{"id":3049,"date":"2016-03-10T11:02:02","date_gmt":"2016-03-10T10:02:02","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=3049"},"modified":"2020-02-21T23:50:17","modified_gmt":"2020-02-21T22:50:17","slug":"carriere-1971-1987","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/biographie\/carriere\/carriere-1971-1987\/","title":{"rendered":"Carri\u00e8re\u00a0: 1971-1987"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 hundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-overflow:visible;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><p><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/John-Gruen-journaliste.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3052 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/John-Gruen-journaliste.jpg\" alt=\"\" width=\"237\" height=\"300\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"beautify\">Une semaine apr\u00e8s la mort de son p\u00e8re, le 22 novembre 1971, Istomin \u00e9tait sur la sc\u00e8ne de Carnegie Hall pour donner un r\u00e9cital. L\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00e9tait tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9, tant il \u00e9tait \u00e0 cette \u00e9poque en permanence sous les projecteurs de l\u2019actualit\u00e9 musicale. La veille du r\u00e9cital, le <em>New York Times<\/em> publia\u00a0un grand portrait sign\u00e9 John Gruen, intitul\u00e9\u00a0\u00ab\u00a0Istomin : \u2018J\u2019aime \u00eatre seul\u2019\u00bb.<\/p>\n<p>Le journaliste s\u2019\u00e9tonnait qu\u2019avec son exceptionnel talent et sa riche carri\u00e8re il ne soit pas plus c\u00e9l\u00e8bre, et il s\u2019interrogeait sur son\u00a0charisme\u00a0: pourquoi ne d\u00e9clenchait-t-il pas l\u2019hyst\u00e9rie du public ou la curiosit\u00e9 des m\u00e9dias\u00a0? La r\u00e9ponse d\u2019Istomin \u00e9tait claire : \u00ab\u00a0Je crois qu&rsquo;il faut faire certaines choses pour que cela se passe et, depuis mes tout d\u00e9buts, j\u2019ai un sentiment de r\u00e9pulsion pour ce genre d\u2019attitude. Ma tendance a toujours \u00e9t\u00e9 d\u2019aller vers la substance de la musique plut\u00f4t que vers son apparence.\u00a0\u00bb Les exemples de grands pianistes qui ont attir\u00e9 l\u2019attention du public ou des m\u00e9dias en faisant artificiellement le spectacle ne manquent pas. Le plus c\u00e9l\u00e8bre est Rubinstein, attaquant la <em>Danse du feu<\/em> de Manuel de Falla avec les mains au-dessus de sa t\u00eate. Mais m\u00eame Serkin, symbole du jans\u00e9nisme musical, joue aussi pour les yeux,\u00a0sans doute pour une bonne part inconsciemment, chantant, tapant du pied, se penchant sur le clavier puis se renversant en arri\u00e8re, semblant comme poss\u00e9d\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_3356\" style=\"width: 228px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/istomin-1979.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3356\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3356 size-medium\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/istomin-1979-218x300.jpg\" alt=\"istomin 1979\" width=\"218\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/istomin-1979-218x300.jpg 218w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/istomin-1979-746x1024.jpg 746w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/istomin-1979.jpg 1165w\" sizes=\"(max-width: 218px) 100vw, 218px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3356\" class=\"wp-caption-text\">Eugene Istomin en 1979<\/p><\/div>\n<p>Face \u00e0 John Gruen, Istomin va plus loin dans l\u2019autocritique.\u00a0Il reconna\u00eet avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9tentieux : \u00ab Alors que j\u2019\u00e9tais encore un adolescent, je me suis attaqu\u00e9 au genre de r\u00e9pertoire que les artistes abordent seulement \u00e0 la cinquantaine ou \u00e0 la soixantaine.\u00a0Quand j\u2019avais une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, j\u2019ai relev\u00e9 le d\u00e9fi d\u2019\u00eatre Schnabel ou Serkin, ce qui \u00e9tait parfaitement ridicule.\u00a0J\u2019\u00e9tais trop arrogant. Cela aurait \u00e9t\u00e9 tellement plus facile d\u2019\u00e9clabousser tout le monde en jouant de spectaculaires Liszt ou Prokofiev.\u00a0\u00bb\u00a0En fait, d\u00e8s cette \u00e9poque, et comme il le fera jusqu\u2019au bout, il suivait son id\u00e9al et \u00e9coutait ce que lui dictait son instinct, sans r\u00e9fl\u00e9chir en termes de carri\u00e8re.<\/p>\n<p>En cette ann\u00e9e 1971, Istomin avait le sentiment de mieux se conna\u00eetre : \u00ab\u00a0Je crois que je suis un interpr\u00e8te de Chopin tr\u00e8s idiomatique. Je joue Debussy tr\u00e8s bien, et Ravel aussi. J\u2019ai tr\u00e8s bien jou\u00e9 Rachmaninov et, bien s\u00fbr, Mozart et Beethoven.\u00a0Cela fait beaucoup de musique, et cela correspond aux diff\u00e9rents aspects de ma personnalit\u00e9.\u00a0\u00bb Que ses interpr\u00e9tations soient marqu\u00e9es par une profonde compr\u00e9hension de l\u2019\u0153uvre, c\u2019\u00e9tait une \u00e9vidence que James Gruen rappelait : \u201cIl semble se tourner vers la musique moins avec le regard d\u2019un pianiste qu\u2019avec celui d\u2019un compositeur. Chez lui, il y a toujours la volont\u00e9 de rechercher l\u2019essentiel, de creuser la structure et les tensions qui vont donner du sens \u00e0 son message.\u00a0\u00bb En ce qui concerne la sonorit\u00e9 et l\u2019attitude sur sc\u00e8ne, Istomin prenait d\u00e9sormais Rachmaninov pour\u00a0r\u00e9f\u00e9rence\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai toujours voulu exprimer ma personnalit\u00e9 \u00e0 travers le son de mon piano. C\u2019est ce qui compte pour moi, et c\u2019est ce que Rachmaninov avait coutume de faire. Il se pr\u00e9sentait sur sc\u00e8ne sans qu\u2019un seul muscle de son visage ne bouge, et son apparence \u00e9tait tr\u00e8s aust\u00e8re et froide, mais il faisait de la musique de fa\u00e7on magnifique, merveilleuse.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div id=\"attachment_3052\" style=\"width: 247px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-bernschwartz.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3052\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3052\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-bernschwartz-237x300.jpg\" alt=\"Eugene Istomin photographi\u00e9 par Bernschwartz\" width=\"237\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-bernschwartz-237x300.jpg 237w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-bernschwartz.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 237px) 100vw, 237px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3052\" class=\"wp-caption-text\">Eugene Istomin photographi\u00e9 par Bernschwartz<\/p><\/div>\n<p>A quarante-cinq ans, Istomin ne reniait rien des choix et des id\u00e9aux de sa jeunesse, comme\u00a0homme et comme\u00a0musicien. Il avait sans doute perdu quelques illusions sur le monde musical, mais il avait aussi gagn\u00e9 en lucidit\u00e9 et il restait tr\u00e8s confiant dans sa capacit\u00e9 \u00e0 suivre jusqu\u2019au bout le chemin qu\u2019il revendiquait\u00a0: \u00ab\u00a0Je crois que j\u2019atteins juste le sommet de mon parcours artistique\u00a0\u00bb. Tant pis si ce n\u2019\u00e9tait pas ce qu\u2019il fallait faire pour devenir c\u00e9l\u00e8bre\u00a0! Istomin reconnaissait d\u2019ailleurs qu\u2019il lui arrivait de \u00ab\u00a0rendre la t\u00e2che difficile \u00e0 ceux qui voulaient l\u2019appr\u00e9cier\u00a0\u00bb. Et il en donnait une preuve de plus dans cette interview. Un grand portrait dans le <em>New York Times<\/em> \u00e9tait une magnifique occasion de se mettre en avant, de s\u00e9duire ou de provoquer. Or, il\u00a0n&rsquo;offrait nul glamour, aucune formule percutante ou anecdote affriolante.\u00a0Son souci de respecter la v\u00e9rit\u00e9, de donner \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir, de rester sinc\u00e8re, le menait\u00a0jusqu\u2019\u00e0 la confession de ses d\u00e9fauts. Il y avait peu de chances dans ces conditions\u00a0qu\u2019Istomin devienne la coqueluche des m\u00e9dias et que le grand public ait pour lui les yeux de Chim\u00e8ne.<br \/>\nEn tout cas, au d\u00e9but des ann\u00e9es 70, les critiques et le public remarqu\u00e8rent qu\u2019Istomin avait quelque peu chang\u00e9 sa fa\u00e7on d\u2019\u00eatre au piano\u00a0: tout pour la musique, rien pour le spectacle. Il n\u2019avait certes jamais jou\u00e9 pour \u00e9pater la galerie ou pour donner \u00e0 voir plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 entendre la musique, mais son jeu \u00e9tait devenu encore plus sobre. Musicalement, il donnait le sentiment que ses interpr\u00e9tations \u00e9taient encore plus int\u00e9rioris\u00e9es, \u00ab\u00a0classiques\u00a0\u00bb dans le sens le plus noble du mot.\u00a0En f\u00e9vrier 71, lorsqu\u2019il joua le <em>Deuxi\u00e8me Concerto<\/em> de Chopin \u00e0 Carnegie Hall avec le Cleveland Orchestra sous la direction de son ami Jerzy Semkow, le critique du <em>New York Times<\/em>, Allen Hughes, constata\u00a0: \u00ab\u00a0Il a donn\u00e9 au concerto une fra\u00eecheur et une clart\u00e9 qui aurait honor\u00e9 Mozart et qui convenait tr\u00e8s bien \u00e0 Chopin. De m\u00eame, son phras\u00e9 avait un naturel aristocratique et un raffinement qui soulignait l\u2019esprit classique de son interpr\u00e9tation.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div id=\"attachment_3057\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Jacobson-3.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3057\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3057\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Jacobson-3-300x254.jpg\" alt=\"Bernard Jacobson, critique musical et gastronomique\" width=\"300\" height=\"254\" srcset=\"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Jacobson-3-300x254.jpg 300w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Jacobson-3.jpg 400w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3057\" class=\"wp-caption-text\">Bernard Jacobson, critique musical et gastronomique<\/p><\/div>\n<p>Apr\u00e8s un r\u00e9cital \u00e0 Chicago au mois de mai, Thomas Willis s&rsquo;exclama\u00a0 dans le <em>Chicago Tribune<\/em> du 25 mai qu&rsquo;\u201cIstomin \u00e9tait un antidote bienvenu\u00a0face \u00e0 l\u2019histrionisme qui frappait tant de virtuoses insupportables\u00a0\u00bb. Son confr\u00e8re du <em>Chicago Sun Times<\/em>, Robert C. Marsh\u00a0d\u00e9clarait : \u00ab\u00a0Son classicisme lui permet de tout jouer\u201d. Quant \u00e0 Bernard Jacobson, \u00e9minent journaliste et musicologue, il livra au <em>Chicago Daily News<\/em> une critique dithyrambique. Constatant lui aussi que \u00abEugene Istomin se pr\u00e9sentait sur sc\u00e8ne avec modestie\u00a0\u00bb, il se d\u00e9solait de l\u2019\u00e9trange fonctionnement du monde musical am\u00e9ricain\u00a0: \u00ab\u00a0Si le cabotinage \u00e9tait la mesure de r\u00e9f\u00e9rence de la valeur artistique, on pourrait presque comprendre qu\u2019il n\u2019a pas jou\u00e9 avec l\u2019Orchestre Symphonique de Chicago depuis sept saisons, alors qu\u2019il\u00a0avait \u00e9t\u00e9 autrefois fr\u00e9quemment invit\u00e9, ou que son r\u00e9cital dans la grande salle ait \u00e9t\u00e9 le premier qu\u2019il ait donn\u00e9 ici.\u00a0\u00bb Jacobson d\u00e9bordait d\u2019enthousiasme pour tout ce qu\u2019il avait entendu ce soir-l\u00e0, ayant \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement boulevers\u00e9 par l&rsquo;interpr\u00e9tation sublime de la <em>Sonate en r\u00e9 majeur<\/em> de Schubert. Pour que la d\u00e9monstration soit totale, il ne faut pas oublier Roger Dettmer dans <em>Chicago American\/Today\u00a0<\/em>! Notant avec satisfaction que l\u2019immense Symphony Hall \u00e9tait comble, ce qui ne semblait pas \u00eatre souvent le cas pour des r\u00e9citals de piano, il se montrait tout aussi extatique, de la premi\u00e8re ligne (\u00ab\u00a0Istomin envo\u00fbtant\u00a0\u00bb) \u00e0 la derni\u00e8re (\u00ab\u00a0Bienvenue au pinacle et merci infiniment\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>Ce r\u00e9cital de Chicago \u00e9tait l\u2019un des sommets de la saison d\u2019Istomin et l\u2019une des plus belles unanimit\u00e9s critiques qu\u2019il ait jamais recueillies. Il pouvait esp\u00e9rer un triomphe \u00e9quivalent, six mois plus tard, avec presque le m\u00eame programme \u00e0 Carnegie Hall. Le succ\u00e8s public fut bien au rendez-vous et une partie de la critique fut au diapason. Harriett Johnson dans le <em>New York Post<\/em> remarqua elle aussi qu&rsquo;Istomin avait \u00ab\u00a0une \u00e2me \u00e0 l\u2019ancienne\u00a0\u00bb. Elle qualifia Istomin de \u00ab\u00a0po\u00e8te de l\u2019introspection\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0royal solitaire\u00a0\u00bb dans Schubert. Elle admira sa sonorit\u00e9 exquise et la versatilit\u00e9 de son art, passant avec tant de facilit\u00e9 de l\u2019univers de Brahms \u00e0 celui de Debussy puis de Chopin. Et elle conclut avec une citation de Stravinsky tout \u00e0 fait pertinente\u00a0: \u00ab\u00a0Vous ne changez pas, vous vous contentez d\u2019ajouter\u00a0\u00bb. Istomin restait fid\u00e8le \u00e0 lui-m\u00eame mais ne cessait de s\u2019enrichir. Mais le <em>New York Times<\/em>, in\u00e9vitablement, se montra plut\u00f4t n\u00e9gatif en regrettant ce\u00a0refus de la flamboyance qui avait s\u00e9duit les autres journaux.\u00a0Cette ann\u00e9e 1971, particuli\u00e8rement riche, fut une ann\u00e9e charni\u00e8re. On pouvait penser qu\u2019elle lui permettrait de passer un nouveau cap vers son propre \u00e9panouissement musical et vers une reconnaissance plus affirm\u00e9e des m\u00e9dias et du public. Ce ne fut pas le cas.<\/p>\n<div id=\"attachment_3059\" style=\"width: 289px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Munch-2.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3059\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3059\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Munch-2-279x300.jpg\" alt=\"Charles Munch au d\u00e9but des ann\u00e9es 60\" width=\"279\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Munch-2-279x300.jpg 279w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Munch-2.jpg 796w\" sizes=\"(max-width: 279px) 100vw, 279px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3059\" class=\"wp-caption-text\">Charles Munch au d\u00e9but des ann\u00e9es 60<\/p><\/div>\n<p>Istomin avait d\u00e9clar\u00e9 un jour dans une interview\u00a0: \u00ab\u00a0Je dois ma carri\u00e8re \u00e0 tous les grands chefs d\u2019orchestre, qui m\u2019ont fait confiance, qui m\u2019ont reconnu comme un des leurs, qui m\u2019ont r\u00e9engag\u00e9 m\u00eame lorsque les critiques me d\u00e9molissaient. Ils croyaient en moi, avaient plaisir \u00e0 me diriger, et cela seul comptait.\u00a0\u00bb Mais au d\u00e9but des ann\u00e9es 70, ces grands chefs n&rsquo;\u00e9taient plus l\u00e0. Rodzinski, le premier \u00e0 l\u2019avoir soutenu, mourut en 1958, dix ans apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 chass\u00e9 de New York puis de Chicago par Arthur Judson. Mitropoulos, lui aussi contraint de d\u00e9missionner\u00a0de New York, succomba \u00e0 une d\u00e9faillance cardiaque deux ans plus tard. Entre 1962 et 1964, Bruno Walter, Fritz Reiner et Pierre Monteux disparurent \u00e0 leur tour. En m\u00eame temps, Charles Munch et Paul Paray abandonn\u00e8rent leur poste de directeur musical \u00e0 Boston et \u00e0 Detroit, et Bernstein en fit de m\u00eame \u00e0 New York. En 1970, ce fut la mort de Szell et le d\u00e9part de Josef Krips. Parmi les chefs de la vieille g\u00e9n\u00e9ration, dont il \u00e9tait si proche, il ne restait plus alors que William Steinberg, Eugene Ormandy et Antal Dorati, avec lesquels il pur encore jouer\u00a0pendant une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es.<\/p>\n<p>De nouveaux chefs \u00e9taient venus d\u2019Europe pour les remplacer, qu\u2019Istomin ne connaissait pas et qui ne le connaissaient que comme le pianiste du fameux Trio Istomin-Stern-Rose. Plus encore qu\u2019un changement de personnes, c\u2019\u00e9tait un changement de civilisation musicale\u00a0! L\u2019\u00e8re du marketing qui avait envahi le disque au tournant des ann\u00e9es 60 s\u2019empara aussi du monde du concert. Les directeurs musicaux n\u2019\u00e9taient plus les ma\u00eetres tout puissants. Ils ne passaient d\u00e9sormais qu\u2019un nombre limit\u00e9 de semaines avec l\u2019orchestre dont ils avaient la charge. Ils cumulaient souvent la direction de deux orchestres, et couraient le monde comme chefs invit\u00e9s pendant le reste de l\u2019ann\u00e9e. Ils \u00e9taient bien oblig\u00e9s de d\u00e9l\u00e9guer une grande partie de leurs pouvoirs aux managers, y compris dans le domaine artistique. Ces managers furent de moins en moins soucieux de musique. Lorsqu\u2019il s\u2019agissait d\u2019engager un chef invit\u00e9 ou un soliste, ils se pr\u00e9occupaient davantage de faire \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9v\u00e9nement\u00a0\u00bb que de construire un projet musical coh\u00e9rent. Les solistes qu\u2019on avait beaucoup vus depuis longtemps furent rejet\u00e9s au profit de nouveaux venus qui n\u2019avaient peut-\u00eatre pas le m\u00eame niveau, mais qui \u00e9taient susceptibles d\u2019\u00e9veiller la curiosit\u00e9 des m\u00e9dias et du public. Les managers c\u00e9daient volontiers au lobby des maisons de disques qui cherchaient \u00e0 placer leurs poulains. Il arriva qu\u2019un chef demand\u00e2t express\u00e9ment Istomin comme soliste. Le manager promit de s\u2019en occuper, mais r\u00e9pondit que, malheureusement, Eugene n\u2019\u00e9tait pas disponible, ce qui n\u2019\u00e9tait pas vrai. En fait, il n\u2019avait m\u00eame pas demand\u00e9&#8230;<br \/>\n<a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-songeur-001.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-3060 alignright\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-songeur-001-300x296.jpg\" alt=\"Istomin songeur 001\" width=\"300\" height=\"296\" srcset=\"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-songeur-001-52x50.jpg 52w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-songeur-001-66x66.jpg 66w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-songeur-001-300x296.jpg 300w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-songeur-001-1024x1012.jpg 1024w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Istomin-songeur-001.jpg 2497w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, Istomin eut un certain nombre d\u2019exp\u00e9riences avec des chefs de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration. Les relations apparaissaient souvent tr\u00e8s cordiales. Peut-\u00eatre cependant certains chefs avaient-ils quelque appr\u00e9hension \u00e0 le diriger\u00a0? Il avait jou\u00e9 sous la direction des plus grands, dont l\u2019ombre intimidante planait encore autour de lui. Istomin passait \u00e9galement pour avoir un caract\u00e8re difficile, m\u00eame s\u2019il se montrait tr\u00e8s respectueux. Il est vrai qu\u2019il ne faisait pas sa cour comme le font tant de solistes, il ne se r\u00e9pandait pas en compliments gratuits, et parfois peu sinc\u00e8res, sur la qualit\u00e9 de l\u2019accompagnement qui lui avait \u00e9t\u00e9 prodigu\u00e9. On pouvait peut-\u00eatre lire sur son visage, ou deviner dans son discours, un manque d\u2019enthousiasme que sa sinc\u00e9rit\u00e9 ne lui permettait pas de cacher. Si la premi\u00e8re soir\u00e9e n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 parfaite, il pensait d\u2019abord \u00e0 dire ce qui permettrait \u00e0 la deuxi\u00e8me d\u2019\u00eatre meilleure. Il lui arriva de s\u2019emporter pour certaines fautes ou certaines n\u00e9gligences, par exemple \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un chef qui ne le regardait pas \u00e0 la fin d\u2019un solo ou d\u2019une cadence pour faire rentrer l\u2019orchestre.<\/p>\n<p>Avec certains chefs venus prendre la direction des plus grands orchestres am\u00e9ricains (Muti, Boulez, Giulini, Dohnanyi, De Waart\u2026), il n\u2019y eut pas m\u00eame de contact. Certaines rencontres (Ozawa, Dutoit, Marriner, Maazel, Slatkin\u2026) rest\u00e8rent ponctuelles, et ne d\u00e9bouch\u00e8rent sur aucune collaboration suivie. Istomin \u00e9tait par ailleurs tr\u00e8s dubitatif sur le r\u00e9el talent de certains d\u2019entre eux et sur leur l\u00e9gitimit\u00e9 pour prendre de telles responsabilit\u00e9s. Les relations avec Zubin Mehta avaient \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s prometteuses mais ne se mat\u00e9rialis\u00e8rent que par des invitations \u00e9pisodiques, Mehta ayant peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 froiss\u00e9 par le reproche d\u2019Istomin de trop courir le monde sans prendre le temps d\u2019approfondir. Le hasard a emp\u00each\u00e9 d\u2019autres relations de s\u2019\u00e9tablir, par exemple avec Abbado qui, malade, a d\u00fb renoncer \u00e0 venir \u00e0 Porto Rico diriger Istomin dans le <em>Concerto l\u2019Empereur<\/em> \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 Abbado commen\u00e7ait son association amicale avec Rudolf Serkin. Il y eut aussi des rendez-vous manqu\u00e9s avec Kubelik avec lequel il s\u2019entendait merveilleusement.<\/p>\n<div id=\"attachment_3064\" style=\"width: 247px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Sixten-Ehrling1.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3064\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3064\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Sixten-Ehrling1-237x300.jpg\" alt=\"Sixten Ehrling\" width=\"237\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Sixten-Ehrling1-237x300.jpg 237w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Sixten-Ehrling1-810x1024.jpg 810w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Sixten-Ehrling1.jpg 2457w\" sizes=\"(max-width: 237px) 100vw, 237px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3064\" class=\"wp-caption-text\">Sixten Ehrling<\/p><\/div>\n<p>Il ne resta bient\u00f4t plus aux Etats-Unis qu\u2019une poign\u00e9e de chefs avec lesquels Istomin ait des liens privil\u00e9gi\u00e9s\u00a0: Stanislas Skrowaczewski, David Zinman, Jerzy Semkow, Sergiu Commissiona, Gerard Schwarz, Sixten Ehrling\u2026 Ces collaborations \u00e9taient pr\u00e9cieuses, musicalement et humainement, mais elles ne lui ouvraient plus les portes des plus prestigieuses institutions symphoniques am\u00e9ricaines. Istomin avait beau multiplier les succ\u00e8s, b\u00e9n\u00e9ficier du respect des musiciens et de l\u2019amour fid\u00e8le d\u2019un public nombreux \u00e0 travers toute l\u2019Am\u00e9rique, rien n\u2019y fit. Apr\u00e8s son r\u00e9cital triomphal de 1971 au Chicago Symphony Hall, il fut certes invit\u00e9 \u00e0 Ravinia pendant l\u2019\u00e9t\u00e9 1972, et joua le Concerto K. 271 de Mozart sous la direction de Georg Solti en avril 1973. Mais cela s\u2019arr\u00eata l\u00e0. Istomin avait donn\u00e9 36 concerts avec l\u2019Orchestre Symphonique de Chicago dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 de sa carri\u00e8re, il n\u2019en donna plus un seul pendant la seconde moiti\u00e9\u2026 De m\u00eame avec l\u2019Orchestre Symphonique de Boston (27 concerts entre 1955 et 1969, aucun ensuite) ou avec l\u2019Orchestre Philharmonique de New York (32 concerts entre 1943 et 1968, un seul ensuite).<\/p>\n<p>Il faut dire aussi que la concurrence pour les pianistes \u00e9tait terrible. Un grand nombre de jeunes musiciens de talent partirent \u00e0 la conqu\u00eate des Etats-Unis dans les ann\u00e9es 70 : Argerich, Ashkenazy, Barenbo\u00efm, Brendel, Lupu, Perahia, Pollini, Watts&#8230; Par ailleurs, le r\u00e9pertoire des orchestres subissait une profonde \u00e9volution\u00a0: le public d\u00e9couvrait le r\u00e9pertoire post-romantique et les chefs d\u2019orchestre \u00e9taient presque tous d\u00e9sireux de s\u2019affirmer dans les symphonies de Mahler et de Bruckner qu\u2019ils ne pouvaient auparavant programmer que tr\u00e8s\u00a0rarement. Ces immenses symphonies ne laissaient g\u00e9n\u00e9ralement pas de place pour un concerto. Pour ne rien arranger, le r\u00e9pertoire d\u2019Istomin comprenait essentiellement les concertos les plus jou\u00e9s de Beethoven, de Brahms et de Mozart, ou alors des \u0153uvres qu\u2019aucun chef ne souhaitait diriger, comme la <em>Symphonie concertante<\/em> de Szymanowski ou le <em>Quatri\u00e8me Concerto<\/em> de Rachmaninov.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-Ormandy-Beethoven.png\"><img decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-3065 alignright\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-Ormandy-Beethoven-300x300.png\" alt=\"Eugene Ormandy Beethoven\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-Ormandy-Beethoven-66x66.png 66w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-Ormandy-Beethoven-150x150.png 150w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-Ormandy-Beethoven-300x300.png 300w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-Ormandy-Beethoven.png 376w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>La rupture avec Columbia avait eu un impact tr\u00e8s n\u00e9gatif qui se fit progressivement sentir. A cette \u00e9poque, un musicien qui n\u2019enregistrait pas voyait forc\u00e9ment son image et sa notori\u00e9t\u00e9 p\u00e2lir. Or, les derniers enregistrements solo d\u2019Istomin avaient \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s en 1969 (<em>Quatri\u00e8me Concerto<\/em> de Beethoven) et en 1970 (<em>Sonate en r\u00e9 majeur<\/em> de Schubert). Ils n\u2019avaient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 que de peu de publicit\u00e9 et n\u2019avaient gu\u00e8re \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9s en Europe, o\u00f9 le centre de gravit\u00e9 du monde musical \u00e9tait en train de basculer. La situation de la musique classique aux Etats-Unis se d\u00e9gradait. L\u2019int\u00e9r\u00eat des m\u00e9dias, des pouvoirs publics, des m\u00e9c\u00e8nes diminuait lentement, mais inexorablement. Le grand engouement qui avait dur\u00e9 plusieurs d\u00e9cennies \u00e9tait en train de faiblir. Le business et l\u2019incomp\u00e9tence prenaient le pouvoir. La plupart des artistes am\u00e9ricains de premier plan abandonn\u00e8rent leur marque de disques aux Etats-Unis pour se lier avec des labels europ\u00e9ens et ils jou\u00e8rent davantage en Europe. Ce fut le cas de Serkin, de Bernstein, d\u2019Horowitz (tous trois enr\u00f4l\u00e9s par Deutsche Grammophon), et m\u00eame de Bolet (pass\u00e9 chez Decca).<\/p>\n<p>A partir du milieu des ann\u00e9es 60, Istomin vint, lui aussi, de plus en plus souvent en Europe, sans pour autant d\u00e9marcher une nouvelle maison de disques. Malgr\u00e9 son ressentiment, il enregistra de la musique de chambre pour Columbia jusqu\u2019en 1983. Sa carri\u00e8re europ\u00e9enne se d\u00e9veloppa dans un certain nombre de pays, mais elle avait un s\u00e9rieux handicap :\u00a0il n\u2019avait pas accept\u00e9 d\u2019engagement en Allemagne ni en Autriche avant le milieu des ann\u00e9es 70. Il \u00e9tait trop tard, il avait manqu\u00e9 le coche des invitations de B\u00f6hm et de Krips.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-au-clavier-ann\u00e9es-80.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3067\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-au-clavier-ann\u00e9es-80-300x238.jpg\" alt=\"Eugene au clavier ann\u00e9es 80\" width=\"300\" height=\"238\" srcset=\"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-au-clavier-ann\u00e9es-80-147x118.jpg 147w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-au-clavier-ann\u00e9es-80-300x238.jpg 300w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-au-clavier-ann\u00e9es-80-1024x813.jpg 1024w, http:\/\/www.eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Eugene-au-clavier-ann\u00e9es-80.jpg 3042w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>\u00ab\u00a0Je crois que je suis un musicien \u00e0 l\u2019ancienne mode\u00a0\u00bb, disait souvent\u00a0Istomin. Il \u00e9tait en effet tr\u00e8s attach\u00e9 \u00e0 une fa\u00e7on de faire de la musique et de mener une carri\u00e8re, qui appartenait au pass\u00e9, et il n\u2019avait certes pas envie de s\u2019adapter et de faire des concessions. C\u2019est ainsi qu\u2019en l\u2019espace d\u2019une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, Istomin perdit son statut de pianiste incontournable.\u00a0Il continua \u00e0 donner \u00e9norm\u00e9ment de concerts et \u00e0 y conna\u00eetre le succ\u00e8s. Mais il fut de moins en moins invit\u00e9 dans les lieux les plus m\u00e9diatiques. Cette tendance commen\u00e7a \u00e0 se manifester de fa\u00e7on imperceptible \u00e0 la fin des ann\u00e9es 60 et se\u00a0 d\u00e9veloppa progressivement. Au\u00a0d\u00e9but des ann\u00e9es 80, il ne jouait plus qu\u2019exceptionnellement avec les plus grands orchestres am\u00e9ricains ou europ\u00e9ens. Ce fut\u00a0douloureux pour lui, mais il surmonta le d\u00e9couragement\u00a0 et continua \u00e0 donner le meilleur de lui-m\u00eame. Apr\u00e8s tout, il lui \u00e9tait donn\u00e9 de continuer \u00e0 jouer du piano, \u00e0 \u00e9prouver la reconnaissance du public, \u00e0 recueillir de pr\u00e9cieux t\u00e9moignages d\u2019estime de grands musiciens. Et puis, il pouvait esp\u00e9rer que la tendance finirait par s\u2019inverser et qu\u2019on le red\u00e9couvrirait un jour\u2026<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-1 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-1 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\"><strong>Musique<\/strong><\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep- sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><p><strong>Mozart<\/strong>, <em>Concerto n\u00b0 9 en mi b\u00e9mol majeur K. 271<\/em>. Eugene Istomin, Orchestre de Chambre, Alexander Schneider. 1972.<\/p>\n<!--[if lt IE 9]><script>document.createElement('audio');<\/script><![endif]-->\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-3049-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Mozart-piano-concerto-K-271.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Mozart-piano-concerto-K-271.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Mozart-piano-concerto-K-271.mp3<\/a><\/audio>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Brahms,<\/strong> <em>Sonate pour piano et violon n\u00b0 1 en sol majeur op. 78<\/em>, les deux derniers mouvements. Eugene Istomin, Isaac Stern. 1973<\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-3049-2\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Brahms-Sonate-op.-78-mvts-2-3-Stern.mp3?_=2\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Brahms-Sonate-op.-78-mvts-2-3-Stern.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Brahms-Sonate-op.-78-mvts-2-3-Stern.mp3<\/a><\/audio>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Debussy<\/strong>, <em>Images Livre I : Hommage \u00e0 Rameau<\/em>. Eugene Istomin. Enregistrement en studio de 1987, publi\u00e9 sur le CD Adda 591049<\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-3049-3\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Debussy-Hommage-\u00e0-Rameau-Adda.mp3?_=3\" \/><a href=\"https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Debussy-Hommage-\u00e0-Rameau-Adda.mp3\">https:\/\/eugeneistomin.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Debussy-Hommage-\u00e0-Rameau-Adda.mp3<\/a><\/audio>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":314,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3049"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3049"}],"version-history":[{"count":15,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3049\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7405,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3049\/revisions\/7405"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/314"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3049"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}