{"id":4060,"date":"2016-06-14T15:41:39","date_gmt":"2016-06-14T13:41:39","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=4060"},"modified":"2020-02-21T23:50:10","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:10","slug":"un-bilan","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/biographie\/carriere\/un-bilan\/","title":{"rendered":"Un Bilan"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 hundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-overflow:visible;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-au-clavier-ann\u00e9es-80.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3052 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-au-clavier-ann\u00e9es-80.jpg\" alt=\"\" width=\"237\" height=\"300\" \/><\/a><br \/>\nLorsqu\u2019il finissait ses \u00e9tudes au Curtis, Eugene Istomin \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un talent tout \u00e0 fait exceptionnel, promis aux plus hautes destin\u00e9es. Sa carri\u00e8re fut effectivement remarquable, par sa dur\u00e9e (presque 60 ann\u00e9es), par sa densit\u00e9 (plus de 4\u00a0000 concerts), et par la qualit\u00e9 des enregistrements qu\u2019il a laiss\u00e9s. Mais, pour certains, elle laisse un go\u00fbt d\u2019inach\u00e8vement et l\u2019envie de comprendre ce qui a pu l\u2019emp\u00eacher d\u2019atteindre les plus hauts sommets et surtout de s\u2019y maintenir. Nombre de raisons ont \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9es au fil des chapitres de ce site, mais il est passionnant de les r\u00e9unir et de les mettre en perspective.<\/p>\n<p>Les d\u00e9buts d\u2019Istomin ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cipit\u00e9s par l\u2019entr\u00e9e en guerre des Etats-Unis et il s\u2019est trouv\u00e9 propuls\u00e9 tr\u00e8s vite au premier plan, sans y \u00eatre vraiment pr\u00e9par\u00e9. Il a choisi d\u2019embl\u00e9e des concertos qui \u00e9taient cens\u00e9s \u00eatre l\u2019apanage des pianistes d\u2019\u00e2ge m\u00fbr, refusant le succ\u00e8s facile qu\u2019auraient pu lui apporter des concertos virtuoses. Dans ses r\u00e9citals, il a choisi des programmes tr\u00e8s \u00e9clectiques parce qu\u2019ils correspondaient \u00e0 la richesse de son propre univers, sans tenir compte des pr\u00e9jug\u00e9s des critiques qui aimaient cataloguer les musiciens et consid\u00e9raient qu\u2019on ne peut bien jouer Chopin et Beethoven.<\/p>\n<p>Istomin s\u2019est \u00e9galement battu contre la distinction stupide entre soliste et musicien de chambre et il a largement contribu\u00e9 \u00e0 faire \u00e9voluer les mentalit\u00e9s \u00e0 ce sujet. Cependant, son activit\u00e9 en musique de chambre a ind\u00e9niablement nui \u00e0 son image de soliste.<\/p>\n<p>Certains ont regrett\u00e9 son manque de charisme, mais c\u2019\u00e9tait surtout un refus de la s\u00e9duction. L\u2019\u00e9motion ne devait venir que de la musique, pas de ses gestes ou de ses mimiques. Une partie du public pouvait en \u00e9prouver une d\u00e9ception, mais il n\u2019\u00e9tait pas question pour Istomin de c\u00e9der \u00e0 cette facilit\u00e9, non plus que de s\u2019autoriser une longue s\u00e9rie de bis pour donner le sentiment d\u2019un grand succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Istomin se refusait \u00e9galement \u00e0 toute d\u00e9magogie et \u00e0 toute concession dans ses relations professionnelles, que ce soit avec les chefs, les organisateurs, les managers, les journalistes, ou avec sa maison de disques. Il ne faisait jamais de compliments gratuits ni de d\u00e9marches pour s\u2019assurer de leur bienveillance et pousser sa carri\u00e8re. Il n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0 dire ce qu\u2019il pensait \u00e0 ceux qui faisaient preuve d\u2019incomp\u00e9tence.<\/p>\n<p>De la m\u00eame fa\u00e7on, il ne sollicitait le soutien d\u2019aucun lobby. Il ne voulut pas mettre en avant ses origines russes, qui lui auraient apport\u00e9 un courant de sympathie dans l\u2019ensemble du public et le soutien d\u2019une communaut\u00e9 tr\u00e8s active. Istomin fut longtemps au service du parti d\u00e9mocrate ou des institutions gouvernementales, il offrit \u00e0 de multiples reprises son temps et son talent pour servir Isra\u00ebl, il mit souvent toute son \u00e9nergie au service de ses amis ou de causes qui lui semblaient m\u00e9riter d\u2019\u00eatre d\u00e9fendues. Mais il \u00e9tait hors de question pour lui d\u2019en esp\u00e9rer un retour, encore moins de le demander.<\/p>\n<p>Avec cette philosophie et cette attitude, il est m\u00eame \u00e9tonnant qu\u2019Istomin soit arriv\u00e9 si haut d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 50. William Steinberg avait pr\u00e9dit que cela lui prendrait beaucoup de temps car \u00ab\u00a0il n\u2019\u00e9tait pas le genre d\u2019artiste qui pla\u00eet au managers\u00a0\u00bb. En fait, Istomin \u00e9tait conscient qu\u2019il devait pour une bonne part cette ascension au soutien des grands musiciens de l\u2019ancienne g\u00e9n\u00e9ration\u00a0: Busch, Casals, Rodzinski, Paray, Reiner, Szell, Ormandy, Munch, Dorati, Walter&#8230; Au fil des ann\u00e9es 60, cette g\u00e9n\u00e9ration disparut et la carri\u00e8re d\u2019Istomin s\u2019en ressentit peu \u00e0 peu. En fait, c\u2019est l\u2019ensemble de la vie musicale am\u00e9ricaine, puis europ\u00e9enne, qui se trouvait boulevers\u00e9e. Le d\u00e9veloppement du microsillon et l\u2019essor des vols transatlantiques modifi\u00e8rent profond\u00e9ment les mentalit\u00e9s du public et la vie des interpr\u00e8tes. Le ph\u00e9nom\u00e8ne Van Cliburn r\u00e9v\u00e9la qu\u2019il y avait mati\u00e8re \u00e0 une exploitation financi\u00e8re, politique et m\u00e9diatique de la musique classique, qui devint un business presque comme les autres. Ce n\u2019\u00e9taient plus les musiciens qui fixaient les valeurs, mais les sp\u00e9cialistes du marketing des maisons de disques.<\/p>\n<p>Columbia, \u00e0 l\u2019initiative de David Oppenheim, avait jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans l\u2019envol d\u2019Istomin jusqu\u2019en 1960. L\u2019arriv\u00e9e d\u2019un nouveau directeur Artistes et r\u00e9pertoire hostile associ\u00e9e \u00e0 l\u2019intransigeance d\u2019Istomin au sujet de la promotion de ses enregistrements aboutit \u00e0 un clash. Son activit\u00e9 discographique en tant que soliste se ralentit consid\u00e9rablement et s\u2019arr\u00eata d\u00e9finitivement en 1969. A terme, le pr\u00e9judice s\u2019av\u00e9ra consid\u00e9rable.<\/p>\n<p>De fait, Istomin refusa de s\u2019adapter aux nouveaux modes de fonctionnement, pr\u00e9f\u00e9rant garder intacte son \u00e9thique musicale et humaine, quel qu\u2019en soit le prix \u00e0 payer en termes de carri\u00e8re. Il lui arrivait de se sentir quelque peu anachronique, comme un musicien de l\u2019ancien temps. Jusqu\u2019au milieu du 20\u00e8me si\u00e8cle, les interpr\u00e8tes \u00e9taient f\u00eat\u00e9s, aim\u00e9s pour le bonheur qu\u2019ils apportaient. Qu\u2019importaient les fausses notes ou les trous de m\u00e9moire\u00a0! Ce qui comptait c\u2019\u00e9tait la beaut\u00e9, l\u2019\u00e9motion qu\u2019ils donnaient. Ils avaient l\u2019\u00e9t\u00e9 pour travailler de nouveaux r\u00e9pertoires, pour se retrouver et faire de la musique de chambre pour le plaisir. Ils jouaient partout, m\u00eame dans de petites villes. Avec l\u2019av\u00e8nement du microsillon et la croissance des transports a\u00e9riens, les interpr\u00e8tes modernes jou\u00e8rent uniquement dans les capitales, devant un public faussement sophistiqu\u00e9, sans jamais s\u2019arr\u00eater \u00e0 cause de la multiplication des festivals d\u2019\u00e9t\u00e9. Le public exigea de retrouver au concert la perfection de leurs disques, au d\u00e9triment de l\u2019\u00e9motion et du plaisir de jouer.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de sa carri\u00e8re, Istomin croyait au progr\u00e8s musical et se montrait convaincu que le disque \u00e9tait un instrument b\u00e9n\u00e9fique pour la propagation de la culture musicale. Mais il d\u00e9chanta peu \u00e0 peu. Le disque \u00e9tait en fait un mensonge qui enfermait les musiciens dans une perfection artificielle qu\u2019ils \u00e9taient condamn\u00e9s \u00e0 reproduire au concert. A son grand dam, Istomin reconnaissait qu\u2019il en \u00e9tait prisonnier lui aussi, et que cela le conduisait souvent \u00e0 jouer d\u00e9fensivement, privil\u00e9giant le contr\u00f4le plut\u00f4t que l\u2019inspiration.<\/p>\n<p>Pour lui, qui souffrait tant du trac, cela ajoutait de la tension et des doutes, qui ont contribu\u00e9 \u00e0 d\u00e9stabiliser sa facilit\u00e9 technique naturelle. Cette aisance \u00e9tait si grande que pendant longtemps il n\u2019eut pas besoin de travailler sa technique de fa\u00e7on syst\u00e9matique et organis\u00e9e. Tous les interpr\u00e8tes d\u2019instinct, souvent de jeunes prodiges pour lesquels la ma\u00eetrise de l\u2019instrument semble inn\u00e9e, se trouvent un jour ou l\u2019autre confront\u00e9s \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de \u00ab\u00a0comprendre\u00a0\u00bb ce qu\u2019ils faisaient auparavant sans m\u00eame se poser de questions. Ils se trouvent d\u00e9munis devant des difficult\u00e9s techniques qui pour eux n\u2019existaient pas et que rien ni personne ne les a pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 affronter. L\u2019exemple le plus c\u00e9l\u00e8bre est celui de Yehudi Menuhin. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne se retrouve aussi dans le domaine de la m\u00e9moire. Tout jeune, Istomin \u00e9tait capable d\u2019assimiler un concerto de Mozart en trois jours. Les certitudes de la jeunesse disparues, il dira plus tard, en plaisantant, qu\u2019il lui fallait maintenant trois ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Sur le plan de la technique pianistique et de la m\u00e9morisation, Istomin dut se remettre en cause \u00e0 diff\u00e9rents stades de sa carri\u00e8re, et structurer davantage son travail. Mais il ne changea pas ses principes fondamentaux et ne voulut jamais rejoindre Kapell ou, plus tard, Pommier sur le terrain de la rigueur m\u00e9thodique de l\u2019apprentissage. Il \u00e9tait trop attach\u00e9 musicalement \u00e0 une d\u00e9marche intuitive qui correspondait \u00e0 sa conception socratique du savoir qui est avant tout r\u00e9miniscence et, techniquement, \u00e0 son travail bas\u00e9 sur la r\u00e9p\u00e9tition.<\/p>\n<p>Les raisons pour lesquelles Istomin a limit\u00e9 son r\u00e9pertoire sont li\u00e9es au trac et \u00e0 sa fa\u00e7on de travailler. Apr\u00e8s des d\u00e9buts spectaculaires qui l\u2019avaient oblig\u00e9 \u00e0 pr\u00e9senter dans les lieux les plus expos\u00e9s un r\u00e9pertoire qu\u2019il n\u2019avait pas pu roder, Istomin avait eu l\u2019occasion de donner de multiples fois les m\u00eames concertos (tourn\u00e9es avec Busch) ou les m\u00eames programmes de r\u00e9cital (Community Concerts), et il y avait \u00e9prouv\u00e9 un certain confort. Par la suite, il n\u2019avait jamais voulu r\u00e9server beaucoup de temps \u00e0 l\u2019apprentissage de nouvelles \u0153uvres. Les bonnes raisons ne manquaient pas\u00a0: l\u2019organisation du festival de Prades, l\u2019activit\u00e9 du trio qui bousculait son calendrier, son engagement politique, sa passion pour la litt\u00e9rature et les arts, ou pour le baseball (il disait un jour que le temps pass\u00e9 \u00e0 regarder les matches e baseball lui avait co\u00fbt\u00e9 trois sonates de Beethoven dans son r\u00e9pertoire). Il y avait aussi la volont\u00e9 de ne jamais s\u2019arr\u00eater longtemps de jouer en public, par crainte de se laisser trop envahir par le trac en reprenant. Et puis, il y avait la paresse, qu\u2019il confessait volontiers et qui avait \u00e9t\u00e9 le corollaire de son exceptionnel talent.<\/p>\n<p>La relative \u00e9troitesse de son r\u00e9pertoire a manifestement nui \u00e0 sa carri\u00e8re. Ses programmes de r\u00e9cital n\u2019\u00e9voluaient pas suffisamment au fil des ann\u00e9es pour que les organisateurs le r\u00e9invitent, m\u00eame apr\u00e8s un grand succ\u00e8s. Pour les concertos, il n\u2019en proposait que sept ou huit que la plupart des grands pianistes proposaient aussi. A l\u2019oppos\u00e9, certaines \u0153uvres qu\u2019il avait pr\u00e9par\u00e9es \u00e9taient trop rares ou difficiles pour \u00eatre retenues par les organisateurs (Concerto 4 et Variations Chopin de Rachmaninov, Symphonie concertante de Szymanowski). Il est difficile de mesurer le r\u00f4le qu\u2019aurait jou\u00e9 une gestion plus aventureuse de son r\u00e9pertoire sur l\u2019\u00e9volution musicale personnelle et la carri\u00e8re d\u2019Istomin. Pommier l\u2019a souvent sollicit\u00e9 en ce sens et reste persuad\u00e9 que le plaisir aurait \u00e9t\u00e9 plus fort que l\u2019inqui\u00e9tude, et qu\u2019Istomin y aurait gagn\u00e9 en fra\u00eecheur et en inspiration. A l\u2019entendre travailler ou jouer des \u0153uvres qu\u2019il n\u2019avait jamais voulu pr\u00e9senter au public, on serait tent\u00e9 de lui donner raison. Mais au prix de quels efforts et de quelles tensions\u00a0? Il arriva assez souvent qu\u2019Istomin transform\u00e2t en \u00e9nergie positive la contrari\u00e9t\u00e9, la col\u00e8re, les douleurs ou la maladie, et jou\u00e2t de fa\u00e7on exceptionnelle. Mais il n\u2019entendait pas se mettre en danger \u00e0 chaque concert et avait clairement fait le choix d\u2019une plus grande s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans la r\u00e9ussite d\u2019un concert, le piano joue un r\u00f4le essentiel. Istomin travaillait chez lui ou dans le sous-sol de Steinway sur des pianos qu\u2019il avait amoureusement choisis. Lorsqu\u2019il trouvait dans des salles de concert des pianos m\u00e9diocres, voire catastrophiques, le plaisir de jouer tendait \u00e0 dispara\u00eetre et le trac \u00e0 grandir. C\u2019\u00e9tait parfois une telle souffrance pour lui qu\u2019il fit en sorte de jouer le plus souvent possible sur ses propres pianos, allant jusqu\u2019\u00e0 imaginer et r\u00e9aliser \u00e0 la fin des ann\u00e9es 80 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 90 de tr\u00e8s longues tourn\u00e9es \u00e0 travers les Etats-Unis avec ses pianos transport\u00e9s dans un camion. Lorsqu\u2019on lui posa la question de savoir s\u2019il n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 plus judicieux, et finalement plus satisfaisant, de jouer chez lui sur des pianos moyens, et assez difficiles \u00e0 jouer, de fa\u00e7on \u00e0 relativiser la frustration engendr\u00e9e par les mauvais pianos de concert, il sourit et admit que c\u2019\u00e9tait une id\u00e9e int\u00e9ressante \u00e0 laquelle il n\u2019avait jamais song\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>On pourrait r\u00eaver aux trajectoires fort diff\u00e9rentes que sa destin\u00e9e aurait pu prendre, par exemple en imaginant qu\u2019il aurait continu\u00e9 sa formation avec Siloti et n\u2019aurait pas re\u00e7u l\u2019\u00e9ducation jans\u00e9niste de Serkin\u2026 Il est en tout cas fascinant de voir comment Istomin a r\u00e9ussi \u00e0 surmonter tant d\u2019obstacles objectifs et subjectifs. Il lui fallut de la chance mais surtout une exceptionnelle d\u00e9termination\u00a0! Il fut le seul au sein d\u2019une exceptionnelle g\u00e9n\u00e9ration de pianistes am\u00e9ricains (Kapell, Katchen, Fleisher, Graffman, Lateiner, Lipkin, Janis, Rosen\u2026) \u00e0 aller jusqu\u2019au bout de l\u2019aventure. Il \u00e9chappa aux accidents et \u00e0 la maladie, \u00e9vita les blessures graves, surmonta les doutes, le trac, les pr\u00e9jug\u00e9s, les contrari\u00e9t\u00e9s et les frustrations. Il ne se rendit pas la route facile, avouant qu\u2019\u00e0 son d\u00e9but il \u00e9tait son \u00ab\u00a0meilleur ennemi\u00a0\u00bb. Il joua souvent les Don Quichotte, pourfendant les philistins de la musique et refusant les concessions. Sans doute la fin de sa carri\u00e8re ne lui apporta pas la reconnaissance qu\u2019il aurait m\u00e9rit\u00e9, et son legs discographique, enfin rendu accessible, aurait pu \u00eatre sensiblement plus important\u00a0et lui apporter une place plus grande dans le panth\u00e9on des pianistes. Il ne regrettait rien\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai choisi le chemin. Je suis responsable de mes erreurs et de mes lacunes. Oui, \u00e7a me suffit. La post\u00e9rit\u00e9, je ne songe pas \u00e0 \u00e7a. Ce sont les compositeurs qui vous permettent d\u2019aller au plus pr\u00e8s de votre personnalit\u00e9 d\u2019homme et de musicien. Ce sont les grands compositeurs qui sont \u00e9ternels. Les interpr\u00e8tes passent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":314,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4060"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4060"}],"version-history":[{"count":8,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4060\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7384,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4060\/revisions\/7384"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/314"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4060"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}