{"id":15,"date":"2015-07-13T15:41:39","date_gmt":"2015-07-13T14:41:39","guid":{"rendered":"http:\/\/eugeneistomin.com\/?page_id=15"},"modified":"2023-02-26T22:00:15","modified_gmt":"2023-02-26T21:00:15","slug":"lhomme","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/lhomme\/","title":{"rendered":"L\u2019homme"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-1 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\">La personnalit\u00e9 de Eugene Istomin<\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><p>Le parcours de l\u2019homme est sans doute plus singulier encore que celui du musicien. Il se consid\u00e9rait d\u2019ailleurs, \u00e0 l\u2019instar de Casals, comme un homme avant d\u2019\u00eatre un artiste, m\u00eame si l\u2019art \u00e9tait pour lui le plus grand accomplissement possible de l\u2019\u00eatre humain. Passionn\u00e9 de litt\u00e9rature, d\u2019histoire et de peinture, curieux des sciences, il ne se contenta pas d\u2019\u00eatre un artiste et un intellectuel, il s\u2019engagea aussi dans la vie politique et se r\u00e9v\u00e9la \u00e0 l\u2019occasion un organisateur visionnaire d\u2019\u00e9v\u00e9nements musicaux.<br \/>\nIl est difficile d\u2019imaginer quelqu\u2019un qui ait \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 \u00e0 tant d\u2019influences contradictoires, et ait r\u00e9ussi \u00e0 les assimiler, \u00e0 les d\u00e9passer, et \u00e0 en tirer la plus grande richesse. Sa langue maternelle et sa culture initiale \u00e9taient russes. Cependant, d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge, il a tenu \u00e0 s\u2019int\u00e9grer dans le pays qui avait accueilli ses parents et \u00e0 devenir un vrai citoyen am\u00e9ricain, allant jusqu\u2019\u00e0 se prendre de passion pour le plus am\u00e9ricain des sports, le baseball. Apr\u00e8s une premi\u00e8re \u00e9ducation musicale russe avec Siloti, sous le signe de la libert\u00e9 et du plaisir, il fit l\u2019apprentissage de l\u2019\u00e9cole germanique la plus rigoureuse, avec Serkin. D\u2019une ascendance alsacienne qui remontait \u00e0 Napol\u00e9on, il avait h\u00e9rit\u00e9 l\u2019amour de la France et de sa langue. Ses parents, de caract\u00e8res et d\u2019origines si diff\u00e9rentes, longtemps en continuelle dispute, \u00e9taient l\u2019un orthodoxe et l\u2019autre juif. Istomin s\u2019\u00e9cartera de toute pratique religieuse.<br \/>\nConfront\u00e9 aux bouleversements de l\u2019histoire et aux profonds changements du monde musical, Istomin construisit son propre chemin, s\u2019appuyant sur son instinct, sur sa grande exigence intellectuelle et morale, et la haute id\u00e9e qu\u2019il avait du r\u00f4le d\u2019un artiste.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-1 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-2 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\">Un temp\u00e9rament beethov\u00e9nien<\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><p>Dans le portrait qu\u2019il fit de lui dans le <em>New York Times<\/em> en 1971, James Gruen s\u2019avoua d\u00e9rout\u00e9 par la personnalit\u00e9 d\u2019Istomin. Il estimait que s\u2019il faisait preuve sur sc\u00e8ne d\u2019une ma\u00eetrise \u00e9blouissante, il \u00e9tait en fait un \u00eatre tortur\u00e9 et \u00e9nigmatique. Gruen \u00e9tait frapp\u00e9 par son allure beethov\u00e9nienne, et nombre de gens qui ont c\u00f4toy\u00e9 Istomin l\u2019ont remarqu\u00e9 aussi. Son caract\u00e8re grognon, sa r\u00e9ticence \u00e0 sourire, ses brusques col\u00e8res, rares mais d\u00e9vastatrices faisaient penser \u00e0 Beethoven. Mais surtout, il y a chez eux un m\u00eame besoin de solitude, une m\u00eame douleur intense apr\u00e8s les d\u00e9ceptions, d\u00e9ceptions qui sont ensuite balay\u00e9es par la force de la volont\u00e9, l\u2019envie de vivre, la foi en l\u2019humanit\u00e9, la certitude que le bien finira par l\u2019emporter. La <em>Sonate Waldstein <\/em>en est l\u2019expression id\u00e9ale, et elle \u00e9tait l\u2019\u0153uvre embl\u00e9matique d\u2019Istomin.<\/p>\n<p>Ses certitudes lui donnaient des airs d\u2019arrogance, mais il y avait en lui beaucoup de doute, d\u2019humilit\u00e9 et d\u2019auto-d\u00e9rision. Au premier abord, il semblait assez froid et distant, intimidant m\u00eame, mais, bien vite, on d\u00e9couvrait derri\u00e8re sa pudeur beaucoup de chaleur et d\u2019humanit\u00e9. Il lui \u00e9tait tr\u00e8s difficile de cacher ce qu\u2019il ressentait, et il ne pouvait s\u2019emp\u00eacher de dire ce qu\u2019il pensait. Cette sinc\u00e9rit\u00e9 lui a nui dans sa carri\u00e8re mais, m\u00eame s\u2019il devint un peu plus prudent avec l\u2019\u00e2ge, il n\u2019y renon\u00e7a jamais. Lorsqu\u2019il se mettait en col\u00e8re, le moment pass\u00e9, il oubliait et ne gardait aucune rancune. En t\u00e9moignent ses nombreuses disputes avec Stern, qui n\u2019ont jamais remis en cause leur fraternit\u00e9.<\/p>\n<p>Que ce soit en termes de probit\u00e9 musicale, d\u2019\u00e9thique de carri\u00e8re ou de vie, Istomin refusait absolument les concessions, quelles qu\u2019en soient les cons\u00e9quences\u00a0: ne jamais jouer une \u0153uvre dans laquelle il n\u2019avait rien de personnel \u00e0 dire, ne pas chercher \u00e0 s\u00e9duire sur sc\u00e8ne, ne pas solliciter les gens qui pourraient pousser sa carri\u00e8re, s\u2019\u00e9lever contre les injustices ou s\u2019engager en politique.<\/p>\n<p>Sa curiosit\u00e9 \u00e9tait toujours en \u00e9veil\u00a0et son esprit pouvait bouillonner \u00e0 tout moment: \u00ab\u00a0Je ne peux pas rester sans savoir\u00a0\u00bb \u00e9tait une de ses expressions favorites. Il avait gard\u00e9 un enthousiasme d\u2019enfant, pr\u00eat \u00e0 s\u2019enflammer pour un projet ou une id\u00e9e. Dans cette d\u00e9marche il y avait un association paradoxale d\u2019intuition (selon Platon, la saisie imm\u00e9diate de la v\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;id\u00e9e par l&rsquo;\u00e2me) et de besoin de connaissance et d\u2019intellectualisation.<\/p>\n<p>Sur le plan mat\u00e9riel, il se montrait assez d\u00e9tach\u00e9 du sentiment de possession. Il n\u2019avait jamais achet\u00e9 de maison ou d\u2019appartement avant de s\u2019installer \u00e0 Washington avec Marta, et il n\u2019a jamais eu de voiture. Tout son argent passait dans les livres et les \u0153uvres d\u2019art, et d\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale dans ce qui lui donnait du plaisir, comme les grands restaurants ou les grands vins. Il tenait \u00e0 son confort et \u00e0 son standing, en particulier pour les voyages (les vols en Concorde\u00a0!) et dans les h\u00f4tels. Il trouvait que c\u2019\u00e9tait une compensation naturelle aux exigences de la vie d\u2019artiste itin\u00e9rant.<\/p>\n<p>Sa d\u00e9fiance pour les managers et le music business faisait qu\u2019il se montrait exigeant sur ses cachets. Pas question pour lui de se laisser exploiter\u00a0! Mais, lorsque cela lui paraissait justifi\u00e9, il \u00e9tait toujours dispos\u00e9 \u00e0 adapter ses conditions. Il fit preuve aussi d\u2019une grande g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 pour donner des concerts de bienfaisance, ou pour offrir ses cachets. Cette g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, on la retrouvait avec ses amis en difficult\u00e9, au point que Marta dut parfois lui demander d\u2019\u00eatre plus prudent\u00a0!<\/p>\n<p>Il y avait chez lui une ouverture aux autres, une bienveillance, une \u00e9coute, que l\u2019on rencontre tr\u00e8s rarement. Les autres pianistes n\u2019\u00e9taient jamais ses rivaux, et il s\u2019int\u00e9ressait volontiers aux gens tr\u00e8s simples. La d\u00e9licatesse et la fid\u00e9lit\u00e9 de ses amiti\u00e9s \u00e9taient \u00e9galement remarquables, comme pour l\u2019organisation de la tourn\u00e9e am\u00e9ricaine de Clara Haskil en 1956, ou l\u2019invitation d\u2019Horszowski pour faire ses d\u00e9buts avec l\u2019Orchestre de Philadelphie en 1978.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-2 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-3 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\">La recherche de Dieu<\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-3\"><p>Sa m\u00e8re \u00e9tant juive, il pouvait se consid\u00e9rer comme juif, mais il refusa sa Bar Mitzvah et resta tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 de la religion juive. S\u2019il apporta fid\u00e8lement et g\u00e9n\u00e9reusement son soutien \u00e0 Isra\u00ebl, c\u2019\u00e9tait avec l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00e9tat la\u00efc et une grande m\u00e9fiance \u00e0 l\u2019\u00e9gard des partis religieux.<\/p>\n<p>Istomin avait beaucoup lu et fait de recherches sur toutes les religions. Il avait accept\u00e9 de se marier avec Marta dans la religion catholique. Il s\u2019\u00e9tait senti de plus en plus proche de cette religion, mais il n\u2019\u00e9tait de toute fa\u00e7on pas question pour lui d\u2019y adh\u00e9rer, car il aurait eu le sentiment de trahir sa m\u00e8re.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019Istomin pour les grandes th\u00e9ories de la physique relevait aussi d\u2019une qu\u00eate spirituelle, de m\u00eame que son int\u00e9r\u00eat pour l\u2019astronomie, qui lui permettait d\u2019appr\u00e9hender la beaut\u00e9 sublime de l\u2019univers. Comme Casals, Istomin s\u2019\u00e9merveillait devant ce qu\u2019il y a de divin en chacun de nous, le miracle inexplicable de la vie et de l\u2019unicit\u00e9 de chaque \u00eatre humain.<\/p>\n<p>Cependant, pour Istomin, la plus belle preuve de l\u2019existence de Dieu, c\u2019est l\u2019art\u00a0! Il d\u00e9clara \u00e0 Jacobson\u00a0: \u00ab\u00a0\u00ab\u00a0Pour moi, l\u2019art est la plus haute activit\u00e9 possible. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de peinture ou de po\u00e9sie, de musique ou de danse, c&rsquo;est la meilleure chose dont nous sommes capables &#8211; et aussi la plus exigeante. L&rsquo;art rel\u00e8ve de l\u2019intellect et de l\u2019\u00e2me, c\u2019est le d\u00e9passement du physique et du mat\u00e9riel, voire de l&rsquo;explicable. On ne peut pas vraiment d\u00e9crire une phrase de Mozart ou de Beethoven ou une ligne dans un grand dessin. Cela prouve l&rsquo;existence d&rsquo;une dimension plus dense et pourtant plus simple. Si vous avez fait l&rsquo;exp\u00e9rience de cette r\u00e9alit\u00e9 ne serait-ce qu&rsquo;un instant, vous avez ressenti un aspect de Dieu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Lui-m\u00eame avait conscience d\u2019\u00eatre un artiste, d\u2019\u00eatre une partie de la musique, une partie infinit\u00e9simale, dont il ne devait tirer aucun orgueil, mais plut\u00f4t un sentiment de responsabilit\u00e9, celle de d\u00e9velopper autant qu\u2019il le pourrait les dons qu\u2019il avait re\u00e7us.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-3 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-4 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\">La place de la musique et de ses autres passions<\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-4\"><p>\u00ab\u00a0Chaque matin, apr\u00e8s le petit d\u00e9jeuner, je me mets au piano. Ce sont les heures les plus efficaces pour travailler\u2026 Mais la musique, elle, est dans ma t\u00eate 24 heures sur 24, c\u2019est obs\u00e9dant, cela peut m\u00eame \u00eatre pesant, mais c\u2019est ainsi\u2026 Et c\u2019est certainement le cas pour tous les musiciens\u00a0! En ce moment j\u2019ai une sonate de Mozart, l\u2019Hommage \u00e0 Rameau de Debussy, un impromptu de Chopin, une symphonie de Beethoven. Cela tourne tout le temps dans ma t\u00eate, c\u2019est comme des d\u00e9coupages, des collages cubistes\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sa sensibilit\u00e9 musicale \u00e9tait si exacerb\u00e9e que toute musique, m\u00eame lorsqu\u2019il l\u2019entendait seulement et ne la jouait pas, l\u2019habitait longuement et intens\u00e9ment. Le soir, lorsqu\u2019il n\u2019avait pas de concert \u00e0 donner ou auquel assister, il s\u2019interdisait d\u2019en \u00e9couter, sachant qu\u2019apr\u00e8s il lui serait difficile de s\u2019endormir.<\/p>\n<p>Il avait besoin d\u2019une certaine fa\u00e7on de se prot\u00e9ger de la musique, qui l\u2019envahissait trop. Il avait aussi besoin de sortir du cercle ferm\u00e9 des musiciens o\u00f9 il aurait fini par \u00e9touffer. Il avait une relation tr\u00e8s cordiale, solidaire, avec les autres pianistes et les musiciens en g\u00e9n\u00e9ral, mais il avait peu de r\u00e9els amis dans ce milieu, \u00e0 l\u2019exception de ceux avec lesquels il avait des discussions autres que musicales, partageant des int\u00e9r\u00eats autres que musicaux.<\/p>\n<p>Se tourner vers d\u2019autres domaines \u00e9tait donc \u00e0 la fois une n\u00e9cessit\u00e9 pour son \u00e9quilibre personnel, un besoin imp\u00e9rieux de sa curiosit\u00e9 d\u2019esprit et une jouissance intense. Par ailleurs, Istomin avait la certitude que la richesse culturelle nourrit la musicalit\u00e9 de l\u2019interpr\u00e8te. Non de fa\u00e7on directe, mais par le d\u00e9veloppement de sa sensibilit\u00e9 et de son intelligence.<\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-4 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-5 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\">Un artiste \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du r\u00e9el<\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-5\"><p>Istomin se r\u00e9v\u00e9la \u00e0 plusieurs reprises, et pour des \u00e9v\u00e9nements fort diff\u00e9rents, un organisateur hors pair. Il releva le d\u00e9fi de prendre la succession de Schneider pour le Festival de Prades 1953, s\u2019occupant de tout, m\u00eame du m\u00e9c\u00e9nat. Il en fit de m\u00eame au Mexique en 1976, avec un constant de souci que le festival serv\u00eet de tremplin \u00e0 la vie musicale mexicaine. En 1986, il mit sur pied un concours de piano utopique, auquel il donna le nom de son ami William Kapell. Plus \u00e9tonnant encore, en 1968, il prit la t\u00eate du Comit\u00e9 de soutien du candidat d\u00e9mocrate \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, Humphrey, avec tant d\u2019efficacit\u00e9 que celui-ci aurait souhait\u00e9 en faire son conseiller pour la culture. Chaque fois, il ne n\u2019accepta pas de s\u2019investir trop longtemps, par crainte que ce soit aux d\u00e9pens de sa mission essentielle de musicien. \u00a0\u00a0<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-5 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last fusion-column-no-min-height\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-title title fusion-title-6 fusion-title-text fusion-title-size-two\"><h2 class=\"title-heading-left fusion-responsive-typography-calculated\" style=\"margin:0;--fontSize:18;--minFontSize:18;line-height:1.5;\">Conclusion<\/h2><span class=\"awb-title-spacer\"><\/span><div class=\"title-sep-container\"><div class=\"title-sep sep-double sep-solid\" style=\"border-color:#e0dede;\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-6\"><p>Apr\u00e8s Beethoven, l\u2019autre grand personnage, litt\u00e9raire celui-l\u00e0, auquel on pourrait faire r\u00e9f\u00e9rence est Montaigne, qu\u2019il adorait. Chez Istomin il y avait un semblable m\u00e9lange de curiosit\u00e9 et de scepticisme, de go\u00fbt de l\u2019introspection et d\u2019ouverture au monde, d\u2019humilit\u00e9 et de fiert\u00e9, le culte de l\u2019amiti\u00e9 et la passion des livres.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de l\u2019aventure musicale, il y a une l\u2019aventure humaine, qui est plus fascinante, encore. Istomin est le symbole de l\u2019homme \u00e9cartel\u00e9 entre diff\u00e9rentes cultures et bouscul\u00e9 par les grands bouleversements du 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Il en tira une richesse, une envie de vivre, un m\u00e9lange de r\u00e9alisme et d\u2019optimisme, tout en conservant sa libert\u00e9 et son exigence pour construire son propre chemin.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait un musicien de l\u2019ancien temps dans un monde musical \u2018\u2019moderne\u2019\u2019. Il \u00e9tait trop artiste pour les politiques, mais trop int\u00e9ress\u00e9 par le monde et par les autres arts pour donner le sentiment aux gens de musique qu\u2019il est totalement l\u2019un des leurs. Les Am\u00e9ricains le trouvaient trop europ\u00e9en, les Europ\u00e9ens trop am\u00e9ricain. Il n\u2019\u00e9tait \u00e0 sa place nulle part, et il l\u2019\u00e9tait partout\u00a0! Attach\u00e9 aux grandes traditions litt\u00e9raires et musicales, il se passionnait pour les sciences et les technologies d\u2019avant- garde. Il adorait le base-ball et les films de s\u00e9rie B mais d\u00e9fendait la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019\u00e9litisme dans la culture. Il y avait une envie de tout saisir, de tout conna\u00eetre, de tout embrasser, d\u2019aller plus loin. En janvier 1989, il dit \u00e0 Patrick Ferla\u00a0: \u00a0\u00ab\u00a0Chaque jour en me levant, je me demande ce que je souhaiterais faire mieux aujourd\u2019hui. Et la r\u00e9ponse est\u00a0: Tout\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"100-width.php","meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/15"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15"}],"version-history":[{"count":13,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/15\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13782,"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/15\/revisions\/13782"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.eugeneistomin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}