u00e9rable d\u00e9couvrait la musique classique et avait besoin d\u2019\u00eatre guid\u00e9, de savoir quoi penser. Lorsqu\u2019Istomin commen\u00e7a sa carri\u00e8re, un concert \u00e0 Carnegie Hall faisait l\u2019objet d\u2019au moins cinq ou six comptes-rendus. Les journaux de toutes les autres grandes villes ouvraient \u00e9galement largement leurs colonnes aux critiques musicaux, en particulier \u00e0 Chicago et \u00e0 Philadelphie. Cette omnipr\u00e9sence avait son revers. Les critiques se sentaient tout puissants. Ils faisaient preuve d\u2019arrogance et n\u2019avaient pas d\u2019\u00e9tat d\u2019\u00e2me pour faire et d\u00e9faire des carri\u00e8res. La comp\u00e9tence n\u2019\u00e9tait pas toujours au rendez-vous, et le plaisir d\u2019un bon mot, m\u00e9chant si possible, l\u2019emportait parfois sur la probit\u00e9 musicale.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait le r\u00e8gne des pr\u00e9jug\u00e9s et des \u00e9tiquettes\u00a0!<\/p>\n<ul>\n<li>Il y avait tout d\u2019abord une r\u00e9ticence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des jeunes musiciens am\u00e9ricains : on pouvait leur reconna\u00eetre des qualit\u00e9s de virtuosit\u00e9, mais jamais imaginer que leur musicalit\u00e9 soit \u00e0 la hauteur des interpr\u00e8tes europ\u00e9ens ou russes.<\/li>\n<li>Longtemps il fut consid\u00e9r\u00e9 comme impossible pour un m\u00eame interpr\u00e8te d\u2019exceller dans Chopin et dans Beethoven. L\u2019un excluait l\u2019autre, et Istomin les associait fr\u00e9quemment dans ses programmes. Invariablement, lors du m\u00eame concert, certains comptes-rendus louaient son Beethoven et rejetaient son Chopin, tandis que d\u2019autres faisaient l\u2019inverse.<\/li>\n<li>Certaines \u0153uvres \u00e9taient cens\u00e9es ne pouvoir \u00eatre abord\u00e9es que par des artistes en pleine maturit\u00e9, notamment le Quatri\u00e8me Concerto de Beethoven et le Deuxi\u00e8me de Brahms. Istomin les ayant jou\u00e9s d\u00e8s ses dix-huit ans, la critique s\u2019\u00e9tait fait un malin plaisir \u00e0 lui reprocher son manque de maturit\u00e9.<\/li>\n<li>Un soliste ne pouvait pas faire de musique de chambre, car il \u00e9tait trop pr\u00e9occup\u00e9 de briller! D\u2019ailleurs, si un soliste s\u2019adonnait \u00e0 la musique de chambre, ce ne pouvait \u00eatre que parce que sa carri\u00e8re de soliste d\u00e9clinait.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Istomin se heurta donc de front \u00e0 ces quatre pr\u00e9jug\u00e9s solidement ancr\u00e9s. Il n\u2019envisagea jamais de faire des concessions pour entrer dans les bonnes gr\u00e2ces des critiques. Pas question pour lui de changer son r\u00e9pertoire de concertos et ses programmes de r\u00e9citals, dont l\u2019\u00e9clectisme d\u00e9sorientait les critiques. Ils avaient toutes les peines du monde \u00e0 le faire entrer dans une de leurs cat\u00e9gories : classique, romantique, ou moderne !?<\/p>\n<p>Par ailleurs, Istomin dut subir l\u2019ostracisme de deux des critiques les plus influents\u00a0de cette \u00e9poque : Claudia Cassidy et Harold Schonberg. La premi\u00e8re, surnomm\u00e9e \u2018Acid Cassidy\u2019, fut la chef de rubrique du <em>Chicago Tribune<\/em> de 1942 \u00e0 1966. Elle r\u00e9ussit \u00e0 obtenir le d\u00e9part de trois directeurs musicaux du Chicago Symphony\u00a0: D\u00e9sir\u00e9 Defauw, Rafael Kubelik (Claudia Cassidy avait en horreur la musique de Bartok et de Janacek) et Jean Martinon. Elle d\u00e9testait Istomin, et rendit compte n\u00e9gativement de la quasi-totalit\u00e9 de ses concerts \u00e0 Chicago et au Festival de Ravinia. Pour le second, c\u2019\u00e9tait encore plus grave \u00e0 cause du prestige national et international du <em>New York Times<\/em>. De plus, Harold Schonberg avait r\u00e9ussi, au grand dam de nombreux musiciens, \u00e0 s\u2019imposer comme une r\u00e9f\u00e9rence incontournable\u00a0! La c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 et la respectabilit\u00e9 accord\u00e9es alors \u00e0 ce critique sont tr\u00e8s surprenantes, tant son \u00e9troitesse d\u2019esprit nous semble aujourd\u2019hui caricaturale. En tout cas, ses comptes-rendus obstin\u00e9ment pernicieux, \u00e0 l\u2019exception des concerts du Trio, ont beaucoup nui \u00e0 la carri\u00e8re d\u2019Istomin, \u00e0 New York et bien au-del\u00e0. [Le <em>New York Times <\/em>et le cas Schonberg font l\u2019objet d\u2019un article s\u00e9par\u00e9.]<\/p>\n<p>De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique, les musiciens ont longtemps rencontr\u00e9 les m\u00eames pr\u00e9jug\u00e9s, le m\u00eame besoin de coller des \u00e9tiquettes\u00a0! Lors de ses d\u00e9buts en Suisse et en Italie en 1950, tous les critiques s\u2019extasi\u00e8rent sur sa technique \u00ab\u00a0ph\u00e9nom\u00e9nale\u00a0\u00bb mais n\u2019arrivaient pas \u00e0 le cat\u00e9goriser. Certains encensaient son Bach et son Mozart, d\u2019autres ses <em>Variations sur un th\u00e8me de Haendel<\/em> de Brahms, ses Chopin ou son Ravel, mais aucun ne pouvait imaginer qu\u2019un seul et m\u00eame pianiste puisse bien interpr\u00e9ter des compositeurs aussi diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Le reflexe anti-am\u00e9ricain \u00e9tait tr\u00e8s pr\u00e9sent en Europe. Les pianistes am\u00e9ricains \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme des virtuoses mais on mettait en doute leur sensibilit\u00e9 musicale. Dans les ann\u00e9es 60 et 70, il y avait \u00e9galement des r\u00e9ticences politiques li\u00e9es \u00e0 la Guerre du Vietnam. En Angleterre, Istomin fut tr\u00e8s bien accueilli et re\u00e7ut en 1956 la prestigieuse Harriet Cohen Medal, cr\u00e9\u00e9e en hommage \u00e0 la grande pianiste anglaise, que Casals avait invit\u00e9e nagu\u00e8re \u00e0 Barcelone. Mais il semble qu\u2019il n\u2019ait pas manifest\u00e9 assez de reconnaissance au jury qui l\u2019avait distingu\u00e9 et cela fut pris pour de l\u2019arrogance. Ce grief fut renforc\u00e9 lorsqu\u2019Istomin et ses coll\u00e8gues du Trio bouscul\u00e8rent certaines id\u00e9es re\u00e7ues\u00a0: la musique de chambre ne pouvait pas \u00eatre jou\u00e9e de fa\u00e7on convaincantes par des solistes et elle n\u2019avait pas sa place dans les grandes salles de concert. Ils prouv\u00e8rent le contraire. Tout cela valut \u00e0 Istomin une hostilit\u00e9 tenace des critiques du <em>Times<\/em> et de quelques autres journaux, et m\u00eame d\u2019une partie du milieu musical britannique, jusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 80.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-2 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-2 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\">La fin des pr\u00e9jug\u00e9s, mais aussi des pouvoirs de la critique<\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-3\"><p>Bien s\u00fbr, de tr\u00e8s nombreux journalistes ont accueilli tr\u00e8s favorablement Eugene Istomin, y compris \u00e0 New York. Harriett Johnson, par exemple, qui \u00e9tait une ancienne \u00e9l\u00e8ve d\u2019Olga Samaroff et une compositrice de musique pour enfants, fit preuve d\u2019une grande empathie \u00e0 son \u00e9gard pendant les 43 ann\u00e9es de sa carri\u00e8re au <em>New York Post. <\/em>Il est \u00e0 noter d\u2019ailleurs que les critiques les plus enthousiastes \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019Istomin \u00e9taient souvent des musiciens. Ces soutiens n\u2019arrivaient cependant pas \u00e0 compenser totalement l\u2019opposition tenace d\u2019une partie de la presse, si petite soit-elle. Il y a un dicton qui affirme que dix bonnes appr\u00e9ciations n\u2019effacent pas une mauvaise\u00a0!<\/p>\n<p>L\u2019accueil de la critique aux concerts d\u2019Istomin changea progressivement au fur et \u00e0 mesure du renouvellement des journalistes. Claudia Cassidy partie, la presse de Chicago s\u2019enflamma unanimement pour son r\u00e9cital de mai 1971. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, les journaux londoniens le red\u00e9couvrirent avec enthousiasme, bient\u00f4t suivis par les fran\u00e7ais, les suisses et les italiens. Schonberg \u00e0 la retraite, le <em>New York Times <\/em>n\u2019h\u00e9sita plus \u00e0 lui tresser \u00e0 nouveau des lauriers. Pour Istomin, c\u2019\u00e9tait \u00e9videmment une satisfaction mais, \u00e0 cette \u00e9poque, la critique avait perdu beaucoup de ses pouvoirs et n\u2019avait plus la capacit\u00e9 de favoriser les carri\u00e8res des interpr\u00e8tes. Le pouvoir \u00e9tait pass\u00e9 dans les mains de l\u2019industrie du disque et des sp\u00e9cialistes du marketing.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-3 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-3 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\">L\u2019attitude d\u2019Istomin face \u00e0 la critique<\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-4\"><p>Istomin avait eu du mal \u00e0 trouver trouva la juste distance pour ne pas se laisser envahir par des critiques injustes. Son p\u00e8re y avait attach\u00e9 tellement d\u2019importance\u00a0!\u00a0 Apr\u00e8s chaque concert important de son fils, il ne dormait pas, attendant les journaux du lendemain pour d\u00e9couvrir les critiques d\u00e8s la premi\u00e8re heure\u00a0! Ensuite, Istomin avait partag\u00e9 les r\u00e9voltes de son ami William Kapell, exasp\u00e9r\u00e9 par l\u2019incomp\u00e9tence et l\u2019arrogance de certains journalistes. Kapell n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0 prendre la plume pour r\u00e9futer une critique qu\u2019il jugeait inepte, ni \u00e0 menacer le journaliste de lui mettre son poing dans la figure. Il lui arriva m\u00eame d\u2019en venir aux mains avec Jay Harrison, du <em>New York Herald Tribune<\/em>, qui avait fait un compte-rendu indigne d\u2019un r\u00e9cital d\u2019Horowitz. Conscient que cela ne menait nulle part, Istomin pr\u00e9f\u00e9ra bient\u00f4t se r\u00e9fugier dans l\u2019humour. En mars 1957, il avait jou\u00e9 le <em>Concerto l\u2019Empereur<\/em> de Beethoven avec l\u2019Orchestre Philharmonique de New York sous la direction de Dimitri Mitropoulos, un chef avec lequel il avait toujours r\u00eav\u00e9 de jouer. Harold Schonberg fut particuli\u00e8rement n\u00e9gatif dans le <em>New York Times, <\/em>lui reprochant sa sonorit\u00e9 dure et percussive, son incapacit\u00e9 \u00e0 faire des nuances et \u00e0 chanter. Quelques jours plus tard, on pouvait lire cet entrefilet dans le <em>Daily News<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Eugene Istomin \u00e9tait le soliste de l\u2019Orchestre Philharmonique de New York la semaine derni\u00e8re et un des critiques musicaux a trouv\u00e9 quelques d\u00e9fauts dans son interpr\u00e9tation. Le pianiste a pris les choses avec philosophie, disant\u00a0: \u2018Quelqu\u2019un lui aura donn\u00e9 des pilules anti-Istomin\u2019\u2019\u2026<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-4 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-4 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\">Quelques critiques<\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-5\"><p>Une des plus remarquables est l\u2019\u0153uvre du fameux \u00e9crivain et compositeur Paul Bowles, qui fut un moment la critique musical du <em>New York Herald-Tribune<\/em>, aux c\u00f4t\u00e9s de Virgil Thomson. Son compte-rendu du premier r\u00e9cital \u00e0 New York de Eugene Istomin, \u00e0 Town Hall le 18 avril 1944 est magnifique de clairvoyance et d\u2019ouverture d\u2019esprit\u00a0: \u00ab\u00a0On n&rsquo;\u00e9tait peut-\u00eatre pas toujours d&rsquo;accord avec les interpr\u00e9tations tr\u00e8s personnelles de M. Istomin, mais c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&rsquo;elles \u00e9taient le r\u00e9sultat des sentiments intenses d&rsquo;un jeune artiste, et non une synth\u00e8se des id\u00e9es des autres, qu&rsquo;elles ont suscit\u00e9 l&rsquo;admiration de l&rsquo;auditeur. Il est rare d&rsquo;entendre Chopin jouer avec une telle \u00e9vidence, qui prouve que le pianiste a compris l\u2019essence de sa po\u00e9sie, et il est rare que cette po\u00e9sie trouve un instrument aussi naturellement adapt\u00e9 \u00e0 son expression que les doigts sensibles de M. Istomin.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La plus \u00e9bouriffante est celle d\u2019un critique lyonnais. Apr\u00e8s une interpr\u00e9tation du <em>Quatri\u00e8me Concerto<\/em> de Beethoven sous la direction de Paul Paray, il qualifia Istomin de \u00ab\u00a0pianiste am\u00e9ricain typique, avec des doigts d\u2019acier et un toucher digne d\u2019une machine \u00e0 \u00e9crire, sans aucune sensibilit\u00e9 musicale.\u00a0\u00bb Et il ajoutait\u00a0: \u00ab\u00a0Mais o\u00f9 donc a-t-il trouv\u00e9 cette invraisemblable cadence\u00a0? Il y a des limites au mauvais go\u00fbt!\u201d Istomin avait jou\u00e9 la cadence \u00e9crite par Beethoven\u2026<\/p>\n<p>Et pour finir, voici le repentir savoureux du compositeur Virgil Thomson qui avait \u00e9crit dans le <em>Herald Tribune<\/em> en f\u00e9vrier 1948: Comme beaucoup de jeunes gens d\u2019aujourd\u2019hui, Istomin n\u2019est pas \u00e0 son avantage dans le r\u00e9pertoire classique et romantique. Il n\u2019y a que dans la musique de son si\u00e8cle qu\u2019il donne le meilleur de lui-m\u00eame\u2026\u00a0\u00bb Quelque trente ans plus tard, Istomin lui fit relire son article. Thomson s\u2019exclama: \u201cD\u00e9sol\u00e9, gar\u00e7on! J\u2019avais tout faux!<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":2363,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4208"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4208"}],"version-history":[{"count":4,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4208\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7364,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4208\/revisions\/7364"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2363"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4208"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}