{"id":3244,"date":"2016-03-11T13:03:42","date_gmt":"2016-03-11T12:03:42","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=3244"},"modified":"2020-02-21T23:50:10","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:10","slug":"william-jovanovitch-et-hbj","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/lhomme\/litterature-et-philosophie\/william-jovanovitch-et-hbj\/","title":{"rendered":"William Jovanovitch et HBJ"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 hundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-overflow:visible;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><p class=\"beautify\">La  collaboration avec la grande maison d\u2019\u00e9dition HBJ (Harcourt, Brace and Jovanovitch), entre 1979 et 1986, fut un moment tr\u00e8s important de la vie d\u2019Istomin, l\u2019opportunit\u00e9 inattendue de mettre en action sa passion pour les livres. Istomin avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 en contact avec un autre grand \u00e9diteur, Kenneth McCormick, qui s\u2019\u00e9tait beaucoup int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 lui et qui lui avait propos\u00e9 d\u2019\u00e9crire ses \u00ab\u00a0M\u00e9moires\u00a0\u00bb, ou tout du moins de les enregistrer sur un dictaphone. Ils seraient retranscrits puis mis en forme par un \u00e9crivain, par Irving Stone semble-t-il. Istomin \u00e9tait tr\u00e8s r\u00e9ticent, estimant qu\u2019il \u00e9tait bien trop jeune pour se lancer dans une autobiographie. McCormick insista et Istomin promit d\u2019essayer mais, trop pris par ses continuelles tourn\u00e9es et f\u00e2ch\u00e9 avec le fonctionnement du dictaphone, il abandonna. Cette fois, avec Jovanovitch, il s\u2019agissait de tout autre chose.<\/p>\n<div id=\"attachment_3245\" style=\"width: 214px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Jovanovich-1977.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3245\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3245\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Jovanovich-1977-204x300.jpg\" alt=\"Jovanovitch en 1977\" width=\"204\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Jovanovich-1977-204x300.jpg 204w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Jovanovich-1977-696x1024.jpg 696w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Jovanovich-1977.jpg 1960w\" sizes=\"(max-width: 204px) 100vw, 204px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3245\" class=\"wp-caption-text\">Jovanovitch en 1977<\/p><\/div>\n<p>Jovanovitch avait en commun avec McCormick son ascension ultrarapide, mais les deux hommes \u00e9taient de temp\u00e9raments tr\u00e8s diff\u00e9rents. Jovanovitch, n\u00e9 en 1920 d\u2019un p\u00e8re mont\u00e9n\u00e9grin, qui travaillait dans les mines de charbon, et d\u2019une m\u00e8re polonaise, \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole sans parler un mot d\u2019anglais. Il put entrer \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Colorado et re\u00e7ut bient\u00f4t une bourse pour \u00e9tudier la litt\u00e9rature anglaise et am\u00e9ricaine \u00e0 Harvard. Ses \u00e9tudes furent interrompues par la Guerre, qu\u2019il accomplit comme officier dans la marine. A son retour, il se maria et ne put retourner \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, faute d\u2019argent. Il fut engag\u00e9 par Harcourt &amp; Brace comme vendeur de manuels scolaires. Sept ans plus tard, il devenait le pr\u00e9sident de la compagnie. Il fit passer le chiffre d\u2019affaires de la modeste maison d\u2019\u00e9dition de huit millions de dollars en 1954 \u00e0 un milliard trois cents millions en 1990. Non conformiste, farouchement ind\u00e9pendant, volontiers provocateur, il avait fortement bouscul\u00e9 les habitudes tranquilles du milieu de l\u2019\u00e9dition par ses id\u00e9es r\u00e9volutionnaires et par son esprit de conqu\u00eate. Selon la formule tr\u00e8s imag\u00e9e de Rubin Pfeffer, cit\u00e9e dans la n\u00e9crologie du New York Times, \u00ab\u00a0 Il gardait toujours ses pistolets \u00e0 port\u00e9e de main et ne prenait jamais les trains en marche\u00a0\u00bb. En 1970, il avait ajout\u00e9 son nom \u00e0 Harcourt et Brace, le logo de la soci\u00e9t\u00e9 devenant HBJ.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Jovanovitch-Barabbas.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-3246 alignright\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Jovanovitch-Barabbas-195x300.jpg\" alt=\"Jovanovitch Barabbas\" width=\"195\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Jovanovitch-Barabbas-195x300.jpg 195w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Jovanovitch-Barabbas.jpg 390w\" sizes=\"(max-width: 195px) 100vw, 195px\" \/><\/a>Cette ambition n\u2019emp\u00eachait nullement Jovanovitch d\u2019\u00eatre profond\u00e9ment attach\u00e9 aux id\u00e9aux de culture et d\u2019\u00e9ducation. Passionn\u00e9 par l\u2019\u00e9dition, il resta longtemps, malgr\u00e9 ses multiples occupations, l\u2019\u00e9diteur personnel de Hannah Arendt, de Mary McCarthy ou de Diana Trilling, et il prit le temps d\u2019\u00e9crire lui-m\u00eame plusieurs livres. Tr\u00e8s autoritaire, Jovanovitch \u00e9tait aussi capable de faire confiance. En 1961, il avait accueilli au sein de HBJ Kurt et Helen Wolff, qu\u2019Istomin avait bien connus dans l\u2019entourage de Busch, et de leur laisser cr\u00e9er, sous leur propre nom, une maison d\u2019\u00e9dition tr\u00e8s prestigieuse, comptant parmi ses auteurs G\u00fcnter Grass, Umberto Eco et Italo Calvino.<\/p>\n<div id=\"attachment_3247\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Codex-Atlanticus-2.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3247\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3247\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Codex-Atlanticus-2-300x218.jpg\" alt=\"Une page du Codex Atlanticus\" width=\"300\" height=\"218\" srcset=\"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Codex-Atlanticus-2-220x161.jpg 220w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Codex-Atlanticus-2-300x218.jpg 300w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Codex-Atlanticus-2-1024x745.jpg 1024w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Codex-Atlanticus-2.jpg 1400w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3247\" class=\"wp-caption-text\">Une page du Codex Atlanticus<\/p><\/div>\n<p>Vers la fin de l\u2019ann\u00e9e 1976, Jovanovitch souhaitait \u00e9largir son Conseil d\u2019Administration, jusque-l\u00e0 tr\u00e8s masculin, et cherchait donc une femme. L\u2019id\u00e9e de s\u2019adresser \u00e0 Marta Casals-Istomin lui avait \u00e9t\u00e9 souffl\u00e9e par son \u00e9pouse, qui avait remarqu\u00e9 le talent avec lequel elle g\u00e9rait le Festival de Porto-Rico. Un d\u00eener r\u00e9unit les Jovanovitch et les Istomin. Marta fut convaincue et donna son accord. La collaboration se d\u00e9roulait dans les meilleurs termes. Fin 1978, un autre d\u00eener, chez les Istomin cette fois, allait donner aux relations, d\u00e9j\u00e0 cordiales, entre les deux couples un \u00e9lan impr\u00e9vu. Jovanovitch d\u00e9couvrit la richesse de la biblioth\u00e8que d\u2019Istomin, qui prouvait qu\u2019il avait affaire \u00e0 la fois \u00e0 un grand amateur de litt\u00e9rature et \u00e0 un bibliophile averti. Une discussion passionn\u00e9e s\u2019instaura tout au long de la soir\u00e9e, au terme de laquelle Jovanovitch proposa \u00e0 Istomin de travailler pour HBJ. Il venait de publier une \u00e9dition fac-simil\u00e9 du Codex Atlanticus, ce fabuleux recueil de notes et de dessins de Leonard de Vinci, qui \u00e9tait conserv\u00e9 \u00e0 la Biblioth\u00e8que Ambrosienne de Milan et restait inaccessible aux amateurs\u00a0: 1 119 feuillets qui couvraient toute la carri\u00e8re de Leonard de Vinci, de 1478 \u00e0 1519. Parus en juin 1978, ses douze volumes avaient \u00e9t\u00e9 accueillis avec enthousiasme dans le monde entier par les passionn\u00e9s quelque peu fortun\u00e9s. Jovanovitch avait l\u2019intention de poursuivre et d\u2019intensifier l\u2019activit\u00e9 de son label Johnson Reprint. Il songeait \u00e0 r\u00e9\u00e9diter en fac-simil\u00e9 les \u00e9ditions compl\u00e8tes historiques de certains grands \u00e9crivains anglais comme Joseph Conrad et Istomin lui apparaissait comme la personne r\u00eav\u00e9e pour superviser la r\u00e9alisation de tels ouvrages.<br \/>\nQuelques jours plus tard, Istomin rencontrait Jovanovitch et son \u00e9quipe dans les locaux de HBJ. Il \u00e9tait entendu qu\u2019il conserverait toute libert\u00e9 d\u2019emploi du temps et que cela ne g\u00eanerait pas sa carri\u00e8re. Dans ces conditions, Istomin ne voyait aucune raison de refuser une proposition aussi passionnante. Il fut nomm\u00e9 aussit\u00f4t Conseiller du Pr\u00e9sident pour les projets sp\u00e9ciaux. On lui attribua un bureau et on lui trouva une assistante id\u00e9ale, Marie Arana, qui allait faire par la suite une magnifique carri\u00e8re d\u2019\u00e9crivain et de critique. Marie Arana a confi\u00e9 \u00e0 James Gollin, le biographe d\u2019Istomin, le portrait que Jovanovitch lui avait fait alors de son patron, qu\u2019elle n\u2019avait pas encore vu\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne connais personne dans tout le milieu artistique qui soit aussi concern\u00e9 par la litt\u00e9rature que lui. Ce n\u2019est pas quelqu\u2019un qui se pr\u00e9occupe seulement de la qualit\u00e9 litt\u00e9raire, il s\u2019int\u00e9resse aussi au livre en tant qu\u2019objet. Bill (Jovanovitch) \u00e9tait quelqu\u2019un qui aimait l\u2019odeur des livres et leur toucher. Il voulait savoir quel cuir avait \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9, \u00e9prouver la rigidit\u00e9 du dos, voir l\u2019estampille\u2026 Ce qui l\u2019impressionnait vraiment, c\u2019\u00e9tait de trouver quelqu\u2019un qui non seulement comprenait la litt\u00e9rature, mais aimait aussi l\u2019art du livre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div id=\"attachment_3248\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Conrad-2.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3248\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3248\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Conrad-2-300x188.jpg\" alt=\"L\u2019\u00e9dition Joseph Conrad\" width=\"300\" height=\"188\" srcset=\"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Conrad-2-300x188.jpg 300w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Conrad-2-320x202.jpg 320w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Conrad-2.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3248\" class=\"wp-caption-text\">L\u2019\u00e9dition Joseph Conrad<\/p><\/div>\n<p>La premi\u00e8re s\u00e9rie men\u00e9e \u00e0 bien fut la publication des \u0153uvres compl\u00e8tes de Joseph Conrad, reprenant les vingt volumes de l\u2019\u00e9dition Heinemann de 1921. Ils furent imprim\u00e9s \u00e0 Londres avec le plus grand soin d\u00e8s 1980. Un autre grand projet, plus ambitieux encore, devait prendre la suite\u00a0: les fabuleuses collections du Mus\u00e9e de l\u2019Ermitage \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg. Seuls quelques tableaux \u00e9taient parfois pr\u00eat\u00e9s pour des expositions dans les pays occidentaux. M\u00eame les amateurs qui allaient \u00e0 Leningrad ne pouvaient en voir qu\u2019une petite partie, et l\u2019on ne pouvait qu\u2019imaginer les richesses qui dormaient, sans doute dans de mauvaises conditions de conservation, dans les r\u00e9serves et les caves (pr\u00e8s de trois millions de pi\u00e8ces\u00a0!). La perspective de pouvoir en faire une large pr\u00e9sentation dans une s\u00e9rie de livres r\u00e9alis\u00e9s avec le plus grand soin et les technologies les plus modernes, \u00e9tait une perspective fantastique, m\u00eame si elle demandait un travail consid\u00e9rable et co\u00fbterait beaucoup d\u2019argent. Pour Jovanovitch, il \u00e9tait clair qu\u2019Istomin \u00e9tait la seule personne capable d\u2019assumer une telle mission, par sa compr\u00e9hension de l\u2019\u00e2me russe et sa ma\u00eetrise de la langue, par ses connaissances et sa passion pour les arts.<br \/>\nIstomin r\u00e9ussit \u00e0 r\u00e9unir une \u00e9quipe d\u2019experts de tr\u00e8s haut niveau et parfaitement compl\u00e9mentaires dans leurs champs de comp\u00e9tence pour couvrir les immenses collections qui allaient de la Renaissance \u00e0 la R\u00e9volution\u00a0de 1917 : le Fran\u00e7ais Pierre Rosenberg, alors directeur du d\u00e9partement des peintures au Louvre\u00a0; l\u2019Anglais Philip Pouncey, \u00e9minent sp\u00e9cialiste de la peinture de la Renaissance italienne\u00a0; l\u2019Am\u00e9ricain Alan Shestack, directeur de la Yale University Art Gallery ; un autre Am\u00e9ricain, Leo Steinberg, n\u00e9 \u00e0 Moscou, qui avait bouscul\u00e9 les approches des historiens d\u2019art. Istomin entama des n\u00e9gociations difficiles avec les autorit\u00e9s sovi\u00e9tiques. Des rencontres pr\u00e9paratoires eurent lieu \u00e0 Paris, notamment pour fixer le montant des compensations financi\u00e8res apport\u00e9es par HBJ en \u00e9change des autorisations et de l\u2019attribution de droits exclusifs. En octobre 1980, Istomin se rendit \u00e0 Leningrad avec son \u00e9quipe artistique pour rencontrer les conservateurs de l\u2019Ermitage et tout semblait en tr\u00e8s bonne voie. Malheureusement, la situation politique s\u2019en m\u00eala. L\u2019Union Sovi\u00e9tique avait envahi l\u2019Afghanistan en d\u00e9cembre 1979 et les tensions diplomatiques n\u2019avaient cess\u00e9 de grandir tout au long de l\u2019ann\u00e9e 1980, les USA appelant m\u00eame au boycott des Jeux Olympiques de Moscou. Le Pr\u00e9sident Carter d\u00e9cida que ce programme de coop\u00e9ration culturelle et technologique avec le Mus\u00e9e de l\u2019Ermitage devait \u00eatre annul\u00e9. Jovanovitch, Istomin et son \u00e9quipe durent se r\u00e9soudre \u00e0 renoncer, la mort dans l\u2019\u00e2me.<\/p>\n<div id=\"attachment_3249\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1984-avec-les-Jovanovitch.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3249\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3249\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1984-avec-les-Jovanovitch-300x184.jpg\" alt=\"Eugene et Marta Istomin encadrent William et Martha Jovanovitch. A droite, Peter Jovanovitch. 1984.   \" width=\"300\" height=\"184\" srcset=\"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1984-avec-les-Jovanovitch-300x184.jpg 300w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1984-avec-les-Jovanovitch-1024x627.jpg 1024w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/1984-avec-les-Jovanovitch.jpg 1634w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3249\" class=\"wp-caption-text\">Eugene et Marta Istomin encadrent William et Martha Jovanovitch. A droite, Peter Jovanovitch. 1984.<\/p><\/div>\n<p>Ces aventures resserr\u00e8rent encore les liens amicaux entre les Jovanovitch et les Istomin. Les deux couples se retrouvaient souvent dans la villa que les Jovanovitch venaient alors d\u2019acheter \u00e0 Cap-\u00e0-l\u2019Aigle, au Qu\u00e9bec, sur les rives du Saint-Laurent. Lorsque les Istomin quitt\u00e8rent New York pour Washington, Marta venant de prendre la direction du Kennedy Center, l\u2019appartement des Jovanovitch \u00e9tait presque toujours \u00e0 leur disposition comme pied-\u00e0-terre \u00e0 New York. Jusqu\u2019en 1986, Istomin travailla sur diff\u00e9rentes r\u00e9alisations de fac-simil\u00e9s. Dans le domaine des arts, il y eut notamment des carnets d\u2019esquisses de Paul C\u00e9zanne et de Jackson Pollock. La derni\u00e8re fut consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9dition Wessex des \u0153uvres de Thomas Hardy, publi\u00e9e en 24 volumes par Macmillan en 1913. Elle fut tir\u00e9e \u00e0 deux cent cinquante exemplaires num\u00e9rot\u00e9s, imprim\u00e9e sur du papier fait \u00e0 la main par les presses de la fameuse imprimerie londonienne Curwen Press, et magnifiquement reli\u00e9e en peau de ch\u00e8vre fonc\u00e9. D\u2019autres \u00e9crivains \u00e9taient envisag\u00e9s mais durent \u00eatre abandonn\u00e9s. Ces publications \u00e9taient tr\u00e8s co\u00fbteuses et HBJ se trouvait dans une situation financi\u00e8re d\u00e9licate, d\u2019autant que le magnat de la presse britannique, Robert Maxwell, s\u2019\u00e9tait mis en t\u00eate de mettre la main sur HBJ, proposant de la racheter deux milliards de dollars. Jovanovitch refusa et dut se lancer dans une recapitalisation qui l\u2019amena \u00e0 s\u2019endetter tr\u00e8s lourdement et qui provoqua le d\u00e9clin de la compagnie, et son d\u00e9part en 1990.<br \/>\nIstomin avait contribu\u00e9 aussi \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019autres projets, en particulier celui des m\u00e9moires de Galina Vichnievskaia qui, \u00e9dit\u00e9 par Marie Arana, parut chez HBJ en 1984 sous le titre Galina: A Russian Story. Retra\u00e7ant sa vie personnelle, mais aussi la vie difficile des artistes et des intellectuels russes confront\u00e9s au r\u00e9gime sovi\u00e9tique, le livre remporta un tr\u00e8s grand succ\u00e8s et fut traduit dans de nombreuses langues.<br \/>\nCet article tire l\u2019essentiel de ses informations du livre de James Gollin\u00a0: Pianist, a biography of Eugene Istomin.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":359,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3244"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3244"}],"version-history":[{"count":4,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3244\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7386,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3244\/revisions\/7386"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/359"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3244"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}